jeudi, 17 janvier 2019

Toute la beauté du monde n'a pas disparu, de Danielle Younge-Ullman.

L'ouvrage:
Ingrid, environ dix-sept ans, doit passer trois semaines en camp de vacances, cet été-là. Cela ne l'enchante guère, mais sa mère y tient. La voilà donc embarquée dans un groupe d'adolescents ayant vécu quelque chose de douloureux, voire de traumatisant. Encadrés par deux moniteurs, les jeunes gens doivent faire de la randonnée, apprendre à se débrouiller dans la nature, et exprimer leur mal-être lorsque quelque chose ne va pas. Si Ingrid écoute les autres, elle ne tient pas à se dévoiler.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Danielle Younge-Ullman alterne les chapitres racontant le présent d'Ingrid et ceux narrant son passé. En général, je n'aime pas trop cette structure, mais ici, elle ne m'a pas du tout gênée. Je me rends compte que je dis cela dans de plus en plus de chroniques: je vais peut-être finir par apprécier ce procédé, à force de tomber sur des auteurs qui l'emploient correctement.

Ingrid a très vite attiré ma compassion. D'abord, elle est ici contre son gré. On dirait que c'est une punition. Ensuite, elle a vécu des moments difficiles. D'un autre côté, je n'ai pas apprécié sa mère, Margot-Sophia. J'ai compris qu'elle ne souhaite pas revenir sur le malheur qui l'a frappée, et qu'elle refuse de tenter d'améliorer les choses, de peur d'espérer pour rien. Cependant, je l'ai trouvée injuste envers Ingrid et Andreas, et également trop prompte à s'apitoyer sur son sort. Elle n'a jamais été une vraie mère pour sa fille. Celle-ci a dû, très jeune, s'occuper d'elle-même et de Margot-Sophia... Si la narratrice tarde à se dévoiler à ses camarades (et encore, seul Tavic connaîtra une partie de son histoire), le lecteur obtient des éléments à mesure de l'avancée du récit. Moi qui me demande toujours ce que j'aurais fait dans telle situation à la place du personnage principal, je n'ai pas souvent désapprouvé Ingrid. Il y a juste un point sur lequel elle m'a paru trop dure, mais sa réaction était compréhensible.

J'ai bien aimé ceux qui font partie du groupe de campeurs, sauf une personne. En outre, les deux moniteurs m'ont parfois agacée... Ils semblaient trop formatés par la «mission» du camp. Certes, ils avaient des raisons d'agir comme ils le faisaient... À leur décharge, tous les deux sont à la hauteur lorsque les choses prennent une vilaine tournure.

Mélissa, l'une des adolescents, est très discrète. Au début, elle est même effacée. Ensuite, elle a le courage de faire ce qu'il faut (lors de la vilaine tournure des choses dont je parle ci-dessus), et a la force de reconnaître ce qui la tourmente le plus, et ce dont elle a peur de ne pas pouvoir se débarrasser. Elle parle peu, mais tout ce qu'elle dit est très intéressant.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Ingrid nous conte tout d'une plume alerte et caustique. En effet, elle n'oublie pas l'humour. Parfois, elle nous fait même rire à ses dépens, par exemple, lorsqu'elle compte les moustiques écrasés, puis cesse tant il y en a, ou qu'elle explique que le repas des campeurs se compose... d'insectes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.
Je connais peu Phoebe Strole, mais j'apprécie beaucoup son jeu. Son intonation est toujours adéquate. Qu'il s'agisse d'humour grinçant, de colère, de désarroi, de peur, la comédienne fait preuve d'un grand talent. En outre, elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins. J'ai été un peu déçue qu'elle prenne un accent pour Andreas, mais elle n'en fait pas trop, donc cela n'est pas gênant.

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mercredi, 16 janvier 2019

Le Paris des merveilles, tome 1: Les enchantements d'Ambremer, de Pierre Pével.

Le Paris des merveilles, tome 1: Les enchantements d'Ambremer,

L'ouvrage:
Paris, juillet 1909. Le propriétaire d'un établissement de jeux demande l'aide du mage Louis Denizart Hippolyte Griffont pour démasquer un tricheur qui utiliserait la magie. Griffont ne sait pas encore que cette mission, très facile en apparence, ainsi que l'étrange requête de son amie (Cécile de Brescieux), cachent quelque chose de bien plus périlleux.

Critique:
Ce cycle (nommé «Cycle Ambremer», et rebaptisé «Le Paris des merveilles» lors de sa réédition), me tente depuis plusieurs années. J'ai donc été ravie de voir le tome 1, puis le 2 (le 3 sort le 23 janvier), apparaître au catalogue d'Audible.fr. Ce premier volume m'a beaucoup plu. Si l'intrigue est intéressante, le plus captivant vient (à mon sens) de l'OutreMonde. C'est de là que viennent les créatures magiques qu'on retrouve dans le roman, et dont certaines habitent Paris. L'OutreMonde a également fait quelques cadeaux à la ville, par exemple... la tour Eiffel. ;-)
Griffont est un mage, mais on croise également des gnomes (ils ont leurs particularités), des fées, des enchanteresses... On apprend la différence entre un sort et un enchantement... Lorsque Griffont et Aurélia se retrouvent en Onirie, on côtoie des cauchemars faits de chair et de sang... Ces exemples sont loin de couvrir tout ce à quoi le lecteur a affaire en se plongeant dans cet univers. Je n'ai même pas évoqué mon personnage préféré! Je n'en parle pas pour que ceux qui me lisent découvrent son caractère et ses particularités magiques par eux-mêmes.

L'auteur n'oublie pas de parsemer son roman de notes humoristiques: les chamailleries bon enfant entre Lucien et Auguste, les remarques et répliques de certains personnages (dont mon favori), certaines conversations (comme celle entre Griffont et Népomucène), etc. De plus, le romancier apostrophe parfois le lecteur d'un ton à la fois amical et amusé.

Outre ces ingrédients qui m'ont ravie, l'intrigue est sans lenteurs. Pierre Pével enchaîne les événements, c'est fluide, cohérent, rien n'est bâclé... Il y a quelques rebondissements qui ne sont pas trop spectaculaires (ils sont donc crédibles) qui s'insèrent bien dans le déroulement des faits.

Lorsqu'Aurélia se révèle être un personnage important, et que son passé avec Griffont est évoqué, j'ai trouvé cela tellement vraisemblable que je me suis demandé si l'auteur ne se basait pas sur ses précédents écrits. Je me disais que ces protagonistes appartenaient peut-être à un autre cycle qui évoquait le même monde, comme si la série comportait, en fait, deux cycles. Apparemment, ce n'est pas le cas. Quel dommage!

Outre une bonne intrigue et un univers qui absorbe le lecteur dès les premières minutes, l'auteur a glissé des références mythologiques. Bien sûr, il y a les licornes, les dragons, etc. Il m'a semblé que les prénoms des gargouilles de la reine noire étaient des allusions à «L'odyssée». Surtout que si on suit le raisonnement, Griffont est vraiment tombé de Charybde en Scylla: une fois débarrassé de la première gargouille (dont le prénom ressemble à Charybde), il se heurte à la seconde (dont le prénom ressemble à Scylla) qui lui donne davantage de fil à retordre. Je n'ai relevé que cela, mais j'imagine qu'il y a d'autres références qu'un lecteur plus futé et plus cultivé que moi repérera.

Le roman est suivi d'une nouvelle qui se déroule en 1910. Elle conte une aventure vécue par Griffont et Aurélia. J'ai trouvé amusant que l'auteur implique les personnages d'un roman très connu, et qu'à la fin, nous apprenions certaines choses... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Maud Rudigoz fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu, même s'il m'est arrivé de pinailler. Ici, son interprétation m'a plu. Elle ne force pas le trait pour les rôles masculins (même lorsqu'il s'agit de la voix très basse d'Étienne), et adopte le ton adéquat pour chaque personnage. Par exemple, elle rend très bien la gouaille de Lucien sans trop en faire. Dans le roman, il est dit qu'Azincourt parle avec un petit accent anglais. Heureusement, la lectrice n'a pas fait cet accent. Cela m'aurait déplu.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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lundi, 14 janvier 2019

Anatomie d'un scandale, de Sarah Vaughan.

Anatomie d'un scandale

Ce livre sort en audio mercredi 16 janvier.

L'ouvrage:
Angleterre, fin 2016. James Whitehouse, sous-secrétaire d'état, est accusé de viol par son assistante, Olivia. Sa femme, Sophie, est d'autant plus choquée que peu de temps auparavant, James a dû lui avouer une liaison de cinq mois avec ladite Olivia. Sentant son couple voler en éclats, Sophie ne sait pas si elle pourra être un soutien sans failles pour son mari lors du procès.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié que Sarah Vaughan présente ses personnages, et expose leur psychologie au long du roman. Certains chapitres sont racontés du point de vue de James, d'autres de celui de Sophie, et ceux à la première personne sont narrés par Kate (l'avocate d'Olivia). Cela permet à la romancière de montrer tous ces points de vue, le ressenti de chacun lors de moments cruciaux...

Une ficelle qui ne me plaît pas est utilisée. Le récit du procès est entrecoupé de scènes appartenant au passé des protagonistes. C'est quelque chose dont je me passerais volontiers. Certains auteurs s'en tirent assez bien pour que cela ne m'agace pas. Ici, c'est plus complexe. Je n'ai pas aimé: j'aurais préféré que le passé soit conté au départ, puis qu'au bout de quelques chapitres, on en arrive au présent. Néanmoins, je comprends que Sarah Vaughan ait procédé ainsi, parce que cela lui a permis de créer au moins un rebondissement que je n'ai pas vu venir.

Il ne m'est pas facile de dire ce que je pense des personnages, parce que cela vous donnerait trop d'indices sur qui agit comment. Je peux quand même dire que j'ai compris Kate. Outre ce qu'elle est devenue et son besoin d'aider les faibles, j'ai aimé les remarques qu'elle fait dans le premier chapitre concernant la société. Je peux également dire que j'aurais souhaité que le personnage que je n'aimais pas soit davantage puni, à la fin. Soit, certaines choses donnent à penser que ce protagoniste sera enfin traité comme il le mérite, mais j'aurais voulu y assister. ;-)

Le récit du procès est bien mené, la plupart du temps par Kate. Le lecteur respire au rythme de la narratrice, absorbe ses remarques quant aux témoignages, à l'avocate de James, aux jurés... Tout cela m'a plu.

Remarque annexe:
Je regrette que la plupart du temps, le mot «colledge» n'ait pas été traduit. Il existe «université» ou «campus». Certes, ce dernier mot est le même en anglais, mais on l'emploie en français. Je ne sais pas du tout si c'est un anglicisme, mais en tout cas, le mot «colledge» n'est pas utilisé en français.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marcha Van Boven (pour les chapitres à la troisième personne) et Claire Tefnin (pour ceux narrés par Kate).

J'ai été contente de retrouver Marcha Van Boven. Comme dans les rares romans enregistrés par elle que j'ai lus, son intonation est toujours appropriée, et elle ne force pas le trait quand il s'agit des rôles masculins. Elle a très bien interprété le dépit, la colère, le découragement, ou encore la tristesse.

Claire Tefnin lit pour Audiolib depuis plusieurs années. Cela fait donc un moment que je souhaite l'entendre davantage que sur des extraits de quelques minutes, car à l'écoute de ceux-ci, j'ai pensé que c'était une comédienne talentueuse. J'ai donc été ravie d'être enfin tentée par un livre dont elle avait enregistré une partie. Je n'ai pas été déçue par son interprétation. Elle est très bien entrée dans la peau du personnage de Kate, montrant subtilement dès le début, le désarroi que celle-ci ressent lorsqu'elle ne peut pas aider une victime.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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samedi, 12 janvier 2019

*Parutions Audiolib, février 2019.

Ces titres sont annoncés pour le 13 février.

Un peu, beaucoup, à la folie, de Liane Moriarty, lu par Sophie Frison, 14h50.
Trois couples épanouis. De charmants enfants. Une amitié solide. Et un barbecue entre voisins par un beau dimanche ensoleillé : tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Alors, pourquoi, deux mois plus tard, les invités ne cessent-ils de se répéter : « si seulement nous n’y étions pas allés » ?
Après le succès de «Le secret du mari», traduit dans 55 pays, et de «Petits secrets, grands mensonges», adapté par HBO sous le titre «Big little lies», Liane Moriarty continue de dévoiler la noirceur qui rôde sous les vies ordinaires et nous plonge au coeur des redoutables petits mensonges et des inavouables secrets de l’âme humaine… Fin, décapant, et jubilatoire.

La toile du monde, d'Antonin Varenne (suivi d'un entretien avec l'auteur), lu par Julien Defaye, 9h46.
1900, Exposition Universelle de Paris. Aileen Bowman, trente-cinq ans, journaliste, célibataire, est venue couvrir l’événement pour le New York Tribune. Née d’un baroudeur anglais et d’une française utopiste, élevée dans le décor sauvage des plaines du Nevada, Aileen est une femme affranchie de tout lien et de toute morale, mue par sa passion et ses idéaux humanistes. Au fil d’un récit qui nous immerge au coeur de la ville en chantier, du métropolitain naissant aux quartiers des bordels chers aux peintres, la personnalité singulière d’Aileen se confond avec la ville lumière. Un portrait en miroir qui dessine la toile du monde, de l’Europe à l’Amérique, du XIXe et au XXe siècle, du passé d’Aileen à un destin qu’elle n’imagine pas.
«La Toile du monde» possède le souffle sensuel et l’énergie des grands romans qui plient la réalité aux dimensions du rêve. Après «Trois mille chevaux-vapeur» et «Équateur», Antonin Varenne signe une oeuvre saisissante et confirme la singularité de son talent.

Le guetteur, de Christophe Boltanski (suivi d'un entretien avec l'auteur), lu par Antoine Leiris, 7h17.
Mais qui guette qui ? Lorsque le narrateur découvre dans l’appartement de sa mère le manuscrit d’un polar qu’elle avait entamé, «Le guetteur», il est intrigué. Elle qui aimait le frisson, pourquoi s’est-elle coupée du monde, mise à espionner ses voisins et à tenir le compte des cigarettes fumées et des verres de vins bus ? Comment vivait cette femme fantasque et insaisissable ? Elle a vécu à Paris avec pour seul compagnon son chien Chips. Maintenant qu’elle est morte, le mystère autour d’elle s’épaissit. Alors il décide de la prendre en filature. Et de remonter le temps. Est-ce dans ses années d’études à la Sorbonne, en pleine guerre d’Algérie, où on tracte et l’on se planque, que la jeune femme militante bascule ? «Le guetteur» est le roman bouleversant d’une femme qui s’est perdue. La quête d’un fils qui cherche à retrouver sa mère. La confirmation d’un grand écrivain.

Avec toutes mes sympathies, d'Olivia Lamberterie, lu par l'auteur, 6h32.
« Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Moi, je ne voulais pas me taire. Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste. Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. » O. L.

L'art de la joie, de Goliarda Sapienza, lu par Valérie Muzzi, 23h10.
« Comment pouvais-je le savoir si la vie ne me le disait pas ? Comment pouvais- je savoir que le bonheur le plus grand était caché dans les années apparemment les plus sombres de mon existence ? S’abandonner à la vie sans peur, toujours… Et maintenant encore, entre sifflements de trains et portes claquées, la vie m’appelle et je dois y aller. »
«L’art de la joie» est le roman d’une vie, celle de Modesta. Née le 1er janvier 1900 dans une famille miséreuse de Sicile, farouche et insoumise, la jeune femme nous entraîne sur le chemin d’une liberté qui gagne irrésistiblement le lecteur. L’édition définitive de ce texte, devenu un classique de la littérature italienne, a été établie par Angelo Maria Pellegrino, qui fut le dernier compagnon de l’autrice et sauva ce roman culte de l’oubli.

Dernière danse, de Mary Higgins Clark, lu par Adeline Chetail, 6h22.
Musique, rires et flirts : on n’est pas sérieux quand on a presque dix-huit ans! Kerry profite de l’absence de ses parents pour organiser une grande fête de fin d’année. Ce sera sa dernière danse : au petit matin, le corps sans vie de la jeune fille est retrouvé au fond de la piscine. La thèse de l’accident écartée, la famille de Kerry doit se résigner à l’idée qu’elle a été tuée par un membre de son cercle proche. Son petit ami, avec lequel elle s’est disputée pendant la fête ? Jamie, le voisin de la famille, dont la mère retrouve une pile de vêtements mouillés dans un coin de sa chambre ? Un de ses camarades de classe ? Aline, sa soeur aînée, qui vient juste d’être nommée conseillère d’orientation dans le lycée de Kerry, est peut-être la mieux placée pour découvrir la vérité. Mais ce sera au péril de sa vie.

Fractures, de Franck Thilliez, lu par Maia Baran, 11h7.
Face à la tombe de sa soeur jumelle Dorothée, décédée dix ans auparavant, Alice Dehaene s’interroge : à quoi rime cette photo de Dorothée, prise il y a à peine six mois, qu’elle a récupérée des mains d’un immigré clandestin ? Alice sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Son psychiatre à l’hôpital de Lille, Luc Graham, doit lui révéler le résultat d’un an de psychothérapie. Mais les événements étranges qui se multiplient autour de la jeune femme vont l’en empêcher : son père, agressé chez lui à l’arme blanche, et qui prétend avoir tenté de se suicider ; ce chemisier ensanglanté qu’elle découvre dans sa douche, à propos duquel elle n’a pas le moindre souvenir ; et cet homme retrouvé nu à un abri de bus et qui semble avoir vu le diable en personne. Grâce à l’intervention de Julie Roqueval, assistante sociale en psychiatrie, Luc Graham, d’abord dubitatif, se décide enfin à mener l’enquête. Un aller simple vers la folie...

Le cas Fitzgerald, de John Grisham, lu par François Tavarès, 9h47.
Bruce Cable possède une librairie réputée à Santa Rosa sur l’île de Camino, en Floride. Bien que son affaire soit prospère, l’argent provient surtout du commerce de livres anciens et d’éditions originales. Peu de gens, toutefois, savent que Cable a parfois recours au marché parallèle dans sa quête de manuscrits précieux. Dans le même temps, la bibliothèque de l’Université de Princeton est cambriolée. Les pertes sont inestimables... Mercer Mann, jeune romancière en panne d’inspiration, est contactée par une femme mystérieuse travaillant pour une compagnie d’assurances. Celle-ci lui offre une coquette somme pour infi ltrer le cercle d’amis de Bruce Cable. Sa mission est de se rapprocher de lui et de découvrir ses secrets. Mais Mercer va trop en apprendre, et les ennuis vont commencer. Le ciel de cette île paradisiaque va bientôt s’assombrir.

Winston Churchill, le pouvoir de l'imagination, de François Kersaudy, lu par Vincent Schmitt, 25h58.
Dans le cas de Winston Leonard Spencer-Churchill, la stricte réalité dépasse de très loin la fiction. Jusqu’à 26 ans, les aventures du jeune officier et du reporter évoquent immanquablement celles de Tintin, mais ensuite, le personnage devient une synthèse de Clemenceau et de De Gaulle, l’humour et l’alcool en plus… ainsi qu’une imagination sans limites : « Winston, disait le président Roosevelt, a cent idées par jour, dont quatre seulement sont bonnes…mais il ne sait jamais lesquelles ! » Se fondant sur des recherches dans les archives de huit pays, la consultation de nombreux ouvrages et l’interview d’acteurs et témoins, ce récit épique montre comment un homme solitaire, longuement façonné par d’exceptionnels talents et de singulières faiblesses, a pu infléchir le cours de notre siècle, avec la complicité d’un destin qui s’est radicalement départi de son impartialité.

Disruption - Intelligence artificielle, fin du salariat, humanité augmentée, de Stéphane Mallard, lu par l'auteur, 5h23.
Disruption. Mélange de rupture et de révolution, à la fois rapide, brutale et inéluctable. Ce terme qualifie de plus en plus l’époque actuelle, propulsée par les progrès technologiques. Des secteurs entiers, établis solidement depuis des années, disparaissent très rapidement, remplacés par des acteurs plus petits, plus agiles, plus efficaces, moins chers, moins arrogants. Ces acteurs de la disruption, nous les connaissons : ce sont Uber, Airbnb, Netflix, et bien d’autres. Tout est disruptable : les entreprises et leurs services, mais aussi nos modèles d’organisation, nos manières de penser, de communiquer, de travailler, nos valeurs et jusqu’à notre propre corps. Face à la puissance de cette vague qui balaie tout sur son passage, il est urgent de comprendre les nouveaux codes exigés par la disruption, et de se disrupter soi-même pour ne pas disparaître.

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jeudi, 10 janvier 2019

L'autre soeur, de Cylin Busby.

L'autre soeur

L'ouvrage:
Pennsylvanie. À l'âge de quinze ans, Sarah Morris a disparu. On ne sait pas ce qu'il est advenu d'elle. Cela fait quatre ans à présent. C'est alors qu'une jeune fille, trouvée dans une rue de Floride, dit être Sarah. Les parents sont aux anges d'avoir retrouvé leur fille. Nico, la cadette, ne sait pas trop quoi penser. Sarah a toujours été méchante avec elle, tant verbalement que physiquement. Elle ne souhaite pas que son cauchemar recommence.

Critique:
Avant de taper cette chronique, j'en ai lu une d'une personne qui regrettait d'avoir lu ce livre juste après «Angie, treize ans, disparue», parce qu'elle les avait comparés, et avait trouvé le roman de Liz Coley plus complexe. Je me souviens avoir beaucoup aimé ce livre sur le moment, mais je m'étonne toujours quant à la réelle possibilité que ce qu'il expose puisse arriver... En outre, je ne sais pas trop pourquoi cette personne a comparé ces deux livres. Pour moi, ils n'ont pas beaucoup de rapports. D'après ce que j'ai compris, la chroniqueuse a fait un parallèle à cause de la relation entre soeurs. Or, dans «Angie, treize ans, disparue», ce genre de relations n'existe pas. On n'est pas du tout dans ce cas de figure... On retrouve seulement le thème de l'enfant disparu qui revient, mais on le trouve aussi dans «Fleur de cimetière», «Souviens-toi de moi comme ça», et d'autres. Ce n'est pas une raison pour comparer tous ces romans, car tout s'y passe différemment après le retour de l'enfant.

«L'autre soeur» m'a donc beaucoup plu. Certaines chroniques disent qu'on se pose une question pendant une grande partie du roman. Pour moi, on ne se la pose pas longtemps. On sait très vite ce qu'il en est. À mon avis, c'est voulu par Cylin Busby. Ce n'est pas du tout une maladresse de sa part, étant donné la manière dont c'est fait. Cela ne m'a pas du tout gênée de savoir cela.

Nico raconte le présent de la famille (avec quelques incursions dans le passé). Entre ces chapitres, de petits passages sont racontés par Sarah. Elle évoque ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a souffert... Je me suis très vite attachée aux deux héroïnes. Chacune déclenche de l'empathie. On sent que chacune souhaite s'en sortir, et être aimée pour ce qu'elle est.

L'auteur décrit avec réalisme ce par quoi passent les parents de Sarah après sa disparition. Même si j'éprouvais de la compassion, la mère m'agaçait parfois. Pourquoi voulait-elle que Nico assiste aux événements en même temps qu'eux à chaque fois que la police pensait avoir retrouvé Sarah? Pourquoi a-t-elle fait confiance à Azul, alors qu'il semblait évident que celle-ci souhaitait seulement gagner de l'argent? Il est vrai qu'Azul n'a pas dit que des niaiseries lorsqu'elle a été consultée, mais elle n'a quand même pas dit grand-chose...

À l'instar d'autres personnages, je n'ai pas pu apprécier Paula. Je l'ai trouvée garce du début à la fin. J'ai été contente que la dernière fois qu'elle tente de nuire, monsieur Morris rappelle qu'il y a un défaut dans son témoignage.

Certains éléments auraient peut-être dû être davantage développés, car il y a des choses que je n'ai pas vraiment comprises.

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J'ai bien compris que Nico n'a pas vu Sarah tomber dans le lac, mais puisqu'elle a vu son sweat-shirt, comment se fait-il qu'elle n'ait pas vu le corps dans le vêtement? Si j'ai bien compris, elle a vu le sweat-shirt couler et se remplir d'eau. Comment se fait-il que Sarah n'ait pas été visible dedans?... Nico finit par admettre que Sarah a réellement dû tomber. Soit. Mais comment est-ce arrivé? C'est Nico qui était sur le point de tomber. Elle a entendu sa soeur dire son prénom d'un air horrifié, justement, pense-t-elle, parce qu'elle était sur le point de tomber.. Comment se fait-il qu'au moment où elle s'en sort seule, ce soit Sarah qui tombe?

Un autre élément m'a paru incongru. Comment se fait-il qu'une personne si peu respectueuse de la loi que l'était la personne qui a été la mère d'accueil de Liberty n'ait pas été arrêtée, et ait pu continuer à être mère d'accueil? Elle l'était encore lorsque Liberty est partie.

Ce roman pose certaines questions sur l'évolution du caractère de chacun, les raisons qui poussent telle personne à agir de telle manière, les choses qu'on n'ose pas s'avouer ou auxquelles on n'arrive pas à faire face...

Remarque annexe:
J'aime bien la solution qu'un psychologue propose à Sarah lorsqu'elle pense aux mauvaises choses qui lui sont arrivées. Il lui dit de penser à autre chose, comme si elle changeait de chaîne avec la télécommande de la télévision.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Erin Spencer et Arielle Delisle pour les éditions Harper Audio.

Après avoir lu ce roman, j'aurai peut-être moins tendance à confondre ces deux comédiennes... À voir... J'espère donc ne pas me tromper en disant qu'Erin Spencer a lu les chapitres racontés par Nico, et qu'Arielle Delisle a lu les petits passages narrés par Sarah. En tout cas, leur jeu m'a plu. Elles ont su rendre les sentiments des personnages sans trop en faire.

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lundi, 7 janvier 2019

I am still alive, de Kate Alice Marshall.

I am still alive

L'ouvrage:
Jess Cooper a seize ans. À présent, elle est dans les bois, au large du Canada. Sa seule compagnie est Beau, le chien de son père. La jeune fille n'est là que depuis quelques mois, et maintenant que son père est mort, elle doit apprendre à survivre.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je l'ai trouvé assez dur psychologiquement, mais tout ce qui y est raconté est réaliste.

J'ai compris chaque choix de l'héroïne, chacune de ses révoltes, de ses batailles. J'ai compris le désespoir qui s'empare d'elle lorsqu'elle pense (au long du roman) aux pertes qu'elle a subies, mais aussi quand elle a l'impression qu'elle ne peut pas continuer de se battre pour survivre. J'ai compris cette jeune fille très réaliste. Elle supporte vaillamment les coups durs qui s'abattent sur elle. La vie et les circonstances l'ont poussée à avancer, mais il m'aurait semblé normal (même si cela m'aurait déçue) qu'elle finisse par jeter l'éponge.

Ayant bénéficié de quelques leçons de son père, Jess nous en fait profiter. D'abord, elle énonce calmement ce dont nous nous doutons tous plus ou moins: «C'est le froid qui te tuera en premier.» Ensuite, entre l'enseignement de son père, sa jugeote, et les leçons qu'elle tire de ses expériences, elle évolue, apprend, mûrit... Elle arrive avec certaines idées: elle est végétarienne, a besoin de kiné pour sa mauvaise jambe (résultat d'un accident de voiture), cette vie dans les bois n'est pas pour elle. Elle se rend vite compte qu'être végétarienne est un luxe qu'elle ne peut pas se payer, et que ses efforts pour survivre (pêcher, chasser, se construire un abri...) lui font les muscles. Kate Alice Marshall fait passer son héroïne par de très rudes moments, d'autant que sa survie n'est pas la seule chose que l'adolescente devra prendre en compte.

À un moment, la jeune fille tenait sa vengeance à portée de main, et n'a pu se résoudre à faire ce qu'il fallait. Cela s'est très vite retourné contre elle. J'ai pensé (comme elle) qu'elle aurait dû agir quand elle en avait eu l'opportunité, mais je ne l'ai pas blâmée de ne l'avoir pas fait, parce que c'était une étape assez importante à franchir. C'est pour cela que je dis que même lorsqu'elle fait des choses qui finissent par aller contre ses intérêts, ou qu'elle est injuste envers son père (elle le montre dans les retours en arrière), elle n'est pas forcément à blâmer. Brutalement arrachée à une vie qu'elle aimait, elle se retrouve forcée d'en accepter une totalement différente, à laquelle elle n'est pas préparée... Il y aurait de quoi devenir fou...

Je ne sais pas trop quoi penser de Carl, le père de Jess. À mon avis, il voulait vraiment bien faire lorsqu'il s'est vu confier la garde de sa fille. Il y en a une preuve tangible dans le roman. Quant au reste, disons qu'il s'est laissé rattraper par les circonstances présentes et passées...

Tout comme l'héroïne, j'aime beaucoup Beau. Je ne peux pas dire grand-chose sur lui, pour ne pas trop en dévoiler, mais pour moi, c'est un élément important du roman.

Pendant une partie du livre, la narratrice alterne le récit de son présent et celui de son passé proche. En général, je n'aime pas trop cela. Ici, c'était approprié, et fait avec bon sens. Je n'ai trouvé aucun temps mort, ne m'étant pas ennuyée une seule seconde.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Tantor Media.

Je pense que ce roman n'a pas été facile à enregistrer: il fallait rendre les émotions de la narratrice sans trop en faire. Amy McFadden y a très bien réussi. Lorsque Jess pleure, la comédienne mime à merveille son désarroi. Il n'est pas rare que les comédiens qui enregistrent des livres cabotinent lorsqu'il s'agit de pleurer. Amy McFadden n'en fait jamais trop, et l'expression de la détresse de l'héroïne de ce livre n'a fait que démontrer (une fois de plus) son grand talent. Quant aux autres aspects de son interprétation, ils restent aussi bons que d'habitude.

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jeudi, 3 janvier 2019

La tentation des ténèbres, d'Andrew Lyons.

La tentation des ténèbres

L'ouvrage:
Jake Conason est étudiant. Un soir, sa petite amie (Jordan) et lui rompent. Cela va le pousser à faire quelque chose de stupide...

Critique:
La construction de ce roman m'a rappelé celles de Boileau-Narcejac. Le narrateur agit de manière peu reluisante, mais pas forcément horrible, cela entraîne des conséquences, le personnage tente de s'en sortir d'une certaine façon, ce qui entraîne d'autres conséquences, etc. Andrew Lyons maîtrise son intrigue de ce point de vue. Tout s'enchaîne très bien, avec logique. Comme je pinaille, j'ai trouvé quelques incohérences. Par exemple, lorsqu'on est au téléphone avec quelqu'un, si une autre personne éloigne l'appareil pour chuchoter quelque chose, on se rend bien compte qu'il y a des bruits, et on devine la nature de ceux-ci. Autre exemple, il est un peu gros qu'un personnage soit trop affaibli pour exprimer sa protestation, mais que trente secondes plus tard, il parvienne à articuler les quelques mots qu'un autre lui demande de dire.

En général, dans un roman, on est du côté du personnage principal. Ici, c'est plus compliqué. Le narrateur est assez effrayant, d'abord parce qu'on voit avec quelle facilité il cesse d'être monsieur tout le monde. Souvent, il paraît froid, même s'il dit être angoissé. Parfois, certains ressentiront peut-être un peu de compassion à son égard. Cela a été mon cas, mais je repensais immanquablement à ses méfaits, et mon indulgence s'envolait.
Je ne sais pas trop quoi penser de la fin. Bien sûr, on attend que quelque chose arrive, il faut un dénouement, et celui-ci doit être à la hauteur du reste. L'auteur a dû penser que la fin à laquelle je m'attendais était trop convenue. Certes, mais je pense que je l'aurais préférée à celle qu'il a choisie. Pourtant, elle est vraiment en accord avec le roman et est préparée au long de celui-ci. Donc, elle n'est pas mauvaise, mais elle ne me convient pas parce que j'aurais préféré quelque chose de plus définitif, qu'un personnage souffre bien davantage.

Un livre bien pensé, sans temps morts, dont mes petits reproches ne doivent pas vous écarter.

Éditeur français: Albin Michel
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christopher Lane pour les éditions Blackstone audio.

J'ai eu peu d'occasions d'entendre ce comédien. Son jeu naturel m'a beaucoup plu. Je lirai d'autres livres enregistrés par lui avec plaisir!

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lundi, 31 décembre 2018

Where the crawdads sing, de Delia Owens.

Where the crawdads sing

L'ouvrage:
Barkley Cove, petit village de Caroline du Nord.
1952. Ce matin-là, Kya, six ans, entend la porte de la cabane où elle vit se fermer. Elle a le temps de voir partir sa mère. Elle se dit que celle-ci va faire des courses, et qu'il y aura peut-être un bon poulet au déjeuner. Seulement, les heures passent, et sa mère ne revient pas.

1969. Le corps de Chase Andrews est retrouvé. Il est tombé d'une tour. Le shérif s'étonne qu'il n'y ait aucune empreinte de pas. Chase aurait-il été poussé par quelqu'un qui, ensuite, aurait couvert ses traces?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Avec justesse, Delia Owens décrit la vie de Kya. Progressivement abandonnée par les siens, la fillette doit apprendre à se débrouiller seule. J'ai été surprise qu'elle fasse preuve d'une telle force de caractère, et qu'elle parvienne à tirer son épingle du jeu. Elle subit les préjugés des gens parce qu'elle vit seule dans une cabane au coeur d'un marécage. On imagine savoir ce qu'elle est sans avoir cherché à la connaître. Heureusement, certains font fi des préjugés, et la traitent normalement. Au long du roman, on la voit réagir aux joies et aux peines que lui présente la vie. Si j'ai désapprouvé certains de ses choix, je les comprenais. C'était facile pour moi de penser: «Non non, ne fais pas ça!», je n'étais pas à sa place. De toute façon, elle est très attachante, et stupéfie par son bon jugement, sa soif de connaissances, son appétit de vivre, et sa combativité.

Je n'ai pas éprouvé beaucoup de compassion pour le père de l'héroïne. Certes, il a connu des déboires, mais les faire payer à des innocents n'est pas excusable.
J'ai tout de suite éprouvé de l'antipathie pour Chase Andrews. On ne le voit jamais sous un très bon jour, et il est très facile de connaître ses réelles intentions.
J'ai beaucoup apprécié Jody et Tate, tout en déplorant leurs failles. Pourtant, ces failles, et surtout le fait qu'ils se les reprochent, les rendent humains.
Quant à la mère de Kya... je ne sais pas trop quoi en penser... Je comprends ce qui l'a poussée à agir comme elle l'a fait, mais je regrette qu'elle n'ait pas emmené ses enfants. Si elle l'avait fait, Kya n'aurait pas été livrée à elle-même. Oui, mais alors, elle ne serait peut-être pas devenue si intéressante, n'aurait peut-être pas acquis tant d'autonomie, de connaissances...

Afficher Attention, je dévoile des éléments clés.Masquer Attention, je dévoile des éléments clés.

J'ai très vite été persuadée que Kya n'avait pas tué Chase. Certains éléments de son procès ont renforcé ma conviction. D'abord, il est prouvé qu'elle n'aurait pas eu le temps d'aller le tuer, puis de retourner à l'arrêt de bus pour prendre le véhicule en partance pour Greenville. Ensuite, s'il est établi qu'elle a pu sortir de l'hôtel de Greenville alors que le réceptionniste était occupé, comment aurait-elle pu choisir, pour y retourner, un autre instant où il était occupé? Elle ne pouvait rien voir de ses activités à moins d'entrer dans l'hôtel. Je trouve bien que Tate ait découvert la culpabilité de Kya après la mort de cette dernière, car il n'est pas obligé de se débattre entre son amour et sa conscience, mais j'aurais préféré que l'héroïne en fasse un récit circonstancié. Pourquoi l'a-t-elle tué? A-t-il réessayé de la violer? Comment se fait-il qu'elle n'ait jamais rien dit à Tate? Outre les incohérences que cela engendre par rapport à ce qui est démontré au procès, j'aurais voulu que quelqu'un d'autre (de préférence une personne que je n'aimais pas) soit coupable. Pour moi, ce meurtre ne va pas au caractère de Kya. Qu'elle l'ait tué sous le coup de la colère, parce qu'il tentait de la violer, j'aurais pu le comprendre. Mais ce meurtre était prémédité.

Un roman abouti, des personnages réalistes (malgré mes petits reproches), une intrigue sans temps morts.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Comme d'habitude, Cassandra Campbell est parfaitement entrée dans la peau des personnages, les jouant sans cabotiner. Je n'ai pas aimé qu'elle prenne un accent de Caroline du Nord, mais je comprends qu'elle l'ait fait. En outre, cela n'était pas absolument désagréable.

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