jeudi, 9 avril 2020

La petite fille et le monde secret, de Maren Uthaug.

La petite fille et le monde secret

L'ouvrage:
Lorsque Knut quitte Rita, et déménage du Nord de la Norvège au sud du Danemark, il emmène Risten, leur fille de huit ans. Celle-ci est complètement déracinée: sa mère et sa grand-mère lui manquent, elle est confrontée à une nouvelle langue, à un nouvel environnement, à la nouvelle épouse de son père (Grete).

Critique:
Au départ, je me suis méfiée de ce livre, parce que je trouvais que la quatrième de couverture en disait trop, et en plus, je n'aimais pas certains aspects de l'intrigue. J'ai finalement décidé de le tenter. Il m'a plu, parce qu'heureusement, les choses sont plus complexes que ce que j'imaginais. Malheureusement, je n'ose pas trop donner d'indices ici quant à la complexité de l'intrigue... Au début, l'autrice nous fait comprendre quelque chose. Cet élément ne m'a pas plu, et j'ai râlé après le personnage qui en était au centre. Il est impossible de penser que Maren Uthaug fait croire quelque chose de faux à son lecteur, voilà pourquoi je pestais. Je ne pouvais pas penser: «Mais de toute façon, cet élément est peut-être absolument faux.» Et puis le livre avance, et la romancière donne des précisions sur le fameux élément. Cela montre que les choses ne sont pas aussi simples que ce que je croyais au début. Pour ce paramètre, Maren Uthaug a finement joué, parce qu'elle ne laisse pas entrevoir qu'il faut lire entre les lignes. Elle donne même des indices tendant à prouver ce que je croyais vrai. De plus, lorsque le livre est achevé, le lecteur ne peut pas s'en prendre à l'autrice, et dire qu'elle a donné de faux indices: elle ne l'a pas fait. C'est au lecteur d'interpréter correctement les indices donnés.

D'autre part, Maren Uthaug montre, avec brio, un personnage en butte au harcèlement psychologique. Pour moi, ce personnage réagit comme il le peut. J'aurais préféré une rébellion plus radicale, mais il ne lui était pas facile de faire autrement. Je regrette que le personnage harceleur (à qui je n'ai trouvé ni aucune qualité ni aucune excuse) n'ait pas été puni.

La fin m'a frustrée. J'aurais aimé que l'histoire se poursuivît. Comment tel personnage va-t-il gérer ceci et cela? Même si certains non-dits trouvent une explication, il me semble qu'il reste des zones d'ombre...

Je me rends compte que je ne peux pas dire ce que je pense des personnages en les nommant, car cela gâcherait la lecture de ceux qui s'apprêtent à lire ce roman. J'ai réussi à parler de certains aspects du récit sans trop en dire. J'espère que cela vous donnera envie de tenter cette histoire.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Je me suis finalement décidée à tenter ce roman parce que j'apprécie le «jeu» de cette lectrice. Je n'ai pas été déçue. Je trouve dommage qu'elle ait lu le lexique à part, mais comme il n'y avait pas beaucoup de mots, il ne m'a pas été trop laborieux de coller les définitions des mots du lexique lorsqu'ils apparaissent pour la première fois dans le roman. En outre, ce n'est pas la lectrice qui a décidé de faire ainsi: c'est la BSR qui tient à ce que cela soit fait ainsi, car si on possède un lecteur DAISY, on peut écouter les définitions au moment où les mots apparaissent. N'ayant jamais besoin du format DAISY, et ayant connu des déboires à cause de ce format, quand il y a des définitions de mots lus à part, soit je les déduis, soit je trouve la force (surtout si je décide de garder le livre) de les coller au moment de la première occurrence du mot.

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15 lectures

lundi, 6 avril 2020

The how and the why, de Cynthia Hand.

The how and the why

L'ouvrage:
Cassandra (Cass) McMurtry vit en Idaho. Elle a dix-huit ans, est passionnée de théâtre... Elle mène une vie heureuse. Cependant, sa mère, Kat, est malade depuis presque un an. On craint pour sa vie.
C'est dans ce contexte que Cass commence à se poser davantage de questions que d'habitude sur sa mère biologique.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié que Cass n'ait aucun problème relationnel avec ses parents, et que, de ce fait, cela ne soit pas la raison pour laquelle elle cherche à en savoir plus sur sa mère biologique.
J'ai apprécié les personnages principaux. L'héroïne n'est pas parfaite, ce qui fait qu'on s'identifiera facilement à elle. Je pense surtout à sa dispute avec sa meilleure amie. Elle souffre, mais dit une chose affreuse. Elle s'en rend compte, et a du mal à présenter ses excuses comme il faut.

Certains diront peut-être que certaines ficelles sont un peu faciles, que l'autrice fait des choses auxquelles on ne croirait pas dans la vie réelle. Cela ne m'a pas gênée parce que je pense que si c'est bien amené, cela ne paraît pas invraisemblable, et cela permet au lecteur de rêver.

J'ai aimé découvrir, au fil des chapitres, la personnalité de S, la mère biologique de Cass. Certains la verront peut-être comme un cliché: la fille dont les parents (surtout le père en l'occurrence) ne se préoccupent pas, qui n'aime pas la seconde épouse de son père, qui fait une bêtise, etc. Cela fait partie des choses que j'ai trouvées bien amenées. Au lieu de sembler clichée, S avait l'air réaliste.

J'avais deviné quelque chose. Cela ne m'a pas gênée, cela m'a plutôt fait sourire. Ensuite, j'ai imaginé autre chose en espérant que cet autre fait serait faux. La romancière a inventé quelque chose dans ce style, mais ce qu'elle a imaginé est moins gros que ce que je redoutais.

J'ai aimé la fin, mais elle m'a frustrée. J'aurais voulu en savoir davantage. En y réfléchissant, je pense qu'en se débrouillant bien, Cynthia Hand aurait de la matière pour une suite. Mais il lui faudrait jouer serré pour ne pas tomber dans du cliché, ne pas plonger son lecteur dans l'ennui, etc. Je pense que c'est possible. S'il y a une suite lue par la comédienne qui lit les passages narrés par Cass, je la lirai.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole (lisant les passages narrés par Cass) et Erin Spencer (lisant ceux du point de vue de S) pour les éditions Harper Audio.

J'apprécie toujours autant le jeu de Phoebe Strole. Ici, elle n'a pas démérité: elle n'a pas fait d'affreux effets de voix pour les rôles masculins, et a bien interprété les sentiments et les émotions des personnages.

Je connais peu Erin Spencer, ne l'ayant entendue que dans «The stranger's game» / «L'autre soeur». Je l'ai autant appréciée que dans cet autre roman. Je pense que je vais lire les résumés des livres disponibles sur audible.fr lus par elle... Je ne la confondrai plus avec Arielle Delisle. Par contre, je confonds toujours un peu Phoebe Strole et Arielle Delisle. J'ai écouté plusieurs romans lus par Phoebe Strole, et je suis peut-être en passe de guérir de cette confusion.

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35 lectures

jeudi, 2 avril 2020

Tout cela je te le donnerai, de Dolores Redondo.

Tout cela je te le donnerai

L'ouvrage:
Ce matin-là, la police frappe à la porte de Manuel Ortigosa. On lui annonce la mort de son mari, Álvaro Muñiz de Dávila, dans un accident de voiture. Il se serait endormi au volant. Manuel n'a pas l'occasion de digérer cette catastrophe, car il apprend qu'Álvaro avait, depuis trois ans, renoué avec sa famille, de riches aristocrates. À la mort de son père, Álvaro a hérité du titre de marquis, et s'est employé à redresser les affaires de la famille. Il a désigné Manuel comme légataire de ses biens. Ainsi, celui-ci va devoir découvrir des pans de la vie de son mari.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il peut paraître un peu long, mais cela ne m'a pas dérangée. En effet, l'autrice analyse la psychologie de ses personnages, prend le temps de les montrer dans diverses situations, etc. Il y a un moment où j'ai trouvé que Dolores Redondo exagérait un peu parce que ce que découvraient les personnages les poussait à soupçonner une personne en particulier, et qu'il aurait été dommage que cette personne fût coupable. Elle a quand même bien amené les choses, à mon avis.

Je m'attendais à ce que la famille Muñiz de Dávila soit détestable, mais l'autrice a quand même su me surprendre. C'est à peu près la même chose concernant Álvaro: on sait très vite que Manuel va apprendre des choses déplaisantes, à commencer par le fait qu'il avait renoué avec sa famille. Cependant, Álvaro ne se révèle pas complètement différent de ce que connaissait son mari. L'autrice n'a pas fait quelque chose de totalement invraisemblable.

La famille Muñiz de Dávila est très vite entourée de mystères. Certaines questions se posent, petites énigmes s'imbriquant dans la grande. Tout finit par être expliqué de manière cohérente. Je n'avais rien deviné. C'est après coup que j'ai pensé que tel personnage avait dit ceci et cela pour telle et telle raison, etc. J'aurais quand même aimé savoir ce qui arrive vraiment à la personne coupable de tout. On s'en doute, mais il aurait été bien que cela soit précisé. Si cette personne est coupable du mal qui arrive dans le présent et qui est arrivé dans le passé proche, deux autres sont coupables de méfaits plus anciens. Je trouve que ces personnages n'ont pas assez souffert.

J'aurais aussi aimé en savoir plus quant à Nogueira. Là encore, on sait ce qui arrive à partir du moment où Laura prend une certaine décision, mais j'aurais aimé que cela soit développé, les personnages ayant d'importantes choses à se dire. Peut-être l'autrice a-t-elle eu peur d'écrire une scène trop larmoyante. Il est vrai qu'elle aurait eu du mal à l'éviter, et que cela m'aurait peut-être cassé les pieds... ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christophe Brault pour les éditions Lizzie.

J'ai déjà pu apprécier la lecture de ce comédien dans «Le meurtre du commandeur». J'ai donc été contente de le retrouver ici. J'ai apprécié son jeu. Il est parvenu à modifier sa voix pour certains rôles sans que cela soit affecté, et en exprimant les sentiments des personnages. En bonne pinailleuse, j'ai regretté qu'à partir du chapitre 13 ou 14, il se mette à dire «Elissa» pour Elisa. Certes, en espagnol, cela se prononce ainsi, mais je ne comprends pas pourquoi il n'a pas voulu le prononcer totalement à la française, comme il le faisait au départ. Quant à Nogueira, parfois, il roule le «r», mais la plupart du temps, sa prononciation m'a convenu.

Je n'aime pas que les chapitres d'un livre commence par de la musique. Dans «Tout cela je te le donnerai», j'ai apprécié que beaucoup débutent par des bruits de la nature. Bien sûr, j'aurais préféré que la piste commence directement par la suite du récit, mais je préfère les bruits de la nature (qui cadraient avec le décor dans lequel se retrouve Manuel) à la musique.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en plusieurs pistes.

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52 lectures

lundi, 30 mars 2020

Ce qui ne tue pas, de Rachel Abbott.

Ce qui ne tue pas

L'ouvrage:
Ce soir-là, après un appel à l'aide, la police doit intervenir chez Marc North. Dans la chambre principale, deux corps sont découverts. L'un est le cadavre d'un homme. L'autre, une femme, est en pleine crise de nerfs. Elle avoue tout de suite qu'elle a tué l'être qui est à ses côtés.

Critique:
Presque dès le début du roman, je me suis demandé comment l'autrice ferait pour que le lecteur ne s'ennuie pas. En effet, la femme avoue tout de suite son meurtre. Heureusement, Rachel Abbott ne se moque pas de son lecteur. Son intrigue ne traîne pas, et elle maîtrise ses rebondissements. Bien sûr, quelqu'un comme moi trouvera qu'il y a un peu trop de retournements de situation, mais à y bien réfléchir, la romancière ne pouvait pas faire autrement, son but étant de surprendre son lecteur, et les coups de théâtre étant réalistes. Je dois dire que je me serais passée du tout dernier rebondissement, car j'aurais voulu que l'un des personnages souffre davantage. Certes, l'autre personnage (celui qui va encore souffrir) mérite ce qui lui arrive, mais je me dis que ce personnage a déjà beaucoup souffert (peut-être pas assez, diront certains), et que l'autre pas assez. Bien sûr, ce n'est que mon avis, et il est évident que l'autrice veut que son lecteur réfléchisse là-dessus. Qui des deux personnages est le plus à blâmer? Peut-être sont-ce les deux. J'imagine que la plupart des lecteurs me trouveraient sévère envers l'un des deux, mais ce personnage m'a déplu dès le départ.

Les autres rebondissements m'ont paru pertinents. Chacun pousse le lecteur à penser à tel ou tel personnage en tenant compte d'un nouveau paramètre. Je suis contente que Rachel Abbott m'ait dupée concernant l'un des personnages. Celui-là, je l'avais très vite catalogué, et pourtant... En général, un livre ayant trop de retournements de situations m'agace, car l'auteur surenchérit dans le grandiloquent. Ici, j'ai trouvé que l'écrivain maîtrisait très bien le tout. Cela fait qu'elle décrit très bien la psychologie de chacun de ses personnages. De plus, deux protagonistes font vraiment froid dans le dos, parce qu'ils sont répugnants, mais éveillent également la compassion... On me dira que d'autres ont fait cela. Certes, mais Rachel Abbott l'a très bien fait, à mon avis.

Au long de l'histoire, on voit les policiers chargés de l'enquête. Ils suivent le procès, et en parallèle, on apprend ce qui arrive dans leur vie. Ces passages m'ont moins plu, parce que la vie de Stéphanie (la policière) m'intéressait bien moins que celles des personnages de l'intrigue principale. On retrouve souvent ce genre de choses dans les romans de ce genre, et je les trouve très bien, parce qu'il est normal qu'on ne voie pas les policiers ne faire qu'enquêter. Ici, c'est la première fois que cela m'a agacée, parce que pour moi, Stéphanie ne fait pas partie des personnages principaux. Son histoire m'a quand même plu, avec le recul, mais la romancière a mis tellement de suspense dans l'intrigue principale qu'au long de ma lecture, je ne voulais pas dévier de cette intrigue

Après que mon mari a lu «La disparue de Noël», il me l'a raconté, ce qui m'a donné envie de le fuir (le livre, pas mon mari ;-) ). Lorsque j'ai eu l'occasion de lire «Ce qui ne tue pas», j'ai eu peur d'avoir affaire à quelque chose qui me déplairait à cause de ce qui arrive dans «La disparue de Noël». Je suis contente d'avoir donné sa chance à ce roman que j'ai beaucoup aimé, même si j'ai un peu moins apprécié la toute fin. À un moment, j'ai souri, parce que j'ai pensé que «Ce qui ne tue pas» avait été écrit par une Jodi Picoult en creux: il y a beaucoup de coups de théâtre, dont un final censé tout changer, comme chez Jodi Picoult. Mais en général, chez Picoult, les personnages sont presque tous «gentils». Chez Rachel Abbott, ce n'est pas le cas.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison pour les éditions Lizzie.

J'avais apprécié la lecture de cette comédienne dans «Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie». Ici, elle n'a pas démérité. Elle joue très bien les sentiments des personnages, notamment la colère et le désespoir. Je trouve un peu dommage que parfois, pour les hommes, elle modifie un peu trop sa voix, car pour moi, cela n'est pas naturel, mais elle ne le fait pas pour chaque réplique masculine.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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98 lectures

jeudi, 26 mars 2020

Quand je t'ai perdue, de Fionnuala Kearney.

Quand je t'ai perdue

L'ouvrage:
Décembre 2014. Anna, vingt-quatre ans, était aux sports d'hiver avec des amis. Il y a eu une avalanche. Certains s'en sont tirés, on a retrouvé le corps des autres... sauf celui d'Anna et d'un de ses amis.

Février 2015. Jess, la mère d'Anna, fait de son mieux pour ne pas s'effondrer. Heureusement, elle a Rose (sa petite-fille), Léa (sa soeur), et Théo (son meilleur ami). Mais ses tourments ne sont pas près de s'arrêter. Anna avait un secret, et Jess est sur le point de le découvrir.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il explore sans complaisance la psychologie de personnages ordinaires confrontés à de douloureux événements. On voit surtout la manière réagit Jess parce qu'on est souvent dans ses pensées. L'autrice montre intelligemment la douleur de cette mère qui s'efforce de vivre, et de profiter de ceux qui lui restent, et qui, alors qu'elle sait qu'elle ne se relèvera jamais vraiment, reçoit un autre coup concernant sa fille disparue, et ne peut pas lui demander de s'expliquer.

Anna est assez dérangeante. Elle fait quelque chose de mal, le sait, et ne parvient pas à s'arrêter, même après certaines graves conséquences. Certes, comme le souligne un personnage, il ne faut pas la résumer à cette mauvaise action répétée, mais je ne suis pas vraiment encline à la défendre. L'autrice fait justement en sorte qu'Anna, en dehors de cela, soit appréciable. Ainsi, il est dur de trancher la concernant. Si j'ai tenté de me mettre à sa place, j'ai surtout réussi à comprendre ceux qui souffrent par sa faute. Je ne la condamne pas absolument, ma réprobation totale revient à un autre personnage. Lui, je ne lui ai trouvé aucune excuse.

À part la question de la douleur qu'on peut infliger aux siens parce qu'on ne parvient pas à faire autrement, le roman soulève une autre question tout aussi dérangeante: toute vérité est-elle bonne à dire? À l'instar de Jess, si je suis concernée, je préfère que mes amis me disent ce qu'ils sachent. Cependant, Théo et Doug décident de ne pas dire certaines choses à Jess. Même s'ils pensent que c'est mieux ainsi, que cela lui ferait mal pour rien, je pense que ce n'est pas à eux de décider. Si elle souhaite savoir ce qui la concerne, elle en a le droit. J'ai d'ailleurs trouvé étrange que Théo, qui a bien failli être rayé de la vie de Jess à cause de cela, fasse la même chose en lui cachant un autre fait.

J'ai apprécié les autres personnages, et je les ai compris. Sean m'a un peu agacée, au début, mais il était compréhensible qu'il souhaite passer davantage de temps avec Rose.

Pour moi, l'intrigue ne souffre pas de temps morts.

Éditeur: City.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Yves Vanmeenen fait partie des lecteurs dont j'aime le jeu. Ici, il ne m'a pas déçue.

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129 lectures

lundi, 23 mars 2020

When she returned, de Lucinda Berry.

When she returned

L'ouvrage:
Voilà onze ans que Kate Bennett a disparu. Sa voiture a été retrouvée dans un parking, son sac était sur le siège passager. L'enquête n'a rien donné. Scott, son mari, a élevé leur fille (Abby), et a fini par se remarier avec Meredith, rencontrée aux réunions d'un groupe de parole destiné aux personnes ayant perdu un conjoint. Cela ne fait pas un an qu'ils sont mariés. C'est alors que Kate réapparaît.

Critique:
La chronique de ce roman n'est pas facile à écrire, car je veux absolument ne rien dévoiler quant à ce qui est arrivé à Kate, mais il est très intéressant d'évoquer ce pan de l'intrigue. Ce qui arrive à Kate est assez effrayant. Je connais ce genre de récits, je sais que cela arrive très souvent, et malheureusement, très facilement. Lire ce qui est arrivé à Kate ne m'a pourtant pas laissée indifférente. J'ai beau savoir que cela existe, cela m'a mise très mal à l'aise. Cela n'est pas du tout agréable à lire, mais c'est nécessaire. Cela informe, cela met en garde, tout en faisant froid dans le dos. J'ai beaucoup de mal à accepter que des personnes normales peuvent agir comme ce que décrit Kate. J'espère que cela ne m'arrivera jamais...

L'autrice axe son roman sur la psychologie des personnages. Kate est très intéressante à analyser. Je ne suis pas parvenue à éprouver des sentiments positif pour elle, mais je sais qu'elle est captivante, et que je devrais ressentir de la compassion à son égard. Pour moi, Kate est faible, stupide, et n'a aucun esprit critique. Elle ne mérite certainement pas ma compassion, mais je sais qu'en disant cela, je me comporte de manière presque aussi détestable qu'elle. En outre, je sais que ce qui lui arrive peut arriver à n'importe qui, car les responsables savent s'y prendre. Cependant, j'ai du mal à accepter qu'elle ait à ce point manqué d'esprit critique. On me dira que justement, si ce genre de choses arrive, c'est parce que certains manquent d'esprit critique, voire n'en ont pas du tout.

Meredith est également très intéressante. Elle souhaite voir les choses de la manière la plus objective possible. Parfois, tout en sachant qu'elle faisait de son mieux, je la trouvais partiale. Pourtant, quand Scott et Abby le lui reprochaient, je me disais que franchement, elle ne l'était pas. Sa position n'est pas facile: son mari retrouve la femme qu'il a toujours aimée, même après son remariage, et cette femme vient vivre dans la famille que Meredith vient de construire.

Quant à Scott, je comprenais son état d'esprit. Par exemple, je trouvais logique qu'avant que Kate soit retrouvée, il ait du mal à tourner la page. Ensuite, lorsque Kate a intégré la famille qu'il formait avec Meredith et Abby, je comprenais qu'il souhaite faire en sorte qu'elle se sente le mieux possible.

Abby est équilibrée. C'est sûrement elle qui vit le mieux l'étrange situation engendrée par le retour de sa mère. Même lorsque je trouvais qu'elle n'était pas assez prudente, je comprenais pourquoi elle agissait comme elle le faisait.

Vers la fin, le FBI fait quelque chose qui, quand Scott l'apprend, le rend fou de rage. J'ai compris les deux points de vue, et je sais qu'à la place des policiers, j'aurais agi comme eux; et à la place de Scott, j'aurais, moi aussi, eu une crise de rage. La question de savoir quelle aurait été la meilleure manière d'agir est donc épineuse...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Coleen Marlo, Lauren Ezzo, et Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Je connais bien le jeu d'Amy McFadden. Je l'apprécie beaucoup. Dans ce roman, elle n'a pas démérité. À un moment, Kate sanglote: la comédienne parvient à montrer son désespoir sans trop en faire.
Je connaissais également (mais moins) le jeu de Coleen Marlo. Je l'avais apprécié dans un autre roman. Ici, je l'ai également apprécié. Elle joue, sans trop en faire, la colère, le désespoir, etc.
Quant à Lauren Ezzo, je ne la connaissais que de nom. Avant d'acheter ce roman, j'ai donc écouté, sur Audible.fr, un extrait d'un livre lu par elle, et à première écoute, son jeu m'a plu. Après avoir lu «When she returned», je pense que je n'irai pas volontiers vers ses prestations. Elle prend une horrible voix étranglée pour les rôles masculins, et en fait parfois trop lorsqu'il s'agit de pleurer, et également lors de répliques plus anodines.

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51 lectures

jeudi, 19 mars 2020

Douleur, de Zeruya Shalev.

Douleur

L'ouvrage:
Iris est mariée, et a deux enfants. Un jour, elle sent une douleur refaire surface: celle qui résulte du fait qu'elle a été blessée au cours d'un attentat, dix ans auparavant. Au bout de plusieurs jours à la voir prendre des anti-douleurs, son mari la convainc de se faire examiner. À l'hôpital, elle tombe sur Ethan, son amour de jeunesse qui l'a quittée trente ans plus tôt.

Critique:
Ainsi que cela m'est déjà arrivé, j'ai commencé par rejeter l'idée de lire ce roman, parce que je n'avais pas envie de lire le récit d'un adultère. Ensuite, je me suis dit qu'appréciant la lectrice, je pouvais tenter le livre. De plus, certains livres enregistrés par cette lectrice ont commencé par ne pas me tenter, et se sont révélés très plaisants. Quant à «Douleur», mon sentiment est mitigé. Certes, la rencontre d'Iris et d'Ethan aura des conséquences; certes, l'auteur prend soin de montrer que les choses ne sont pas toutes roses entre Iris et son mari afin de mieux faire accepter certains événements... (je trouve d'ailleurs cela très cliché). Cependant, cette rencontre et d'autres éléments du roman font qu'Iris et son mari se remettront en question. Le lecteur voit davantage l'examen de conscience d'Iris, car c'est elle que suit le narrateur omniscient, mais la remise en question de son mari est visible.

Au bout d'un moment, le sujet principal n'est plus Iris et son amour de jeunesse. L'auteur opère progressivement un glissement vers autre chose qui préoccupera forcément l'héroïne et son mari. Iris n'en oublie pas Ethan pour autant, mais ce second bouleversement l'oblige à réellement réfléchir. En outre, une scène assez choquante a lieu entre Iris et Ethan dans un restaurant. Je ne dirai pas de quoi il s'agit, je peux seulement dire que je n'ai pas compris pourquoi Ethan se montre si obtus, si fermé d'esprit. Tout de suite après, il ajoute autre chose de peu aimable à cela...

J'ai donc préféré la seconde moitié du roman, parce que c'est là que l'héroïne affronte ce qui arrive à bras-le-corps, et se penche sur ses fautes passées. Elle teinte tout cela de superstition, ce que j'ai compris, parce qu'à sa place, j'aurais fait exactement la même chose.

La fin m'a en partie satisfaite, mais c'est là qu'il aurait fallu que le livre continuât. Il manque plusieurs chapitres dans lesquels l'auteur aurait raconté comment la famille affronte le cyclone. En effet, à la fin du livre, nous n'en sommes qu'au début, et Iris et son mari ne savent pas comment agir.

Ce qui arrive à Alma m'a rappelé, avec force, par subtiles petites touches, que personne n'est jamais à l'abri de ce genre de choses. Cela m'a aussi rappelé un personnage du roman «Toute la beauté du monde n'a pas disparu» qui, au moment où se déroule le roman, est guérie de cela, et qui en parle avec une très grande lucidité.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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104 lectures

lundi, 16 mars 2020

Le cercle du karma, de Kunzang Choden.

Le cercle du karma

L'ouvrage:
Tsomo vit dans un village du Bhoutan. Elle aime tendrement sa famille. D'autre part, elle est frustrée que l'instruction soit réservée aux garçons. Certaines épreuves vont la pousser à prendre la route.

Critique:
Je suis quelque peu étonnée parce que j'ai déjà essayé de lire ce livre, et je l'ai abandonné, de mémoire parce qu'il m'ennuyait. Ne me souvenant plus pourquoi il m'avait ennuyée, j'ai décidé de lui redonner une chance. Je suis contente de l'avoir fait, car il m'a plu. C'est surtout le personnage de Tsomo qui m'a plu. Au cours du roman, elle évolue. Au départ, elle est sympathique au lecteur, puis les épreuves qu'elle subit font qu'elle tente de s'améliorer, de mieux comprendre son entourage, ce qui renforce la sympathie à son égard. Par exemple, à un moment, elle se rend compte que si un homme trompe sa femme, c'est d'abord l'homme le fautif. Elle se dit que les femmes, elle comprise, jettent la première pierre à la maîtresse du mari trompeur, mais pourtant, celui-ci n'est jamais innocent. Les épreuves et la manière dont elle choisit de les combattre font mûrir l'héroïne. J'ai apprécié ce cheminement. Au départ, Tsomo n'a pas mérité les calamités qui lui arrivent, mais malheureusement, elles s'abattent sur elle. Elle ne nie pas sa souffrance, mais tente de la combattre intelligemment. Il y a quand même une chose dont elle a été capable, vers la fin, chose qu'à mon avis, je n'aurais pas pu faire.
J'ai beaucoup apprécié qu'elle obtienne quelque chose qui lui tenait à coeur sans forcément devoir se conformer à certaines règles inhérentes à cette chose. Cette idée est un exemple de tolérance.

J'ai été étonnée que Tsomo mette tant de temps à comprendre la rouerie de deux personnages. Ceux-ci m'ont très vite déplu. Cependant, le fait que l'héroïne ne les a pas tout de suite démasqués ne montrent pas qu'elle est stupide, mais plutôt qu'elle ne se met pas à soupçonner les gens à tort et à travers.

Ce livre est une occasion de se plonger dans la culture du Bhoutan. Tsomo elle-même, au cours de son voyage, sera confrontée à d'autres façons de penser que la sienne. Ce périple est d'ailleurs certainement une métaphore pour le voyage intérieur qu'elle accomplit.

Un roman abouti, sage, qui pousse à réfléchir.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

J'ai redonné une chance à ce roman parce que j'aime beaucoup sa lectrice. Son interprétation m'a plu, comme d'habitude. Je voudrais souligner que dans ce livre, il y a beaucoup de prénoms qui ne sont pas habituels à des francophones. Martine Moinat les a prononcés sans fioritures, ce qui m'a plu. Peut-être que la prononciation ne correspond pas à celle qu'on entendrait au Bhoutan, mais en tout cas, la lectrice n'a pas pris un accent affecté.

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