lundi, 12 novembre 2018

The commitment, de Dan Savage.

L'ouvrage:
Dan et Terry sont ensemble depuis dix ans. Ils ont un fils, DJ. La mère de Dan aimerait qu'il se marie. Dan est superstitieux, et craint que le mariage détruise leur relation. Terry, lui, allègue qu'il ne veut pas agir comme les hétérosexuels. De plus, ils vivent dans un état où le mariage de personnes du même sexe est illégal. S'ils se mariaient, ce serait au Canada. Ensuite, cela ne serait pas reconnu dans leur lieu de résidence.

Critique:
Je ne connaissais pas du tout Dan Savage. Lorsque je me suis aperçue que ce livre était un témoignage (le narrateur parle de lui-même comme étant Dan Savage), j'ai fait des recherches. Cela m'a révélé pourquoi je ne le connaissais pas: il est connu aux États-Unis, et pas en France. En tout cas, après la lecture de «The commitment», je suis sûre de lire d'autres livres de lui, car ce témoignage m'a beaucoup plu. Il ne raconte pas seulement les hésitations du couple qui examine la question du mariage. Il analyse aussi les arguments des uns et des autres contre le mariage homosexuel, voire l'homosexualité. Je le trouve très posé (même lorsqu'il vilipende les homophobes), et j'aime beaucoup ses arguments qui sont les miens depuis longtemps.

L'auteur ne tombe jamais dans la lamentation. Le livre est placé sous le signe de l'humour. Bien sûr, il y a des passages graves, mais le rire est omniprésent. Par exemple, DJ ne veut pas que ses parents se marient parce que, pour lui, un homme doit épouser une femme. C'est quand même triste qu'un enfant de six ans pense ainsi, même si on se dit qu'en grandissant, il réfléchira et pourra changer d'avis. Mais lorsque DJ explique ses réticences, le texte n'est jamais larmoyant. Il y a même une scène très amusante où l'enfant tente de rouler des yeux en signe de désapprobation, et où Dan dit à Terry (qui ne peut voir DJ): «Il acquiesce.», provoquant les protestations indignées de l'enfant.

Ce que Dan mous décrit de sa famille m'a plu. Sa mère est un peu dirigiste, mais il est toujours évident qu'elle agit par amour. Là encore, certaines scènes sont à la fois graves et drôles. Par exemple, Judy argumente avec conviction en faveur du mariage de Dan et Terry, puis on se rend compte qu'il y avait davantage de tequilla que prévu dans son margarita... ;-)

Un témoignage tendre, grave, drôle, qui soulève d'importantes questions, un appel à la tolérance et à l'apaisement. À lire!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Paul Michael Garcia pour les éditions Blackstone audio.

Je connais peu ce comédien. J'ai beaucoup aimé son interprétation. Il rend parfaitement la gravité teintée d'humour de l'auteur. Il ne modifie pas trop sa voix pour les différents personnages, ce que j'ai apprécié. Sans efforts apparents, il rend le texte de manière naturelle. Il semblerait qu'il ait enregistré un autre livre de Dan Savage, mais il le lit avec une comédienne que je n'aime pas trop. À voir, donc...

Partage

42 lectures

jeudi, 8 novembre 2018

Une femme entre nous, de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen.

Une femme entre nous

L'ouvrage:
Richard Thompson, riche homme d'affaires, vient de quitter Vanessa en lui laissant très peu de biens. Celle-ci habite maintenant chez sa tante Charlotte, et travaille dans un magasin de vêtements. Richard doit se remarier. Vanessa veut absolument empêcher cela.

Critique:
J'ai souhaité lire ce roman parce que c'est un thriller psychologique, et parce qu'il est enregistré par Camille Lamache. Je me suis un peu méfiée en découvrant que Sarah Pekkanen était l'une des autrices, parce que j'ai commencé un livre d'elle que je n'ai pas pu terminer, le trouvant mièvre. Le résumé m'a interpellée. En gros, il dit au lecteur de ne pas ramener l'intrigue à quelque chose de vu et revu, et promet de bons rebondissements. Au début de ma lecture, je voyais surtout la banalité niée par le résumé. Un personnage me déplaisait, un autre m'agaçait, un autre attirait ma compassion, mais il me semblait savoir où allaient Greer Hendricks et Sarah Pekkanen. Cela ne m'a pas déplu. Le livre m'intéressait, malgré le fait que selon moi, il ne respectait pas les promesses clamées par le résumé. Et puis, les choses se sont corsées. Il y a, en effet, quelques rebondissements bien trouvés et bien amenés. Je n'en avais pressenti qu'un, très peu de temps avant que Vanessa n'y pense. L'un d'eux m'a beaucoup surprise, je ne m'y attendais absolument pas: cela m'a semblé très finement joué par les romancières. Bien sûr, le livre ne croule pas sous les rebondissements (cela gâcherait le tout), mais n'allez pas croire que les passages qui en sont exempts traînent. Ce n'est pas le cas. J'ai aimé que les écrivains prennent le temps d'explorer et d'exposer la psychologie des personnages, de revenir sur certaines choses, etc.

Les autrices ont pris un thème que nous connaissons bien, et l'ont étoffé, créant une intrigue qui pourrait sembler peu probable, mais qu'elles parviennent parfaitement à rendre vraisemblable. Elles prennent le soin de donner des explications, de bien pointer du doigt (sans que cela semble appuyé) ce que le lecteur ne doit pas oublier afin qu'il y repense à la lumière d'autres éléments. Pour moi, elles se sont très bien débrouillées. Je n'ai pas trouvé d'incohérences, et je pense que dans un récit de ce genre, il est difficile de ne pas en faire.

Je ne peux pas trop dire ce que je pense des personnages en les nommant, parce que mon avis orienterait ceux qui me lisent et n'ont pas encore lu ce roman dans certaines directions, et il ne le faut pas. En fait, j'aimerais dire beaucoup de choses, mais elles donneraient trop d'indications. Sachez donc que ce livre m'a beaucoup plu, et que je le recommande.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache pour les éditions Lizzie.

Comme je m'y attendais, Camille Lamache n'a pas démérité. Lorsque les chapitres sont racontés par Vanessa, il me semble qu'elle prend une voix légèrement plus rauque, davantage en accord (notamment grâce à la fêlure et à la pointe de désabusement qui transparaissent) avec ce que nous découvrons de Vanessa que celle qu'elle prend pour les chapitres à la troisième personne du singulier, qui montrent quelqu'un à un stade très différent.
D'autre part, la comédienne a toujours le ton approprié, qu'il s'agisse de pleurer, de menacer, d'être en colère... Elle n'exagère pas les graves pour les rôles masculins.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes.

Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, je suis allergique à la musique dans les livres audio. Les éditions Lizzie en mettent parfois en début de chapitres. Ici, heureusement pour moi, il n'y en a pas. Par ailleurs, j'ai constaté que tous les livres de cet éditeur (du moins, c'est le cas pour ceux que j'ai lus, donc j'imagine que c'est ainsi pour tous) étaient présentés avec la même musique. Cela ne me déplaît pas. Je trouve que c'est une bonne idée. À terme, les lecteurs reconnaîtront l'éditeur avant d'entendre «Lizzie présente» grâce à cette musique récurrente. D'autre part, ce petit morceau ne me déplaît pas. Je reste allergique aux musiques en début de chapitres, bien sûr. ;-)

Acheter « Une femme entre nous » sur Amazon
Acheter « Une femme entre nous » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

Partage

83 lectures

lundi, 5 novembre 2018

Ensemble à minuit, de Jennifer Castle.

Ensemble à minuit

Note: Ce roman sort en français mercredi.

L'ouvrage:
Kendall vient de passer un semestre à l'étranger. Elle est de retour chez elle, près de New York, pour les vacances de Noël. Elle décide d'aller passer la deuxième semaine à New York même chez son frère, Emerson.
Max habite quelques jours chez son grand-père pour s'en occuper, le temps qu'une nouvelle aide soit engagée. Max et Kendall se connaissent depuis l'été, mais ils ne gardent pas forcément un bon souvenir de la rencontre.
À un arrêt de bus, les deux adolescents sont témoins d'une dispute, puis d'un accident. Avec le recul, ils pensent qu'en intervenant lors de la querelle, ils auraient pu éviter l'accident. C'est alors qu'ils en discutent autour d'un café qu'une serveuse leur lance un défi: ils doivent faire sept bonnes actions envers des inconnus. Kendall ajoute que l'argent ne doit pas entrer en compte.

Critique:
Ce livre m'a plu. Je l'ai lu tout de suite après «Nous rêvions juste de liberté», et c'était exactement ce qu'il me fallait pour sortir de quelque chose de si éprouvant. (Pour ceux qui se demanderaient pourquoi les deux chroniques sont si éloignées dans le temps, le livre d'Henri Loevenbruck était un service presse, et je publie les chroniques des services presse très vite après les avoir écrites.) Max et Kendall sont gentils et un peu perdus concernant certains aspects de leur vie. C'est dans ce contexte qu'ils voient cette dispute qui entraîne un terrible événement. Par la suite, Max explique que ce qu'ils ont fait (ne pas intervenir dans la dispute) est apparemment une façon commune de réagir. Personne ne veut intervenir lorsque des inconnus sont impliqués, pensant que d'autres vont le faire. C'est exactement ce que nos deux héros pensaient. Je ne savais pas qu'une théorie existait, et que cette façon d'agir (ou de ne pas agir) était devenue commune. C'est dommage, mais franchement, je me vois mal me mêler d'un conflit entre deux inconnus. Surtout que, comme c'est souligné et même montré dans le roman, certains peuvent rejeter assez rudement l'aide offerte.

J'ai apprécié la décision que prennent Max et Kendall après l'accident: aider des inconnus. Le livre alterne les chapitres où Kendall raconte et ceux où Max le fait. Une fois qu'ils ont eu affaire à quelqu'un, il y a un passage où la personne s'exprime. Certains personnages m'ont un peu serré le coeur, comme Bryan, le père de l'enfant que Kendall distrait.
À un moment, Max se demande s'ils ont vraiment aidé quelqu'un, et s'ils ne l'ont pas plutôt enfoncé. (Je parle de Winston.) J'ai compris son questionnement, et j'ai trouvé bien que Kendall et lui y réfléchissent.
J'ai apprécié que Cora refuse leur aide, surtout après avoir lu le passage où elle s'exprime.
Il y a aussi la fois où l'aide que Kendall apporte finit par lui déplaire. Il m'a plu que Jennifer Castle montre plusieurs exemples, et que tout ne soit pas toujours bien perçu par tous.
Après ce roman, je me demande si, lorsque je serai confrontée à ce genre de situations, j'oserai proposer mon aide. Je ne peux pas répondre...
En tout cas, je trouve sympathique un roman où deux adolescents décident d'être gentils, et d'aider des gens qui semblent en avoir besoin.

Certains trouveront peut-être les chassés-croisés amoureux un peu pénibles. Ils ne m'ont pas trop ennuyée, principalement parce que tout finit comme je le souhaitais.

Un joli roman qui soulève certaines questions sur la nature humaine.

Éditeur français: Casterman.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle et James Fouhey pour les éditions Harper Audio.

Je connais très peu James Fouhey. Le bon souvenir que j'ai de lui dans «Don't try to find me» n'a pas été contrarié. J'ai apprécié son interprétation, et l'entendrai à nouveau avec plaisir. Il a dû moduler un peu sa voix pour les passages narrés par des hommes autres que Max, et s'en est bien sorti.

Comme je l'ai dit dans une chronique récente, j'aime beaucoup Arielle Delisle. Ici, j'ai été un peu déçue qu'elle change à ce point sa voix pour certains passages narrés par des femmes autres que Kendall, mais elle y était obligée pour montrer un vrai contraste. Elle s'en tire assez bien.

Acheter « Ensemble à minuit » sur Amazon

Partage

118 lectures

jeudi, 1 novembre 2018

Le poison de la vérité, de Kathleen Barber.

Le poison de la vérité

L'ouvrage:
Septembre 2015. La journaliste Poppy Parnell fait un podcast examinant le meurtre de Charles Buhrman, commis treize ans plus tôt. Le but de cette enquête est de prouver l'innocence de Warren Cave, qui, à l'époque, était le jeune voisin de la famille Buhrman. Le podcast fait de l'audience, chacun s'interroge: Lanie Buhrman a-t-elle réellement vu (comme elle le prétend) Warren abattre son père d'une balle? Poppy met en avant le fait qu'au départ, Lanie disait n'avoir rien vu. C'est par la suite qu'elle a déclaré ce qui a fini par être le seul élément qui accusait Warren.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'histoire est racontée par Josie, la soeur jumelle de Lanie. Son récit nous montre comment la famille réagit aux propos de Poppy et aux interviews qu'elle réalise concernant le meurtre. Les retours en arrière (qui sont brefs et imbriqués dans le récit du présent) montrent comment les choses ont pu se dégrader entre Lanie et les autres membres de la famille.

Dès le départ, j'ai pensé que ceux qui doutaient de la culpabilité de Warren avaient raison parce que Lanie avait commencé par dire n'avoir rien vu. Pourquoi, ensuite, a-t-elle dit avoir vu Warren?... Bien sûr, tout finit par être expliqué, et c'est logique. Seulement, je trouve Lanie assez ambiguë au long du roman. Dans le passé, elle commet des actes répréhensibles, et s'étonne d'en être punie par le départ de sa soeur. Quant au meurtre, après que nous savons tout, il est une chose concernant laquelle je doute de Lanie, à l'instar de Josie.

La narratrice m'a été sympathique, même si je n'ai pas été d'accord avec tous ses choix. Par exemple, elle commence par cacher la vérité à Caleb (l'homme qu'elle aime), et ne la lui révèle que parce qu'elle est prise à la gorge. Certes, le lecteur sait qu'elle voudrait la lui dire depuis un petit moment, mais les faits sont là.

Amélia et Ellen sont des personnages très sympathiques. Elles n'ont pas été épargnées par le meurtre et ce qui en découle, et se montrent toujours à la hauteur des situations épineuses qui se présentent à elles. Ellen semble parfois un peu frivole, mais sa famille peut compter sur elle.

Que dire de Poppy? C'est un rapace avide de scoops. Elle harcèle Josie et Lanie sans vergogne. Bien sûr, tous les journalistes ne peuvent pas être comme Rebekah Roberts (héroïne créée par Julia Dahl) qui, même lorsqu'elle est à l'affût, prend des gants, et n'est jamais méchante intentionnellement. Je me dis toujours qu'il est logique qu'un journaliste paraisse empressé, mais Poppy Parnell est davantage que cela. C'est une véritable charognarde. Elle nie le mal que son podcast peut faire à la famille Buhrman, et lorsqu'elle parvient à approcher Josie et Lanie, elle a la langue pendante à l'idée de ce qu'elle pourrait réussir à leur faire dire.

Pour moi, l'auteur ne traîne pas. Le tout n'est élucidé qu'à la fin, mais ce qui arrive entre temps ne m'a jamais semblé être du remplissage. Kathleen Barber expose la psychologie de ses personnages, pourquoi certains sont partis à un moment donné... Tout est bien exploré, les choses s'expliquent facilement, même quand un protagoniste n'admet pas ses raisons d'agir.

J'ai trouvé la fin trop rapide. Cela m'arrive de plus en plus. J'aurais aimé un chapitre supplémentaire ou un épilogue disant comment se passent les choses pour Josie, Caleb, Amélia, Ellen et Lanie quelque temps après.

Il arrive souvent que je trouve des erreurs de syntaxe dans les romans. Parfois, je le signale dans ma chronique. Dans «Le poison de la vérité», non seulement je n'en ai pas remarqué, mais en plus, je tiens à remercier le traducteur, Jacques Colin, qui utilise «après que» avec l'indicatif.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandra Parra.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. Lorsque j'ai vu «Le poison de la vérité» dans les «à paraître» d'Audible, tentée par le résumé, je suis allée écouter la voix de Sandra Parra sur l'un des tomes de «Les ailes d'émeraude», série qui ne me tente pas du tout. À l'écoute de l'extrait, j'ai pensé: «Bon, ça pourra aller, mais ce ne sera pas super.» En commençant «Le poison de la vérité», je me suis demandé comment j'avais pu avoir une pensée si tiède. En effet, j'ai beaucoup aimé l'interprétation de Sandra Parra. Elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et parvient à montrer tout un éventail d'émotions sans avoir l'air de larmoyer. Une amie pense que ma tiédeur initiale est due au fait que «Les ailes d'émeraude» est d'un genre totalement différent, et qu'en plus, cela ne m'attire pas du tout. En tout cas, je dis bien fort ici que je serais ravie d'entendre Sandra Parra sur d'autres livres!

Pour information, la structure du livre a été respectée.

Acheter « Le poison de la vérité » sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

Partage

78 lectures

lundi, 29 octobre 2018

Smoke, de Catherine McKenzie.

Smoke

L'ouvrage:
Dans la nuit du lundi 1er au mardi 2 septembre, un feu prend près d'un petit village des Rocheuses. Les combattants du feu font leur possible. Elizabeth a été combattante du feu, mais a cessé afin de se consacrer davantage à son mariage. Aujourd'hui, elle travaille pour la police locale, et s'emploie donc à découvrir comment le feu a pris. Son patron a déjà un suspect en tête.
D'autre part, le soir du 1er septembre, la jeune femme est parvenue à convaincre son mari (Ben) qu'ils devaient divorcer.

Pendant ce temps, Mindy Mitchell, ancienne amie d'Elizabeth, sent que son fils, Angus, a des soucis. Elle cherche un moyen de l'aider à se confier.
Catherine McKenzie raconte six jours de la vie du petit village.

Critique:
Ce roman m'a davantage plu que «Les nouveaux voisins», car je n'ai pas de reproches à faire quant à l'agencement de l'intrigue, ou quant au retardement d'une révélation. D'abord, j'ai apprécié les personnages. On côtoie surtout Elizabeth et Ben, ainsi que Mindy et sa famille. Elizabeth est touchante, mais aussi très agaçante. Lorsqu'elle raconte sa dispute avec Mindy, j'ai plutôt pris le parti de cette dernière, parce que je ne vois pas pourquoi elle aurait dû se ranger à l'avis de son amie. J'ai aussi été très déçue lorsqu'Elizabeth raconte l'histoire des gâteaux sans sucre. Je trouve que ce qu'elle a fait à ce sujet est traître et irrespectueux. Ce n'est pas digne d'une véritable amitié. Elle a fait bien pire à son mari, ce qui explique pourquoi celui-ci n'a plus confiance en elle. Cependant, lors des six jours qui nous sont racontés ici, elle se remet sérieusement en question concernant son comportement envers lui. Elle analyse les raisons que Ben a de lui en vouloir, et reconnaît qu'elles sont valables. D'autre part, lorsqu'il s'agit de découvrir qui a mis le feu, elle ne saute pas sur le premier suspect venu.

J'ai trouvé Mindy plus sympathique. Il m'a semblé qu'elle était moins centrée sur elle-même, qu'elle savait davantage ce qu'était la vie. Bien sûr, il m'a paru étrange qu'elle soit amie avec Kate (qui est plutôt plate, cancanière, et pas très bien intentionnée), mais étant donné ce qui arrive à la fin, tout cela faisait son chemin dans la tête de Mindy. J'ai aussi été touchée par son amour pour ses enfants. Malgré sa maladresse et ses erreurs, c'est une bonne mère.

J'ai apprécié la manière dont se déroule l'intrigue. Après avoir planté le décor et montré le quotidien de nos deux héroïnes, l'auteur enchaîne les événements. Mindy découvre ce qui ne va pas avec Angus, et d'autres faits se combinent à cela pour précipiter sa famille dans le cauchemar. À l'instar de Mindy, je me doutais du nom de la personne qui détenait la clé de l'énigme. J'ai été un peu déçue, à la toute fin, d'apprendre que celui qui avait mis le feu ne soit pas celui que je soupçonnais, car j'aurais voulu que cette personne soit punie de manière drastique, et s'en souvienne pendant des années et des années.

J'ai aimé suivre Elizabeth et Mindy dans cette histoire qui est un tournant dans la vie de chacune.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.
Cassandra Campbell lit le prologue et les chapitres du point de vue de Mindy, Amy McFadden interprète les chapitres narrés par Elizabeth, et Dany Campbell lit les articles de journal et le chapitre raconté du point de vue de John.

Cassandra Campbell et Amy McFadden font partie des lecteurs que je préfère. Leur jeu est toujours vivant, naturel, approprié. Cela a été le cas ici.
J'aime moins Dany Campbell, mais les passages qu'il lit ne sont pas très longs, donc je n'ai pas été gênée.

Acheter « Smoke » en téléchargement audio anglais surAmazon (Audible.fr)

Partage

72 lectures

jeudi, 25 octobre 2018

La fourmi rouge, d'Émilie Chazerand.

La fourmi rouge

L'ouvrage:
Vania Strudel, quinze ans, vit avec son père (Gottfried) qui est taxidermiste. Son meilleur ami (Pierre-Rachid, dit Pirach) habite dans le même immeuble qu'elle. Elle fait parfois du papy-sitting pour Rachel, une autre voisine, dont elle «garde» le père, Abraham. L'adolescente entre en Seconde. C'est alors qu'elle reçoit un mail d'un expéditeur anonyme qui l'exhorte à cesser de se retenir de vivre, à oser être elle-même, à cesser d'être insignifiante.

Critique:
Ce livre est un coup de coeur. Émilie Chazerand a l'art de dépeindre des situations cocasses ou embarrassantes, de caser des répliques savoureuses au bon moment, de décrire des personnages auxquels on s'attache. Il n'y a aucun temps mort, aucun remplissage.

La jeune héroïne m'a un peu rappelé ce que j'étais quand j'avais son âge. Je n'étais pas harcelée par de méchantes filles et ignorée par d'autres, mais je n'étais pas vraiment populaire. À part cela, je n'étais pas aussi mûre qu'elle. Tour à tour agaçante (comme lors de sa dispute avec son père), drôle (lorsqu'elle pointe du doigt la bêtise de Charlotte, qu'elle bave devant Grégoire, qu'elle donne une petite leçon à Pirach, qu'elle se moque d'elle-même...), et attendrissante (lorsqu'elle raconte ce qui s'est passé avec sa mère), Vania est un personnage auquel on s'identifiera très facilement, et qui conquerra forcément les lecteurs. Elle s'accepte, assume ses failles, même si elle rechigne à en combler certaines, le tout avec un humour toujours à propos.
Ceux qui gravitent autour d'elle sont attachants. Son père est sûrement celui qui m'a le plus touchée parce qu'outre le fait qu'elle est injuste envers lui après son premier jour de lycée, on voit qu'il n'a pas eu une vie facile, et veut toujours faire plaisir, notamment à son ingrate de fille. ;-)
J'ai également beaucoup apprécié Pirach (même si presque dès le début, il s'attire les foudres de sa meilleure amie et celles du lecteur) ainsi que ses parents.
Rachel semble trop courir après le mâle, mais elle n'est pas antipathique.
Victoire est sympathique. Vania l'évoque dès le début, mais on découvre sa personnalité plus tard, lorsqu'elle a de longues conversations avec son amie. Je me suis demandé si la maladie dont elle souffre existait vraiment. D'après Wikipédia, cela existe, et en français (Vania ne donne le nom qu'en anglais) cela s'appelle la triméthylaminurie. Victoire semble moins adepte de l'autodérision et de l'humour corrosif que l'héroïne. C'est finalement elle qui tirera une leçon pertinente de ce qui leur arrive.

Ce livre, en plus d'être rédigé d'une plume vivante et fluide, pose certaines questions, parle de tolérance (pas seulement à travers Victoire). Vania se cherche, cherche sa place, et elle se rend compte qu'elle n'est pas la seule. Émilie Chazerand incite son lecteur à profiter des bons moments (même lorsqu'il s'agit d'être méchante et de faire mordre la poussière (et la balayette) à la pouffiasse qui se moque de vous et vous martyrise depuis des années). Elle n'est pas une fervente adepte du pardon à tout prix, ce qui m'a plu. Son roman est très réaliste. J'ai beaucoup souri, ai eu quelques rires, et aussi de petites larmes d'émotion.
Et vous, saurez-vous qui a envoyé le mail de la vérité? J'ai lu une chronique dont la rédactrice avait trouvé dès le départ. Quant à moi, je ne l'ai deviné que lorsqu'un personnage s'est «révélé», si j'ose dire.

Je suis contente: pour une fois, je ne suis pas la seule à dire du mal d'un livre que tout le monde a aimé. J'applaudis Émilie Chazerand avec les autres!

Éditeur: Sarbacane.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maude Morel pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Je connais peu cette lectrice bénévole. J'ai apprécié son interprétation. Il y a un passage qu'il vaut mieux lire en audio, et que Maude Morel a très bien rendu: c'est toute la partie où notre héroïne a une incisive en moins. Elle zozote, et c'est très amusant, surtout lorsqu'elle est fâchée ou tente d'être sérieuse.

Acheter « La fourmi rouge » sur Amazon

Partage

109 lectures

lundi, 22 octobre 2018

How will I know you?, de Jessica Treadway.

How will I know you?

L'ouvrage:
Une adolescente, Joy Enright, disparue le 13 novembre 2009, est retrouvée début décembre. Elle a été étranglée. Après deux témoignages et une perquisition, la police arrête un suspect, Martin. Celui-ci jure qu'il est innocent. Il est persuadé que la pièce à conviction retrouvée chez lui y a été introduite par le chef de la police, Douglas Armstrong, alors que ses hommes et lui fouillaient la maison.

Critique:
Ayant aimé «D'un mauvais oeil», j'ai saisi l'occasion de lire un autre roman de Jessica Treadway. Je n'ai pas été déçue, il m'a beaucoup plu. Il est raconté de plusieurs points de vue: ceux de Suzanne (la mère de Joy), Martin (le suspect), Harper (une amie de Joy), et Tom (le gendre du chef de la police). Vers la fin, un passage raconté par Joy explique ce qui s'est passé le soir du 13 novembre. Le récit de chacun alterne le passé et le présent. Cela ne m'a pas du tout dérangée, alors qu'habituellement, je n'aime pas trop cette structure.

À travers tous ces points de vue, on découvre qui était Joy: son caractère, ses ennuis, ses motifs d'agir, ses failles. Bien sûr, on découvre également ces aspects chez tous les personnages qui prennent la parole.

Il n'y a que les scènes narrées par Tom qui évoquent moins Joy. En effet, il la connaissait peu. Il parle surtout de son mariage, de ses soucis avec son beau-père (ils ont un rapport avec sa manière d'agir ensuite concernant l'affaire Joy), de sa détresse due au fait qu'il sait bien que sa femme (Allison) ne voudra jamais reconnaître que Douglas le déteste... Tom a beaucoup de choses à gérer tant au niveau de son travail qu'émotionnellement. Ce personnage m'a émue, et dès le début, j'ai été de son côté. Au long du roman, j'ai apprécié ses réflexions, sa façon de voir les choses, et j'ai eu de la peine pour lui.

J'ai apprécié Harper. Lorsqu'elle a fait de mauvais choix, je l'ai comprise, même si je ne l'approuvais pas. Elle est déboussolée quant à son amitié avec Joy, désoeuvrée quant au comportement de sa mère... C'est une gentille fille un peu perdue. J'imagine que nous aurions été beaucoup à agir comme elle, à sa place.

Je n'ai pas vraiment apprécié ce que Joy était. J'ai compris pourquoi elle faisait ceci ou cela, mais je l'ai moins excusée qu'Harper. Pourquoi n'a-t-elle pas tout de suite parlé à ses parents quant à ce qui la peinait? Il est vrai que souvent, quand des choses ne vont pas dans la famille, on n'en parle pas, on ne met rien à plat, on se tait, et l'amertume augmente avec le temps. Ce comportement s'est ajouté à la façon dont Joy s'est mise à traiter Harper, et aux mauvaises choses qu'elle faisait par ailleurs. Bien sûr, elle avait des raisons défendables de faire cela, mais elle s'est enferrée dans le non-dit. Il est à la fois réconfortant et triste que le soir de sa mort, elle ait souhaité tout avouer à ses parents. Je ne l'ai pas trop appréciée, mais je savais qu'au fond, elle ne voulait pas mal faire.

Dès le départ, j'ai décidé de ne pas croire que Martin étais coupable. J'ai très vite accusé quelqu'un d'autre... Et vous, qu'en penserez-vous? En tout cas, l'auteur a joué finement. Les choses sont très bien amenées. Un regret reste, mais je ne sais pas comment Jessica Treadway aurait pu faire pour que cela soit différent. Ayant décidé de ne pas soupçonner Martin, je l'ai rapidement apprécié. Il décrit très bien son attachement pour son père et sa grand-mère, ainsi que sa passion pour son travail. Ensuite, j'ai compris ce par quoi il passe...

Les personnages et les situations qu'ils vivent sont très réalistes. Je tais certaines choses que j'aimerais dire (concernant les parents de Joy, la mère d'Harper, et la famille Armstrong), mais c'est parce que je ne veux pas trop en dévoiler. En tout cas, ce roman sonne juste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Hachette Audio. La distribution est la suivante: Lauren Fortgang a lu les passages du point de vue d'Harper, Ryan Vincent Anderson a lu ceux narrés par Martin, Christopher Ryan Grant a interprété ceux du point de vue de Tom, Cynthia Farrell a lu ceux du point de vue de Suzanne, et Caitlin Kelly a enregistré celui du point de vue de Joy.

Je ne connaissais bien que Lauren Fortgang, que j'aime bien, mais dont je me méfie parfois, car je suis tombée sur un livre (pas chroniqué car pas terminé) où elle prenait un accent et une voix horribles, et surjouait. Ici, j'ai aimé son interprétation. Elle ne surjoue pas, et lit de manière naturelle.

J'ai beaucoup aimé l'interprétation de Ryan Vincent Anderson ainsi que celle de Christopher Ryan Grant. Elles sont vivantes, les comédiens n'exagèrent jamais, ils jouent les émotions de manière appropriée.

Cynthia Farrell m'a également convaincue, mais j'ai une petite réserve. Cela ne m'empêchera pas de lire d'autres romans enregistrés par elle.

Après cette lecture, je ne peux pas me faire une opinion sur le jeu de Caitlin Kelly, qui lisait bien moins que les quatre autres. Cependant, à première écoute, je peux dire que je l'ai apprécié. J'irai donc vers des romans qu'elle a enregistrés en entier.

Acheter « How will I know you? » en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)

Partage

90 lectures

jeudi, 18 octobre 2018

La pluie et le beau temps, de Lily King.

La pluie et le beau temps

L'ouvrage:
Daley Amory a onze ans lorsque ses parents se séparent.

Critique:
Ce roman est un coup de coeur.
Daley, la narratrice, est très attachante. Dès son enfance, elle est lucide quant à ses parents. Elle se sent déchirée entre les deux, mais comprend bien qu'ils ne peuvent pas rester ensemble. Elle ne prend pas vraiment parti, car même si elle comprend sa mère, elle ne lui pardonne pas certains actes. Quant à son père, la relation se complique. De ces trois personnages, c'est la narratrice la plus objective. Elle pointe du doigt les erreurs de ses parents, et pour moi, a raison. Elle expose le mal que chacun lui a fait après cette séparation. Bien sûr, sa mère a surtout agi par maladresse, mais sa priorité aurait dû être sa fille, et cela ne semblait pas toujours être le cas.

C'est surtout sa relation avec son père que Daley raconte ici. Le roman est divisé en trois parties. La première raconte la séparation et les mois qui suivent. Les deux autres sont des tournants dans la vie de l'héroïne et dans sa relation avec son père. Dans la deuxième partie, Daley fait certaines choses que son entourage ne comprend pas. Même si j'ai eu du mal à admettre qu'elle sacrifie autant pour quelqu'un qui a été si dur envers elle, j'ai pensé qu'elle avait raison, et aurait regretté de n'avoir pas été au bout de ce chemin. J'ai trouvé que son entourage la jugeait sévèrement. Je n'étais pas d'accord avec les théories que son amie et son fiancé lui sortaient. Je pense qu'encore une fois, c'était elle la plus lucide. D'autant que son abnégation n'est certainement pas allée jusqu'à la bêtise et le reniement de soi.

Autre chose rend la narratrice admirable: elle a su dépasser les blessures reçues, et est devenue quelqu'un de bien, de posé. Elle a appris à franchir les obstacles occasionnés par ces blessures.

Je n'ai pas pu apprécier Gardner, le père de Daley. J'ai très bien compris les sentiments à la fois forts et contradictoires qui les unissaient, mais Gardner m'agaçait la plupart du temps. Bien sûr, il avait ses bons jours, et certaines discussions entre sa fille et lui étaient soit drôles soit paisibles, mais pour moi, il avait d'énormes défauts rédhibitoires.

Dans ce roman, rien ne traîne. L'auteur expose parfaitement le ressenti de son héroïne, les événements s'enchaînent de manière fluide, l'écriture est alerte et soignée.

Éditeur français: Pocket
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Audible Studios.

Comme d'habitude, la lecture de Cassandra Campbell est juste et vivante. Elle rend très bien les émotions de Daley, n'exagère pas lorsqu'il s'agit de jouer les rôles masculins... Bref, son interprétation est toujours adéquate.

Acheter « La pluie et le beau temps » sur Amazon

Partage

131 lectures

- page 1 de 387