lundi, 13 juillet 2020

L'archipel des larmes, de Camilla Grebe.

L'ouvrage:
Stockholm, février 1944. Elsey est auxiliaire de police. Un soir, ses collègues et elle sont appelés à se rendre dans un appartement où une dispute a été signalée. Ils trouvent le cadavre d'une femme clouée au sol. Le meurtrier est surnommé l'assassin des bas-fonds. En 1974, le même modus operendi est utilisé. Est-ce le même tueur ou bien un imitateur?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié que Camilla Grebe évoque le contexte historique, car outre qu'il s'insérait dans son intrigue, cela m'a appris des choses. J'ignorais qu'en Suède, les femmes avaient pu entrer dans la police à la même place que les hommes dans les années 60-70. La réaction de certains hommes (comme le supérieur de Britt-Marie) est prévisible, mais rappeler ce contexte fait que le lecteur peut se rendre compte du chemin parcouru, même si le sexisme existe toujours, malheureusement.

En peu de pages, l'auteur parvient à rendre Elsey très attachante. Quant à Britt-Marie, je l'ai également très vite appréciée et comprise.
Il est un peu dommage pour moi de découvrir Malin et Hanne dans ce roman. Je sais qu'il aurait fallu que je lise la série dans l'ordre, mais je l'ai lu dans l'ordre dans lequel Audiolib l'a publiée. J'ai donc commencé par «L'ombre de la baleine» et n'ai pas encore lu «Un cri sous la glace» et «Le journal de ma disparition». Dans les romans que j'ai lus, on apprend, sur Hanne et Malin, des choses qu'il vaut mieux découvrir en lisant les deux premiers. Tant pis pour moi, mais au moins, je préviens les lecteurs qui ne sauraient pas que c'est une série, et qu'il vaut mieux la lire dans l'ordre.

L'intrigue est très bien agencée. Bien sûr, j'ai râlé très fort lorsque le narrateur nous explique (à la fin de la partie concernant Britt-Marie) qu'il ne peut pas nous en dire davantage sur elle pour le moment, mais je me doutais bien qu'il y avait une raison à cela. Il y en avait bien une, et elle était tout à fait valable. Il était impossible que le narrateur nous en dise davantage à ce moment-là, cela aurait tout gâché.
Je n'ai trouvé aucun temps mort, les personnages sont travaillés et bien analysés, et les rebondissements arrivent à propos.

Quant au coupable... J'ai soupçonné tout le monde (ce que souhaitait l'auteur) tout en espérant qu'un personnage n'était pas le meurtrier. Je trouvais des raisons à sa non culpabilité, et je m'aperçois que ce n'était pas seulement parce que je l'aimais bien. Si ce personnage avait été coupable, cela n'aurait pas cadré avec ce qu'on voit de lui. L'autrice a, encore une fois, très bien joué, car rien n'est incohérent.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Sourdive.

Comme d'habitude (même si je n'ai pas lu tous les livres qu'elle a enregistrés) Audrey Sourdive a été parfaite. Elle parvient, sans efforts apparents, à prendre la voix et l'intonation qu'il faut pour les rôles masculins. Elle joue le dépit, la colère, et bien d'autres émotions. Et tout ça sans affectation! En outre, elle prononce correctement les mots «moeurs» et «dégingandé», ce qui lui fait des points en plus dans mon esprit maniaque. ;-) :-)

Pour la petite anecdote, lorsque j'ai entendu mon premier livre enregistré par elle, je me suis fait la réflexion qu'elle avait le même type de voix que Martine Irzenski (que je connais surtout pour avoir doublé Meg Ryan entre autres dans «Quand Harry rencontre Sally», et qui, à ma connaissance, n'a pas enregistré de livres). Et pendant toute ma lecture de ce premier livre, je pensais beaucoup à la voix de Martine Irzenski. Je me rends compte qu'en lisant «L'archipel des larmes», je n'ai pas une seule fois évoqué cette voix. Je commence donc à bien distinguer les deux.

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31 lectures

jeudi, 9 juillet 2020

Le secret de la dame en rouge, de Béatrice Bottet.

L'ouvrage:
Paris, fin du dix-neuvième siècle. Le cadavre d'une femme est découvert. Chose étrange: son cerveau lui a été enlevé. La police ne trouve pas l'identité de la morte.

Dans la même période, madame Euryale, voyante qui lit l'avenir dans l'eau, fait ses débuts.

Critique:
Je connaissais très peu Béatrice Bottet. Quand j'étais enfant, j'aimais beaucoup un petit roman qu'elle avait écrit pour la revue Je Bouquine, «Les détectives de l'espace». Je suis tombée sur «Le secret de la dame en rouge» en cherchant, à la bibliothèque de la Ligue Braille, des romans lus par une lectrice que j'apprécie. Tentée par le résumé, et me souvenant de l'auteur de «Les détectives de l'espace», j'ai voulu essayer ce livre. Il m'a beaucoup plu. Le lecteur se retrouve très vite au coeur d'une aventure qui mêle suspense, humour, et personnages attachants. L'autrice prépare habilement le lecteur aux cartes qu'elle sortira de sa manche. Par exemple, elle raconte, en plusieurs fois, le passé de Florimond. Le lecteur rencontre même, au détour de certains chapitres, deux membres de sa famille. Puis, vient un moment crucial où Florimond a besoin d'aide. C'est alors qu'il fait appel à ses talentueuses soeurs. Je mets cela en avant parce que la romancière a fait en sorte que rien ne soit incongru.

J'ai trouvé un peu dommage que le lecteur sache tout de suite à quoi s'attendre quant à ce qui est arrivé au cerveau de la femme dont le corps est retrouvé au début, mais cela ne rend pas du tout l'énigme ennuyeuse. Le fait d'avoir une longueur d'avance à ce sujet m'a plutôt fait penser, à plusieurs reprises: «Mais regarde la réaction de tel personnage, Florimond! C'est un indice, ça! Tu devrais trouver!» De plus, cela a fait qu'au moins, j'étais sûre de ne pas m'attacher à des méchants, puisque je connaissais déjà leur méchanceté. Je pense que, même si je n'avais pas su, je ne me serais pas attachée à eux...

Violette et Florimond éveillent vite la compassion du lecteur. L'autrice fait en sorte que, même lorsqu'elle conte des événements qui leur sont néfastes, rien n'ait l'air niais. Les deux personnages ne larmoient pas, et ne s'apitoient pas sur leur sort: ils tentent de s'en tirer le mieux possible. Certains déboires de Florimond font même un peu rire. Par exemple, le fait que ce soit une de ses notes humoristiques qui l'ait précipité dans certains de ses ennuis...
J'ai apprécié ce que fait le commissaire après que Florimond a réussi à identifier la «femme sans cerveau». Je ne pensais pas qu'il ferait cela. Cela m'a plu parce que je trouve qu'ainsi, la romancière le rend sympathique au lecteur.

Le lecteur comprendra aisément les motivations de Violette. Quant à moi, je l'ai même trouvée trop gentille envers madame Bouteloup et Ernest. Je sais que j'exagère, car leurs relations sont complexes. L'écrivain a d'ailleurs eu raison de ne pas trop les simplifier. D'abord,ce qu'elle a fait est vraisemblable. Ensuite, c'est plus intéressant. D'ailleurs, si on y réfléchit bien, Ernest et madame Bouteloup semblent ressentir davantage de tendresse pour Violette que ses propres parents...

Un roman sans temps morts, avec lequel on passe un très bon moment.

J'ai découvert que ce roman avait une suite: «La dame en rouge règle ses comptes». J'espère qu'il sera enregistré par la même lectrice que «Le secret de la dame en rouge».

Éditeur: Scrineo.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bérénice Castiau pour la Ligue Braille.

Bérénice Castiau fait partie des lecteurs bénévoles dont j'apprécie le jeu. Malheureusement, son nom n'apparaît pas souvent dans mes chroniques parce qu'elle n'a pas enregistré tant de livres que ça, et parce que parmi ces livres, très peu m'ont tentée. Ici, elle n'a pas démérité. Elle n'est jamais trop sobre, joue sans surjouer, ne prend pas une voix ridicule pour les rôles masculins...

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71 lectures

lundi, 6 juillet 2020

Au loup, de Lisa Balentyne.

L'ouvrage:
Angela a treize ans. Ses parents sont séparés. Elle s'entend très mal avec sa mère, est violente envers ses camarades... Un matin, elle dit à sa mère qu'elle a été agressée sexuellement par Nick Dean, un acteur qui donne des cours d'art dramatique au collège où va la fillette.

Critique:
Quand j'ai lu le résumé de ce roman, j'ai eu peur que ce soit une pâle copie de «The best kind of people», de Zoe Whittall (livre qui, à ma connaissance, n'est pas traduit en français). Heureusement, cela n'est pas du tout le cas. On retrouve seulement (et c'est tout à fait logique) l'idée d'inconnus qui, ne se basant que sur des rumeurs, menacent celui qui est accusé.

L'auteur a bien joué. Au départ, Nick semble être un homme normal: marié, deux enfants, etc. Quant à Angela, on voit tout de suite que son équilibre est perturbé. C'est là que j'ai pensé que Lisa Balentyne pointait trop cela du doigt: Nick est propre sur lui, Angela semble complètement instable. C'est fait exprès pour que le plus facile soit de croire tout de suite que Nick est innocent. Mon esprit retors a aussitôt eu une autre idée: ah oui, mais justement, si elle le pointe beaucoup du doigt pour qu'on se dise que l'innocence de Nick est trop facile à croire, et que donc, on n'y croie pas, c'est peut-être justement parce qu'il faut y croire! Concernant l'innocence ou la culpabilité de Nick, voyons ce que vous croirez. Quant à moi, je me suis étonnée: souvent, je ne vois pas certaines choses que les auteurs de romans de ce genre montrent très subtilement. Dans «Au loup», je les ai tout de suite vues. Cela fait que j'ai rapidement soupçonné une chose... Ensuite, je me suis dit que j'exagérais, que ce n'était pas parce que tels détails à propos d'un personnage me le rendaient antipathique que ce personnage était forcément quelqu'un à qui il ne fallait pas se fier... mais je ne parvenais pas à l'apprécier.

Donna peut paraître plate, mais est assez complexe. Elle se débat avec des sentiments compliqués, elle sent qu'elle ne maîtrise rien, elle est perdue.

Je sais que beaucoup de gens normaux apprécient les sites et les films pornographiques. Seulement, je fais partie de ces gens qui pensent que quelqu'un qui apprécie le pornographique où des violences sont exercées ne sont pas tout à fait normaux, tout à fait fiables. L'auteur met son lecteur et certains de ses personnages face à cette question. Elle n'y apporte d'ailleurs pas toutes les réponses. Probablement parce que ce n'est pas facile.

Un roman sans temps mors, qui soulève d'intéressantes questions.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Montagut pour les éditions Lizzie.

François Montagut fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu. Ici, il n'a pas démérité. Je l'ai même trouvé plus à l'aise que dans certaines de ses précédentes lectures. En tout cas, il joue sans surjouer, ne prend pas de ridicules voix pour les différents personnages, et ne prend pas un accent anglophone pour les noms propres. Pour moi, cela ne lui fait que des bons points.

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55 lectures

jeudi, 2 juillet 2020

Une vérité à deux visages, de Michael Connelly.

L'ouvrage:
Dans son bureau du SFPD, Bosch reçoit la visite de son ancienne équipière, Lucia Soto, accompagnée d'un autre policier. Ils lui apprennent qu'une affaire à laquelle il a participé, trente ans auparavant, va être réexaminée, car une preuve ne pouvant être analysée à l'époque innocenterait celui qu'Harry et son coéquipier de l'époque ont envoyé dans le couloir de la mort. Harry n'a pas le temps de se remettre du choc de cette révélation. Bella, sa coéquipière, lui apprend qu'un double meurtre vient d'être commis dans une pharmacie. Ils s'y rendent tous les deux.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié que, comme dans le roman précédent, Bosch travaille sur deux affaires, car cela fait que l'auteur n'avait pas à traîner et faire du remplissage. Si on est tatillon, on peut même dire qu'il travaille sur trois affaires...
J'ai également apprécié que l'une de ces enquêtes nécessite l'intervention de Mickey. Ce personnage me plaît, et sa présence est synonyme de procès ou tout au moins de joutes verbales mettant en avant les lois et les qualités oratoires des avocats, en l'occurrence de Mickey.

Concernant l'affaire datant de trente ans, je me doutais bien qu'Harry et son coéquipier n'avaient rien à se reprocher, et je pensais que la «nouvelle preuve» n'était pas vraie, mais je me demandais comment l'auteur ferait pour que la découverte de la vérité ne semble pas tirée par les cheveux. Certains trouveront peut-être des éléments un peu poussifs, mais finalement, tout se tient.

Quant à l'affaire de la pharmacie, je ne pensais pas que Michael Connelly irait aussi loin concernant ce que doit faire Harry. C'est une bonne chose parce que cela sort le policier de sa zone de confort, et le lecteur aussi. Harry est placé dans une situation très délicate, inhabituelle de surcroît. J'ai compris ce qui l'a poussé à faire cela. Je pense que tous les lecteurs le comprendront, et partageront l'opinion d'Harry concernant le fils du pharmacien.
De plus, cette enquête plonge le lecteur dans un milieu auquel il n'est pas habitué, du moins avec Michael Connelly. Cela m'a plu. Par ailleurs, je suis sûre que, malheureusement, l'auteur n'exagère absolument pas à propos de ce milieu.

Outre Bella et Mickey, j'ai aimé retrouver certains personnages qui côtoyèrent Harry dans les autres romans. L'un d'eux est d'ailleurs celui qui initie une conversation qui m'a fait bien rire concernant une bouteille de bourbon. Et puis, ce personnage (que j'appréciais déjà parce que je suis moins tranchée qu'Harry) fait quelque chose qui le rachète en partie aux yeux de Bosch.

Je ne terminerai pas cette chronique sans raconter une anecdote amusante. Avant, c'étaient les éditions Sixtrid (elles ont commencé du temps où elles s'appelaient Livraphone) qui sortaient les romans de Michael Connelly en audio. Tout comme l'éditeur actuel, elles assortissaient le roman de musique. Cela m'était davantage supportable car il y en avait moins (au tout début, et à la toute fin). L'une de ces musiques m'a beaucoup plu. Il faut noter l'exploit, étant donné que je suis allergique à la musique dans les romans. C'est celle qui illustre «Les égouts de Los Angeles», «La blonde en béton», et «La défense Lincoln». Pendant ma lecture de «Une vérité à deux visages» (et aussi pendant celle de «Sur un mauvais adieu»), j'avais cette musique dans la tête. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied pour les éditions Audiolib.

J'avais déjà remarqué que, depuis longtemps, la France avait un ou deux ans de retard sur la sortie des romans de Michael Connelly. En cherchant la date de parution de la version originale de «Une vérité à deux visages», j'ai constaté que maintenant, l'éditeur audio a du retard sur les livres existant en français, «Nuit sombre et sacrée» étant sorti cette année. Heureusement, Audiolib sort ce roman ce mois-ci. L'année dernière, j'ai même remarqué qu'il existait un roman, paru en 2015 en France («Les dieux du verdict»). Or, il n'est pas sorti en audio.

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56 lectures

lundi, 29 juin 2020

A happy catastrophe, de Maddie Dawson.

A happy catastrophe

L'ouvrage:
Marnie file le parfait amour avec Patrick depuis quatre ans. Ce soir-là, elle veut lui demander quelque chose de très important. Pour ce faire, elle a réservé une table dans un restaurant où ils ont leurs habitudes. Patrick n'accueille pas la demande de Marnie comme elle le souhaitait. Dès le lendemain, quelque chose d'absolument inattendu va bouleverser leur vie.

Critique:
Ce roman est la suite de «Matchmaking for beginners» que je n'ai pas lu, et ne lirai pas, car une partie (même s'il semblerait qu'elle soit courte) est lue par une comédienne dont l'interprétation me déplaît. De plus, les chroniques, sur Audible, ne sont pas très bonnes. Ceux qui ont aimé n'argumentent pas, et ceux qui n'ont pas aimé ont surtout trouvé Marnie stupide et niaise. Il est vrai que la jeune femme m'a parfois agacée, parce qu'elle semble croire que tout se termine toujours bien (Si seulement c'était possible...!). De plus, je l'ai trouvée extrêmement ridicule et sotte lorsqu'elle se persuade que ses cheveux sont un peu plus brillants, et que c'est un signe que ce qu'elle souhaite arrive. Après m'être moquée d'elle, j'ai reconnu que... je faisais exactement pareil. Je souhaite ardemment quelque chose, et dès que je le peux, je vois des signes montrant que cela va arriver. Je le fais de manière moins mièvre et plus lucide que Marnie, mais je ne peux pas m'empêcher de le faire...

Quant au fait que notre héroïne croie que l'univers nous offre parfois de jolies surprises, je ne le remets pas du tout en cause. Parfois, de bonnes choses arrivent presque inopinément, donc pourquoi pas? Seulement, Marnie fait parfois valoir cela de manière un peu grandiloquente.

Au long du roman, certains personnages remettent leur vie en question, car ils ne se sentent pas bien, ne parviennent pas à communiquer comme il le faudrait. Concernant l'un d'eux, cela a de sympathiques conséquences. Concernant l'autre, c'est un peu plus délicat.

Je n'ai pas apprécié Tessa. Je comprends qu'elle n'ait pas la fibre maternelle, mais alors, pourquoi a-t-elle eu cette enfant? Pourquoi n'a-t-elle pas essayé, puisqu'elle était consciemment une mauvaise mère, de la confier à son père avant? Il est d'ailleurs étrange qu'avec une telle mère, Fritzy ait été si équilibrée, intelligente, et sympathique. La fillette est un personnage très attachant, ainsi que les parents de Marnie.

J'apprécie les romans qui se terminent bien, mais je préfère quand les éléments sont bien amenés. Ici, l'un d'eux n'est absolument pas crédible. La romancière aurait pu mieux le préparer.

C'est le troisième roman de Maddie Dawson que je lis. J'ai préféré les deux autres, même si celui-là m'a plu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Sur Audible, parmi les personnes ayant donné leur avis sur «Matchmaking for beginners», deux n'ont pas apprécié la façon de lire de cette comédienne. Aimant beaucoup son jeu, je n'ai pas tenu compte de ces avis,. Je me suis quand même demandé pourquoi elle n'avait pas pris une voix plus enfantine pour Fritzy. Je me suis dit, comme cela a déjà été le cas, qu'elle avait peut-être eu peur de trop en faire. De plus, je me suis également demandé pourquoi Fritzy, qui a vécu en Angleterre les huit premières années de sa vie, n'avait pas l'accent anglais. N'aimant pas du tout l'accent anglais, j'ai remercié intérieurement Amy McFadden d'avoir gardé son accent pour jouer Fritzy, mais je reconnais que ce n'est pas cohérent.

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54 lectures

jeudi, 25 juin 2020

Un couple irréprochable, d'Alafair Burke.

Un couple irréprochable

L'ouvrage:
Jason et Angela sont mariés depuis six ans. Il gagne très bien sa vie: il est professeur à l'université, a publié un livre qui s'est bien vendu, anime un podcast à succès... C'est alors qu'une jeune femme porte plainte contre lui pour harcèlement sexuel.

Critique:
C'est le premier roman d'Alafair Burke que je lis. J'ai tendance à ne pas trop faire attention à elle parce qu'elle publie des romans coécrits avec Mary Higgins Clark que je trouve insipide. Cependant, voyant que ce roman était lu par des comédiennes dont j'apprécie le jeu, j'ai lu le résumé. Celui-ci m'a plu, alors, j'ai décidé de tenter le roman. Je l'ai aimé, même si j'ai quelques reproches.

À part Corinne, Colin, Spencer, et Susan, je n'ai pas apprécié les personnages. On me dira que j'ai quand même apprécié pas mal de monde. C'est vrai, mais parmi ceux-là, il y a peu de personnages principaux. En admettant que Jason soit innocent, d'autres aspects de sa personnalité m'ont déplu. On me dira que dans certaines situations, il s'est arrangé comme il a pu. Soit, mais cela ne m'a pas plu. Quant à Angela, au long du roman, je la comprenais et éprouvais de la compassion pour elle, mais trouvais dommage qu'elle agisse de telle ou telle manière. Concernant ces personnages, les choses se complexifient...

Après avoir fini le roman, le lecteur aura un goût amer dans la bouche en évoquant l'un des personnages. Quant à moi, j'ai eu beau brandir mon habituel: «Qu'aurais-je fait à sa place?», je n'ai pas réussi à lui trouver de circonstances atténuantes, notamment parce qu'il y a eu un moment où ce personnage aurait pu agir autrement. Je pense que je suis d'autant plus déçue que ce protagoniste échappe à son châtiment.

L'intrigue est bien menée, il n'y a pas de temps morts.
L'autrice avait besoin de retarder une révélation, donc elle a créé une incohérence. Je ne peux pas dire laquelle, et je ne sais pas comment j'aurais procédé, à sa place, pour garder le rebondissement pour la fin tout en gommant l'incohérence. Cependant, ce que je vois, c'est qu'il y a une incohérence. Certes, on peut trouver des détails qui la rendent crédible, mais pour moi, ce n'est pas convaincant.

Je ne sais pas quoi penser de la toute fin, à part que j'aurais préféré un chapitre (ou plusieurs) supplémentaire afin que le lecteur n'ait aucun doute. Je sais que beaucoup de thrillers se terminent avec une fin de ce genre, et je me rends compte que cela me déplaît de plus en plus. D'accord, cela permet d'envisager d'autres possibilités, mais alors, autant les écrire. On me dira que dans le cas de «Un couple irréprochable», Alafair Burke a peut-être matière à une suite. Cela ne me déplairait pas, même s'il lui serait difficile de ne pas s'essouffler...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey d'Hulstère (qui lit les chapitres narrés par Angela) et Fabienne Loriaux (qui interprète ceux du point de vue de Corinne) pour les éditions Lizzie.

Je gardais un bon souvenir de ces deux comédiennes, même s'il était lointain. Ici, elles ne m'ont pas déçue. Elles ont bien rendu les divers sentiments des personnages, et n'ont pas modifié leur voix à outrance pour les rôles masculins.

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65 lectures

lundi, 22 juin 2020

The sixty-eight rooms, de Marianne Malone.

The sixty-eight rooms

Note: «The sixty-eight rooms» est une série en quatre tomes. Ici, je chronique la série en un seul billet, je ne le fais pas tome par tome.

L'ouvrage:
Chicago, de nos jours. Ce matin-là, Jack Tucker et Ruthie Stewart, onze ans, vont, avec leur classe, au musée. Les élèves ayant été sages, leur professeur leur accorde le droit d'aller regarder les soixante-huit pièces miniatures de Narcissa Thorne. Celles-ci ont été conçues entre 1932 et 1940. Narcissa Thorne a souhaité recréer des intérieurs typiques des siècles passés. Ainsi, les pièces allant de E1 à E31 sont des décors européens, celles allant de A1 à A37 sont des décors américains. Ruthie s'émerveille à la vue de ces salles. Par exemple, elle voit un lit à l'air très confortable. Elle se dit qu'elle aimerait bien vivre dans l'une de ces pièces. Bien sûr, pour cela, il lui faudrait être minuscule, à l'instar desdites.
Lorsque la visite s'achève, Jack apprend à Ruthie que dans le couloir menant à l'endroit où sont entreposées les pièces, il a trouvé une clé. Les deux enfants s'accordent pour aller rapporter la clé au musée, et demander au gardien des salles s'il sait à qui elle appartient. Seulement, les choses vont tourner autrement, et ils garderont la clé...

Critique:
Lorsque j'ai commencé la série, je pensais que ces soixante-huit pièces étaient une invention de Marianne Malone pour faire vivre un tas d'aventures à ses héros. À la fin du tome 1, il y a une interview de l'autrice, et elle et la productrice du livre audio parlent des fameuses salles. Elles existent donc. Il est compréhensible qu'elles aient servi de matière à l'imagination de Marianne Malone. Je suis sûre que si j'avais connu leur existence lorsque j'étais enfant, je les aurais imaginées propices à de nombreuses aventures. Pour moi, la romancière fait cela très bien. Pendant les quatre tomes, les deux enfants vivent des événements fantastiques (dans le véritable sens du mot) qui les feront rêver et grandir.

J'ai apprécié que Marianne Malone entraîne ses personnages à la découverte de faits historiques. C'est sûrement le récit de Phoebe qui m'a le plus plu. Phoebe n'a pas vraiment existé (comme le précise l'autrice), mais son histoire est basée sur des événements qui arrivèrent.
J'aurais bien aimé savoir ce qu'est devenue Louisa. Je pensais que peut-être, Jack et Ruthie auraient cherché ses traces...

L'intrigue de chaque roman est bien agencée. En toile de fond, il y a une énigme. Celle-ci se précise au long de la série... Dans le tome 3, il se passe quelque chose qui fait monter la tension. Pendant cet épisode, je me demandais comment je réagirais si j'y étais confrontée. Bien sûr, je sais que c'est impossible, puisque cela a à voir avec un aspect fantastique du roman, mais j'ai quand même imaginé ce que je ferais.

Les personnages principaux sont attachants. Ils veulent faire au mieux, et font tout ce qu'ils peuvent pour y arriver. Dans le tome 2, la manière dont ils piègent la voleuse m'a fait rire.

Après avoir lu le tome 3, j'ai eu peur qu'il n'y ait pas de vraie fin. Heureusement, Marianne Malone a bien fait les choses. Il y a une vraie fin, et rien n'est incohérent.

Cette série est pour la jeunesse, mais je suis sûre qu'elle peut aussi plaire aux adultes (pas seulement à moi), car outre le fait que la romancière a choisi un décor propre à ce qu'on ait envie d'y vivre des aventures à l'instar de ses héros, tout cela est très bien conté.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Listening Library.

Cassandra Campbell fait partie des lecteurs dont j'aime beaucoup le jeu. Ici, il est aussi bon que d'habitude. En fait, il serait plus juste de dire que par la suite, il a été aussi bon qu'ici, car elle a lu ces romans entre 2011 et 2014.

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jeudi, 18 juin 2020

Je suis une viking, d'Andrew David MacDonald.

Je suis une viking

L'ouvrage:
Lorsque Zelda était dans le ventre de sa mère, celle-ci a trop abusé de l'alcool. Cela a pour conséquence que Zelda est attardée.
À présent, elle vit avec son frère, Gert. Celui-ci va à l'université. Quant à Zelda, elle se passionne pour la civilisation des vikings, et entend bien être digne d'en être une. C'est alors qu'elle rencontre l'une des fréquentations de Gert, un jeune homme qui ne lui plaît pas.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Le personnage de Zelda touchera forcément le lecteur. En tout cas, cela a été mon cas. Je n'ai pas vraiment compris sur quels points exacts la jeune fille était en retard, si elle avait des comportements autistiques (elle a besoin de règles, de listes, d'un cadre)... Sa vision des choses n'est pas si simpliste. Pour moi, ce n'est pas vraiment celle d'une personne attardée. Certes, elle s'exprime de manière enfantine. De plus, elle ne comprend pas certaines choses, ou prend au pied de la lettre certaines répliques dites au sens figuré, mais ce ne sont rien que des erreurs que pourrait faire quelqu'un qui n'est pas au fait de certains codes, et cela ne veut pas forcément dire qu'on a des difficultés de compréhension. En fait, il me semble avoir trouvé beaucoup de moi dans la façon de penser de Zelda. Je suis peut-être attardée, et j'ai réussi à le cacher. ;-)
L'héroïne est peut-être un peu trop admirative des vikings, a peut-être trop envie de leur ressembler (moralement), mais cela ne fait pas d'elle une inadaptée. On peut tous avoir une passion pour un sport, une culture, ou autre chose, et cette passion peut devenir une obsession. La différence entre Zelda et la personne lambda, c'est que la personne lambda ne dira pas à tous ceux qu'elle rencontre à quel point elle est passionnée de telle ou telle chose. De toute façon, je n'ai pas vraiment vu le handicap de l'héroïne comme quelque chose qui l'empêcherait d'avancer. Malheureusement pour elle, certaines personnes sont stupides (moralement), et ne veulent pas prendre les personnes comme elle au sérieux. De plus, sur certains points, la jeune fille est totalement dans les clous: il lui suffit de passer très peu de temps avec Toucan pour se rendre compte que c'est une personne peu fréquentable.
L'auteur donne quand même d'autres exemples. Marxy et Sarabeth sont moins évolués que Zelda, et ils ont davantage de mal à s'adapter à la vie et à ses codes. Je n'ai pas réussi à les apprécier, surtout Marxy qu'on côtoie davantage que Sarabeth.

Le frère de l'héroïne est intéressant parce qu'il est complexe. Il fraie avec des individus louches, ne respecte pas toutes les règles que Zelda et lui ont fixées (il lui ment, par exemple), s'emporte très facilement... Mais il est évident que ce qu'il souhaite, c'est le bien-être de sa soeur. Il reconnaît qu'elle se bat tous les jours pour apprendre à vivre en société, qu'elle souhaite être quelqu'un de bien, et comprend qu'elle tienne à ce que rien de mal n'arrive à ceux qu'elle aime.

J'aimerais bien que ce livre ait une suite. J'aimerais savoir comment évolueraient Zelda, Gert, et AK47 (personnage très sympathique). Bon, je dois dire que je ne serais pas ravie de retrouver Marxy qui m'agace, mais j'imagine que s'il y avait une suite, il en ferait partie.

Éditeur français: Nil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Simon and Schuster Audio.

Phoebe Strole fait partie des comédiens dont j'aime beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle n'a jamais pris un ton affecté, n'a pas exagéré... Bref, encore une fois, son interprétation est parfaite.

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