lundi, 6 décembre 2021

She wouldn't change a thing, de Sarah Adlakha.

She wouldn't change a thing, de Katharine

L'ouvrage:
Maria Forsman est psychiatre. Elle est mariée, a deux enfants, et est enceinte du troisième. Ce jour-là, Sylvia, l'une de ses patientes, l'informe qu'elle a déjà vécu cette vie, l'a déjà rencontrée, et qu'à présent, elle vient l'avertir de se tenir éloignée du garde-meubles dont son mari et elle ont prêté une clé à Rachel, la secrétaire de Maria. Si Maria n'écoute pas Sylvia, un malheur arrivera.

Critique:
Ce roman m'a intriguée dès que je l'ai vu dans les précommandes, sur Audible, en février 2021 (il est sorti en août). Je fais partie de ceux que l'histoire de quelqu'un revenant dans le temps attirera toujours. Cette idée me fascine, et même si je sais que c'est impossible, je me demande ce que je ferais si cela m'arrivait.

Je fais aussi partie de ceux qui n'aiment pas la sacro-sainte règle de certains auteurs: un changement ne peut avoir que de mauvaises répercussions. Heureusement, Sarah Adlakha n'a pas pris les choses ainsi. Quoi que fasse l'héroïne, elle perdra quelque chose. Cependant, étant donné la manière dont les éléments se présentaient, elle aurait pu agir d'une certaine façon, façon qu'elle évoque lorsqu'elle fait la liste des options après avoir demandé conseil à son père. Je n'ai pas du tout compris pourquoi elle n'a pas essayé de faire ce qui me semblait le plus évident. Pour moi, c'est une incohérence. L'autrice avait deux moyens de la gommer: soit Maria faisait ce à quoi je m'attendais, soit la romancière aurait dû nous montrer, au début du livre, qu'elle avait raté sa vie. On me dira que Maria a fait ce que je ne voulais pas parce qu'il fallait que l'autre personnage, lui, change radicalement sa propre vie. Certes, il est logique que lui ait souhaité changer, mais il n'avait pas forcément besoin de Maria pour construire sa nouvelle vie. Il pouvait rencontrer quelqu'un d'autre.

J'ai apprécié le cheminement de l'héroïne, ses doutes, ses hésitations, le fait qu'elle ne se cherche jamais d'excuses et regarde la vérité en face. Moi qui me demande toujours ce que je ferais à la place des personnages d'un livre, je pense que là, j'aurais uniquement agi dans mon intérêt. Ce n'est pas glorieux, mais c'est ce que j'aurais fait.
J'ai aussi apprécié les questions que pose la romancière quant à ce que nous choisissons, ce que nous ferions si nous savions quelles conséquences cela aurait...

Il y a une autre incohérence au début du chapitre 39. Il y a une allusion à Google. Or, le chapitre 39 se passe en 1988: Google n'existait pas, à ce moment-là.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Macmillan.

Acheter « She wouldn't change a thing » en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)

Partage

17 lectures

jeudi, 2 décembre 2021

Inaccessibles, tome 3: Démesure, de Katharine McGee.

Inaccessibles, tome 3: Vertige

Si vous n'avez pas lu les deux premiers tomes de la série, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Septembre 2119.
Leda connaît enfin la vérité quant à la relation qu'entretenait son père avec Eris. Elle se sent de plus en plus coupable. Après une très sérieuse plongée dans la drogue et une cure de désintoxication, elle tente de reprendre sa vie en main...

Ne pouvant vivre à New York sans Atlas comme si de rien n'était, Avery est partie étudier un an en Angleterre. Elle y a rencontré Max qui est devenu son petit ami. Elle revient chez elle à l'occasion de l'élection du maire de la ville, car son père se présente.

Après avoir vu Avery et Cord s'embrasser, Rylin a réussi à tirer un trait sur Cord. Elle sort même à nouveau avec son ancien petit ami...

Critique:
Ce troisième et dernier tome de la série m'a autant plu que les précédents. L'autrice utilise intelligemment les codes du soap, parce qu'elle a beau créer de petites invraisemblances, elle ne s'amuse pas à faire partir tout le monde dans tous les sens. Quand je parle d'invraisemblances, j'exagère. C'est plutôt que certaines choses me paraissent un peu grosses, comme la remise en question de Leda. C'est peut-être parce qu'à la fin du tome 1, j'avais décidé de la détester quoi qu'il advienne. ;-) Sa remise en question m'a donc quelque peu fait tiquer, car j'ai du mal à imaginer que quelqu'un pouvant être si méchant finisse par se raisonner. Katharine McGee parvient à rendre cela crédible, ce qui fait que je n'ai pas passé les deux tomes à en vouloir à Leda.
On retrouve un peu la même idée concernant Calliope. Cependant, ce personnage ne m'a pas vraiment touchée. Il faut dire que pour nous la rendre sympathique, l'autrice a davantage à faire qu'avec Leda. J'avais beau savoir que Calliope était sincère, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'elle le serait jusqu'à ce que ça la reprenne... J'ai trouvé assez amusant que Liv ait l'air d'une méchante, alors que si on est objectif, on comprend parfaitement ses raisons d'agir. Elle le dit elle-même: elle veut protéger sa famille. Qui n'agirait pas comme elle à sa place?

J'ai passé la quasi totalité des trois tomes à me dire que je voulais absolument Nadia. (Certes, je ne serai jamais assez forte pour la fabriquer...) De ce fait, je me suis demandé si j'aurais eu le courage d'agir comme Watt, à la fin, surtout sachant les dernières choses que Nadia a faites pour lui. Objectivement, je sais qu'il a eu raison. D'ailleurs, il n'aurait plus pu vivre avec lui-même s'il ne l'avait pas fait, mais n'y aurait-il pas eu un moyen de garder Nadia tout en la rendant moins «dangereuse»? Watt m'aurait sûrement dit que non, ou alors, ce n'aurait pas été la Nadia qui me faisait rêver.

Dans les deux premiers tomes, je ressentais de la méfiance teintée de mépris et de dégoût pour les parents d'Avery. D'abord, leur fille est un produit de l'eugénisme. Ensuite, ils ne semblent pas proches d'elle. Enfin, ils ne semblent penser qu'au paraître. Le tome 3 a confirmé ce que je pensais, mais ils vont encore plus loin. Tout ce qu'ils savent montrer, c'est qu'ils n'ont cure du bonheur de ceux qu'ils devraient aimer. Comme le leur hurle leur fille, le père ne pense qu'à son ambition, et la mère ne pense qu'au qu'en-dira-t-on.

Au long de la série, la romancière montre des gens très riches imbus d'eux-mêmes et n'en ayant jamais assez (comme les Fuller), mais certains autres sont davantage sympathiques, comme Cord, et même Leda. Ces gens ont des interactions avec d'autres ayant bien moins d'argent, comme Rylin et Watt. J'ai apprécié que parfois, chacun se conforme au cliché, mais que la plupart réfléchissent, et voient le plus important.

J'aurais quand même voulu qu'à la fin de l'épilogue, deux personnages se retrouvent. On imagine que cela va arriver, car l'un d'eux gardera forcément contact avec Leda, et elle les réunira... Mais j'aurais préféré en être sûre en le lisant.

Remarque annexe:
Katharine McGee a développé (mais pas dans le même sens) une idée que j'ai eue, et que je voulais étendre jusqu'à en faire un roman. (Je parle de ce que propose la chocolaterie où vont Calliope et Brice. J'aimerais d'ailleurs que cela existe.) Le plan du roman est dans ma tête, mais je n'ai pas le temps de l'écrire. J'ai soudoyé quelqu'un pour l'écrire à ma place, mais apparemment, cette personne n'a pas le temps non plus. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Harper Audio.

Il arrive aux trois tomes de cette série ce qu'il arrive assez souvent: ils sont sortis en audio en double exemplaires, à quelques jours d'intervalle. C'est la même durée, la même lectrice, le même éditeur... Étant curieuse, j'aimerais connaître la différence entre les deux éditions, sachant que la première coûte environ deux fois plus cher... Bien sûr, je ne vais pas m'amuser à acheter les deux éditions (je n'ai pas autant d'argent que les Fuller ;-) ), mais j'écris cela ici, au cas où quelqu'un connaîtrait cette différence. Certes, il faut que cette personne lise en audio, en anglais, et ait eu le moyen de connaître la différence entre les deux éditions. J'imagine que personne ne me donnera la réponse. ;-)

Acheter « Inaccessibles, tome 3: Vertige » sur Amazon

Partage

48 lectures

lundi, 29 novembre 2021

Inaccessibles, tome 2: Vertige, de Katharine McGee.

Inaccessible, tome 2: Vertige, de Katharine

Si vous n'avez pas lu le tome 1 («La tour aux mille étages»), ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Grâce à sa soeur, Rylin bénéficie d'une bourse afin d'étudier à l'université des plus hauts étages de la tour. Elle retrouvera Cord et Leda.
Watt veut enregistrer Leda avouant la vérité quant à ce qui est réellement arrivé la nuit de la mort d'Eris. Pour cela, il va devoir gagner sa confiance...
Avery et Atlas sont enfin ensemble, mais ils se rendent vite compte qu'il leur sera extrêmement difficile de garder leur relation secrète...
C'est alors que Calliope Brown et sa mère débarquent à New York, prêtes à accomplir un petit numéro qui ne sera pas au goût de tout le monde.

Critique:
La suite de la série m'a plu. Moi qui préfère quand tout le monde est gentil, j'ai un peu tiqué que Katharine McGee montre Leda comme un personnage ayant les circonstances atténuantes. En effet, à la fin du tome 1, j'espérais que Leda serait très vite punie, et dans le tome 2, quand l'autrice rappelait les malheurs qu'avait connus la jeune fille, je me disais qu'il y en avait au moins qu'elle aurait pu éviter, car tout ce qu'elle a fait à ce sujet, c'est bâtir des théories après avoir vu quelque chose qu'elle s'est empressée de surinterpréter. Je comprends que l'autrice ait souhaité montrer un personnage complexe qui, se sentant acculé, n'a pas trouvé d'autres solutions que de répliquer par de la méchanceté. Il est pourtant évident, comme le souligne Avery, que si Leda avait dit la vérité, tout aurait mieux tourné, même pour elle qui n'aurait pas passé son temps à repenser à ces mauvaises actions.

J'ai autant apprécié Rylin que dans le premier tome. Je ne sais pas comment j'aurais réagi à sa place, mais sa façon de faire m'a plu. J'ai eu à peu près les mêmes sentiments vis-à-vis de Watt.

Quant à Avery, je continue à penser qu'elle aurait dû s'en tenir à son plan. Ses parents en auraient su tous les tenants et aboutissants, mais ce n'est pas si grave. Ma pensée est quand même nuancée à cause de quelque chose que lui fait remarquer Atlas. Il est évident que ce qu'il dit est à envisager, et alors là, il vaut sûrement mieux que le plan n'ait pas été respecté...

Dès le départ, je n'ai pas apprécié Calliope et sa mère. Ce qu'elles ont vécu n'est pas une excuse pour leurs actes. L'autrice tente bien de nous montrer une Calliope qui s'attendrit, qui se rend compte du mal qu'elle fait, qui souhaite arrêter cela... Certes, mais cela ne me convainc pas.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Harper Audio.

Acheter « Inaccessibles, tome 2: Vertige, de Katharine » sur Amazon

Partage

82 lectures

jeudi, 25 novembre 2021

Inaccessibles, tome 1: La tour aux mille étages, de Katharine McGee.

Inaccessibles - tome 1 La tour aux mille étages

L'ouvrage:
Fin de l'été 2118. Voilà environ vingt-cinq ans qu'a été construite, à New York, une immense tour comptant mille étages. Elle contient des appartements, des hôtels... Les gens les plus riches habitent aux étages supérieurs. C'est dans ce contexte que nous découvrons la vie d'adolescents de dix-sept ans. Certains vivent entre le neuf-centième et le millième étage, un autre au deux-cent-quarante-quatrième, une autre au trente-deuxième... Certains se connaissent, certains vont se rencontrer pendant les deux mois sur lesquels se déroule ce premier tome.

Critique:
Avant d'acheter ce livre, j'ai lu, entre autres, la chronique d'une personne qui était déçue que l'aspect futuriste du roman soit peu présent par rapport à l'aspect soap opera. Je comprends cette personne, mais j'ai été un peu surprise qu'elle déplore le côté soap opera, car la quatrième de couverture ne fait aucun mystère là-dessus. Pour moi, l'aspect futuriste était assez présent, même si, bien sûr, j'aurais apprécié qu'il le soit davantage. Il y a certaines choses que nous pouvons facilement imaginer, comme les intelligences artificielles développées, mais Katharine McGee a su me surprendre, par exemple avec les bulles flottantes dans lesquelles on peut boire.

Quant aux différents problèmes des adolescents, je me suis laissée prendre au jeu, et ai éprouvé de la sympathie pour certains personnages, de l'antipathie pour d'autres... J'ai compris les motivations de chacun, même lorsque je ne les approuvais pas. Je suis peut-être tordue ou sans coeur, mais je n'ai pas compris pourquoi Avery ne met pas son plan à exécution à la fin. Certes, quelque chose de terrible se passe, mais si elle faisait ce qu'elle souhaitai faire, les choses se passeraient comme elles se seraient déroulées si l'événement terrible n'était pas arrivé.

J'ai apprécié que l'autrice montre des personnages à la fois attachants et repoussants. J'en apprécie certains davantage, et en condamne d'autres davantage, mais chacun a quelque chose à se reprocher, et chacun peut être plaint.

Je trouve qu'il est dommage qu'il y ait eu un prologue inutile. C'est le genre que je déteste, car il raconte quelque chose, puis le chapitre 1 se passe tant de temps avant. S'il n'y avait pas eu ce prologue, le lecteur aurait été davantage surpris en lisant, à la fin du livre, les tenants et aboutissants de ce prologue qui ne fait que gâcher (quelque peu, certes) la lecture.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Harper Audio.

J'ai tenté ce livre d'abord parce que j'apprécie beaucoup le jeu de sa lectrice. Une fois de plus, elle n'a pas démérité.

Acheter « Inaccessibles - tome 1 La tour aux mille étages » sur Amazon

Partage

81 lectures

lundi, 22 novembre 2021

Haven Point, de Virginia Hume.

Haven Point

L'ouvrage:
Octobre 1944. Maren Larsen est infirmière au centre médical Walter Reed, à Washington DC. Un jour, son amie, Dorothy, infirmière également, lui présente le docteur Oliver Demarest. Oliver et Maren sont rapidement attirés l'un par l'autre.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Virginia Hume aborde certains thèmes de manière fine et juste: l'alcoolisme, l'adultère, le poids des rumeurs, l'amitié, le deuil, la manière dont on peut s'embourber dans de fausses croyances... Elle nous montre comme il est difficile de se forger son opinion quand on me parvient à percevoir que la surface des choses. Maren doit passer par des déconvenues avant d'accepter de montrer à son mari qu'elle a besoin de lui. Plus tard, c'est un terrible événement qui la forcera à voir au-delà des apparences que montrent les habitants de Haven Point. Certes, ils sont une communauté qui n'hésite pas à piétiner à coups de ragots, mais ils ne sont pas débordants de méchanceté et de sectarisme. La manière dont Maren évolue, puis celle dont Annie, skye, et Ben perçoivent Haven Point fait que le lecteur se demandera forcément s'il parvient toujours à être le plus objectif possible au vu d'une situation ou de personnes.

Annie n'a pas absolument tort quant à son ressenti concernant Haven Point, mais à l'inverse de Maren, elle n'a voulu voir qu'un côté des choses, et elle l'a amplifié. À travers Annie, Virginia Hume explore une autre facette de la culpabilité. Je ne sais d'ailleurs pas trop quoi penser d'Annie. Elle donne à la fois envie de la secouer et de la réconforter.

J'apprécie la façon dont la romancière aborde l'amitié. Maren a deux vraies amies, et celles-ci sont toujours là (Georgie davantage que Dorothy, mais uniquement à cause de la distance) lorsqu'elle a besoin d'elles. Le moment où Skye comprend la réelle raison de la visite de Georgie, alors que Maren est en train de raconter ce qui est arrivé en 1970, est très émouvant. Le récit de Maren l'est déjà beaucoup... Skye a également une amie sur laquelle elle peut compter, et qui, en plus, est très drôle: Adriane. Dès sa première rencontre avec Skye, elle m'a bien fait rire en expliquant à sa nouvelle amie que sa petite soeur avait une ennemie imaginaire.

La construction m'a dérangée, car elle n'est pas linéaire. Je reconnais que les événements de 1970 ne pouvaient pas être contés trop tôt, mais l'autrice aurait pu mettre davantage de chronologie dans son récit.

J'aimerais dire d'autres choses, donner des exemples plus concrets. Cependant, j'en dévoilerais trop. De ce fait, je me contente de recommander chaleureusement de lire «Haven Point».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Macmillan.

Acheter « Haven Point » en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)

Partage

55 lectures

jeudi, 18 novembre 2021

September september, de Shelby Foote.

September september

L'ouvrage:
Septembre 1957. Rufus a eu une idée pour se faire de l'argent. Sa copine (Reeny) et lui ne peuvent pas la mettre en place seuls. Rufus a donc demandé l'aide de Podjo, qu'il a rencontré en prison. Il s'agit d'enlever l'enfant d'une riche famille noire, et de demander une rançon. Étant donné le contexte tendu (nous sommes au coeur des luttes pour les droits des noirs) Rufus et ses acolytes sont persuadés que la police ne lèverait pas le petit doigt pour sauver un enfant noir. Il sont donc certain que les parents écouteront les ravisseurs, et ne préviendront pas les autorités...

Critique:
Ce roman m'a plu. Comme je suis facilement impressionnable, j'avais peur qu'un tas de terribles choses arrive. Par exemple, on voit très vite que Rufus est une brute, même si lui pense être une pauvre chose à qui on a fait tout le mal du monde. De ce fait, j'avais peur qu'il s'en prenne à l'enfant, voire qu'il le tue. Cela faisait d'ailleurs partie des options qu'il envisageait nonchalamment. J'avais aussi peur que l'enfant soit enfermé dans une pièce et totalement négligé. Rufus et Podjo auraient pu agir ainsi, mais Reeny a quand même fait le minimum pour que le «séjour» du garçonnet ne soit pas l'enfer absolu.

Shelby Foote s'y entend pour mettre une ambiance. Elle est souvent oppressante, et pas seulement lorsque nous côtoyons nos trois ravisseurs. La famille à laquelle ils s'en prennent est bâtie sur de fragiles fondations. Les parents de l'enfant enlevé (Eben et Martha) savent très bien à quoi s'en tenir. Cependant, c'est l'enlèvement de leur fils et ses conséquences immédiates qui les pousseront à réagir. J'ai apprécié qu'ils se remettent en question, qu'ils remettent leur façon de vivre en question, surtout Eben. Par contre, je n'ai pas vraiment compris pourquoi il était sûr que donner la rançon signait l'arrêt de mort de son fils. Certes, son raisonnement était: si les ravisseurs ont ce qu'ils veulent, ils n'ont plus besoin de se préoccuper de Teddy, et il est plus simple pour eux de le tuer, ainsi, il ne pourra absolument rien dire les concernant. Soit, mais je n'ai pas compris pourquoi Eben ne voulait pas envisager le fait que ne pas donner la rançon pouvait déclencher la colère des ravisseurs, et donc le meurtre de l'enfant, comme les kidnappeurs l'avaient d'ailleurs promis. J'appréciais Eben, mais son raisonnement concernant la rançon, je ne parvenais pas à le comprendre tout à fait. J'ai mieux compris pourquoi il souhaite changer les choses à la fin, et pourquoi il pense qu'il doit employer une autre manière que celle de Théo. On dira que c'est un utopiste, mais parfois, de petits actes isolés améliorent (même un peu) les mentalités...

Quant aux ravisseurs, certains éléments ne m'ont pas surprise. Ils ne sont pas incongrus, compte tenu du caractère des uns et des autres. Shelby Foote a su créer quelques retournements de situation crédibles. De plus, ces rebondissements m'ont plu. Je regrette seulement qu'à la fin, on n'en sache pas davantage. On peut faire des suppositions, étant donné que ce qui était prévisible est arrivé...

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « September september » sur Amazon

Partage

63 lectures

lundi, 15 novembre 2021

La trilogie hambourgoise, tome 1: L'assassin des ruines, de Cay Rademacher.

Intimidation

L'ouvrage:
Hambourg, Janvier 1947. La ville est occupée par les Anglais. C'est l'après-guerre, ce qui fait que tout est rationné. La ville étant en ruines, les réfugiés et ceux dont les maisons n'existent plus vivent où ils peuvent, comme ils le peuvent. L'inspecteur Frank Stave est, lui aussi, meurtri par les conséquences de la guerre. Il pleure sa femme, morte dans un incendie, et cherche des traces de son fils, qui s'était enrôlé dans l'armée allemande. C'est alors que le corps d'une jeune femme est découvert dans les ruines. Stave et ses collègues (un policier allemand de la brigade des moeurs, et un policier britannique) mènent l'enquête.

Critique:
Ce roman m'a plu. Beaucoup écrivent sur la seconde guerre mondiale (ce qui m'agace un peu), mais je n'avais encore jamais lu un roman se déroulant juste après, en Allemagne qui plus est. La ville d'Hambourg reflète l'état du pays. Les habitants ont beaucoup perdu, la nourriture se fait très rare, et elle n'est même pas bonne, chacun essaie de tirer son épingle du jeu au marché noir... De plus, chacun tente de soigner ses blessures psychologiques. Tout cela fait que beaucoup sont adeptes du chacun pour soi. Dans ce contexte, l'enquête n'est pas facile. Cay Rademacher décrit, avec une douloureuse et méticuleuse précision, l'état de la ville (et donc du pays) après la guerre.

À côté de ces aspects sordides, le romancier montre que la vie continue, et que des conséquences de la guerre, peuvent naître des éléments inattendus. Je pense à ce qui arrive à la secrétaire de Stave.

L'intrigue est bien menée. J'étais toujours d'accord avec Stave concernant ses intuitions. À un moment, j'ai pensé que l'un des personnages allait peut-être le poignarder dans le dos. Cependant, je ne me résolvais pas à croire ce personnage coupable... À vous de voir si j'ai eu raison...

L'auteur parvient à créer des rebondissements tout en avançant assez lentement. Cela m'a plu. Rien n'est bâclé, rien n'est incohérent, et la lenteur est en adéquation avec l'ambiance de cette Allemagne meurtrie.

Dans la postface, Cay Rademacher explique qu'à cette période, des crimes comme ceux racontés dans son roman ont réellement eu lieu. Seulement, ils n'ont jamais été élucidés.

J'ai hâte de lire la suite de cette trilogie hambourgoise.

Note:
Moi qui dis toujours quand l'auteur ou le traducteur se trompe, je vais ici dire quelque chose de positif. Le traducteur applique bien la règle de «après que».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nicolas Dangoise pour les éditions Sixtrid.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Son jeu m'a plu. Seul petit reproche: il a raté un de mes tests de prononciation de mots, car il dit «moeurse» pour «moeurs». Certes, beaucoup font cela...

Acheter « Intimidation » sur Amazon
Acheter « Intimidation » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

63 lectures

jeudi, 11 novembre 2021

Intimidation, d'Harlan Coben.

Intimidation

L'ouvrage:
Ce soir-là, un inconnu aborde Adam Price, et lui révèle que sa femme, Corinne, lui a menti, deux ans auparavant, lorsqu'elle a prétendu être enceinte, puis avoir perdu le bébé. De plus, il lui indique où trouver les preuves de ce qu'il avance. Lorsque Adam confronte Corinne à son mensonge, elle assure qu'elle peut s'expliquer, mais lui demande un peu de temps.

Critique:
Ce roman m'a plu. À un moment, j'ai cru à une incohérence, mais ce n'en était pas une, c'était moi qui avais surinterprété quelque chose. Ensuite, lorsque les raisons d'agir des uns et des autres sont dévoilées, il y a une chose qui n'est pas une incohérence, mais qu'un lecteur tatillon pourrait contester, car cet élément flirte avec l'incohérence.

J'ai trouvé l'intrigue bien menée, sans temps morts. J'ai apprécié que l'auteur donne certains éléments au lecteur bien avant la fin. Ainsi, on ne piétine pas, et on sait qu'il reste des choses à découvrir. J'ai bien aimé la manière dont le romancier donne un faux indice car il est tout à fait crédible. De plus, Harlan Coben ne traîne pas avant de révéler que c'était un faux indice.
Par contre, il y a un autre faux indice que j'ai trouvé un peu gros, parce qu'il reprend la ficelle éculée consistant à balancer un coupable dans les jambes du lecteur pour, après avoir rendu cela très crédible, dire: «Hé non, c'est pas ça! Tu m'as cru, hein?» Certes, cela ne dure pas, et le faux coupable avait tout de même un peu trempé dans l'affaire, mais cela m'a moins plu qu l'autre faux indice. Je sais que je pinaille, car ce faux indice est mieux amené que ce que font beaucoup d'auteurs utilisant la ficelle.

L'inconnu et ses acolytes déclenchent à la fois répugnance et empathie: ils souhaitent bien agir, mais n'ont pas de limites. En tout cas, leurs acte soulèvent d'intéressantes questions concernant la manipulation, les secrets, les mensonges dits soi-disant pour le bien de l'autre... La question des mensonges est reprise à très petite échelle par Thomas, de qui je partage absolument l'opinion concernant le Père Noël.

Je n'ai pas réussi à apprécier totalement Corinne. Bien sûr, elle est davantage sympathique que les véritables «méchants», mais sa façon d'agir m'a déplu.

Remarque annexe:
En tant que fan des animés des années 80-90, j'ai souri parce que l'un des personnages s'appelle Thomas Price. Je sais que l'auteur ne l'a pas fait exprès, puisque Thomas Price est le nom du personnage dans la version française de l'animé, et c'est justement ce qui est drôle.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Olivier Prémel pour les éditions Audiolib.

L'interprétation du comédien m'a plu. Il est parvenu à modifier sa voix pour certains rôles sans que cela soit affecté. Comme je pinaille, je regrette qu'il ait prononcé Barbra en faisant le «r» anglophone, mais je ne pouvais pas tout avoir. ;-) Heureusement pour moi, on voit peu Barbra, et on parle peu d'elle.

Acheter « Intimidation » sur Amazon
Acheter « Intimidation » en audio sur Amazon

Partage

69 lectures

- page 1 de 463