samedi, 20 janvier 2018

Couleurs de l'incendie, de Pierre Lemaitre.

Couleurs de l'incendie

L'Ouvrage:
1927. Lors de l'enterrement de Marcel Péricourt, un drame survient. Il aura de multiples conséquences. D'autre part, Gustave Joubert (fondé de pouvoirs de la banque Péricourt) et Charles (frère de Marcel) sont mécontents quant à la manière dont certaines choses tournent pour eux. Cela aussi aura de multiples conséquences...

Critique:
Même si on peut suivre ce roman sans bien se rappeler «Au revoir là-haut», je pense que les souvenirs parcellaires que j'en ai m'ont fait manquer certains clins d'oeil. Par exemple, j'avais oublié monsieur Dupré qu'apparemment, on voit brièvement dans «Au revoir là-haut». Lorsque le troisième volet sera sorti, je relirai certainement la trilogie d'une traite.

Pierre Lemaitre s'attache ici à Madeleine Péricourt (la soeur d'Édouard), et à ceux qui gravitent autour d'elle. D'un style vivant, il met ses personnages en scène. Madeleine évolue dans un monde qui ne fait pas encore la place aux femmes. Sa situation est particulière car elle hérite de l'affaire familiale sans avoir eu la pratique qui lui aurait permis de ne pas s'en laisser conter. Dans sa vie privée aussi, on retrouve cette sorte de contradiction: bien qu'elle soit avisée, ses choix ne sont pas toujours judicieux. C'est le lot de la plupart d'entre nous. Voilà pourquoi, à mon avis, il est très facile de s'identifier à elle. Quant à ses réactions face aux événements, elles me semblent logiques. Ce personnage soulève beaucoup de questions. Ce qu'elle subit est en partie dû à son aveuglement, elle se le reproche implacablement, et il lui est impossible de ne rien faire. Comment agirions-nous à sa place? Jusqu'où irions-nous pour obtenir une certaine forme de justice?

D'autres personnages féminins se battent avec d'autres arme. Léonce, par exemple, utilise sa séduction, Solange use de sa voix pour éveiller émotions et admiration. Restent les jumelles, filles de Charles. Les pauvres n'ont pas vraiment d'armes. Je les ai appréciées parce que l'auteur nous les dépeint sans complaisance, mais avec un peu de compassion. On ne peut s'empêcher de rire d'elles tout en les plaignant. Elles caressent un beau rêve impossible, mais leur situation ne les rend pas amères ou méchantes. Bien sûr, il y a une part d'inconscience dans leur insouciance.

Certains personnages font que l'amusement intervient dans des situations graves. Je pense surtout à Vladi qui, par son énergie et sa bonne humeur, abolit certaines barrières, mais aussi à Robert dont la lenteur d'esprit ne pourra que faire rire le lecteur.

Tout comme dans «Au revoir là-haut», le romancier décrit une époque en des lieux donnés. Entre ceux qui brassent beaucoup d'argent, la passion de Paul pour la musique et ce que cela entraîne, une sorte de frénésie journalistique, et les sombres agissements de certains, j'ai eu l'impression d'une effervescence. C'est sûrement également dû au rythme soutenu du roman.

Quant à l'intrigue, j'ai d'abord aimé ne pas savoir où Pierre Lemaitre m'emmenait. Au début de la deuxième partie, comprenant ce qui se dessinait, j'ai eu peur de m'ennuyer. Cela n'a pas été le cas. J'ai aimé lire comment certains s'y prenaient pour que ce qu'ils voulaient arrive. Quelque chose m'a déplu, mais ce n'est pas une incohérence. C'est une limite que franchit un personnage. Je n'en veux pas à l'auteur, d'abord parce qu'un autre protagoniste est d'accord avec moi, mais aussi parce que cela permet au lecteur de réfléchir quant au personnage qui le fait. Au sujet de cet acte qui m'a moins plu, j'ai retrouvé une façon de faire que l'auteur a employée dans un autre roman. Je ne veux pas dire qu'il s'est lui-même plagié, mais que son utilisation de la manipulation m'a rappelé ce roman.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

Quelle joie de retrouver Pierre Lemaitre dont l'interprétation m'a ravie. Tout comme pour «Au revoir là-haut», il rend parfaitement la dimension orale du roman. Humour, gravité, émotion, ressentiment, étonnement... tout sonne juste. J'ai eu l'impression que l'auteur avait mis tout son coeur dans sa lecture, et qu'il y avait pris beaucoup de plaisir.

Comme d'habitude, l'entretien en fin d'ouvrage est très intéressant.

Acheter « Couleurs de l'incendie » en audio sur Amazon
Acheter « Couleurs de l'incendie » sur Amazon

Partage

47 lectures

jeudi, 18 janvier 2018

Le jour où le diable m'a trouvée, d'April Geneviève Tucholke.

Le jour où le diable m'a trouvée

L'ouvrage:
Violet et Luke (seize ans), vivent dans le manoir familial avec leurs parents. Ceux-ci sont artistes, et s'absentent très souvent sur de longues périodes. C'est justement lors de l'une de ces absences que l'argent vient à manquer. Violet décide alors de louer la dépendance du manoir. C'est River, un étrange adolescent, qui se présente. La jeune fille est tout de suite attirée par lui.

Critique:
À cause du titre et du tout début, j'ai eu peur de tomber sur une histoire où tout le monde finirait par se transformer: qui en diable, qui en loup-garou, un peu comme dans un roman de Jennifer McMahon qui, pour moi, a viré au n'importe quoi. Heureusement, certaines chroniques m'ont rassurée à ce sujet.

Ce livre m'a plu, mais j'ai gardé de la distance. J'ai apprécié les personnages que l'auteur veut qu'on aime, mais je les ai trouvés plats. Ils étaient sympathiques, mais peut-être trop prévisibles ou trop caractérisés par une chose... Luke court les filles et feint de mépriser sa soeur, Sunshine semble traîner son ennui... Violet m'a paru un peu plus consistante, parce qu'elle aime lire, que sa grand-mère lui manque, et que comme elle raconte l'histoire, elle est bien obligée de nous en dire un peu plus sur elle.

J'ai lu une chronique dans laquelle la personne trouvait invraisemblable que les parents s'en aillent comme ça, abandonnant leurs enfants mineurs, sachant qu'ils avaient peu de ressources. Certes, c'est pour le moins incongru. J'ai mieux accepté cela que la chroniqueuse, parce que j'ai lu «Le château de verre» qui est une histoire vraie dans laquelle l'héroïne raconte que ses parents étaient à peu près comme ceux du roman.

Le récit est lent, surtout au début. L'auteur prend le temps d'installer une ambiance, de faire intervenir des événements étranges... C'est bien, mais ça a été un peu trop lent pour moi. Ensuite, on découvre des choses. Entre le don surnaturel d'un personnage, et les secrets qui entourent la famille de Violet et Luke, tout n'est pas trop mal ficelé, même si certains éléments sont un peu gros. Lorsque la narratrice raconte ce qui arrive au grenier, j'ai deviné que le responsable n'était pas celui auquel les personnages pensaient. De ce fait, j'ai trouvé que l'auteur mettait du temps à le révéler. Ensuite, la façon dont arrivent certaines choses m'a rappelé le «glamour» des personnages de Marissa Meyer. Bien sûr, vers la fin, on est embarqué dans le suspense, on attend de voir comment tout cela va se terminer, mais ça ne rattrape pas vraiment le reste, pour moi. Je ne pense pas lire la suite, ce roman ayant une fin. On peut donc s'arrêter ici. Je me doute de l'intrigue du tome 2.

Éditeur: Hachette.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

///html Acheter « Le jour où le diable m'a trouvée » sur <a href="http://www.amazon.fr/dp/2012035361?tag=lalivrop-21">Amazon</a><br/> //

Partage

37 lectures

mercredi, 17 janvier 2018

*Parutions Sixtrid, janvier 2018.

Ces titres sont annoncés pour le 25 janvier.

  • Les écailles d’or

Les écailles d'or, de Parker Bilal, lu par Éric Herson-Macarel, 12h44.
1981 : Alice, six ans, fille d’une junkie anglaise de bonne famille, est enlevée en plein jour dans une ruelle du souk du Caire.
1998 : Saad Hanafi, milliardaire cairote issu de la pègre, demande au détective privé Makana de retrouver la star de son équipe de foot, Adil Romario, qui s’est volatilisé sans raison apparente. Makana, exilé politique soudanais qui vit chichement sur une awana, genre de péniche pittoresque et déglinguée, est un curieux choix : à part ses bonnes relations avec un commissaire local et un journaliste engagé, on ne peut pas dire qu’il soit bien introduit en ville... Son enquête le mène des bistrots crapoteux et des rues empoussiérées de la capitale aux résidences somptueuses des nantis du régime, puis il croise la route de la mère d’Alice, qui sera sauvagement assassinée alors qu’elle persistait à rechercher son enfant perdue. Quel peut-être le lien entre les deux disparitions, à plus de quinze ans d’intervalle ?

  • Les perles de la Moïka

Les perles de la Moïka, d'Annie Degroote, lu par Catherine Gautier, 9h47.
À près de quarante ans, et même si le théâtre lui a apporté ses plus grandes joies, Ana ne ressent plus l’envie de se battre pour de petites apparitions sur scène. Alors qu’elle s’apprête à raccrocher, une boucle d’oreille de perles et la proposition d’un magnifique rôle dans la Cerisaie, de Tchekhov, vont l’obliger à renouer avec son métier, ses origines et son histoire...

  • Germinal Germinal, d'Émile Zola, Lu par Éric Herson-Macarel, 18h10.
    Étienne Lantier, mécanicien au chômage, erre sur les routes du nord de la France. Au hasard d’une rencontre, frigorifié et mort de faim, il finit par trouver un emplois dans la mine du Voreux. Il découvre alors les conditions inhumaines du travail et la misère de la vie de mineur. Mais, les conditions économiques étant au plus bas, la Compagnie propriétaire du Voreux essaie de baisser encore leurs maigres salaires. Désespérés par une existence déjà misérable, faite de privations (ils ne mangent pas tous les jours, meurent de silicose, vivent dans des logements exigus...), Étienne entraîne ses camarades dans la grève. S’engage alors un bras de fer entre la direction intraitable et inconsciente des conditions affreuses des mineurs et une foule famélique de plus en plus révoltée prête aux pires extrémités pour se faire entendre. Le face à face s’éternise: qui cédera le premier ?
  • L'Odyssée

L'Odyssée, d'Homère, lu par Guy Moign, 12h38.
De toutes les traduction françaises connues, la plus vivante, la plus respectueuse des textes primitifs mais aussi la plus originale est sans conteste celle de Victor Bérard. Elle est le résultat d’une vie de recherche et est, à ce jour, la référence ultime. Contrairement à l’habituelle séparation en 24 chants, Victor Bérard a essayé d’en rétablir la forme originelle en créant des divisions par épisodes et groupe d’épisodes. Cette méthode a permis de rétablir l’ordre chronologique de l’histoire perdue au cours des siècles. C’est cette merveilleuse traduction, fruit d’une vie de recherche et de labeur, que nous vous offrons ici. Victor Bérard y a consacré toute sa carrière allant jusqu’à essayer de revivre avec son navire, le voyage d’Ulysse. Autrefois déclamée par les aèdes, L’Odyssée reprend toute sa magie au son de la voix de Guy Moign.

En prévision pour les prochains mois:
Mémoires secrets d'un valet de coeur, de Brigitte Aubert, lu par Nicolas Justamon.
L'innocence pervertie, de Thomas H. Cook, lu par Marc Henri Boisse.
La grotte aux fées, de Marie-Bernadette Dupuy, lu par Sarah Jalabert.
Pot-Bouille, d'Émile Zola'
Le marié de la Sain Jean, d'Yves Viollier.
Une mer si froide, de Linda Huber, lu par Hélène Lausseur.
L'année du lion, de Déon Meyer, lu par Éric Herson Macarel.

Partage

37 lectures

mardi, 16 janvier 2018

*Parutions Audiolib, février 2018.

Ces titres sont annoncés pour le 14 février.

  • Trois baisers

Trois baisers, de Katherine Pancol, lu par Marie-Ève Dufresne, 20h11.
« Trois baisers, trois baisers et l'homme caracole, libre, flamboyant, crachant du feu et des étoiles. Ses sens s'affolent, il voit mille lucioles, des pains d'épices, des incendies. »

  • La Symphonie du hasard

La symphonie du hasard, de Douglas Kennedy, lu par Ingrid Donnadieu, 8h48.
À New York, dans un bureau, une éditrice lit un manuscrit. Une œuvre qui la trouble et qui va la replonger dans son passé et celui de sa famille. Sur le papier, une famille comme tant d’autres au pays de l’Oncle Sam, un bonheur propret, une vie plutôt confortable. Et pourtant... Aux années soixante insouciantes vont succéder les années soixante-dix tumultueuses. Et faire exploser au passage toutes ces familles qui croyaient encore au rêve américain...

  • Le Seigneur des Anneaux 1 - La Fraternité de l'AnneauLe seigneur des anneaux 1 - La fraternité de l'anneau, de Ronald Reuel Tolkien, lu par Thierry Janssen, 20h52.
    Aux temps reculés de ce récit, la Terre est peuplée d’innombrables créatures : les Hobbits, apparentés à l’Homme, les Elfes et les Nains vivent en paix dans la Comté. Une paix menacée depuis que l’Anneau de Puissance, forgé par Sauron de Mordor, a été dérobé. Or cet anneau est doté d’un pouvoir maléfique qui confère à son détenteur une autorité sans limite et fait de lui le Maître du monde. Sauron s’est donc juré de le reconquérir...
  • L'appel du néant

L'appel du néant, de Maxime Chattam, lu par Sylvain Agaësse, 15h29.
Ludivine Vancker et ses compagnons de la Section de recherches de Paris sont confrontés à un tueur bien étrange, insaisissable, un fantôme qui, malgré toutes les traces qu’il laisse, n’apparaît sur aucun fichier. Crime après crime, il élabore son oeuvre sans que quiconque puisse ni l’arrêter, ni le comprendre, et encore moins l’identifier. C’est alors que les services secrets français entrent dans la boucle. Dès lors, le pire se conjugue au pluriel lorsque, du bout des lèvres, les mots s’associent: tueur en série et... terrorisme.

  • Selfies - La septième enquête du Département V Selfies - La septième enquête du Département V, de Jussi Adler-Olsen, lu par Julien Chatelet, 16h 5.
    L’existence du Département V est menacée à cause de son taux de réussite en chute libre et c’est à Rose qu’incombe la mission de montrer que le service vaut encore quelque chose. Mais Rose est internée dans un hôpital psychiatrique, assaillie par les fantômes d’un passé violent. Parallèlement, une vague de crimes déferle sur Copenhague : une vieille dame est retrouvée assassinée dans un parc, un motard fou s’est lancé dans une chasse à l’homme... et s’il y avait un lien entre tous ces meurtres ? Carl, Assad et Gordon réussiront-ils à comprendre et empêcher les nouveaux crimes en préparation ? Rose sortira-t-elle indemne de sa dépression et le quatuor sera-t-il capable d’empêcher la fermeture du Département V ?
  • La Méthode GTD en pratiqueLa méthode GTD en pratique, de David Allen, lu par Patrick Mancini, 10h 34.
    La méthode d'organisation infaillible, à appliquer au travail comme à la maison ! Vous rêvez de journées efficaces et sans stress ? Vous avez essayé les heures supplémentaires, les to-do lists, les Post-it... Rien n'y fait. Que diriez-vous de prendre un nouveau départ ? C'est ce que vous propose David Allen. Ce livre va vous aider à organiser toutes les affaires en suspens de votre vie, qu'il s'agisse d'un trop-plein chronique d'e-mails, d'un défi professionnel déterminant ou de vos prochaines vacances. Et tout cela, dans le calme et la simplicité ! Après S'organiser pour réussir, l'auteur peaufine sa démarche en la rendant encore plus pratique, pour tous ceux qui veulent réussir aussi bien dans leur vie professionnelle que personnelle.

Programme Jeunesse

  • Coco Coco, de Disney, lu par Damien Ferrette, 1h.
    Le rêve de Miguel est de devenir musicien, mais la musique a été bannie de sa famille. Le jeune garçon est alors propulsé au Pays des morts où il se lie d'amitié avec Hector. Ensemble, ils enquêtent sur le mystère qui plane autour de la famille de Miguel.




  • Elisabeth Princesse à Versailles 1 - Le Secret de l'automate et 2 - Le Cadeau de la reineÉlisabeth princesse à Versailles 1 - Le secret de l'automate; 2 - Le cadeau de la reine, d'Annie Jay, lu par Charline Paul 2h53.
    Les deux premiers épisodes d’une enquête palpitante au cœur du château de Versailles !
    Le Secret de l’automate : Nous sommes en 1774, Élisabeth est la petite sœur du futur roi Louis XVI. Un peu sauvage et rebelle, elle se sent seule au château. Heureusement, elle va devenir inséparable d'Angélique, la fille de sa gouvernante. Ensemble, elles devront résoudre une grande énigme : comment retrouver La Dame à la rose, un précieux tableau qui a disparu depuis plus de trente ans ? Pour les aider, elles pourront compter sur Théo, le jeune page...
    Le Cadeau de la reine : La princesse Élisabeth et son amie Angélique sont bien décidées à retrouver le précieux tableau La Dame à la rose, disparu il y a plus de trente ans. C'est au château de Choisy qu'elles enquêtent. Mais elles doivent faire face à un autre défi : comment prouver l'innocence du petit valet d'Élisabeth, Colin, accusé de vol ? L'heure est grave, Colin risque la prison, voire pire...
  • La Sélection

La Sélection 1,­­ de Kiera Cass, lu par Claire Tefnin, 7h5.
Dans un futur proche, les États-Unis ont été rachetés par la Chine. Des ruines est née Illeá, une petite monarchie régie par un système de castes. Face à la misère, des rebelles menacent la famille royale. Un jeu de télé-réalité pourrait bien changer la donne... Pour trente-cinq jeunes filles du royaume, la « Sélection » s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre une vie de paillettes. Pour cela: conquérir le cœur du Prince Maxon. Mais pour America Singer, inscrite d'office à ce jeu par sa mère, être sélectionnée relève du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec un soldat de la caste inférieure ; quitter sa famille et entrer dans une compétition sans merci pour une couronne qu'elle ne désire pas. Quand America rencontre le Prince, tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés...

Partage

37 lectures

lundi, 15 janvier 2018

On Turpentine Lane, d'Elinor Lipman.

On Turpentine Lane

L'ouvrage:
Faith Frankel achète la maison du 10 Turpentine Lane. Elle en parle à son petit ami, Stuart, mais celui-ci, parti faire une sorte de voyage spirituel, ne semble pas s'en préoccuper. D'une manière générale, la vie de Faith ne l'intéresse pas.
Le père de la jeune femme s'installe dans un studio, poussé par son envie de peindre.
Beaucoup de choses changent dans la vie de notre héroïne...

Critique:
Voilà un livre léger qui m'a plu. On peut écrire du divertissant et faire quelque chose de drôle (sans lourdeur) et de construit. C'est, à mon avis, ce qu'a fait Elinor Lipman. Certaines choses sont prévisibles, mais bien préparées et amenées. Par exemple, le lecteur (à l'instar de Joël, le frère de Faith) sait très vite qui partagera la vie de la jeune femme. Il aurait même été dommage que cela n'arrive pas. D'ailleurs, j'ai aimé que cela se produise bien avant la fin du roman. Comme je pinaille, j'ai trouvé que le dernier événement du livre était peut-être un peu trop rapide, mais c'était quand même sympathique.

Certains personnages pourraient paraître caricaturaux, comme Stuart. Ce pauvre garçon confit dans son égoïsme, mais pas méchant, fait plutôt rire. Il lui a fallu marcher sur les routes pour apprendre qu'il n'était pas aisé de vivre sans un sou en poche. Il a aussi découvert qu'il était très difficile d'écrire un livre (il écrit ses souvenirs de voyage) sur un Iphone. Cette remarque a provoqué mon hilarité, parce que j'imaginais Stuart tentant de taper frénétiquement ses brillantes considérations à propos de telle ou telle chose sur son téléphone.

La mère de Faith ne peut pas s'empêcher de se mêler de tout, entraînant sa famille à sa suite. Quand c'est elle que le destin frappe, elle est égale à elle-même: femme d'action qui suivra davantage sa colère que l'abattement. Elle est un peu pénible, mais sa manière d'affronter les aléas de la vie (parfois un peu brutale) m'a plu. Sa décision finale déroute Faith, mais elle va bien à cette femme au caractère bien trempé.

Quant au père de la narratrice, il est le seul ont je ne parvenais pas à prévoir le prochain mouvement. Il a un comportement versatile qui devrait lui attirer des soupirs d'exaspération. Cela m'a plutôt fait rire tout en éveillant quelque peu ma compassion. C'est lui qui sème la zizanie, et il se retrouve le dindon de la farce. Bien sûr, j'ai désapprouvé sa conduite, mais je n'ai pu m'empêcher de le plaindre. En outre, à part sa «crise», il reste sympathique.

Cette comédie familiale se complique lorsque l'héroïne trouve d'étranges photos dans son grenier, ce qui la pousse à se demander si un crime n'aurait pas été commis par l'ancienne propriétaire de sa demeure. Malgré la gravité de cette découverte et de certains autres faits inhérents à la maison, Elinor Lipman ne se départit pas de sa plume alerte et caustique. Par exemple, la scène où Anna réintègre son ancien domicile est quelque peu effrayante, mais également cocasse, parce que la vieille femme accuse à tort et à travers, et n'a pas l'air si menaçant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Mia Barron pour les éditions Dreamscape.

Mia Barron est une comédienne dont j'apprécie le jeu. Ici, elle a pris un pari risqué: modifier sa voix pour beaucoup de personnages. Si cela m'a un peu agacée, j'ai trouvé qu'elle le faisait bien, et que certains changements de voix renforçaient le côté amusant des protagonistes. C'était le cas pour Stuart, Redgi et Anna.

Acheter « On Turpentine Lane » en Anglais - CD audio sur Amazon

Partage

47 lectures

samedi, 13 janvier 2018

Défaillances, de B. A. Paris.

Défaillances

L'ouvrage:
Après une soirée avec des collègues, Cass (la narratrice) rentre chez elle sous des trombes d'eau. Pour que le trajet soit plus court, elle passe par un raccourci dans la forêt. C'est là qu'elle tombe sur une voiture arrêtée avec une femme à bord. Craignant que ce soit un piège pour lui voler sa voiture, elle ne s'arrête pas pour demander à la conductrice si elle a besoin d'aide.
Le lendemain, elle apprend qu'une femme a été assassinée dans la nuit à l'endroit où elle ne s'est pas arrêtée. Peu de temps après, elle reçoit des appels muets. Elle est convaincue que le meurtrier l'a vue, et veut l'effrayer. Les choses se compliquent lorsqu'elle se rend compte qu'elle oublie des choses du quotidien.

Critique:
Ce roman m'a plu, même si j'ai quelques reproches à lui adresser. L'auteur a très vite su me faire entrer dans le quotidien de Cass, et partager ses angoisses. Je râlais un peu après certaines de ses réactions, mais je me disais aussi que n'étant pas impliquée, il m'était facile de voir des failles. Par exemple, à un moment, elle prend rendez-vous avec quelqu'un pour qu'il lui montre les alarmes que pourrait lui vendre son entreprise. Lors du rendez-vous, elle se met à paniquer et à imaginer que cet homme pourrait être n'importe qui venu pour la tuer. Un esprit rationnel pensera tout de suite que ce n'est pas plausible puisque Cass a donné rendez-vous à cette personne en appelant son entreprise.
Dans le même ordre d'idées, l'héroïne finit par craindre de répondre au téléphone à cause des appels muets. Or, elle sait que le numéro de la personne qui fait cela est masqué. Pourquoi ne regarde-t-elle pas son affichage lorsque le téléphone sonne, au lieu de décider de ne pas répondre?
D'un autre côté, la peur de la jeune femme est très bien exposée, et on comprend que dans sa situation, ses idées ne puissent pas toujours être claires. Si certains de ses raisonnements m'ont donné envie de la secouer, je ressentais également beaucoup d'empathie pour elle. Les choses étant racontées de son point de vue, j'avais beau rationaliser, je ressentais sa peur, sa tension, et comprenais le réflexe de Pavlov qu'elle avait développé vis-à-vis du téléphone.

Je trouve dommage d'avoir deviné 99% de l'énigme presque dès le départ. Je pense que l'auteur souhaite qu'on ait des soupçons et qu'ils aillent croissant, mais pas qu'on devine dès le deuxième jour (le roman est découpé en jours et s'étale sur environ trois mois). L'inconvénient est que je n'ai pas eu de surprises quant à cette révélation. J'ai quand même trouvé amusant de glaner tous les indices qui, à mesure que le roman avançait, corroboraient ma théorie. En outre, ma découverte n'a pas provoqué mon ennui, occupée que j'étais à suivre la narratrice et à analyser les choses autrement qu'elle.

Heureusement, B. A. Paris ne s'arrête pas après avoir élucidé le mystère. Elle nous montre «les coulisses», si j'ose dire. J'ai beaucoup apprécié cette originalité, parce qu'en général, dans ce genre de romans, on apprend qui est le «méchant», on a quelques explications sur la manière dont il s'y est pris, et c'est terminé. Ici, l'auteur décortique les choses, permettant au lecteur de voir comment telle situation a été créée, de prendre toute la mesure des personnages (même si j'avais deviné des éléments, certains dialogues m'ont atterrée), et de constater qu'il n'y a pas d'incohérences. Étant pinailleuse, j'en ai trouvé quelques-unes au long du roman. Certaines sont minimes, mais d'autres sont plus gênantes. Les voici.
Il est un peu gros qu'on parvienne à voir que le passager d'une voiture est une femme, mais qu'on ne la reconnaisse pas. (Celle-là n'est pas très gênante.)
Certains oublis de Cass arrivés avant les événements que relate le roman ne sont pas faciles à expliquer, notamment le fait d'oublier la moitié des courses au supermarché. On peut imaginer ce qui s'est passé, mais j'aurais voulu que cela soit aussi bien expliqué que les faits arrivant par la suite.

Afficher Attention, éléments clés.Masquer Attention, éléments clés.

À un moment, Rachel doit laisser un message sur le répondeur en se faisant passer pour l'entreprise qui pose les alarmes. Il est étrange que Cass ne reconnaisse pas sa voix. Certes, elle peut la modifier, et Cass est troublée lorsqu'elle entend le message auquel elle prête très peu attention, mais cela reste un peu gros.
Malgré le délabrement mental de Cass, il est curieux qu'elle ne voie pas que le micro-ondes, le lave-linge et la machine à café ne sont plus ceux dont elle a l'habitude de se servir. Je suppose que le couple infernal s'était arrangé pour que les appareils soient ressemblants, mais cela me paraît quand même tiré par les cheveux.
Il est également gros que la narratrice mette un point d'honneur à ne pas dire à Matthew qu'elle est passée par la forêt, cette nuit-là. À un moment, elle dit même qu'elle a davantage peur qu'il la quitte plutôt que le meurtrier la trouve...
Quelqu'un de très tatillon dira qu'il n'est pas crédible que Rachel n'ait pas effacé les SMS de son téléphone secret au fur et à mesure. Étant donné qu'on peut comprendre qu'elle les ait gardés, je ne retiens pas cela contre l'auteur.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

J'ai trouvé la comédienne particulièrement forte concernant certains dialogues, par exemple lorsqu'un personnage est en colère et l'autre effrayé. D'une manière générale, elle est très bien entrée dans la peau de Cass, et sa lecture vivante a contribué à me faire ressentir l'anxiété de l'héroïne.

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

Ce livre est une lecture commune avec mon mari.

Acheter « Défaillances » sur Amazon
Acheter « Défaillances » en téléchargement audio sur Amazon

Partage

70 lectures

jeudi, 11 janvier 2018

Chapardeuse, de Rebecca Makkai.

Chapardeuse

L'ouvrage:
Lucy Hull est bibliothécaire. Elle travaille au rayon pour la jeunesse. Elle conseille les enfants, leur lit des passages de livres à voix haute... Un jour, la mère de l'un d'eux, Ian Drake, vient la voir pour lui donner une liste de sujets qui ne doivent pas figurer dans les lectures de son fils. Peu après, Lucy apprend que l'enfant est sous la tutelle d'un pasteur... Un concours de circonstances fait que la bibliothécaire se retrouve sur les routes avec Ian.

Critique:
Ce roman est inégal. C'est vraiment dommage, car certaines choses sont de très bonnes trouvailles. Par exemple, Lucy est un personnage attachant. Elle est révoltée par la manière dont les parents de Ian agissent envers le garçonnet. D'autre part, beaucoup de passages mélangent habilement drôlerie et gravité. Toutes les horreurs que pense l'héroïne quant au pasteur sont amusantes (on sait très bien qu'elle ne fera jamais rien de ce genre contre lui), mais graves aussi parce qu'elles montrent son impuissance à donner la liberté de penser à un enfant.
La narratrice fait souvent des réflexions très justes sur la vie, sur la façon d'agir des gens... En outre, je partage son avis: les livres peuvent nous sauver. Leur diversité ouvre l'esprit. Ils forgent l'opinion, montrent un éventail de façons de penser... Et puis, notre héroïne fait beaucoup d'allusions à différents livres.

Le père de Lucy est un personnage haut en couleur. Il est comique, souvent sans le vouloir, mais cache une blessure que sa fille découvre peu à peu, avec incrédulité et compassion. Tim aussi est hors du commun. C'est justement son originalité et son ouverture d'esprit qui font que la narratrice s'adresse à lui, à la fin.

D'un autre côté, j'ai trouvé que Rebecca Makkai traînait beaucoup. Je me suis souvent ennuyée lors du périple de nos deux fugitifs. Par exemple, lorsqu'ils vont à l'église, la scène se veut cocasse, mais l'auteur en faisait trop. En outre, Lucy a beau expliquer son état d'esprit quand cela a commencé, il est étrange qu'elle n'ait pas envisagé les ennuis qui découleraient de cette fuite. Bien sûr, c'est expliqué, et c'est compréhensible, mais cela ne m'a pas vraiment convaincue.
Le quiproquo entre notre héroïne et la mère de Ian se révèle finalement utile, mais la chose m'a paru un peu bancale. En effet, la mère aurait dû elle-même aller à la bibliothèque après la disparition de son fils. On me rétorquera que son manque d'implication est logique, il va avec sa fermeture d'esprit et son égoïsme. Peut-être, mais j'aurais plutôt vu ce genre de femmes se mêler de tout.
Ce qui est fait autour de la grand-mère de Ian est comme une espèce d'énigme, mais là aussi, j'ai été agacée. J'ai trouvé cela gros et lent.
La recherche du village aussi m'a paru lente. Je ne voyais pas l'intérêt. Cela me paraissait surjoué de la part de Ian. De plus, la jeune femme et son petit protégé ne se disent pas le plus important. Bien sûr, tout est sous-entendu, et certaines choses sont à moitié dites à travers des conversations sur des livres. Cependant, j'aurais préféré que tout soit mis à plat.
Enfin, j'aurais aimé une fin plus tranchée, où on aurait su, et où on n'aurait pas eu à se contenter de l'imagination de la narratrice qui se raccroche à ce qu'elle voudrait qui arrive. On me dira que c'est impossible puisque la jeune femme écrit alors que Ian n'a pas dix-huit ans. Il suffisait que l'auteur situe son récit un peu plus tard.

Il y a des échos de «Lolita», comme si Rebecca Makkai avait voulu faire un «Lolita» léger, dénué du motif premier d'Humbert. La plus évidente des ressemblances est le périple sans but précis dans lequel Lucy et Ian s'embarquent. La jeune femme demande au petit garçon de décider où ils iront, tout comme Lo décide de la route, du moins, lors du second voyage. Lucy elle-même dit que si elle était un personnage et devait se placer par ordre alphabétique parmi d'autres, elle serait juste avant Humbert. Nos deux voyageurs sont suivis par une étrange voiture...

Éditeur français: Gallimard
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emily Bauer pour les éditions Highbridge Audio.
La lectrice a une voix agréable. Son intonation est toujours appropriée. Elle a su se fondre dans le style de Rebecca Makkai. En outre, lorsqu'elle joue le père de Lucy et Léo, elle prend un accent russe. En général, les lecteurs exagèrent lorsqu'ils font cela, ce qui m'agace. Ce n'est pas le cas ici. Bien sûr, je n'aurais pas supporté qu'elle prenne un accent sur tout le livre, mais sa façon de faire est plus discrète et bien moins pénible que chez d'autres.

Acheter « Chapardeuse » sur Amazon

Partage

69 lectures

lundi, 8 janvier 2018

You'll never know, dear, d'Hallie Ephron.

You'll never know

L'ouvrage:
Liz (sept ans) et Janey (quatre ans) jouaient près de leur maison avec les poupées à leur effigie fabriquées par leur mère (miss Sorrel), lorsque Liz a vu un chiot. Voulant le caresser, elle l'a suivi. À son retour, Janey n'était plus là.

Voilà quarante ans que l'enfant a été enlevée. Tous les ans, à la date anniversaire de sa disparition, miss Sorrel met une annonce dans les journaux locaux, promettant une récompense à celui qui rendra la poupée à l'effigie de sa fille. Cette année, ce à quoi on ne croyait plus se produit: une femme vient rapporter la poupée, et s'enfuit lorsqu'on lui demande comment elle l'a eue.

Critique:
Ce livre m'a globalement plu. J'ai trouvé un peu dommage qu'Hallie Ephron retarde à ce point la découverte du nom du coupable (d'autant que je soupçonnais ce personnage depuis le début, et qu'un lecteur moins perspicace aura des doutes bien avant la révélation). J'ai même pesté après deux autres protagonistes qui, à un moment, échangent des informations, et ne voient pas que tout converge vers le coupable... Cependant, cela n'a pas gâché ma lecture. En outre, l'auteur ne tente pas de faire croire au lecteur que quelqu'un d'autre est responsable de l'enlèvement. J'aurais sûrement été en colère après elle si elle l'avait fait. Pour être tout à fait honnête, j'admets qu'elle nous présente quelqu'un d'autre à soupçonner, mais cela ne m'a pas fâchée car je ne me suis pas laissée prendre une seconde.

J'ai aimé que les choses ne soient pas figées. Le retour de la poupée n'est que la première pièce qui suscitera des réactions en chaîne. Bien sûr, comme je soupçonnais le «méchant», je savais ce que donneraient les tests ADN officiels. J'ai quand même été surprise par une chose que dévoilent les officieux... Hallie Ephron a quand même su me surprendre.
Comme dans beaucoup de livres de ce genre, le moment où l'un des personnages est confronté au coupable, et découvre son vrai visage est haletant.

D'autre part, l'écriture est fluide, les chapitres s'enchaînent rapidement, et les «gentils» sont attachants. On comprend leurs peurs, leurs failles... Par exemple, il est logique que Liz ait toujours surveillé sa fille (Vanessa) de très près, que Jenny ait peur des gens...

En parallèle de ces événements, Vanessa fait des recherches sur le sommeil. Sa théorie me paraît assez incroyable. Dans le livre, elle se révèle plausible, et on parvient à l'utiliser. Je serais curieuse de savoir si Hallie Ephron s'est documentée, et si ce qu'elle avance est possible, ou si elle a absolument tout inventé pour son roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Harper Audio.

J'apprécie beaucoup la lecture naturelle d'Amy McFadden. Elle arrive à modifier sa voix pour certains rôles sans que ce soit affecté. Ici, elle devait prendre un accent du sud des États-Unis pour certains personnages. Les lecteurs que j'ai entendus faire cela exagéraient toujours (sauf Julia Gibson). Amy McFadden est peut-être aussi forte que Julia Gibson, car son accent du sud ne m'a pas agacée.

Acheter « You'll never know » en Anglais - CD audio sur Amazon

Partage

66 lectures

- page 1 de 365