jeudi, 19 mai 2022

Tant que le café est encore chaud, de Toshikazu Kawaguchi.

Tant que le café est encore chaud

L'ouvrage:
Japon.
Ce jour-là, le petit ami de Fumiko veut lui annoncer son départ pour les États-Unis. Il va pouvoir réaliser son rêve: travailler dans le jeu vidéo. Cela veut dire qu'il abandonne sa relation amoureuse avec la jeune femme. Il ne le lui dit pas, mais c'est une évidence. C'est au Funiculi Funicula, un café, qu'ils échangent leurs derniers mots. Frustrée par cette entrevue catastrophique, Fumiko se triture les méninges pour parvenir à modifier le cours du destin. C'est alors qu'elle se rappelle une légende urbaine concernant le Funiculi Funicula: il permettrait de revenir dans le passé...

Critique:
Lorsque ce genre de romans passe à la portée de mes mains, je souhaite toujours les lire en espérant que la sacro-sainte règle selon laquelle le passé ne doit pas être changé n'est pas en vigueur. Dans «Tant que le café est encore chaud», cette règle ne peut pas être transgressée, car quoi qu'on fasse lors d'un retour dans le passé, on ne changera pas le présent. Cependant, les personnages réfléchissent, et s'adaptent le plus possible. Ils ne peuvent pas changer le présent, mais ils peuvent, par exemple, adopter l'attitude la plus en adéquation avec ce qu'ils aimeraient que soit leur présent. L'auteur a choisi des situations que n'importe qui pourrait vivre, ainsi, il montre au plus grand nombre qu'il ne faut pas perdre espoir. Cependant, certaines situations ne peuvent pas être exactement comme dans le roman. Par exemple, celle de Fumiko ne pourrait pas être celle de chaque personne dont le petit ami part travailler dans un autre pays. Celle de monsieur et madame Fussaki, en revanche, est peut-être celle qu'on retrouve le plus souvent chez les personnes dans leur cas.

Il y en a une que je n'ai pas appréciée. Lorsque je la trouve dans certains romans, je ne parviens pas à accepter qu'elle contente tout le monde, qu'une personne semble ravie de se sacrifier pour quelque chose qu'elle ne verra jamais... On trouve cette idée dans «La commode aux tiroirs de couleur», d'Olivia Ruiz, concernant la mère de l'héroïne. C'est une idée qui me déplaît souverainement. Certes, je suis une sale égoïste... ;-) Il faudrait que je rencontre quelqu'un qui réagirait de cette manière, afin de lui poser toutes mes questions à ce sujet.

D'une manière générale, Toshikazu Kawaguchi présente de sympathiques personnages, et décrit leur caractère et les situations dans lesquelles ils sont de façon à faire ressentir de l'empathie au lecteur, excepté, me concernant, à propos de la dernière situation évoquée.

Outre cette idée de retour dans le passé, le romancier crée une ambiance très agréable. Les clients habitués discutent avec les patrons, ceux-ci et la serveuse sont chaleureux (même si cette dernière fait parfois semblant de ne pas l'être), et certaines situations sont cocasses. Par exemple, le fait que la femme en blanc ne se lève qu'une fois dans la journée, et que certains attendent cela comme le messie. À ce sujet, un événement drôle arrive, parce qu'une habituée souhaite ne pas trop attendre. L'anecdote de la malédiction est également amusante, parce que ladite ne fait pas vraiment de dégâts, et qu'elle est simple à arrêter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Spiteri pour les éditions Audiolib.

Philippe Spiteri fait maintenant partie des comédiens que je retrouve avec plaisir, après l'avoir entendu sur deux romans. Son jeu n'est jamais ni trop sobre ni affecté. Ici, il a naturellement interprété les personnages, entrant dans leur peau sans difficultés apparentes.

J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge 2022 NetGalley.

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22 lectures

lundi, 16 mai 2022

La cité des jarres, d'Arnaldur Indridason.

La cité des jarres

L'ouvrage:
En rentrant chez eux, un homme et ses enfants ont remarqué que la porte de leur voisin, un septuagénaire, était ouverte. Ils sont entrés pour voir ce qui arrivait, et ont trouvé le cadavre du vieil homme. Il semble qu'il ait été frappé avec un cendrier, soit tombé, et se soit cogné. Erlendur et Sigurdur Oli, envoyés sur les lieux, trouvent un étrange message écrit sur un morceau de papier: «Je suis lui.». Ils se lancent dans l'enquête.

Critique:
J'ai bien aimé retrouver Erlendur, même s'il ressemble un peu trop au cliché développé par beaucoup d'auteurs: le policier travaillant beaucoup, franchissant certaines limites, n'ayant pas une vie de famille réussie... Il y a un genre de tournant dans sa relation avec sa fille, mais on ne peut être sûr que les choses iront vers un réel mieux. Disons que chacun se rend compte que l'autre tient à lui.

Les deux policiers cherchent donc à en savoir plus sur ce que faisait le septuagénaire avant qu'il ne soit tué. Leur enquête les oriente lentement vers des choses peu reluisantes qu'accomplit cet homme. De ce fait, les personnages, comme le lecteur, souhaitent que le meurtrier ne soit pas attrapé, voire que l'homme ait été tué bien avant. J'ai trouvé cela original, même si ce n'es pas la première fois que je rencontre cette idée, car à mon avis, Arnaldur Indridason amène bien ces éléments.

L'un des thèmes abordés a beau devenir un topos, ma compassion envers les victimes ne s'amoindrit pas. Le romancier en profite pour glisser que la police n'agit pas toujours de manière impartiale dans ce genre de cas. Je sais que, malheureusement, il n'exagère pas. J'espère quand même que dans la réalité, il n'existe pas de policiers aussi odieux que celui qu'Erlendur est forcé de rencontrer ici.

L'intrigue est un peu lente, mais cela ne m'a pas déplu. Les personnages sont sympathiques, l'affaire les amène à côtoyer des gens blessés par la vie, et d'autres pour qui la prison est un châtiment trop doux. Il est intéressant de s'attarder un peu sur chacun, et de se mettre un peu à leur place.

Erlendur mène une petite enquête en parallèle. Elle finit par ne pas être aussi anodine que ce que je pensais. Ce pan du roman aborde également un thème plusieurs fois évoqué, et dont l'horreur ne s'atténuera jamais.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marc Delhausse pour les éditions Audiolib.

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34 lectures

jeudi, 12 mai 2022

La chute de la maison Whyte, de Katerina Autet.

La chute de la maison Whyte

L'ouvrage:
Zack Damon est avocat dans le domaine de l'art. Il compte demander à sa compagne, Victoria, de l'épouser. C'est alors qu'il apprend qu'Edith Whyte (la soeur de son ami, Skip) sort un livre dans lequel elle accuse son père de plusieurs crimes. Zack est étonné, car étant ami avec Skip, il a souvent fréquenté la richissime famille Whyte dans son adolescence, et le père, William, lui a toujours semblé quelqu'un de bien. Les choses se compliquent lorsque William est assassiné, que Skip est accusé du meurtre, et qu'il révoque son avocat à 500 dollars l'heure pour demander à Zack de le défendre. Celui-ci est estomaqué par cette requête, car il ne fait pas de droit pénal...

Critique:
Ce roman m'a plu. Il est assez classique: il y a un meurtre, on cherche le coupable parmi une liste de suspects, on se rend rapidement compte que la victime avait des choses à se reprocher, que certains la détestaient... Pourtant, l'ennui n'a pas du tout été au rendez-vous pour moi. D'abord, je me suis rapidement attachée à Zack. Pendant tout le roman, je trouvais bancale sa relation amoureuse, mais cela ne me disposait pas mal à son égard. Il enquêtait normalement, suivait les pistes, était objectif...

La famille Whyte fait que le lecteur se penche sur cette question qui fait toujours débat: l'argent fait-il le bonheur? Certes, quand on en a de manière démesurée, comme les Whyte, on peut s'y perdre, et cet argent peut être l'instrument de la perte. Cependant, tout le monde ne répond pas comme ceux qui se targuent d'être bien-pensants: tout le monde ne répond pas que l'argent ne fait absolument pas le bonheur. Il ne faut pas s'appeler Einstein pour se rendre compte qu'il n'y a pas de réponse tranchée à cette question. Tout est dans la nuance, qui qu'on soit. Bien sûr, Skip pleurant parce qu'il n'avait que 10000 dollars par mois est une scène un peu dure à passer pour une personne lambda comme Zack (et moi), et justement, elle montre que ceux qui ont beaucoup d'argent ne prennent pas toujours la mesure de ce qu'ils ont.

L'autrice ne s'est pas amusée à faire accuser tout le monde à tour de rôle. Elle a bien plus finement amené les choses. De plus, elle s'est arrangée pour qu'une découverte ne soit pas totalement fausse (je ne peux pas dire les choses autrement, sinon, je dévoilerais des éléments clés). Tout est cohérent, tout se tient. En outre, il y a du suspense. Il n'est pas haletant, mais il est présent.
J'ai trouvé la solution de l'énigme vraisemblable. Et puis, elle m'arrangeait, car je n'appréciais pas le personnage réellement coupable. Je confesse qu'il y avait un autre personnage que je n'appréciais pas trop (mais davantage que le coupable) et que donc, j'ai voulu lui faire endosser le crime. Or, il était absolument impossible que ce personnage soit coupable. Bien sûr, il aurait pu exister une raison secrète pour laquelle ce protagoniste aurait pu être le meurtrier, mais cela aurait rendu le roman totalement invraisemblable. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sébastien Desjours (lisant les parties narrées par Zack) et Caroline Klaus (interprétant les extraits du livre d'Edith) pour les éditions Lizzie.

Je connais surtout Sébastien Desjours en tant que comédien de doublage, j'ai lu très peu de livres qu'il a enregistrés. Ici, il s'est révélé égal à lui-même: jouant sans affectation, modifiant quelque peu sa voix, mais pas à outrance, pour certains personnages... Le seul petit reproche de pinailleuse que je lui adresserai est qu'il ait prononcé certains noms propres étrangers (les noms des rues, par exemple) en tentant de prendre un accent anglophone.

Je ne connais pas beaucoup Caroline Klaus non plus. J'ai apprécié les rares prestations d'elle que j'ai entendues, et cela a été également le cas pour son interprétation des extraits du livre d'Edith. J'espère que ces deux comédiens enregistreront davantage de livres qui me tenteront.

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lundi, 9 mai 2022

Tracking game, de Margaret Mizushima.

Tracking game

L'ouvrage:
Cole et Mattie ont leur premier rendez-vous, ils sont à une soirée dansante. C'est alors que Mattie reçoit un appel du shérif: on a brûlé quelque chose dans la forêt. Cole et Mattie se rendent sur place: c'est le van de Nate Fletcher qui a brûlé. Celui-ci a été extrait du véhicule... Malheureusement, avant de mettre le feu au van, quelqu'un a abattu Nate de deux balles.

Critique:
Le tome 5 de cette série m'a beaucoup plu. L'énigme n'est pas pleine de rebondissements haletants, mais Margaret Mizushima a su capter mon attention et la garder. À un moment, je pensais savoir qui était le coupable. Certes, cela aurait été trop facile, et je reconnais que l'auteur a plus finement joué que cela. Seulement, j'aurais préféré avoir raison, car je n'aimais pas ce personnage, alors que celui qui est coupable m'était sympathique. Surtout qu'après qu'on découvre son mobile, on ne peut que plaindre ce protagoniste...

À côté de cela, la vie de Mattie et de Cole continue. J'ai apprécié que malgré sa colère après sa «dispute» avec Cole, Mattie ait analysé les choses objectivement.
À l'instar d'Angie, je ne suis pas très fan d'Olivia. Je comprends que Mattie et Cole préfèrent que l'adolescente n'ait pas de ressentiment envers Olivia, et ils ont sûrement raison. Cependant, à la place d'Angie, je ressentirais la même chose, et je ne parviendrais même pas à tenir compte des conseils de Mattie et Cole.

Les animaux restent des personnages très sympathiques: Robo, bien sûr, mais aussi Bruno et Belle. Il est toujours passionnant de voir Mattie et Robo travailler. Souvent, je me dis: «Il ne faut pas que Mattie oublie de féliciter son chien!» Bien sûr, elle n'oublie jamais.

La fin relance une partie de la trame amorcée dans le tome 4. J'ai hâte de savoir ce qu'il va se passer, maintenant que Mattie a «une ouverture», si j'ose le tourner ainsi afin de ne pas trop en dévoiler.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nancy Wu pour les éditions Blackstone audio

Comme d'habitude, la prestation de Nancy Wu m'a plu. Ici, je n'ai pas trouvé qu'elle faisait un accent trop marqué au shérif MCoy.

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55 lectures

jeudi, 5 mai 2022

Disparues, de S. J. Watson.

Disparues

L'ouvrage:
Alex Young aime faire des films, et par ce biais, étudier le comportement de ses semblables. Sa nouvelle idée est de filmer une petite communauté, et de recueillir les contributions vidéo de ses membres. Son idée est approuvée par ses supérieurs, et on lui suggère d'aller filmer les habitants de Blackwood Bay. Cette idée ne l'enchante guère, car elle fit partie, des années plus tôt, de cette communauté. Elle accepte tout de même le défi. Peut-être cela l'aidera-t-il. En effet, elle sait qu'elle a connu de mauvaises expériences à Blackwood Bay, mais elle ne se souvient plus lesquelles. Elle a de gros trous de mémoire. De plus, elle s'intéresse à la disparition de jeunes filles. La première est Daisy. Elle a disparu dix ans auparavant. Elle se serait suicidée. La seconde disparition a eu lieu peu de temps auparavant. C'était une autre adolescente.

Critique:
Après avoir aimé «Avant d'aller dormir», je guettais la parution de livres audio de l'auteur. C'est donc avec empressement que j'ai lu «Disparues». Quelle déception!!!

D'abord, après avoir posé l'énigme, l'écrivain traîne. La narratrice se perd en conjectures, les éléments censés faire monter la tension s'accumulent... À mon avis, beaucoup de ces éléments étaient du remplissage, car ils ne faisaient rien avancer.
De plus, l'auteur promène le lecteur entre plusieurs coupables possibles. Certes, tous les auteurs de livres à suspense utilisent cette ficelle, mais ici, elle m'a déplu parce que je ne trouvais pas le reste palpitant.

Beaucoup d'éléments sont trop gros pour être crédibles. Que tel personnage ferme les yeux, et se persuade que les filles ne souffrent pas, cela passe difficilement. Certes, c'est expliqué, et je pense que je l'aurais accepté sans sourciller si S. J. Watson n'avait pas créé d'autres faits de cet acabit. Le pire étant, à mon avis, les raisons pour lesquelles un personnage s'est laissé convaincre... d'en tuer un autre. Alors, bien sûr, c'est expliqué, mais être jeune, amoureux au point d'être un paillasson, et être accroc à la drogue... c'est trop. On me dira que tous ces éléments rendraient n'importe qui influençables, mais le personnage influencé savait qu'il l'était, savait qu'il agissait mal, savait qu'il n'était qu'une carpette aux yeux de celui à qui il obéissait, avait même projeté, se rendant compte de tout, de tout arrêter et de s'enfuir... Donc le fait que ce protagoniste ait fait cela n'est pas crédible.

Enfin, le pompon revient à ce que nous découvrons quant à Alex, et qu'elle découvre en même temps. Là encore, c'est expliqué, mais ce n'est pas crédible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey d'Hulstère pour les éditions Lizzie.

Audrey d'Hulstère fait partie des comédiens que je prends plaisir à trouver. Ici, elle n'a pas failli: elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et joue sans affectation les sentiments et émotions des personnages. Au départ, j'ai été ravie qu'elle prononce les noms propres étrangers sans affectation. Je me demande donc pourquoi elle a fait une exception pour David qu'elle prononce Dévide, et Zoé (sûrement écrit Zoe, car le livre est anglophone), qu'elle prononce «Zoï», à l'anglophone. C'est le seul reproche que je lui adresserai.

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lundi, 2 mai 2022

Ne te réveille pas, de Liz Lawler.

Ne te réveille pas

L'ouvrage:
Alex Taylor est médecin. Ce soir-là, elle sort de l'hôpital pour rejoindre Patrick, son petit ami. Mais cela ne se passe pas comme prévu, et Alex s'éveille immobilisée sur une table d'opération. Là, quelqu'un lui dit qu'il va la violer. Lorsqu'elle s'éveille à nouveau, elle a été prise en charge par ses collègues: on l'a trouvée dans les bois près de l'hôpital. Lorsqu'elle raconte ce qui lui est arrivé, on ne trouve rien qui pourrait constituer le début d'une preuve.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai lu des chroniques qui disaient que c'était lent. J'ai, moi aussi, trouvé que l'autrice traînait. Certes, il faut que le lecteur ait le temps de se faire une opinion d'Alex, que certains personnages donnent la leur... À part cela, certaines choses étaient un peu grosses pour moi. Cela fait que j'ai soupçonné le coupable avant que l'autrice ne le désigne. Certes, tout l'entourage d'Alex était suspect, mais j'avais naturellement écarté certaines personnes... pas le coupable. À ce sujet, il y a une incohérence. Alex dit quelque chose concernant son ravisseur, puis se rend compte que c'est faux. Pourtant, elle avait remarqué une autre chose qui aurait dû l'empêcher d'être si affirmative.

Je n'ai pas apprécié Laura Best, parce qu'elle décide d'accumuler toute les preuves possibles montrant qu'Alex est la coupable. Si elle avait agi par instinct, je ne l'aurais pas trouvée antipathique. J'aurais pu ne pas être d'accord avec elle, mais respecter son intuition. Cependant, dès le départ, elle n'apprécie pas Alex, et quand elle décide de suivre sérieusement cette piste, c'est surtout qu'elle a découvert qu'Alex a davantage d'avancement qu'elle. Elles n'exercent pas la même profession, mais en comparant, Laura se voit loin derrière. En outre, elle est désagréable avec tout le monde... Bref, elle est trop facile à détester.
Son collègue et patron, Greg Turner, est plus sympathique, car il ne suit pas aveuglément une piste. Il tente d'être le plus rationnel possible.

Ce n'est pas le premier roman que je lis où l'héroïne (je ne me souviens pas d'un livre où c'était un homme) semble seule contre tous, et où elle finit par être accusée de ce dont elle est victime. C'est intéressant, parce qu'on suit les événements en sachant qu'ils ont deux explications possibles. Cependant, je me demande si, à force d'être exploitée, cette façon de faire ne finira pas par lasser. J'espère que non.

Comme souvent, je trouve la fin un peu brutale. L'essentiel est dit, mais j'aurais voulu que la police trouve davantage de preuves...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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vendredi, 29 avril 2022

Alabama 1963, de Ludovic Manchette et Christian Niemec.

Alabama 1963

L'ouvrage:
Birmingham, Alabama, 1963. Une enfant a disparu. La police semble enquêter de loin. Normal, pensent certains: l'enfant est noire. Une autre enfant noire est retrouvée morte. Puis, c'est le cadavre de la première dont la disparition avait été signalée... Ses parents décident d'engager Bud Larkin, détective privé alcoolique, et pas toujours très aimable. Les circonstances feront que Bud croisera la route d'Adela Cobb, jeune femme de ménage noire. Par la force des choses, Adela se retrouvera mêlée à l'enquête.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu.
Dans l'entretien accordé aux éditions Lizzie, les auteurs expliquent que l'enquête policière était un prétexte pour mettre Bud et Adela face à face. Je comprends qu'ils aient choisi ce biais, et je pense qu'ils ont eu raison. D'abord, ce n'est pas parce que l'enquête n'est pas le plus important qu'elle n'est pas réussie. Il y a bien certaines ficelles un peu grosses, mais je me garderai de les reprocher aux auteurs, car ils m'ont bernée. Par exemple, j'ai soupçonné l'un des personnages: certains indices conduisaient vers lui. Alors, j'ai pensé: «Attention, c'est sûrement une fausse piste.» Pourtant, je me suis obstinée. De plus, une autre ficelle qui, quand on la démêle, paraît grosse, m'a semblé très bien employée. Je me suis laissée prendre comme une débutante, ce qui m'a ravie.

Le plus important pour les auteurs était de montrer l'Alabama des années 60, et de montrer, dans cette Amérique ségrégationniste, la rencontre de deux êtres que tout oppose. Rassurez-vous, cela ne veut absolument pas dire que Bud et Adela vont soudain brûler de passion l'un pour l'autre. Cela aurait été extrêmement décevant! Cela veut plutôt dire que chacun, peu à peu, va se montrer à l'autre. Adela verra que Bud n'est pas seulement un alcoolique blasé et raciste. Quant à Bud, il verra surtout qu'être raciste s'apparente à de la bêtise. Ils comprendront que deux êtres, si opposés soient-ils, peuvent avoir tout autant envie de démasquer un meurtrier.

Les auteurs plongent donc le lecteur dans un village où le racisme était naturel, et faisait presque loi. Je sais que les choses étaient ainsi, et je sais aussi que si certains blancs étaient racistes par bêtise et méchanceté (comme Dorothy), d'autres l'étaient par crédulité et manque d'esprit critique. Ils pensaient réellement que tout ce qui se disait sur les noirs était vrai. Les auteurs montrent aussi des gens qui réfléchissent, et ne s'arrêtent pas aux préjugés, comme Gloria. Et bien sûr, ils montrent quelqu'un que son vécu fera changer d'avis: Bud.
La gravité de certaines scènes est quelque peu tempérée par l'humour. Celui-ci émane souvent d'Adela. Je pense au passage où elle dit à Dorothy ce qu'elle pense d'elle, ou à celui où elle finit par suivre Mam dans son endroit préféré du parc.
D'une manière générale, les auteurs glissent souvent de petites (ou grandes) pincées d'humour lors de scènes tendues. J'ai beaucoup apprécié la réaction des enfants après qu'on leur a dit pourquoi Lazarus était chassé de la maison.

Je n'ai pas vraiment compris si Shirley avait un esprit critique parce qu'elle venait d'un autre pays ou grâce à (ce que j'appellerai pour ne pas trop en dévoiler) son vécu. C'est ce qui m'a fait me demander comment se passaient les choses dans les années 60 dans les autres pays. Je ne le sais même pas... J'imagine qu'aucun n'était aussi raciste que les États-Unis...

Il n'y a qu'une chose que je n'ai pas appréciée, mais n'importe qui me rétorquerait qu'il fallait bien quelque chose de ce genre pour la vraisemblance. Certes, mais cela aurait été vraisemblable sans cet élément.

L'entretien avec les auteurs en fin d'ouvrage est, comme toujours, très intéressant. Une chose m'a déçue: les auteurs et la comédienne n'étaient pas ensemble pour le réaliser. J'imagine que Marie Bouvier a enregistré les questions, que les auteurs les ont eues par un cyberespace, qu'ils ont enregistré leurs réponses, et les ont envoyées... Je trouve cela vraiment dommage. Toute la chaleur qui va habituellement avec ce genre d'entretiens a été perdue.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Bouvier pour les éditions Lizzie.

Ayant aimé le jeu de Marie Bouvier dans «Regarde», j'ai été bien moins réticente à lire un autre roman enregistré par elle. Là encore, son jeu m'a plu.

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lundi, 25 avril 2022

Burning ridge, de Margaret Mizushima.

Burning ridge

L'ouvrage:
Alors que Cole et ses filles font une randonnée en montagne, ils trouvent une botte contenant un pied. Il semble que le corps auquel appartient le pied ait été brûlé. La police va tenter de retrouver le corps grâce à Robo.

Critique:
Le volume 4 des aventures de Mattie et Robo m'a autant plu que les précédents. À cause de la manière dont tourne l'intrigue, on ne pourra pas reprocher à l'autrice de ne pas être crédible avec sa quatrième affaire de meurtre dans un petit village. En effet, les éléments sont complexes, et cette enquête est en rapport avec l'histoire d'au moins une habitante du village...

Le tome 3 était déjà dur, notamment avec l'enlèvement d'un personnage attachant, mais celui-ci l'est davantage à cause de tout ce qui arrive à un autre personnage sympathique. Margaret Mizushima s'y entend pour créer grande tension et suspense. Cela fait que je n'ai pas à déplorer les faux coupables qu'elle nous propose au long du roman. Leur culpabilité (surtout celle de l'un d'eux) était très crédible.

Dans ce tome, de fortes émotions sont en jeu, tant pour le lecteur que pour les personnages. Pour moi, le héros reste Robo, même si j'apprécie beaucoup les personnages principaux humains. J'ai bien aimé que Cole puisse, nécessité faisant loi, se charger de faire chercher des pistes à Robo. La situation était très délicate, mais il m'a plu que les deux protagonistes soient en mesure de la gérer ensemble.

La série est policière. De plus, il est évident que Mattie va chercher à en savoir davantage sur un élément dévoilé dans ce tome. De ce fait, tension et suspense seront probablement à nouveau au rendez-vous. C'est une bonne chose, mais je dois dire que j'aimerais bien que les protagonistes principaux n'aient plus à endurer d'horreurs. On me dira que si la série devient trop «paisible», je vais râler que ça ressemble à Agatha Christie (je suis une des rares à ne pas trop apprécier cette autrice). J'imagine que Margaret Mizushima a assez de talent pour faire quelque chose d'intermédiaire. Je verrai bien en lisant la suite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nancy Wu pour les éditions Blackstone audio

J'ai autant aimé le jeu de la comédienne que dans les deux autres romans enregistrés par elle que j'ai lus. Cependant, je me suis demandé pourquoi elle faisait un accent étranger au shérif McCoy. Je n'ai pas repéré cela dans le tome 3, mais peut-être étais-je trop prise par l'intrigue, ou bien l'accent était-il moins flagrant...

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