Je n'ai pas peur

L'ouvrage:
Un jour, en jouant, Michele, neuf ans, se retrouve dans une maison abandonnée. En furetant, il découvre «un trou» dans lequel un enfant est retenu prisonnier.

Critique:
Peut-être attendais-je trop de ce roman. En tout cas, j'ai été déçue, malgré certaines qualités indéniables. Par exemple, les sentiments de Michele sont très bien analysés. Il est brutalement parachuté dans un monde où les adultes font sciemment le mal. Il doit l'assimiler, tout en aidant le petit prisonnier de son mieux. Il est très jeune, et n'a pas beaucoup de liberté de mouvements. Le revers de la médaille est que cela engendre des lenteurs. On voit beaucoup Michele avec ses parents, ou jouant avec ses amis. Dans tous les cas, il tente de se distraire pour ne pas penser à l'enfant prisonnier. C'est bien décrit, et on ressent bien la tension sous-jacente, mais cela m'a paru trop long.

Par opposition, la fin est trop rapide. J'aurais aimé davantage de détails. Que va-t-il arriver? Que vont devenir certains personnages? On se doute de certaines choses, mais pour moi, des réponses manquent. C'est d'autant plus frustrant que j'ai eu l'impression que le roman se traînait par moments. Là encore, je pense que l'auteur a souhaité quelque chose de brutal, un coup de poing. Certes, mais rien ne l'empêchait de donner quelques explications. Pour moi, la fin n'aurait pas perdu en force, elle en aurait même gagné.

Je n'ai pas pu m'attacher aux adultes. Certains sont un peu plus nuancés que d'autres, mais la raison de leur mauvaise action me les montre comme des enfants capricieux. Pour moi, ils n'ont aucune circonstance atténuante, même ceux qui, parfois, semblent se montrer un peu humains dans telle ou telle situation.

Ma déception quant à ce roman vient aussi, je pense, de ce que j'ai beaucoup aimé «Et je t'emmène», du même auteur. De ce fait, j'ai placé la barre très haut. J'ai retrouvé le style à la fois vif, très imagé, et souvent drôle, de Niccolo Ammaniti. J'ai également retrouvé sa capacité à dire certaines choses graves de manière légère, surtout que ces choses sont vues par un enfant. Cependant, je m'attendais à quelque chose de mieux.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Jacqueline Duperret fait partie des lecteurs que je retrouve avec plaisir. Elle lit un peu trop lentement pour moi, mais il me suffit d'accélérer le débit. D'autre part, sa lecture est vivante sans exagération. Enfin, elle ne tente pas de faire des accents très marqués pour les noms propres étrangers. Ici, elle a bien été obligée de prononcer Mikélé pour Michele, mais elle ne l'a pas fait de manière exagérée, ce qui, pour moi, aurait été ostentatoire et pas naturel.
D'autre part, il arrive que la BSR découpe certains chapitres jugés trop longs en plusieurs «plages». Lorsque cela arrive sur un livre enregistré par cette lectrice, elle indique clairement si le découpage suit la structure du livre ou s'il est dû à la BSR. Cela me facilite la vie, car lorsque je garde le livre, je lui rends sa structure originelle en collant les morceaux de chapitres découpés. Lorsqu'il n'est pas précisé si le découpage est artificiel ou s'il suit la structure du livre, je suis bien embêtée. Cela m'est arrivé récemment avec «Une autre idée du silence» de Robyn Cadwallader où les chapitres narrés par Sarah sont découpés. Une âme charitable a emprunté le livre papier à sa bibliothèque, et m'a donné la solution: le découpage suit la structure du livre. ;-)