jeudi, 23 septembre 2021

Silver Water, d'Haylen Beck.

Silver Water

L'ouvrage:
Voilà quatre jours qu'Audra a quitté New York, avec ses deux enfants, Sean (bientôt onze ans) et Louise (six ans), à bord d'un vieux break. Ils sont en Arizona. Audra fuit son mari (Patrick) et les services de la protection de l'enfance qui veulent lui retirer la garde de Shean et Louise pour la confier à Patrick. Lorsqu'un policier (le shérif du comté) les arrête sur la route de la petite ville de Silver Water, Audra craint que cela soit dû au fait que Patrick ait lancé un avis de recherche. Le shérif Wildside trouve un sachet de drogue dans le coffre. Seulement, Audra ne se souvient pas l'avoir mis dans ses affaires. Les choses se gâtent vraiment lorsqu'une fois en garde-à-vue, et après qu'elle a demandé des nouvelles de ses enfants qu'une agente a emmenés, Audra n'obtient qu'une seule réponse: «Quels enfants?» Le shérif assure qu'il n'y avait aucun enfant dans le break lorsqu'il a arrêté Audra.

Critique:
Lorsque j'ai été tentée par ce roman, je me suis aperçue qu'il était mal noté. Je n'ai pas lu les avis, et ai décidé de me fier à mon instinct. J'ai eu raison, car ce roman m'a plu. Je ne veux pas dire qu'il plaira à tous ceux qui hésiteront entre les avis défavorables et le mien, mais plutôt que j'ai encore eu raison de suivre mon instinct.

Malgré le fait que pendant une partie de l'histoire, Audra est pieds et poings liés, je n'ai pas trouvé de temps morts. J'ai pourtant pesté lorsqu'après avoir bien posé la situation qui fait qu'on veut vite en savoir plus, l'auteur nous balance des retours en arrière sur la vie de l'héroïne. J'étais sûre, en commençant à les lire, qu'ils m'ennuieraient. Pourtant, cela n'a pas été le cas. Ils m'ont vite autant passionnée que l'intrigue principale. De plus, ils étaient bien placés: juste au moment où, après avoir rencontré Audra, le lecteur doit en savoir davantage sur son passé pour se forger son opinion. Enfin, les retours en arrière ne sont pas nombreux.
L'histoire de Danny pourrait aussi faire office de «retardateur», mais là encore, ce n'est pas du remplissage. Il fallait bien que l'auteur invente ce personnage et ce qui lui est arrivé, afin de créer un élément qui ferait qu'Audra pourrait bouger. C'est d'ailleurs l'élément le plus crédible qui soit.

La tension et le suspense sont présents tout au long du roman. Un rebondissement m'a agacée, mais il n'est ni une incohérence ni un élément inutile. Il m'a agacée parce que le «méchant» regagnait du terrain, et en plus, cela lui a permis de faire du grabuge dont je me serais bien passée.

Certains thèmes ont déjà été abordés à maintes reprises dans ce genre de romans: le harcèlement moral et l'assujettissement, le thème (je ne dirai pas lequel) dont il est question sur le forum... Certes, Haylen Beck est très loin d'être le premier à évoquer ces sujets. Cependant, tout ce qu'il écrit est (malheureusement pour nous, mais pas pour la bonne marche du roman) réaliste. La répétition de thèmes de roman en roman ne les rend pas moins horribles.

À la fin, l'auteur parvient à dire (sans que cela soit gros) si Danny a réussi ou pas. Comme cet élément est donné alors que le lecteur partage le point de vue d'Audra, on ne connaît pas les détails, mais on sait certaines choses.
Le seul élément un peu flottant est la présence de la drogue dans le coffre du break au début du roman.

Les «méchants» tentent de se donner bonne conscience, et ce qui fait froid dans le dos, c'est que cela fait partie du réalisme évoqué ci-dessus. Le plus méchant pense qu'après tout ce qu'il a vécu, il a bien mérité de se la couler douce. L'autre a une raison qui fera pleurer dans les chaumières, mais qui, de toute façon, n'est pas acceptable. Je me demande toujours ce que je ferais à la place des «méchants», et je dis toujours qu'on ne peut être sûr de rien. Ici, je suis quand même sûre que je n'agirais pas comme eux.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz pour les éditions Harper Collins.

Maud Rudigoz fait partie des comédiens qu'il me plaît de retrouver. J'ai, encore une fois, apprécié son jeu, car outre une interprétation adéquate des sentiments et des émotions des personnages, elle a réussi à modifier sa voix (notamment pour Wildside) sans affectation, et la voix qu'elle a prise pour ce personnage renforçait l'impression que j'avais de lui. C'est la même chose concernant la voix qu'elle prend pour les enfants d'Audra.
J'ai, malheureusement, noté qu'elle prononçait mal le mot «s'égailler». Je ne sais pas pourquoi, mais beaucoup le prononcent comme on prononce «s'égayer».
J'ai aussi trouvé dommage qu'elle prononce «Mary» à l'anglophone.
Enfin, je regrette que le technicien ait manqué quelques erreurs de lecture.

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31 lectures

lundi, 20 septembre 2021

Ce que nous confions au vent, de Laura Imai Messina.

Ce que nous confions au vent

L'ouvrage:
Un jour, monsieur Suzuki a décidé d'installer une cabine téléphonique dans son jardin. Le téléphone n'est pas branché, c'est le téléphone du vent: chacun peut venir le décrocher, et confier ce qu'il veut au vent. Chacun aime à penser que, peut-être, le vent emporte ses paroles vers les morts.

Yui a perdu sa mère et sa fille dans le tsunami de 2011. Quand elle entend parler du téléphone du vent, elle décide d'aller lui confier sa peine. Elle rencontre Takeshi qui, lui, a perdu sa femme. Ils vont retourner dans le jardin du téléphone du vent une fois par mois, s'y côtoieront, feront le trajet ensemble...

Critique:
Pour écrire ce roman, Laura Imai Messina est partie d'un fait réel: quelqu'un a vraiment installé un téléphone du vent dans son jardin. J'ignorais cela jusqu'à lire la quatrième de couverture de ce livre. Je trouve que c'est un très beau geste: donner aux gens la possibilité de pleurer leurs morts, de leur parler, de se raconter, tout cela dans un décor différent de celui où ils ressassent leur chagrin, c'est une idée très attentionnée, pleine de compréhension, de compassion, et teintée d'abnégation. En effet, il faut être là pour accueillir ceux qui viennent confier leurs mots au vent.

L'autrice évoque surtout Yui et Takeshi, mais au gré de leurs visites, ceux-ci rencontrent d'autres Personnes endeuillées, et apprennent leur histoire. C'est à travers tous ces gens que Laura Imai Messina montre différentes façons de faire son deuil, de ressentir et d'exprimer sa douleur. Il y a quelque chose de réconfortant à avoir la preuve (même si on le sait déjà) qu'on n'est pas le seul à souffrir d'une perte, qu'on est compris, qu'on n'est pas jugé.

L'autrice s'attache à montrer que malgré les deuils, la vie peut apporter des joies. Elle teinte même cette affirmation d'humour dans la scène où Yui et Hanna, complices, s'achètent un monceau de friandises chocolatées, et s'en délectent.

Par la suite, la romancière fait une chose dont certains aspects ne m'ont pas plu, mais cela n'a pas gâché ma lecture.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Clara Brajtman.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. J'ai beaucoup apprécié son jeu. Elle ne tombe jamais dans le pathos, ce qu'un mauvais comédien se serait empressé de faire. Clara Brajtman adopte toujours le ton adéquat, faisant passer les émotions de manière feutrée, se fondant dans les mots de l'autrice, comme s'ils avaient été écrits pour qu'elle les dise. De plus, j'ai apprécié qu'elle prononce les noms propres japonais sans fioritures. J'ai trouvé un peu incongru qu'elle dise le «h» du prénom de la fille de Takeshi, mais j'imagine que cela se prononce ainsi en japonais, et que la comédienne et l'éditeur ont préféré ne pas faire entendre le prénom comme s'il était français.
Par contre, je n'ai pas aimé que Clara Brajtman prononce le nom de l'autrice avec un accent italien. Pour moi, elle en a trop fait concernant cet accent.

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48 lectures

jeudi, 16 septembre 2021

Celle qui brûle, de Paula Hawkins.

Celle qui brûle

L'ouvrage:
Miriam vit sur sa péniche sur le Regent's Canal. Ce matin-là, elle se rend sur une péniche voisine afin d'informer l'habitant qu'il a dépassé de deux jours le temps imparti, et qu'il doit déplacer son embarcation. C'est le cadavre du jeune homme qu'elle découvre.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé La fille du train», et avoir été déçue par «Au fond de l'eau», j'ai été tentée par «Celle qui brûle», donc je l'ai essayé. Je suis contente d'avoir redonné sa chance à Paula Hawkins, car ce roman m'a plu.

J'ai d'abord apprécié de ne pas savoir où iraient les choses au départ. L'autrice campe ses personnages, nous les présente, montre certaines de leurs faiblesses... J'ai rapidement pensé que Laura n'était pas la meurtrière. Mais au lieu de chercher qui cela pouvait être, je réfléchissais à l'impact des événements sur chaque personnage, et à la psychologie de chacun. Par exemple, je me rendais compte qu'il serait facile à n'importe quel lecteur de comprendre Laura, d'éprouver de la compassion pour elle. Cependant, tous ces lecteurs, moi comprise, se montreraient-ils tolérants et empathiques s'ils rencontraient quelqu'un dans son genre au hasard d'une promenade, ou s'ils avaient affaire à elle dans le cadre de leur travail? Laura m'a envoyé à la figure que la plupart des gens étaient très prompts à dire: «Celui-là, il est taré.», sans chercher plus loin. Bien sûr, on ne peut pas éprouver de l'empathie si on ne connaît la personne que depuis cinq minutes, surtout si la seule chose qu'on l'a vue faire est rire comme une démente·.. Mais dans le roman, certains connaissent la jeune fille, et ne la traitent pas bien, ses parents les premiers, l'un par faiblesse, l'autre par bêtise et égoïsme.

Comme d'autres auteurs, Paula Hawkin s'arrange pour que le lecteur soupçonne plusieurs personnes. Je ne lui en ai pas tenu rigueur, parce qu'elle s'est débrouillée pour que certains indices soient finement amenés. Par exemple, la manière dont certains éléments compromettants se sont retrouvés en possession d'un personnage. De plus, il n'y a pas tant de suspects que cela. Enfin, chacun avait un mobile valable. Même si j'avais tout de suite décidé que Laura n'était pas coupable, je savais que la situation aurait pu la changer en meurtrière.

L'enquête sur l'assassinat de Daniel est une occasion pour le lecteur d'apprendre le passé des personnages, de savoir comment il se fait que Miriam connaît Théo Mayerson... J'ai apprécié la manière dont se conclut ce pan de l'intrigue.
J'ai également apprécié la manière dont Paula Hawkins prépare les choses pour que l'un des personnages puisse piéger le coupable. J'ai trouvé cela très bien amené.

En tant que pinailleuse, je pense que le fait que le coupable n'ait demandé aucune explication à sa victime n'est pas crédible. Cependant, on m'objectera que la victime aurait pu mentir. De plus, le fait que le coupable ne demande rien prépare autre chose. En effet, à la fin, une question reste: celle que se pose le coupable. Cela fait qu'on peut voir un personnage sous deux angles différents. C'est dérangeant, car la réponse ne pourra jamais être apportée. Je pense même qu'un lecteur qui lirait le roman à la loupe ne la trouverait pas. Certains pourront décider de croire le plus évident...

En parallèle de ce qui arrive aux personnages, il y a des extraits de «Celle qui s'est enfuie», le dernier roman de Théo. J'ai bien compris que l'agencement des extraits était fait exprès, afin de montrer celui du roman de Théo. Cependant, certains extraits sont inutiles, voire redondants, alors que s'ils avaient été placés au début, ils auraient eu leur importance.

Remarque annexe:
J'aime beaucoup qu'Irène se batte contre les clichés concernant les personnes âgées. Sa façon de penser est un appel à l'ouverture d'esprit.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cachou Kirsch.

Comme d'habitude, il m'a plu de retrouver cette comédienne. Elle est parfaitement entrée dans la peau des personnages, et est même parvenue à prendre une voix parfois quelque peu chevrotante pour Irène sans que cela soit affecté.

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103 lectures

lundi, 13 septembre 2021

The resolutions, de Brady Hammes.

The resolutions

L'ouvrage:
Samantha, vingt-six ans, est danseuse. Elle vit en Russie. La compagnie pour laquelle elle travaille va monter un nouveau ballet. Le créateur est très enthousiaste à l'idée qu'elle en joue l'héroïne...
Jonah, trente-et-un ans et frère de Samantha, étudie le comportement des éléphants du Gabon. Un malheureux hasard fait qu'il croise la route de Slinky, un braconnier contrebandier, et se retrouve pris dans ses filets.
Gavin (trente-cinq ans, frère de Jonah et Samantha), vit à Los Angeles, et est acteur. La série dans laquelle il joue vient d'être annulée, et sa compagne le quitte.

Nos trois protagonistes se retrouvent, pour les vacances de Noël, chez leurs parents, à Chicago...

Critique:
Ce roman m'a plu. On constate rapidement que les personnages s'aiment, et s'inquiètent les uns pour les autres, mais que la distance géographique a créé une distance morale. Tous trois en sont conscients, et tentent maladroitement de combler cette distance. Et puis quelque chose vient leur montrer qu'il est urgent de se serrer les coudes. Cela va faire que chacun va s'impliquer, plus ou moins, dans la vie des autres.

J'ai mis davantage de temps à apprécier Gavin qu'à apprécier Samantha et Jonah. Il semble plus dur, un peu borné... Pourtant, en y réfléchissant, j'ai dû admettre que ce n'était qu'une façade. Par exemple, concernant Samantha, la solution qu'il suggère est bien plus sécurisée. Il finit pourtant par accepter ce que propose Jonah, même s'il peste. Ensuite, concernant son frère, Gavin est surtout mécontent parce qu'il sait que celui-ci lui cache ce qu'il se passe.

J'ai trouvé Samantha très lucide quant à sa propre situation. Généralement, lorsque je rencontre (dans un live, car je n'en ai jamais rencontré dans la vie) un personnage traversant ce qu'elle vit, il est très loin d'être aussi objectif. Concernant Samantha, on ne peut pas être absolument sûr de la manière dont tourneront les choses, mais on peut s'en faire une petite idée.

D'une manière générale, l'intrigue est sans temps morts, et sans incohérences. À un moment, quelque chose paraît gros, mais quelque temps après, l'auteur l'explique. Cela m'a fait rire parce que je m'étais laissée prendre.
À la fin, en regardant des éléphants, Samantha et Gavin constatent quelque chose. Je me demande si cette chose (que Jonah explique par une théorie très crédible) est vraie ou si Brady Hammes l'a inventée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Penguin Random House Audio.

Rebecca Lowman fait partie des comédiens que j'aime retrouver. Ici, elle n'a pas démérité quant à son jeu des sentiments et des émotions des personnages. J'ai été déçue qu'elle fasse des accents à certains personnages, mais elle y était obligée. De plus, je dois reconnaître qu'elle ne les a pas exagérés.

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58 lectures

jeudi, 9 septembre 2021

Testament, tome 3: Humain(e)s, trop humain(e)s, de Jeanne-A Debats.

Testament, tome 3: Humain(e)s, trop humain(e)s

L'ouvrage:
Avril 2034.
Pendant une grande partie de la vie d'Agnès, sa mère a fait des pieds et des mains pour que le convent (les sorcières de la ville) prenne la jeune fille sous son aile, dans l'espoir qu'elle apprendrait à maîtriser son don. Les sorcières ont refusé avec mépris. Or, voilà qu'Agnès est convoquée par le convent. Elle se rend à l'injonction, s'aperçoit que deux autres sorcières ont été convoquées, assiste à un discours enjoignant les trois jeunes filles de s'entraider, et se retrouve avec autant de questions qu'à la réception de la convocation...

Critique:
Il m'a d'abord plu de retrouver les personnages des deux tomes précédent, toujours aussi forts pour se jeter tête la première dans des aventures où ils vont laisser des plumes. J'ai ensuite adoré les voir faire face à des péripéties aussi échevelées que dans les tomes précédents. L'une des plus rocambolesques est sûrement celle où Agnès et ses compagnes se mettent à attaquer une créature ressemblant à un ver géant, et que Géraud leur apprend que... c'est un client. ;-)

Il m'a également plu de retrouver certaines «formules gagnantes», c'est-à-dire, qui ne manquent jamais de me faire rire, comme les conversations entre Agnès et Erfauge, la haine de Zalia (et sa manière de l'exprimer) pour Thomas, etc.
J'ai moins aimé qu'Agnès, ayant dû «choisir» un familier à la hâte, se retrouve avec un chat, alors qu'elle n'aime pas les chats. Qu'elle n'aime pas les chats ne me poserait pas de problèmes, si l'autrice lui avait donné un familier faisant partie des animaux appréciés par notre héroïne. Certes, sa relation avec peut-être Pétronia (© Erfauge) est plus complexe, mais cet aspect du roman m'a un peu agacée.
C'est également avec des situations cocasses que la romancière raconte l'attachement de Bidule à son héroïne.

Alors que je pestais qu'il n'y ait pas de tome 4, et que je me prenais à espérer que peut--être, Jeanne-A Debats continuerait la série un jour, sont arrivés les événements que j'ai beaucoup moins appréciés et qui rendent une suite impossible. J'aurais, de très loin, préféré une fin qui aurait appelé une suite, même si l'autrice n'avait jamais écrit ladite. Je n'ai pas du tout aimé cette fin, mais en tout cas, l'écrivain ne fait aucune incohérence. Il est même évident qu'elle prépare certains éléments de cette fin au long de la série, et qu'il est impossible au lecteur de deviner que tel ou tel élément est un indice menant à cette fin. Agnès étant satisfaite, je devrais l'être, mais non. Je pense que certains lecteurs ne seront pas aussi déçus que moi. Certains verront les choses du point de vue d'Agnès.

En parallèle des événements racontés par l'héroïne, nous découvrons le carnet de Navarre. Il y raconte une partie de son adolescence, et d'autres faits qui, peu à peu, finissent par s'imbriquer dans ce qui arrive en 2034. Cela explique, entre autres, comment Géraud et lui se sont rencontrés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail pour les éditions Audible Studios.

La comédienne n'a pas démérité. L'éditeur a choisi de ne pas faire interpréter les extraits du carnet de Navarre par un homme, alors que ces passages sont à la première personne du singulier. Je m'en suis étonnée, mais je ne le déplore pas. En effet, Adeline Chetail prend une voix plus grave, plus basses. Bien sûr, le changement de tessiture est dû au fait que Navarre soit un homme, mais le jeu d'Adeline Chetail ne s'en est absolument pas trouvé terni. D'autre part, une autre voix que la sienne, seulement pour le tome 3, aurait peut-être détoné. Moi qui imagine souvent tel ou tel comédien lisant tel ou tel livre, je ne sais pas du tout quelle voix je mettrais sur les extraits du carnet de Navarre. Même lorsque j'imagine l'un d'eux, même parmi mes préférés, je reviens à la voix et à l'interprétation d'Adeline Chetail qui m'a satisfaite.

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lundi, 6 septembre 2021

Testament, tome 2: Alouette, de Jeanne-A Debats.

Testament, tome 2: Alouette

L'ouvrage:
Avril 2032. Voilà trois ans que les événements contés dans «L'héritière» sont arrivés. Un jour, les membres de l'étude notariale de Géraud voient entrer un couple (qu'ils surnomment Roméo et Juliette). Les jeunes gens demandent à Géraud de les marier. Celui-ci refuse... Seulement, il semblerait qu'il y ait une épidémie, et que les «Roméo et Juliette» se trouvent à tous les coins de rue.

Critique:
À l'instar du tome 1, ce deuxième volume m'a beaucoup plu. J'ai d'abord apprécié que l'autrice prenne le temps de dire où en sont ses personnages. De plus, l'intrigue m'a plu, et je n'ai pas deviné où elle menait. Les indices et les rebondissements arrivent à point: je ne me suis pas ennuyée.

J'ai trouvé amusant que Jeanne-A Debats se serve d'une pièce très célèbre pour en transposer la trame dans le monde des vampires, des garous, des dragons, des kitsunes... D'autre part, si nos héros courent des dangers (comme lorsque Agnès subit une cyber attaque), l'autrice parvient toujours à faire descendre la tension en mâtinant ces dangers d'humour. Les vecteurs de cet humour sont souvent des pensées d'Agnès, voire des conversations intérieures qu'elle a avec Erfauge. Dans le cas où elle est cyber attaquée, c'est autre chose... ;-) Lorsqu'elle va négocier avec Artus pour le compte de son oncle, il est cocasse qu'elle se force à penser comme Géraud, à agir comme Géraud ferait, afin de réussir au mieux. Il y a d'ailleurs une intrigue secondaire (celle en rapport avec ce que doit trouver Agnès pour un client de l'étude). Cette intrigue est presque uniquement basée sur l'humour.

Quant aux amours de notre héroïne, ce qui arrive ne m'a ni dérangée, ni agacée, ni impatientée... J'imagine que quelque chose de plus «définitif» se passe dans le tome 3, mais je ne peux même pas être absolument sûre de l'identité de celui avec qui cela arrivera. ;-)

À la fin, Agnès apprend autre chose à propos d'elle-même. C'est assez important pour qu'elle se mette à investiguer. J'imagine que cela fera partie de ses actes dans le tome 3. Ou bien, Géraud sait tout, et elle parvient à le lui faire dire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail pour les éditions Audible Studios.

Comme je m'y attendais, la lecture d'Adeline Chetail m'a plu. Comme dans le tome 1, son ton est toujours approprié, et elle interprète une galerie de personnages sans cabotinage ni trop de sobriété.

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jeudi, 2 septembre 2021

Testament, tome 1: L'héritière, de Jeanne-A Debats.

Testament, tome 1: L'héritière

L'ouvrage:
Agnès Cleyr a vingt-sept ans. Elle est sorcière. Elle peut voir les fantômes, et ressentir leurs souffrances. Cela la tourmente, et elle a peu de moyens d'y échapper. À présent, la voilà seule, ses parents et son frère étant morts. Son oncle, Géraud, la prend alors sous son aile, et l'embauche dans son étude notariale. La jeune femme doit décrypter des textes en langue ancienne. C'est alors que le Cénacle fait appel à l'étude de Géraud...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je suis contente d'avoir trouvé une autrice française écrivant de la fantaisie urbaine, et qu'elle situe son intrigue dans son pays. En effet, tous les auteurs que je connais s'attaquant à ce genre sont américains, et j'imagine (peut-être me trompe-je) que les fan du genre ne jurent que par ces auteurs.

Dans ce roman, l'AlterMonde se partage Paris. Telle meute de Garous a tels territoires, tels vampires ont tels autres... On rencontre également des sirènes.

La plupart des personnages sont attachants, même s'ils ont tous une part d'ombre. Je les ai suivis avec intérêt. Les particularités de chacun et les aventures qu'ils vivent font qu'on ne s'ennuie pas. J'ai lu certaines chroniques disant que le début était lent: je n'ai pas trouvé. Ou alors, je ne m'en suis pas aperçue, car la lenteur, si lenteur il y a, m'a plu. J'ai plutôt apprécié qu'Agnès prenne le temps de se présenter, d'expliquer certaines choses concernant ses parents, etc.

La romancière est parvenue à glisser de petites notes d'humour lors de moments très tendus. Par exemple, ce qu'Agnès fait avec ses talons (ce qui lui vaudra un cadeau assez particulier), ou l'histoire que notre héroïne raconte à Erfauge afin de le distraire de son envie de la vider de son sang (histoire qui aura certaines répercussions...).

En général, je n'aime ni les histoires d'amour qui arrivent trop vite, ni les triangles amoureux. Ici, l'autrice s'y prend bien mieux que tous ceux que j'ai lus. Elle ne fait pas un véritable triangle amoureux, et l'héroïne ne se jette pas tête baissée dans une histoire d'amour. Elle prend les choses comme elles viennent. Cela fait que j'ai partagé ses émotions sans arrière-pensées lors de ce qui arrive vers la fin.

Quant au don (elle dirait «malédiction») d'Agnès, le lecteur et la jeune femme apprennent des éléments qui laissent perplexe. Agnès en saura-t-elle davantage lors des tomes suivants? En tout cas, j'ai hâte de les lire!

J'aime bien le titre de ce premier tome, car s'il concerne la personne qui sera choisie par Erfauge, il peut, dans une certaine mesure, concerner Agnès.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail pour les éditions Audible Studios.

Adeline Chetail fait partie des comédiens dont je souhaite très fort qu'ils enregistrent davantage de livres qui me tentent. Sa lecture est soigneuse, son intonation est toujours adéquate, elle joue les émotions sans affectation, et ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins.

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lundi, 30 août 2021

One little lie, de Christopher Greyson.

One little lie

L'ouvrage:
Kate a deux enfants (Andy, onze ans, et Ava, quatre ans), et tente de se remettre de son divorce. Un jour, afin de ne pas avoir l'air ridicule devant son ex-mari et la fiancée de celui-ci, Kate profère un petit mensonge. Il ne devrait pas avoir de conséquences, pense-t-elle. Cependant, certains paramètres qu'elle n'imaginait pas entrent en jeu. La première conséquence de son mensonge est la découverte qu'un inconnu la surveille, la traque.

Critique:
Ayant aimé «The girl who lived», étant tentée par le résumé de «One little lie», et appréciant beaucoup le jeu de la lectrice, je me devais de lire ce roman. Il m'a beaucoup plu. L'auteur aborde un thème qui m'interpelle toujours, même si je l'ai trouvé de multiples fois: celui du personnage principal (en l'occurrence, une femme, comme très souvent) affabule-t-il, est-il malade, ou tente-t-on de lui faire perdre l'esprit? En général, je me mets du côté de l'héroïne, car elle m'est sympathique, sauf une fois, et il s'est trouvé que j'avais eu raison. Ici, ce sera au lecteur de se faire son opinion...

À un moment, j'ai pensé qu'il y avait une incohérence. C'est quand Kate est redevenue (puisque apparemment, elle l'avait été longtemps auparavant) somnambule. J'imaginais des explications énormes, et donc truffées d'incohérences, à ce phénomène. La solution balaie les incohérences, ce qui m'a plu.

Mes soupçons se sont toujours portés sur un lot (si j'ose dire) de personnages. Lorsque le romancier présente un autre coupable possible, je n'y ai pas cru. De plus, j'aurais détesté que ce personnage fût coupable, car cette ficelle ne lui aurait pas convenu. En effet, Christopher Greyson a créé ce personnage de telle sorte qu'à mes yeux, il ne pouvait pas être coupable. ;-)

Certains rebondissements ne m'ont pas trop surprise, mais cela n'a pas du tout gâché ma lecture. Les choses n'auraient pu être autres. J'ai particulièrement apprécié la manière dont Audrey se dévoile à Kate. Je m'y attendais mais l'auteur mène cela très bien, tout comme les autres rebondissements.

M'étant efforcée de ne pas donner les noms de certains personnages, je ne peux pas trop dire lesquels j'apprécie ou pas. Je peux quand même dire sans crainte de gâcher la lecture que j'ai beaucoup aimé Ava. La fillette primesautière était toujours synonyme de rire ou de tendresse. Et puis, comment résister à l'innocente question qu'elle pose à Tammy lorsque celle-ci lui montre une photo d'elle enfant? ;-)

La toute fin peut être comprise de deux manières différentes. Soit le personnage a, comme il le pense, trouvé la solution à tous ses problèmes; soit il fait seulement une autre crise d'autosatisfaction, de narcissisme, et pense que juste parce qu'il veut quelque chose, cela va se réaliser. J'opte pour la deuxième hypothèse, d'abord parce qu'elle va mieux à l'histoire, aux événements, et au caractère du personnage en question, mais aussi parce que si la première était la bonne, cela donnerait une fin comme je les déteste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Greyson Media.

Amy McFadden fait partie de mes lecteurs favoris. Ici, elle n'a pas démérité. Elle a interprété toute une galerie de personnages en parvenant à modifier sa voix sans en faire trop (notamment pour Ava où, pour moi, elle excelle) et à rendre leurs émotions sans failles.

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