Intérieur nuit

L'ouvrage:
Scott McGrath est journaliste. Il a laissé beaucoup de plumes dans son enquête sur le réalisateur Stanislas Cordova. À présent, Ashley, la fille de Cordova, s'est suicidée. Cela relance la curiosité de Scott quant à cette famille.

Critique:
Ce roman m'a plu, mais j'ai certaines choses à lui reprocher.

J'ai très vite compris pourquoi Scott ne pouvait se résoudre à abandonner son enquête. Bien sûr, n'importe qui serait attiré par Cordova: ses films sont sordides, il se montre le moins possible... Donc j'ai apprécié que Scott reprenne ses investigations, car moi aussi, je voulais savoir. L'autrice s'arrange pour que le lecteur soit dans la même position que le journaliste. Cela met en avant le côté voyeur que chacun de nous possède.

Ensuite, j'ai apprécié la manière dont tournaient les choses, surtout lorsque les recherches de Scott ont placé, sur son chemin, des personnes qui souhaitaient découvrir ce qui était réellement arrivé à Ashley. Cela a fait que le journaliste n'était plus seul. J'ai aimé apprendre à connaître ces deux nouveaux personnages.

Il m'a également plu de découvrir la vie privée de Scott. Malheureusement, il n'est pas très adroit quant à son rôle de père. Cela le rend à la fois touchant et exaspérant.

Peu à peu, l'autrice dévoile certaines choses sur la famille Cordova. Nos héros parviennent à réunir des témoignages concernant Ashley, son père, etc. La romancière nimbe le tout d'un parfum de mystère. Ensuite, elle dévoile l'une de ses pièces. C'est à ce sujet que j'ai trouvé une incohérence. Pour expliquer un fait, l'une des personnes qui témoigne auprès de Scott dit qu'Ashley était la première âme humaine à traverser le pont. Or, elle faisait cela pour aller rejoindre son père. Cela voulait dire que celui-ci et ses amis avaient traversé le pont quelque temps auparavant. Donc, Ashley n'était pas la première âme humaine à le faire. Il est étrange que Marisha Pessl ait créé une telle incohérence.
L'autre incohérence est ce qui arrive à Scott lorsqu'il se retrouve prisonnier des boîtes. Cela n'est pas crédible. Certes, il était sûrement dans une sorte de délire, mais cela aurait dû être davantage expliqué.

Ensuite, Scott obtient certaines explications. Bon. Cependant, il comprend qu'on lui cache quelque chose, et devine comment avoir les réponses à ses questions. Le livre se termine au moment où il va avoir cette dernière conversation. Je trouve cela malhonnête de la part de l'autrice.
J'ai l'impression qu'elle a voulu créer une situation finale comme celle de «Neverworld wake», mais qu'elle s'y est moins bien prise. Dans «Neverworld wake», on hésite entre deux explications, mais elles sont toutes les deux cohérentes et exposées. Ici, il manque un morceau... C'est dommage, car à part cela, ce livre m'a beaucoup plu.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Dominique Destrée pour l'association Valentin Haüy.

Je ne connaissais pas cette lectrice. Son interprétation m'a plu. J'ai quand même regretté qu'elle fasse un «r» anglophone pour prononcer «McGrath».

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