samedi, 17 août 2019

Hü, de David Dolo.

Hü

L'ouvrage:
Ce matin-là, Francis est dans le train qui l'emmène vers son bureau. Il sait être bientôt arrivé. Il décide de descendre, et de faire les derniers kilomètres à pied. Au bout d'un moment, il se rend compte qu'il devrait déjà être arrivé. Or, il continue de longer la voie ferrée, et il ne voit rien qui ressemble à sa gare d'arrivée, ni même à quelque chose de civilisé. Bref, il est seul au milieu de nulle part.

Critique:
Ce roman m'a intriguée dès sa sortie audio. Mon amie (également grande lectrice) n'était pas du tout tentée. Il m'a fallu peu de chapitres pour penser qu'elle avait raison. Je ne sais pas trop si l'auteur a voulu faire passer un message, une critique (une parodie, une satire), ou s'il a souhaité faire du grand n'importe quoi, mais j'opte pour cette dernière solution. On me dira que je n'ai pas aimé ce roman parce qu'il bouscule mes petits repères routiniers. Peut-être, mais je ne vois pas l'intérêt dans ce qui arrive. Je ne peux pas trop dire ce qui se passe, mais sachez que cela m'a fait me demander si l'auteur n'avait pas absorbé des produits illicites avant d'écrire ce roman.

On côtoie d'abord Oscar et Pénélope. Rien n'est aimable chez ces deux capricieux immatures. Lorsqu'on rencontre le poète, j'ai trouvé que les choses revenaient sur des rails que je comprenais mieux. Cependant, au moment où Francis va obtenir ce qu'il attend, on découvre la reine. Avec elle, le livre repart dans quelque chose qui ne m'a pas plu. J'imagine qu'il faut rire du caractère de ce personnage, de sa manière de commander, etc. Je me suis plutôt ennuyée.

Au début, j'éprouvais de la compassion pour Francis qui, apparemment, était un français moyen que sa femme ne cessait de critiquer et de rabrouer... Si, au long du livre, j'ai continué à espérer qu'il se sortirait de cette panade, je m'ennuyais tellement, je trouvais les événements si absurdes que même ce personnage finissait par moins m'intéresser. À la fin, on ne sait pas ce qu'il fera,mais heureusement, David Dolo n'a pas fait une chose à laquelle je m'attendais, et qui m'aurait déplu

Je pense que si je racontais ce roman à quelqu'un, je ferais rire mon interlocuteur, mais j'imagine que celui-ci se moquerait du livre.

Service presse des éditions Audible FR, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Tavarès.

Le roman ne m'a pas plu, mais l'interprétation du comédien est aussi bonne que d'habitude. Que les personnages soient en colère, effrayés, ou qu'ils aient de machiavéliques pensées, François Tavarès adopte toujours le ton adéquat. Il prend une voix acariâtre et criarde pour la reine. Cela m'a plu, car c'est exactement comme cela que je l'imagine. L'interprétation du lecteur donne corps au personnage, et j'admire le fait qu'il ait pu prendre cette horrible voix sans que cela ne soit affecté. Bravo à lui!
Quant à la narration en dehors des dialogues, le comédien ne surjoue pas, n'est pas trop sobre... Là encore, son ton est toujours adapté.

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22 lectures

jeudi, 15 août 2019

Emmy et Oliver, de Robin Benway.

Emmy et Oliver

L'ouvrage:
Emmy (la narratrice) et Oliver sont voisins. Ils ont sept ans, ils s'aiment bien. Les parents d'Oliver viennent de divorcer. Un vendredi soir, Keith, son père (qui en a la garde pour le week-end) vient le chercher à l'école. La semaine suivante, le garçonnet ne revient pas. Son père l'a enlevé.

Dix ans plus tard, Oliver est retrouvé.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'auteur aborde certains thèmes de manière très juste. Par exemple, Oliver est heureux de rentrer chez lui, mais pendant dix ans, Keith a pris soin de lui, ils ont fait des choses que font normalement un père et son fils, etc. Il est logique qu'il aime son père, que celui-ci lui manque... En outre, il a du mal à s'adapter à sa nouvelle vie. De plus, la réaction des parents d'Emmy vis-à-vis de leur fille, à cause de l'enlèvement d'Oliver, est compréhensible, même si elle est disproportionnée.

J'ai également apprécié la manière dont Robin Benway évoque l'amitié. J'ai compris la colère de Caro lorsqu'elle se rend compte qu'Emmy lui a caché une chose très importante. Caro et Drew (les meilleurs amis de notre héroïne) m'ont beaucoup plu. Ils sont souvent synonymes d'amusement pour le lecteur, et d'une manière générale, sont sympathiques. La situation de Drew est une autre occasion pour l'écrivain d'aborder un thème délicat. Là encore, je trouve qu'elle s'en sort bien. À la fin, tout n'est pas réglé pour Drew, mais il a ses amis et son grand frère de son côté, c'est important. Quant à ses parents, je n'ai pas apprécié leur réaction, et à l'instar d'Emmy et Caro, je ne leur trouve pas de circonstances atténuantes. Il faudrait une suite pour savoir si les choses iront mieux de ce côté. Le roman n'appelle pas de suite, mais je me surprends de plus en plus, lorsque l'intrigue et les personnages me plaisent, à ne pas vouloir les quitter. Donc j'aimerais bien une suite où il y aurait beaucoup de scènes où les quatre amis discuteraient, se raconteraient leur vie, iraient au cinéma ou au restaurant ensemble, etc. Malheureusement, il faudrait une autre intrigue qui tiendrait tout cela en place, et je ne vois pas quelle elle pourrait être.

J'ai eu du mal à apprécier Maureen, la mère d'Oliver. Ce n'est pas bien de ma part, car elle a souffert pendant dix ans, mais je l'ai trouvée trop entière. Par exemple, quand Oliver avait sept ans, elle planifiait de demander sa garde exclusive. Après le retour de son fils, elle m'a beaucoup agacée, à ne pas vouloir comprendre que celui-ci aimait son père. Certes, il ne le lui a pas clairement dit, mais elle aurait pu examiner la situation d'un oeil plus objectif. J'avais beau comprendre qu'elle était à plaindre, je ne pouvais m'empêcher de la blâmer. Cela n'a pas été un désagrément pour moi. Je trouve que la romancière a très bien montré les réactions et la psychologie de chacun. Et même si certains personnages m'ont un peu agacée, même si j'aurais voulu qu'ils soient plus nuancés, j'ai compris pourquoi ils agissaient comme ils le faisaient. Certains finissent d'ailleurs par le comprendre également...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Harper Audio.

J'aime beaucoup la voix et le jeu de Phoebe Strole. Ici, elle n'a pas démérité. Elle a très bien exprimé les sentiments et les émotions des personnages, et n'a pas pris une horrible voix pour les rôles masculins.

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28 lectures

mardi, 13 août 2019

Une semaine sur deux (ou presque), de Sabrina Marchese.

Une semaine sur deux (ou presque)

L'ouvrage:
La narratrice a trente-cinq ans, et elle a rencontré l'amour de sa vie. Elle est même enceinte. Elle remercie l'univers de ce grand bonheur. Mais il faut compter avec un autre paramètre: Lisa, quatre ans, fille que son cher et tendre a eue avec celle qui est maintenant son ex, Christiane. Lisa ne sera pas facile à apprivoiser.

Critique:
La narratrice disant certaines choses (comme son métier) qui donnent à penser que cet écrit est fortement autobiographique, j'ai décidé de le considérer comme un témoignage. Voilà pourquoi ma chronique est dans cette catégorie du blog.

Ce livre m'a beaucoup plu. Sabrina Marchese décrit chaque situation avec lucidité, et ne perd aucune occasion d'exercer sa causticité, de placer une remarque qui fait mouche, comme lorsqu'elle évoque des situations difficiles. De plus, c'est naturel. Je précise cela parce qu'on pourrait penser que caser des traits d'humour partout rend le récit poussif et lourd. Ici, ce n'est absolument pas le cas, il n'y a aucune exagération. L'ouvrage est semé de diverses émotions (bonheur, inquiétude, colère, chagrin, frustration...), mais l'humour de l'autrice tombe toujours à point nommé. Elle souffre de certaines situations, mais les dédramatise en en riant. Elle n'exagère jamais, et si parfois, l'humour n'est pas de mise, elle n'en fait pas.
Elle parvient à se moquer d'elle-même, par exemple lorsqu'elle se rend compte qu'elle va devoir abandonner l'alcool le temps de sa grossesse.
Elle évoque son triste passé amoureux avec verve. Il suffit de lire le nom (largement mérité) dont elle a affublé son ex pour ce livre (monsieur Connard) pour être amusé. À travers son expérience avec ce mufle, elle montre que malheureusement, la situation d'une personne s'aplatissant devant celui qui ne cesse de la rabaisser se retrouve encore et toujours. J'espère que d'autres maltraitées par des messieurs Connard liront ce témoignage, et quitteront vite fait bien fait leur tourmenteur.

Sans tomber dans la mièvrerie, Sabrina Marchese décrit l'amour incommensurable d'une mère pour son enfant. Je savais certaines choses, mais je trouve qu'elle exprime tout cela très bien. Moi qui n'ai pas d'enfants et n'en veux pas, cela m'a parlé.
Cela lui donne l'occasion de parler de sa relation avec sa mère. Là encore, le récit qu'elle en fait n'est ni mièvre, ni exhibitionniste, ni grandiloquent. Elle trouve les mots justes pour faire passer ses émotions.

Et Lisa, dans tout ça? En effet, le titre et la quatrième de couverture parlent de la fillette comme étant au centre de l'histoire, et mon résumé pourrait aussi le laisser croire. J'ai d'abord voulu parler du reste pour montrer que bien que l'enfant occupe une grande place, elle n'est pas la seule.
Elle agit comme beaucoup d'enfants ballottés entre ses parents doivent le faire. Dans beaucoup de cas de familles recomposées, on entend l'un des parents dire que l'autre monte l'enfant contre lui. Or, ici, si Christiane a certainement une part de responsabilité, c'est Lisa qui s'amuse à dire ceci et cela pour que sa mère croie que son père ne s'occupe pas d'elle comme il le devrait. Et bien sûr, les relations avec la narratrice ne sont pas de tout repos. Je dois confesser que j'ai bien ri en entendant la remarque (adressée au lecteur) de la narratrice après que Lisa lui a dit «Je veux plus te voir!». D'une manière générale, le lecteur ne pourra s'empêcher de plaindre Lisa dont le monde est bouleversé, mais souhaitera ne jamais, au grand jamais, se retrouver dans la situation de la narratrice qui, elle, gère tout cela du mieux qu'elle peut. Malgré sa bonne humeur à toute épreuve, ses propos indiquent que certains moments ont été extrêmement difficiles. Si elle peut rire de cela aujourd'hui, cela veut dire (comme elle le sous-entend à la fin) que les choses tendent à s'améliorer.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sabrina Marchese.

Non seulement le livre m'a beaucoup plu, mais l'interprétation de la comédienne aussi. Elle est toujours dans le ton. Lorsque des remarques humoristiques se glissent dans une anecdote plutôt grave, elle fait cela subtilement, toujours avec l'intonation adéquate. Lorsqu'il s'agit de prendre une voix enfantine pour le rôle de Lisa, la comédienne ne cabotine jamais. Elle adopte encore et toujours, l'intonation et le timbre de voix appropriés. Je suis très déçue que les autres livres qu'elle a enregistrés ne me tentent pas. J'espère que les suivants me tenteront.

Pour ceux que cela intéresse... La première fois que j'ai lu le nom de Sabrina Marchese, c'était sur Audible.fr, parce qu'elle avait enregistré un livre. Faisant immédiatement des associations d'idées (du style Philippe Ogouz et Virginie Ogouz, Guillaume Orsat et Alice Orsat), je me suis empressée de penser que Sabrina Marchese devait avoir une vingtaine d'années, et était la fille de Michelangelo Marchese (comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu, et qui m'a très gentiment accordé une interview en 2013). Maintenant que j'ai lu «Une semaine sur deux (ou presque)», force m'est de constater que cela n'est pas possible. Ma curiosité fait que je me demande quel est son lien de parenté avec ce comédien. Il pourrait être l'homme qu'elle aime (ils se seraient mariés après les événements racontés dans ce livre), mais certaines choses me font penser que ce n'est pas le cas. Il pourrait être son frère, mais elle ne mentionne pas que son frère est comédien, ou alors, j'ai raté ce passage. Conclusion: La Livrophile va torturer son (très petit) cerveau à la recherche de l'explication qui collerait avec les indices donnés dans le livre.

En général, je râle lorsque la structure d'un livre n'est pas respectée. Ici, elle ne l'est pas, et cela ne me fait pas plaisir, mais je crois que pour l'éditeur, cela aurait été périlleux. Il me semble que le format Audible ne permet pas de très petits fichiers, et les chapitres de ce livre sont très courts. Certains durent une vingtaine de secondes.

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71 lectures

lundi, 12 août 2019

Pale Queen, tome 3: Black ice burning, d'A. R. Kahler.

Pale Queen, tome 3: Black ice burning

Si vous n'avez pas lu les tomes 1 et 2 de cette série, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Claire n'a pas pu tuer la Reine Pâle. Elle a même été terrassée. Sur les ordres de Mab, Kingston la retrouve: elle est blessée, sa vie commence à la quitter. Le mage la remet sur pied afin qu'elle puisse achever sa mission, mais il préférerait l'anéantir car elle a tué Vivienne.

Critique:
Ce roman m'a autant plu que les deux premiers de la série. Comme je pinaille, je vais signaler certaines choses dont j'aurais voulu qu'elles tournent différemment, mais elles sont très loin d'avoir gâché ma lecture. Par exemple, je regrette que Claire finisse par penser du bien de Mab. Quant à moi, malgré la bonne action que fait celle-ci, elle ne trouve pas grâce à mes yeux. C'est par sa faute que la vie de Claire n'a été que souffrances et absence d'amour. Bien sûr, la narratrice s'est adaptée, et a su saisir les bons côtés d'une telle vie. Mais c'est plutôt à elle-même qu'elle devrait en savoir gré, et mon à cette sale esclavagiste sans coeur de Mab!

J'ai aussi regretté que l'héroïne ne soit pas plus gentille et reconnaissante envers Pan, et aussi que l'auteur fasse une certaine chose concernant ce personnage.

J'ai apprécié que la narratrice, Kingston, et même Elie, tout en poursuivant leur but, commencent à accepter d'avoir des sentiments, des émotions... Avant, Kingston ne le refusait pas, mais il essayait. J'ai aussi aimé que A. R. Kahler continue de glisser un peu d'humour dans cette histoire, comme par exemple la scène où Claire prend un bain, et que Kingston puis Elie la rejoignent. Il y a aussi toutes les tentatives d'Elie pour séduire le mage.

Comme dans les autres tomes, il n'y a ni temps morts, ni remplissage, ni incohérences. Bien sûr, j'ai aimé l'élément que révèle Kingston dans l'épilogue quant à l'oracle. L'auteur ayant créé ce rebondissement, j'ai espéré qu'ensuite, il y en aurait un autre concernant un autre personnage, mais cela n'est pas arrivé. Je le comprends, car cela aurait sûrement paru trop parfait pour être réaliste. Certes, mais j'aurais quand même préféré que cela arrive.

La toute fin laisse entrevoir la possibilité d'une suite. Il me plairait beaucoup de retrouver ces sympathiques protagonistes. Cependant, je me dis qu'une suite pourrait s'essouffler... Voyons ce que fera A. R. Kahler.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Comme à son habitude, la comédienne a montré son grand talent en incarnant à merveille les personnages et en montrant leurs émotions avec la dose de jeu nécessaire. Là encore, ses effets de voix pour certains rôles ne m'ont pas gênée. Je les ai même trouvés appropriés.

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33 lectures

samedi, 10 août 2019

La Lune est un roman, de Fatoumata Kebe.

La Lune est un roman

L'ouvrage:
Fatoumata Kebe nous raconte la Lune.

Critique:
Ce livre m'a plu parce qu'il a répondu à mes attentes. L'autrice instruit son lecteur sans jamais être pompeuse. Elle prend le temps d'expliquer les choses. Elle raconte les mythes entourant la Lune, expose les théories concernant sa formation en disant pourquoi l'une est plus vraisemblable que les autres... Elle parle également de l'influence de la Lune sur la Terre et ses habitants. Apparemment, si cet astre n'était pas là, notre planète fonctionnerait beaucoup moins bien. L'autrice relate également la formation du mot «Lune» et l'influence que celui-ci a sur notre quotidien. Elle nous parle de la forme de l'astre, des éclipses, du temps lunaire...

Il y a certaines choses qui m'ont fait rire parce que je n'aurais pas imaginé cela. Par exemple, l'autrice explique que les hommes pensaient que la Lune était comme la Terre, jusqu'à ce qu'il y ait des cartes de la Lune. Quant à moi, je ne sais pas trop ce que je pensais, mais je ne me disais pas qu'elle était comme notre planète, sinon, il y a longtemps que les hommes l'auraient colonisée!
Autre chose m'a fait rire. Fatoumata Kebe évoque le big-bang, et dit que s'il a eu lieu, il n'a fait aucun bruit...

Le dernier chapitre raconte comment l'homme a envoyé des sputniks dans l'espace, a marché sur la Lune... Là encore, j'ai appris des choses que j'ignorais, même si j'ai préféré les chapitres précédents.

Dans un genre d'épilogue, l'autrice nous dit qu'elle rêve d'aller dans l'espace, sur la Lune... Toute sa vie est dirigée vers ce but. J'ai aimé qu'elle ait souhaité faire cette confidence à son lecteur. Cela montre pourquoi elle a mis tout son coeur dans ce livre, afin de nous faire mieux connaître la Lune, de nous faire partager sa fascination, sa passion. Je ne peux que lui en être reconnaissante, et espérer qu'elle réalisera son rêve.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Juliette Croizat.

J'apprécie beaucoup la lecture de cette comédienne. Sa voix est douce et agréable, sa diction est soignée. C'est la première fois que je l'écoute lire un documentaire. Ce n'est pas simple, il ne s'agit pas de jouer des personnages. Pour moi, elle n'a pas démérité. Elle n'a absolument pas pris un ton niais du style «je vais vous raconter une histoire, petits enfants», ni une voix soporifique, ni une intonation trop enthousiaste... Comme dans les romans, son interprétation est à la hauteur du texte, et ne le trahit jamais.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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30 lectures

jeudi, 8 août 2019

Sans défense, d'Harlan Coben.

Sans défense

L'ouvrage:
Voilà dix ans que Patrick Moore et Reece Baldwin (six ans) ont été enlevés. L'un d'eux est le petit-cousin de Win. À présent, celui-ci est à Londres, et pense avoir retrouvé Patrick, mais ce dernier s'enfuit. Ne pouvant le rechercher seul, Win appelle Myron Bolitar (qu'il n'a pas vu depuis un an) à la rescousse.

Critique:
Je m'étais lassée d'Harlan Coben, ayant été déçue par certains de ses romans. Cependant, le synopsis de «Sans défense» m'a interpellée, et cela me donnait une occasion d'entendre Jean-Christophe Lebert, dont j'aime beaucoup le jeu. J'imagine que pour mieux apprécier certains éléments (la relation amicale entre Win et Myron, celle de ce dernier avec sa famille et ses amis), il vaut mieux avoir lu les autres romans mettant en scène ces personnages. Je ne l'ai pas fait, car ces romans ont été enregistrés à deux voix, et si j'aime beaucoup le jeu de José Heuzé, je n'apprécie pas du tout celui de celle à qui les rôles féminins ont été donnés. J'imagine donc que je ne lirai jamais les premiers Myron Bolitar.

Ce roman m'a plu. J'ai d'abord apprécié les fameuses relations entre les personnages. Win est particulier, mais sympathique. Souvent, sa présence est à la fois synonyme de tension et de rire. Les parents de Myron, ainsi que Mickey et sa petite amie (sans oublier leur ami geek), m'ont également beaucoup plu. (Je n'ai pas non plus lu les livres dont Mickey est le héros, mais ceux-là ne sont pas sortis en audio français.)

J'avais un peu peur que l'intrigue me paraisse fade, mais non. Bien sûr, c'est Harlan Coben, donc il ne faut pas s'attendre à un suspense haletant, mais l'ensemble m'a paru bien pensé. L'auteur finit par traîner avant de révéler la vérité, mais au départ, il plante un décor, et montre une certaine réalité dont nous connaissons l'existence, et dont il décrit toute l'horreur. J'ai beau avoir été déçue par certains de ses romans, et pensé que dorénavant ils me décevraient, je me dis qu'il a raison de rappeler à son lecteur que malheureusement, ces atrocités existent.

À un moment de l'intrigue, j'ai pensé que cela avait le parfum d'un roman que j'intitulerai «***» pour cette chronique. J'ai ensuite pensé que cela ressemblerait assez à Harlan Coben de faire quelque chose qui se rapprocherait des circonstances décrites dans «***». C'est effectivement ce qu'il a fait. Je ne dis pas qu'il a plagié «***» (je ne sais même pas lequel est sorti en premier), et je pense d'ailleurs que «***» n'est pas le seul roman à utiliser ce genre de ficelles, je sais avoir lu d'autres romans qui les utilisent, mais je ne me souviens que de «***». La solution est vraisemblable, et assez cobénesque (si je puis me permettre le néologisme). Je n'ai qu'un regret: j'aurais voulu qu'un personnage souffre beaucoup plus. Apparemment, ce personnage a souffert, mais peut-être quelques détails sur les supplices endurés m'auraient-ils satisfaite. Au moins, je sais que le protagoniste en question entend ses quatre vérités, et finit par être rejeté, ce qui est déjà bien, me direz-vous.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert pour les éditions Lizzie.

J'ai été ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu. J'ai aimé le ton à la fois assuré et discret qu'il adopte pour narrer les chapitres racontés par Win. D'une manière générale, il a très bien interprété les émotions et les sentiments des personnages, mais c'est surtout dans le rôle de Win qu'à mon avis, il s'est illustré, car ce protagoniste ne m'a pas semblé facile à jouer. En outre, le comédien a joué les rôles féminins sans les exagérer, même quand le personnage était en proie à une vive émotion.
J'ai également apprécié qu'il ne prenne pas un accent anglophone pour les noms propres. J'avais peur qu'il dise, par exemple, «Micky» pour «Mickey», ou fasse un «r» anglophone pour «King's Cross», etc. Bien sûr, j'ai compris qu'il prononce Maïrone pour Myron, et cela m'a convenu car il le dit naturellement, même si je dois dire que je n'aurais pas du tout été perturbée s'il l'avait prononcé Miron. J'imagine que je suis la seule que cette prononciation n'aurait pas perturbée. ;-)

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40 lectures

mardi, 6 août 2019

La disparition d'Annie Thorne, de C. J. Tudor.

La disparition d'Annie Thorne

L'ouvrage:
Joe Thorne revient à Arnhill, petit village minier où il a passé son enfance. Voilà vingt-cinq ans qu'il l'a quitté. Le drame qu'y a vécu sa famille n'a jamais été officiellement élucidé: un soir, sa soeur, Annie, a disparu. Elle a été retrouvée quarante-huit heures après, mais on n'a jamais su ce qui lui était arrivé pendant ce temps. De plus, à son retour, elle avait changé. Si Joe revient à Arnhill maintenant, c'est, entre autres, à cause de cela.

Critique:
Ce livre a commencé par me plaire. Le narrateur, Joe, raconte alternativement son présent et son passé. Même si ce genre de structures me dérange, ici, c'est judicieux: cela donne du rythme au roman, ainsi que plusieurs sources de suspense. Soudain, au détour d'événements ordinaires, on tombe sur une scène d'horreur (les toilettes envahies de scarabées), et on se doute rapidement que cela aura son importance. On retrouve aussi le thème de l'inimitié entre le narrateur et un autre personnage, inimitié qui date de leur adolescence. Il y a aussi une espèce d'écho: tel élève était «utilisé» dans le passé, tel autre est harcelé dans le présent par le fils de celui qui se servait de l'autre...
De plus, Joe a des ennuis qui sont très différents, mais qui sont également sources de suspense.

Certains de ces aspects évoquent un peu Stephen King. Au début, cela ne m'a pas gênée, parce que ces éléments me rappelaient une ambiance particulière qu'on trouve dans certains livres de cet auteur, et aussi dans «Le signal», de Maxime Chattam. Cela ne voulait pas dire que C. J. Tudor avait copié des idées, cela voulait dire qu'il avait su créer une ambiance d'horreur. Cela me plaisait... et soudain, un élément important s'est précisé, et m'a fait penser à l'élément central d'un livre de Stephen King que je n'ai pas du tout aimé, à l'inverse du monde entier ( ;-) ), «Simetierre». Cela fait très longtemps que je l'ai lu, donc je m'en souviens peut-être mal, mais j'ai été très déçue de lire quelque chose qui paraissait y ressembler autant.
Par ailleurs, je n'ai pas aimé l'épilogue qui rappelle ceux qui pour moi, ne sont pas bons, et ont trop souvent cours. Je ne dirai pas pourquoi pour ne rien dévoiler.

Après que j'ai digéré cet élément, j'ai apprécié le reste. Par exemple, vers la fin, l'auteur ménage quelques surprises, et je ne les ai vraiment pas vues venir. De plus, il n'y a pas de temps morts, pas d'incohérences, et rien n'est bâclé. Donc ma déception quant à ce qui ressemble à «Simetierre» et à l'épilogue est atténuée par tout le reste.

J'ai été très triste pour certains protagonistes... Mais je reconnais que s'il ne leur était pas arrivé ceci et cela, l'intrigue n'aurait pas pu exister.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Montagut.

Je suis toujours ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie la voix et le jeu. Pour la petite histoire, je me suis surprise à penser la même chose que lorsque j'entends Jeff Cummings (voir ma chronique de «Hidden», de Catherine McKenzie). Lorsque j'entends la présentation du livre faite par le comédien, je ne sais pas pourquoi, je me dis: «Hmmm... il n'est plus naturel... ça va capoter...», et puis, j'écoute le début du livre, et tout va très bien, l'interprétation du comédien est aussi bonne que d'habitude.
Comme je suis une horrible personne, je me plaindrai encore et toujours que François Montagut prononce certains noms propres à l'anglophone. Pour Brendan, il fait du moitié moitié. Pour Chris, c'est dommage qu'il ait, presque à chaque fois, fait le «r» anglophone. Quant à Beth, je ne sais pas trop comment je le dirais dans un texte en français, donc pour celui-là, je ne râlerai pas. Je reconnais quand même qu'au moins, François Montagut ne prononce pas les noms propres anglophones avec accent de manière erronée, à l'inverse d'autres, comme Sophie Loubière, dont la prononciation m'a traumatisée. ;-)

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lundi, 5 août 2019

Pale Queen, tome 2: Cold dream dawning, de A. R. Kahler.

Pale Queen, tome 2: Cold dream dawning

Si vous n'avez pas lu le tome 1 de la série, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Claire est maintenant sous contrat. Mab a pris la précaution de le lui faire signer avant ce qui doit arriver, car elle tient à s'assurer de l'obéissance de la jeune femme. Claire doit maintenant se rendre chez sa mère, car celle-ci est la seule à savoir comment tuer la reine pâle.

Critique:
Avant de lire la suite de «Pale queen rising», j'ai lu des chroniques qui disaient que les tomes 2 et 3 étaient moin bons que le premier. Je n'ai pas eu cette impression.

J'apprécie autant la narratrice. Celle-ci se débat entre ses sentiments, ses émotions, sa loyauté, ce qui est bien et mal... Elle est assez lucide. Elle sait bien qu'obéir à Mab est mal, mais elle n'a pas vraiment le choix. Lorsqu'Elie finit par la convaincre que c'est bien, entre autres parce qu'elle et lui se sont beaucoup amusés, jadis, à faire cela, on voit bien que malgré tout, elle ne sait pas si elle est en accord avec elle-même. Il serait facile d'être désespéré à sa place. Sa position est très peu enviable. Entre Mab, sa mère, Kingston, Melody, et la reine pâle, elle a fort à faire. Comme souvent quand le personnage est travaillé, on se demandera ·ce qu'on ferait à sa place...

Mab est toujours aussi détestable. Dommage: elle ne souffre pas, ou du moins pas assez. Heureusement, on la voit peu.
Elie est aussi amusant que dans le tome 1, mais lui aussi soulève des questions dérangeantes. Il n'a aucume conscience, se délecte même à l'idée de faire le mal, est soujours aussi friand d'âmes humaines, et pourtant, il est impossible de ne pas apprécier sa causticité et son pragmatisme.

Je n'ai pas vraiment compris le but de la fée qui a joué la fille de Vivienne pendant dix-huit ans. Pourquoi veut-elle contrarier les plans de Mab? Aurait-elle un coeur?
J'ai retrouvé Kingston avec plaisir. Lui aussi se débat avec de complexes sentiments... Je ne sais pas trop quoi penser de Vivienne, mais j'imagine que c'est un personnage sympathique, surtout compte tenu de ce qu'elle a traversé.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. J'ai particulièrement aimé le moment où Claire se retrouve au royaume des rêves (dont je n'écrirai pas le nom ici, n'en connaissant pas l'orthofraphe, mais dont je sais qu'il est inspiré du nom d'une légendaire terre d'abondance) et où la minuscule fée lui laisse entrevoir une solution inespérée. Cela montre ce à quoi aspire réellement Claire (on s'en doutait, mais on en a la preuve). De plus, j'ai aimé cette terre aux multiples possibilités de bonheur, mais aussi de danger...

À la fin de ce tome, on n'a qu'une envie: savoir la suite. Je vais donc la commencer très vite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Comme d'habitude, la comédienne a mis son talent au service du roman et de ses personnages. Comme d'habitude, elle a un peu modifié sa voix pour certains rôles (les hommes et certaines femmes), et elle n'a jamais exagéré.

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