lundi, 28 septembre 2020

Rien qu'à moi, d'Elisabeth Norebäck.

L'ouvrage:
Stella Widstrand est psychothérapeute, est mariée, a un enfant, mène une vie qui la satisfait. Cependant, une nouvelle patiente va raviver une douleur qui a causé, vingt-et-un ans plus tôt, une blessure qui n'a jamais cicatrisé. Dès qu'elle voit cette patiente, Stella est convaincue que c'est sa fille, Alice, disparue à l'âge d'un an...

Critique:
Ce roman m'a plu. Très vite, il m'en a rappelé un autre (dont je ne donnerai pas le titre, car ceux qui l'auraient lu devineraient tout de suite où va «Rien qu'à moi»), et j'ai très vite appliqué ce qui est arrivé dans ce livre à celui d'Elisabeth Norebäck. De ce fait, il y a un personnage dont je me suis rapidement méfiée, et contre qui je relevais tout ce que je pouvais, même les indices que l'autrice souhaitait flous. J'ai été contente de découvrir que je ne me trompais pas, mais un peu déçue d'avoir trouvé si vite. À un moment, la romancière est parvenue à me faire quelque peu douter, mais alors, il m'aurait fallu envisager une vérité qui ne me tentait pas du tout. Donc malgré ma déception d'avoir tout deviné très vite, je suis contente que l'autre hypothèse ne soit pas celle choisie par l'écrivain. De plus, il m'a plu que certains indices donnés pour disculper ce personnage n'aient pas été des incohérences.
Plus tard, d'autres indices m'ont poussée à envisager autre chose, et je suis contente qu'Elisabeth Norebäck ne l'ait pas fait. Cela ne m'aurait pas plu, mais en plus, cela aurait été gros.

Ma déception a été atténuée par le fait que l'intrigue est bien menée. Pour moi, il n'y a pas vraiment de rebondissements, mais tension et suspense sont au rendez-vous. Le schéma peut paraître un peu classique: le protagoniste que personne ne croit, sur qui tout s'abat, qui finit par avoir l'air fou parce qu'il a connu un épisode dépressif par le passé... Cela ne m'a pas gênée, parce que ça n'a pas tant duré: peu à peu, des personnages ont accepté de se pencher sur les faits...

Il n'y a pas de véritables rebondissements, mais l'autrice a su me surprendre. Il y a des choses auxquelles j'aurais dû penser concernant le personnage dont je me méfiais, et cela ne m'a même pas effleurée.

À la fin, tout est dit, mais j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires se passant quelques mois plus tard, et expliquant comment sont les relations entre deux personnages. Le lecteur peut les imaginer, certes...

Remarque annexe:
En bonne maniaque, j'en ai assez que les personnages des romans gaspillent leur nourriture. Ici, par exemple, Stella commande des gâteaux dans un café, et ne les mange pas. De plus en plus souvent, dans les romans, les personnages commandent quelque chose ou se font à manger, puis finissent par gaspiller leur repas parce qu'ils sont anxieux ou autre. Quand je lis cela, je m'imagine toujours que beaucoup de gens doivent faire des choses de ce genre dans la vraie vie, et je trouve cela honteux.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Je retrouve Manon Jomain avec plaisir, car j'apprécie son jeu naturel. Ici, j'ai commencé par me demander pourquoi elle prenait une voix plus basse et plus assourdie lorsqu'elle contait les retours en arrière. Au bout d'un moment, je me suis dit que c'était justement pour montrer que c'étaient des retours en arrière. Certains sont signalés par des dates, mais un ou deux ne sont pas signalés. J'imagine que sur la version écrite du roman, ils sont en italique. Même si j'ai d'abord été surprise par ce petit changement de ton, j'ai trouvé que c'était un bon choix éditorial afin de faire comprendre à l'auditeur que ces passages narraient des éléments passés.

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26 lectures

jeudi, 24 septembre 2020

Si je mens, tu vas en enfer, de Sarah Pinborough.

L'ouvrage:
Lisa a bientôt quarante ans. Sa fille, Ava, en a seize. Le travail de Lisa lui plaît, son amitié avec sa collègue Marilyn est solide, sa vie est sans histoires. Sa fille la trouve un peu envahissante, mais c'est une phase logique entre une adolescente et sa mère. Un jour, près de la maison de sa voisine âgée, Lisa trouve un objet anodin pour tous sauf pour elle. Cela l'effraie. À partir de ce moment, la vie qu'elle a construite commence à se fissurer.

Critique:
J'ai été déçue par «Mon amie Adèle» (par une incohérence et la fin) pourtant, mon instinct m'a soufflé de lire «Si je mens, tu vas en enfer». J'ai eu raison: ce roman m'a davantage plu que l'autre, d'abord parce qu'il n'y a pas d'incohérences. Certes, un élément est un peu gros, mais d'après mon mari, visuellement, il est plausible. Quant à son côté vocal, j'imagine qu'il doit également être réalisable, même si j'émets des réserves...

Sarah Pinborough parvient à ce que tension et suspense soient au rendez-vous. Au départ, j'ai pensé (comme le souhaitait sûrement l'autrice) qu'il y avait un rapport entre ce que vivaient Lisa et Ava et autre chose (je ne dirai pas quoi). Cependant, je me doutais que la romancière voulait que le lecteur pense ainsi. De ce fait, je m'attendais à un rebondissement du genre de celui qui m'a le plus marquée dans «Une femme entre nous». Ce que finit par révéler l'écrivain est un bon rebondissement, même s'il m'a moins surprise que celui du roman cité plus haut. Cela tient sûrement au fait que je l'attendais.

J'ai rapidement su à quoi m'en tenir sur l'un des personnages, mais j'ai eu peur que Sarah Pinborough fasse quelque chose que j'aurais absolument détesté, que je déteste à chaque fois que je trouve cela dans un roman. Non seulement, elle ne l'a pas fait, mais certains de ses personnages imaginent cette possibilité, et ceux qui sont sympathiques au lecteur la rejettent. Ce petit clin d'oeil aux auteurs qui pensent s'en sortir avec ce faux coup de théâtre m'a plu.

J'ai également apprécié que, sans donner de faux indices, l'autrice m'ait bernée sur un détail. C'est un tout petit détail, mais j'ai bien ri de moi, parce qu'à partir de quelques phrases, j'ai construit une hypothèse qui s'est révélée fausse. Je sais que c'est dû au fait que je lis beaucoup de thrillers, et qu'à force, parfois, je suppose des choses sans que l'autrice ait mis de gros faux indices. Il se peut qu'elle ait souhaité berner le lecteur avec une «ambiance» dans les quelques phrases qui m'ont dupée, mais en tout cas, elle n'y est pas allée avec de gros sabots.

Elle s'est quand même permis un faux indice, mais s'est arrangée pour qu'il ne soit pas exempt de vérité, même si ce n'était pas celle que le lecteur cherchait.
Quant à la solution de l'énigme, je ne l'ai pas trouvée avant les personnages, mais je reconnais que l'indice donné au long du roman était impossible à manquer! J'ai même deviné que c'était un indice sans comprendre à qui il menait. ;-)

Ava m'a un peu agacée, mais ses réactions sont tout à fait logiques. C'est un protagoniste réaliste. De plus, à la décharge d'Ava, l'agacement est renforcé parce que le lecteur se doute de choses que l'adolescente ignore.

Un pan de l'intrigue m'a rappelé un autre roman. Il n'est pas question de plagiat, Sarah Pinborough n'est absolument pas à blâmer. D'ailleurs, elle et l'autre romancière ne sont pas les seules à avoir exploité l'idée. Ce que je veux dire, c'est qu'elles l'ont très bien fait toutes les deux. Je ne dirai quand même pas quel roman cela me rappelle pour ne pas donner d'indices.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cathy Diraison.

Je connais surtout cette comédienne pour ses doublages. J'avais un bon a priori, car j'apprécie son jeu en tant que comédienne de doublage. Sa lecture a confirmé cela. Elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les personnages masculins, et parvient à la modifier très légèrement sans affectation pour les adolescentes. Elle joue, également sans affectation, les émotions et les sentiments des protagonistes. Je sais qu'elle a enregistré un autre roman qui ne me tente pas. J'espère qu'elle en enregistrera d'autres qui me tenteront.

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43 lectures

lundi, 21 septembre 2020

Sacrifices, de Pierre Lemaitre.

L'ouvrage:
Anne Forestier va chercher une montre commandée pour son petit ami, Camille Verhoeven. C'est alors qu'elle voit les hommes qui sont en train de braquer la bijouterie. Elle les a vus, alors, ils veulent la tuer...

Critique:
Pendant une partie du roman, je me suis dit que «Sacrifices» n'était pas à la hauteur des autres livres de Pierre Lemaitre. L'enquête semble classique. On comprend très bien, par exemple, que Camille soit déterminé à retrouver ceux qui s'en sont pris à Anne, et qu'il fasse tout pour cela, mais cela ne réserve aucune surprise. Les choses avancent lentement... Et puis l'écrivain commence à sortir des cartes de sa manche. C'est d'ailleurs lors de la sortie de l'une d'elles que le lecteur, guidé par l'auteur, se souviendra d'un minuscule indice donné bien plus tôt dans le roman. Ensuite, le lecteur va de découverte en découverte, ce qui rattrape le côté trop classique d'une grande partie du livre.

D'un autre côté, j'ai apprécié de retrouver Camille Verhoeven. Je pensais, après ma lecture de «Travail soigné, que je ne me serais sûrement pas relevée si j'avais subi ce qu'il a subi. Ici, il reste tourmenté, mais mène une vie normale, est toujours un très bon enquêteur, et n'hésite pas à faire ce qu'il faut malgré les blessures que cela rouvre. Il parvient même à trouver une excuse à l'un des personnages. Je sais qu'il a raison, car à la place de ce personnage, j'aurais probablement agi de façon semblable, mais je me dis que Camille n'aurait pas dû l'excuser. Notre héros est peut-être plus équilibré que moi. ;-)

J'imagine que Pierre Lemaitre ne renouera pas avec ce personnage. Après «Sacrifices», il s'est lancé dans «Les enfants du désastre», et après avoir fini le tome 3, se préparait à écrire une saga familiale. De plus, à la fin de «Sacrifices», on imagine qu'on ne pourrait pas retrouver Camille à la même place (si j'ose dire) si une suite existait. Même si j'attends avec impatience la future saga de Pierre Lemaitre (je bave d'envie depuis que je l'ai entendu évoquer ce projet dans l'entretien qui se trouve à la fin de la version audio de «Le miroir de nos peines»), j'aimerais retrouver Camille Verhoeven. Il faudrait donc que le romancier soit à la fois au four et au moulin. Là, j'en demande peut-être un peu trop. ;-)

Un roman un peu lent à démarrer, mais se révélant plus surprenant que ce que laisse présager son début.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Frantz.

Jacques Frantz fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu, et qui n'enregistrent pas assez de livres qui me tentent. Par agacement / dépit / énervement / rage (rayez les mentions que vous jugerez inutiles) j'ai même essayé, l'an dernier, un livre lu par lui, livre qui ne me tentait pas du tout, voire me répugnait. Malheureusement, ce livre ne s'est pas révélé une bonne surprise, et je ne l'ai même pas fini. ;-) En tout cas, ici, comme d'habitude, Jacques Frantz a une lecture fluide et naturelle. Il joue, sans affectation, les sentiments des personnages. Lorsque Anne hurle (désespoir, rage), il prend le parti de hurler. Il le fait également pour d'autres. Je sais que chez beaucoup de comédiens, cela aurait donné lieu à du surjeu. Joué par Jacques Frantz, cela a contribué à faire monter la tension engendrée par la situation. J'espère donc (encore plus qu'avant) qu'il enregistrera d'autres livres, et que ceux-ci me tenteront.

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59 lectures

jeudi, 17 septembre 2020

Et Nietzsche a pleuré, d'Irvin Yalom.

Et Nietzsche a pleuré

L'ouvrage:
Octobre 1882. Le docteur Josef Breuer est abordé par une certaine Lou Salomé. Elle lui explique qu'elle a entendu parler de son expérience: il aurait guéri une patiente en lui faisant exprimer des émotions dues à des traumatismes. Lou Salomé souhaite que Breuer exerce cette «cure par la parole» sur Friedrich Nietzsche. Seulement, celui-ci ne veut plus entendre parler de Lou, et ne veut pas parler de ses états d'âme. Breuer devra donc le soigner... à son insu.

Critique:
Après avoir lu le roman, je suis allée chercher l'orthographe de certains noms sur la quatrième de couverture. J'en ai profité, étant sur Audible, pour regarder s'il y avait des avis. Il n'y en avait qu'un disant que le livre était trop lent, et que la personne avait préféré «Le problème Spinoza». N'étant pas du tout attirée par ce dernier livre, cela ne m'a pas donné davantage envie de le lire, car je n'ai pas trouvé «Et Nietzsche a pleuré» trop lent. Je comprends qu'on puisse avoir l'impression de piétiner, car Nietzsche est très difficile à convaincre. Il ne souhaite évoquer que ses migraines, et tient à garder son désespoir pour lui, afin de s'en repaître, et de s'en désespérer davantage. Je n'ai pas trouvé les approches de Breuer et les repliements de Nietzsche pénibles, parce que j'ai trouvé tout cela très réaliste. Sans me complaire dans un immense désespoir, je sais ce que c'est de traîner des casseroles, et de ne pouvoir s'en débarrasser. De plus, les approches et les refus sont agrémentés de discussions intéressantes. En parallèle, nous découvrons la vie de Breuer: sa famille, son amitié avec Freud, sa pratique de la médecine, et... son obsession... C'est en se penchant sur sa propre vie que Breuer a l'idée qui déclenchera, espère-t-il, l'envie de Nietzsche de parler de son désespoir. Cette idée m'a plu, ainsi que ce qui en découle. Je pense quand même qu'il aurait fallu davantage de séances pour guérir Breuer de son obsession. De plus, si ce qu'il «voit» le «douche», il est étrange qu'il n'ait pas pensé que cette «vision» était peut-être fausse, puisqu'elle n'était que le fruit de son imagination. C'est ce que son inconscient (si j'ose dire) a créé pour le détourner de son obsession. Ensuite, la manière dont Breuer utilise cela pour soulager Nietzsche est bien plus réaliste, car ce qu'il raconte a eu lieu (en tout cas, dans le roman).
Nietzsche et Breuer, tels que les a imaginés Irvin Yalom, sont très intéressants, car ils sont complexes.

En fin d'ouvrage, l'auteur explique ce qui, dans son roman, est vrai, et ce qui est inventé. Je ne connais pas les idées de Nietzsche, et avant de lire ce roman, je ne connaissais pas du tout Josef Breuer, mais selon ce que dit Irvin Yalom, tout semble cohérent. J'ai bien aimé l'idée que ce qu'il a imaginé ait failli arriver, et qu'il n'ait su cela qu'après avoir écrit le livre. :-)

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Gabay.

Je retrouve toujours Bernard Gabay avec plaisir, car j'apprécie beaucoup son jeu. Ici, il n'a pas démérité. Il joue toujours les sentiments des personnages avec justesse, sans trop de sobriété ni d'exagération, il ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles féminins... Je ne peux qu'écrire à nouveau que j'espère qu'il enregistrera beaucoup d'autres livres qui me tenteront.

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lundi, 14 septembre 2020

Mother land, de Leah Franqui.

Mother land

L'ouvrage:
Rachel (américaine dans la trentaine) et Dhruv (indien) sont mariés depuis peu. Selon le souhait de Dhruv, ils ont quitté New York (où habitait la jeune femme et où il était de passage) pour s'installer à Mumbai. Rachel a du mal à se faire à la vie en Inde. Alors qu'elle cherche ses repères, la mère de Dhruv, Swati (qui habite Kolkata, et que Rachel n'a rencontrée qu'une fois) débarque, et annonce qu'elle a quitté son mari, et va maintenant vivre chez son fils. La cohabitation des deux femmes n'ira pas sans heurts.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Au-delà d'une histoire sympathique et de personnages attachants, il évoque très bien la tolérance à travers les différences à la fois de cultures et de personnalités. Au début, les deux héroïnes ne cherchent pas à se comprendre: La jeune femme se sent envahie par quelqu'un qui veut lui dicter sa conduite, et sa belle-mère veut diriger la maisonnée. Leurs désaccords culminent en un point: l'embauche ou pas d'une cuisinière. La copine que se fait Rachel lui dit qu'elle n'a qu'à en profiter. Certes, mais notre héroïne aime cuisiner. En outre, être contrariée sur ce point lui fait penser qu'elle n'a plus aucun droit chez elle. D'un autre côté, les expatriées avec qui elle déjeune amplifient les choses, et prêtent certaines mauvaises intentions à Swati. Heureusement, à ce moment-là, Rachel ne perd pas les pédales, et parvient à faire la part des choses: Sa belle-mère l'agace, elles ne se comprennent pas, Swati veut régenter certaines choses, mais elle n'a pas les mauvaises intentions que lui prête le groupe d'expatriées. Ces femmes disent à Rachel d'accepter la cuisinière pour avoir moins de choses à faire à la maison, et attaquent Swati en spéculant sur des choses qu'elle n'a pas faites.

Plus tard, Swati remet certaines choses en question, et bien qu'elle prône la bienséance dictée par sa culture, elle écoute ses envies, et comprend qu'il faut être nuancé. Les deux femmes finissent par s'écouter, et tenter de comprendre l'autre. Chacune fait un vrai travail sur elle-même, et se force à baisser certaines barrières supposées infranchissables afin de se trouver soi-même.

Outre cette belle leçon de courage et de tolérance, l'autrice parsème son roman de notes humoristiques. Par exemple, le bris de verres aux moments tendus engendre une espèce de comique de répétition. Le travail que fait Rachel est un genre de détente pour elle, et c'est un sujet grâce auquel elle trouve un moyen de communiquer avec Swati.

Je ne sais pas quoi penser de Dhruv. Je ne l'aime pas vraiment, mais ce n'est pas un personnage détestable.

J'ai apprécié que dans le dernier chapitre, Leah Franqui prenne le temps de décrire la manière dont ont évolué les choses. Bien sûr, cette évolution me plaît, mais en plus, moi qui trouve souvent que les romans auraient besoin d'un chapitre supplémentaire, ici, je pense que l'autrice ne frustre pas son lecteur.

Il existe un autre roman de Leah Franqui, mais je ne le lirai pas, car je n'apprécie pas le jeu de la comédienne qui l'a enregistré, entre autres parce qu'elle prend un accent exagéré pour les personnages étrangers.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Harper Audio.

Amy McFadden fait partie de mes comédiens favoris. Ici, on pourrait me dire qu'elle aussi prend un accent pour les personnages étrangers. Certes, mais elle ne l'exagère pas.

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66 lectures

jeudi, 10 septembre 2020

Le temps du loup de Thomas Kanger.

Le temps du loup

L'ouvrage:
Oscar, retraité de la police depuis six mois, vient d'avoir une attaque cardiaque. Elina Wiik se rend au chevet de son ancien collègue. Heureusement, les jours d'Oscar ne sont pas en danger. C'est alors qu'il dit à Elina qu'il reste perturbé par une affaire qu'il n'a pu résoudre: le meurtre d'Yva Malmberg, en 1979. Il y pense d'autant plus que dans quelques jours, il y aura prescription. Cela fera vingt-cinq ans que le meurtre a été commis, donc l'assassin sera libre, même si on établit son identité. Elina décide de rouvrir le dossier. Une course contre la montre s'engage.

Critique:
Ce thriller m'a plu. Bien sûr, on retrouve quelques clichés agaçants, comme la policière non conformiste à qui le lecteur ne peut pas trop en vouloir parce qu'elle veut rendre justice aux victimes. L'auteur a quand même pondéré cela, car Elina n'est pas la pauvre gentille que les méchants supérieurs empêchent de faire son travail. Elle-même reconnaît qu'elle n'est pas toute blanche.

Le déroulement de l'enquête m'a plu. Il aurait pu me paraître lent, car une partie était prévisible: passage en revue des anciens interrogatoires, nouvelles auditions de témoins... J'ai trouvé que c'était bien amené, bien inséré, et donc pas ennuyeux. La résolution de l'énigme est cohérente. Ce qui ne m'a pas plu, c'est le «rebondissement» qui a presque découragé Elina. Cependant, si cela ne m'a pas plu, ce n'est pas parce que l'auteur a mal joué ou berné son lecteur. Il n'a rien fait de cela. J'ai été aussi frustrée qu'Elina, ce qui signifie plutôt que Thomas Kanger a très bien damé le pion à son personnage principal et au lecteur.
En revanche, je n'ai pas apprécié ce dont Elina s'aperçoit à la toute fin. Ce n'est pas une incohérence, mais pour moi, ça pourrait en être une. Certains lecteurs l'accepteront, et (je pense) trouveront même que cet élément est une bonne conclusion.

En parallèle de cette intrigue, nous suivons Carry, jeune femme un peu perdue, qui, presque par hasard, va se mettre à la recherche de ses origines. Le lecteur sait rapidement à quoi s'en tenir sur les fameuses origines, mais avoir une longueur d'avance sur Carry n'est pas agaçant, parce qu'on ne sait pas comment sont arrivées les choses.

Ce livre fait apparemment partie d'une série. Je pense que ce n'est pas le tome 1. En tout cas, je lirais les autres tomes avec plaisir.

Éditeur: 10-18.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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69 lectures

lundi, 7 septembre 2020

Seducing the spirits, de Louise Young.

Seducing the spirits

L'ouvrage:%%Jenny a vingt-cinq ans. Elle est étudiante en ornithologie. Son patron, David Calebrese, décide soudain qu'elle partira étudier le comportement des aigles d'un village aux alentours de Panama. Elle sera dans la jungle, au milieu d'un peuple, les Kunas.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Certaines choses sont peut-être un peu grosses, mais je pense que l'autrice les a adroitement amenées. Par exemple, l'histoire d'amour. Énoncé ainsi, cela paraît extrêmement téléphoné. Ça sent la ficelle des romans Harlequin, le coup de foudre. Pourtant, Louise Young a su s'en débrouiller. J'ai trouvé cela un peu rapide, mais je sais qu'on rencontre des histoires qui se mettent vite en place dans notre société.

Je me suis attachée au personnage de Jenny. Elle souhaite faire de son mieux, ne supporte pas l'injustice, veut réellement s'intégrer... Certains reprocheront peut-être à l'autrice de montrer tous les Kunas comme étant sympathiques. Cependant, on ne côtoie pas tout le village. De plus, il y a au moins une personne hostile au mélange des cultures parmi les Kunas.

Je ne sais pas si j'apprécie Pedro ou pas. À cause de son douloureux passé, il est méfiant, ce qui le rend parfois dur envers Jenny, bien qu'il l'apprécie, ou justement parce qu'il l'apprécie. Il ne veut pas qu'elle fasse les mêmes erreurs que lui si c'est pour passer le reste de sa vie à les payer.

À l'instar de la narratrice, le lecteur découvre la culture kuna. Certains éléments sont pleins de sagesse. D'autres laissent dubitatif, comme par exemple la superstition concernant les purbas. Après l'expérience que conte Jenny, on est bien forcé d'y croire... Bien sûr, il est possible de se défiler en disant que ce n'est qu'une invention de Louise Young.
À un moment, Ceferino explique à Jenny que concernant telle cérémonie Kuna, tout le monde se comporte d'une certaine manière, puis selon une autre, tous agissent d'une certaine manière... Je me suis demandé s'ils toléraient la différence. Par exemple, lors de l'une de leurs cérémonies, tout le monde finit soûl. Qu'en serait-il de ceux qui ne supporteraient pas la brûlure de l'alcool?

Je pense être passée par les mêmes phases que Jenny concernant le missionnaire. Au début, je l'ai trouvé caricatural, et donc extrêmement pénible. Il était casse-pieds, mais au moins pas aussi pernicieux qu'il aurait été s'il avait tenté d'amener les Kunas à la religion avec une fausse douceur, comme font certains. Ensuite, ses déconfitures m'ont fait rire.

Même si ce roman a une fin, ce qui arrive fait qu'il pourrait y avoir une suite. Comme il a été écrit en 2009, j'imagine qu'il n'y a pas de suite, ou bien qu'elle n'est pas sortie en audio. Dommage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Blackstone audio.

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jeudi, 3 septembre 2020

Un cri sous la glace, de Camilla Grebe.

Un cri sous la glace

L'ouvrage:
Ce soir-là, Emma attend son fiancé. Il ne vient pas. Les jours suivants, elle ne parvient pas à le joindre, il ne la contacte pas.

Deux mois plus tard, on retrouve le cadavre d'une jeune femme chez le directeur général d'une entreprise. La police cherche à identifier ce corps, mais aussi à mettre la main sur l'homme chez qui on l'a retrouvé.

Critique:
Ce roman est le premier mettant en scène Hanne, Peter, et Manfred. Lorsque j'ai lu le troisième et le quatrième, j'ai un peu râlé de ne pas les lire dans l'ordre. Certes, c'est préférable, mais il y a au moins une chose qui fait qu'il ne m'a pas déplu d'avoir lu «L'archipel des larmes» avant. Dans «Un cri sous la glace», l'autrice raconte une chose concernant Hanne, mais elle est beaucoup plus précise lorsqu'elle relate cet épisode dans «L'archipel des larmes», car elle le raconte au moment où il se passe, alors que dans «Un cri sous la glace», Hanne s'en souvient.
En outre, la romancière nous conte ce qui est arrivé dix ans auparavant dans la vie d'Hanne. Je sais que cela, elle ne l'a pas raconté dans un autre roman qui se passerait avant «Un cri sous la glace». Lorsque cet épisode était évoqué dans les livres suivants, je pensais qu'il était détaillé dans un roman se déroulant avant. Maintenant que je sais qu'il n'en est rien, je regrette moins de ne pas avoir lu «Un cri sous la glace» en premier.

Encore une fois, j'ai été happée par l'intrigue et les personnages de Camilla Grebe. J'ai apprécié que, comme dans «L'ombre de la baleine», elle m'ait dupée sans disperser de faux indices. Ce que je n'ai pas deviné est préparé, rien n'est faussé à ce sujet. D'autres lecteurs le devineront d'ailleurs peut-être. Je suis contente de ne pas y avoir pensé.
Je me sus quand même dit assez rapidement que le meurtrier ne pouvait pas être l'homme chez qui le cadavre avait été retrouvé parce que certaines choses le désignaient trop facilement.

J'ai apprécié que Peter éveille à la fois la compassion et le désir de le frapper. C'est un bon policier, et il a conscience de faire n'importe quoi concernant sa vie privée. Cependant, il met beaucoup de temps à se ressaisir. Il faut quand même noter que c'est en faisant ce qu'il savait être mal qu'il a été en mesure de faire quelque chose de très bien...

J'ai été contente de retrouver Hanne. Elle est sympathique: ses analyses sont bonnes, et dans sa vie privée, elle tente de faire au mieux alors qu'elle n'a pas beaucoup de cartes. Je pense qu'elle aurait dû quitter son mari longtemps auparavant, mais qu'aurais-je fait à sa place?... Sa situation met le lecteur face à une dure réalité. Ayant lu les deux derniers romans, je sais comment cela évolue, mais de toute façon, c'est prévisible, et cela fera que le lecteur se demandera comment il supporterait un tel fardeau...

J'aurais souhaité une fin plus détaillée. Certes, on sait comment se déroulent les choses pour les personnages principaux, mais j'aurais aimé en savoir plus concernant l'un d'eux.

Éditeur: Calmann-Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Pierre Schamber pour l'association Valentin Haüy.

J'apprécie beaucoup la façon de lire (ni trop sobre ni cabotine) de Jean-Pierre Schamber. Cela faisait un moment que je n'étais pas tombée sur lui en prenant un livre qui me tente. J'espère en trouver d'autres...

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