jeudi, 21 octobre 2021

Ne me quitte pas, de Mary Torjussen.

L'ouvrage:
Ce soir-là, en rentrant chez elle, Anna reçoit un choc: Matt, son petit ami, est parti en emportant toutes ses affaires. Il a même pris le soin, entre autres, de remplacer la télévision (qu'il avait achetée) par celle qui se trouvait là avant.

Critique:
Ce roman m'a plu, malgré certaines petites failles. L'intrigue est bien menée, et quand on arrive au retournement de situation qui, au départ, m'a fait tiquer, on s'aperçoit qu'il est préparé depuis le début. De plus, il montre une certaine chose sous un angle différent de celui sous lequel la plupart des gens la voient. Quant à l'autre rebondissement (celui qu'on apprend très peu après celui que je viens d'évoquer) il m'a moins plu. C'est à ce sujet que je trouve que Mary Torjussen en a un peu trop fait. Certes, celui-là aussi est préparé depuis le début. Cependant, l'une de ses composantes (justement celle qui n'est pas préparée) n'est pas crédible.

Anna est d'abord attachante, puis elle est agaçante, à vouloir retrouver Matt à tout prix. Mais finalement, elle agit comme nous le ferions tous. Lorsque je pestais après son entêtement, je pensais que si mon mari partait comme l'a fait Matt, je tiendrais à le retrouver pour que nous en parlions.

La romancière fait quelque chose d'intéressant: concernant son travail et sa vie privée, l'héroïne rencontre des soucis (je dis cela ainsi pour ne pas trop en dévoiler). Les faits étant racontés par Anna, à un moment, on peut se demander si elle dit toute la vérité. J'ai choisi de la croire. Ai-je eu raison?...

La romancière ne s'amuse pas trop balancer de fausses pistes. Il y en a une que j'ai allègrement suivie, mais je ne regrette pas qu'elle ait été là, car elle était intéressante. En outre, l'autrice ne la désigne pas avec de gros sabots, c'est le lecteur qui peut s'y engager après certains dires d'Anna.

La mère d'Anna suit un schéma classique, mais son attitude m'a agacée. J'ai beau savoir que la manière dont elle agit est courante, cela m'énerve toujours lorsque j'y suis confrontée.

D'autre part, Anna est ambivalente. Lorsqu'elle se décide à ouvrir les yeux, elle fait certaines choses en toute bonne foi, surtout une dont elle sait qu'elle est importante, mais elle fait autre chose dont elle sait que cela sera néfaste. J'imagine que c'est cohérent par rapport au genre de personne qu'elle est.

Je ne sais pas s'il y a une erreur du traducteur ou de la lectrice, mais à un moment, est employée la tournure «je la pardonne», le «la» désignant un personnage. Or, cette tournure est fausse. Quand on pardonne, «le» ou «la» désigne l'acte qu'on pardonne; pour la personne, on dit «lui». Ce qui est étrange, c'est que deux ou trois phrases plus tard, la même formule est utilisée, correctement cette fois.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sarah Amsellem pour les éditions Hardigan.

Globalement, l'interprétation de la comédienne m'a plu. Elle a su faire passer les sentiments et les émotions des personnages.
Au début, j'ai été soulagée qu'elle ne tente pas de prendre un accent anglophone pour les noms propres, et je n'ai pas compris pourquoi elle a fait une exception pour le prénom Grace. Cela ne m'a pas plu, mais heureusement pour moi, on n'entend pas trop ce prénom.
D'autre part, elle fait partie de ceux qui prononcent mal «dégingandé».
Enfin, vers la fin, un personnage compose le 999. Je n'ai absolument pas compris pourquoi la comédienne a dit «nine nine nine» au lieu de neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf.

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lundi, 18 octobre 2021

Trois voeux, de Liane Moriarty.

L'ouvrage:
Ce sont des triplées, elles ont trente-trois ans. Lyn veut maîtriser son entreprise et sa vie de famille, sans reconnaître qu'elle devrait être moins exigeante envers elle-même. Gemma mène une vie de bohème, et aucun de ses petits amis ne dure plus de six mois. Cat est mariée, et veut avoir un bébé.

Critique:
Ce roman est le premier de Liane Moriarty. En parcourant des chroniques sur Babelio, j'ai lu que si «Le secret du mari» n'avait pas rencontré un tel succès, «Trois voeux» n'aurait jamais été traduit. La chroniqueuse a probablement raison, et moi qui n'ai pas aimé «Le secret du mari», je dois admettre qu'après avoir lu «Trois voeux», je suis ravie que tant de gens, en ayant aimé un livre qui ne m'a pas plu, m'aient permis de découvrir mon préféré de Liane Moriarty. C'est mon préféré d'abord parce que les situations semblent moins mises en scène que dans les autres. Par exemple, dans «Un peu, beaucoup, à la folie», l'autrice use d'énormes ficelles pour retarder certaines révélations. Ici, ce n'est pas le cas. Certes, il y a bien ce que j'appelle «le prologue qui sert à rien» (celui qui raconte une partie d'un moment clé, dont on retrouvera la résolution dans le dernier quart du livre), mais j'ai tellement appris à dédaigner ces prologues que la présence de celui-là ne m'a presque rien fait.

D'une manière générale, ce roman m'a paru plus fluide que les autres livres de Liane Moriarty. Je n'étais pas toujours à me demander comment allait se passer ceci, se résoudre cela... De plus, plusieurs éléments lui confèrent un parfum de comédie. Par exemple, le «revirement» (si j'ose dire) de Franck et Maxine, ainsi que la seconde rencontre entre Lyn et Joe, ou bien la manière dont Cat retombe sur ses pattes, et d'autres choses. Bien sûr, il y a de tristes événements, comme ce qui arrive à nana Kettle vers la fin, ou à Cat, mais même là, l'autrice parvient à atténuer le malaise de ses personnages par de petites répliques ou des situations quelque peu cocasses. En fait, ce roman a une autre ambiance que celle des autres écrits de Liane Moriarty. Pendant ma lecture, je me surprenais à penser qu'il me rappelait un peu l'ambiance de «Tout (n')est (pas du tout) sous contrôle», de Sophie Henrionnet, ou encore de la série «Debutante dropout mysteries», de Susan McBride.

Chaque personnage a ses particularités. Cat m'a un peu agacée, mais me connaissant, il aurait été étrange que ce ne fût point le cas.
J'aurai aimé que Gemma confiât son «problème» à ses soeurs, car elles l'auraient aidée à s'en débarrasser. Certes, elle parvient à le faire seule, mais il lui faut du temps, et il faut qu'elle accepte de voir certains éléments. De plus, le fait de taire ce souci n'occasionne que de la souffrance.

Je ne me suis pas ennuyée au long du roman. J'ai un peu moins aimé les chapitres titrés, mais ils étaient quand même sympathiques: ils évoquaient les triplées vues par des inconnus d'elles et du lecteur, des gens que, sans le savoir, elles ont marqués.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Les éditions Audiolib ont sorti ce roman, et j'apprécie beaucoup le jeu d'Audrey d'Hulstère, la comédienne qui l'a enregistré, mais la BSR a fait enregistrer ce roman avant les éditions Audiolib, et Martine Moinat faisant partie de mes lecteurs favoris, j'ai rapidement lu le roman, avant de connaître l'existence de l'autre version. Ici, Martine Moinat n'a pas démérité. Comme je suis extrêmement pinailleuse, je ne peux m'empêcher de préciser qu'elle a raté le test de prononciation de «dégingandé», mais je rappelle (je l'ai dit dans d'autres chroniques) qu'elle prononce «moeurs» et «klaxon» correctement. Il me reste à entendre comment elle prononce «gageur» et «s'égailler». ;-)

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32 lectures

jeudi, 14 octobre 2021

Rien ne t'efface, de Michel Bussi.

L'ouvrage:
Saint-Jean-de-Luz, 21 juin 2010. Aujourd'hui, Esteban a dix ans. Comme tous les matins, sa mère (maddi) et lui vont à la plage, puis elle lui donne un euro pour acheter du pain. Comme d'habitude, au moment où Maddi sortira de sa douche, Esteban aura mis la table... mais ce matin-là, lorsque la jeune femme sort de la douche, le garçonnet n'est pas là. On ne trouve aucune trace de lui nulle part.

Dix ans plus tard, sur la même plage, Maddi croise Tom, un garçonnet ressemblant énormément à Esteban, et portant le même maillot que celui-ci le jour de sa disparition...

Critique:
Après avoir aimé trois livres de Michel Bussi, j'ai été très déçue par «Nymphéas noirs», un peu déçue par «Maman a tort», j'ai abandonné «Sang famille» très près du début, j'ai été indifférente à certains résumés («On la trouvait plutôt jolie», «Le temps est assassin», et «J'ai dû rêver trop fort»). Je me disais que je ne lirais plus de livres de cet auteur. C'est alors que j'ai été surprise d'être tentée par «Rien ne t'efface». Heureusement pour moi, il m'a plu. Bien sûr, nous sommes avec Bussi, donc il y a des choses à la limite de l'incohérence, mais globalement, il s'en sort.

L'auteur sème beaucoup d'indices qui tendraient à prouver que, d'une manière inexplicable, Tom et Esteban sont jumeaux, ou sont la même personne. Je suis contente qu'ensuite, il explique tout rationnellement sans que j'aie pu trouver la solution avant. Par exemple, lorsqu'il s'agit du test ADN, j'ai pensé qu'il lui serait impossible de donner une explication tenant la route. Et pourtant, si.

L'auteur a quand même réussi à faire une chose qui m'a déplu. Il a suggéré quelque chose au lecteur, afin de mieux le tromper ensuite. Ce genre de choses me ravit quand c'est bien fait. Ici, il y a, par moments, l'utilisation de sabots un peu gros. Certes, beaucoup d'éléments qu'on interprète d'une manière sont, ensuite, faciles à comprendre de la manière dont il fallait les interpréter, mais d'autres sont un peu délicats. Je n'en veux pas trop à l'auteur pour cela, parce qu'il ne s'en tire pas trop mal. De plus, lorsqu'il lève le voile sur cet élément, le lecteur (en tout cas, moi) pense que tel personnage est responsable de certaines choses pour telles raisons. Heureusement, l'écrivain n'a pas choisi cette voie. En effet, j'aurais été très déçue que ce personnage-là soit méchant. Cela aurait été crédible, mais un peu convenu, un peu remâché...

Je ne me suis pas ennuyée, mais le livre traîne un peu à certains moments.
À la fin, j'aurais aimé qu'il soit dit ce que certains personnages pensaient quant à un autre...

Le romancier a glissé quelques notes d'humour dans ce livre où «tension» est le maître mot. Par exemple, Necter et Esther sont souvent sources de sourire. N'oublions pas le concert final sur fond de stress dû à un grand événement.

Remarque annexe:
Pendant ma lecture, j'avais la chanson «Pas Toi», de Jean Jacques Goldman, dans la tête. Je ne suis pas fan de ce chanteur, mais on a beaucoup entendu cette chanson, à sa sortie, et les paroles du refrain se sont gravées dans ma tête.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie.

Léovanie Raud lit les chapitres du point de vue de Maddi, Antoine Doignon lit les autres chapitres. Marie Bouvet lit un passage du point de vue d'un autre personnage.

Je connais peu ces trois comédiens. Je les ai appréciés tous les trois. Ils jouent sans cabotiner. Je les entendrai à nouveau avec plaisir.

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45 lectures

lundi, 11 octobre 2021

That weekend, de Kara Thomas.

That weekend

L'ouvrage:
Claire, dix-sept ans, se réveille seule dans les bois. Elle s'aperçoit qu'elle est blessée, et que ses deux meilleurs amis (Kat et Jesse) avec qui elle campait, ne sont pas avec elle. Elle ne peut se souvenir des raisons pour lesquelles elle est seule.

Critique:
Après avoir aimé deux romans de Kara Thomas, j'ai sauté sur «That weekend». Là encore, la romancière a su me captiver. L'intrigue ne traîne pas, il n'y a pas de remplissage. Je ne me suis pas ennuyée. Il y a un rebondissement auquel j'ai fini par penser avant que l'autrice ne le dévoile, mais cela n'a pas du tout gâché ma lecture, car je ne savais pas comment telle et telle chose s'étaient produites.

Les actes d'un personnage m'ont encore fait me demander ce que j'aurais fait à sa place. Je l'ai blâmé, car je pense qu'il aurait dû faire autrement (j'avais même trouvé une idée que j'ai été déçue que personne ne suggère), mais il m'a été impossible d'affirmer qu'à sa place, j'aurais agi autrement, surtout lorsque ce personnage aggrave son cas... Il y a quand même une différence entre ce protagoniste et moi: dans sa manière d'agir, il m'a semblé déceler de la sociopathie. Certes, je ne peux pas en être absolument sûre, mais j'ai pas mal d'exemples à proposer pour expliquer ma théorie.

Claire est le personnage que j'ai préféré. Il est facile de s'identifier à elle, car elle expose ses états d'âme, ses questions, ses peurs... Il est peut-être un peu gros qu'elle n'ait pas vu certaines choses, mais il est également vrai que quand on ne veut pas voir, on ne voit pas. À la fin, Claire explique une chose qu'elle a faite, du genre de celles qui me font toujours me demander ce que j'aurais fait à la place du personnage. Eh bien, là, je pense qu'à sa place, j'aurais agi comme elle. Et comme elle, j'aurais dû vivre avec ce fardeau (elle ne le tourne pas ainsi, mais ça revient au même).

Je ne sais pas trop quoi penser de Jesse. J'ai compris certains de ses actes, mais je n'étais pas d'accord avec lui.

À la fin, j'ai été un peu déçue que Claire ignore un fait. Bien sûr, ce qui compte, c'est que le lecteur le sache. De plus, j'aurais aimé des chapitres supplémentaires qui diraient l'après pour certains personnages. Certes, on sait ce qui arrivera à court terme, mais ensuite...

J'ai apprécié les parents de Claire. Ils semblaient une oasis de paix dans ce bouillonnement de tension.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole et Kristen Sieh pour les éditions Listening Library.

Comme d'habitude, il m'a plu de retrouver Phoebe Strole dont le jeu est toujours aussi bon.
Quant à Kristen Sieh, je n'ai rien à redire à son jeu. Cependant, je m'étonne que l'éditeur ait choisi cette comédienne. Elle interprète des chapitres dont la narratrice est une adolescente. Or, sa voix ne peut pas passer pour celle d'une adolescente. Autant Phoebe Strole peut lire des rôles d'adolescentes (ce qu'elle fait, d'ailleurs, la plupart du temps) autant Kristen Sieh a une voix trop adulte.

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43 lectures

jeudi, 7 octobre 2021

La fille du marchand de saphirs, de Dinah Jefferies.

La fille du marchand de saphirs

L'ouvrage:
Ceylan, 1935. Louisa est mariée à Elliot, un homme d'affaires. La jeune femme souhaite être mère, mais ne fait que des fausses couches. De plus, Elliot s'absente souvent, ce qui la désempare. Alors qu'il vient d'acheter une vieille imprimerie dans le but d'en faire une bijouterie, Elliot meurt dans un accident de voiture. Outre la douleur de la perte, Louisa doit affronter celle que déclenchent des découvertes concernant son défunt mari.

Critique:
Lire ce roman a été un pari. En effet, la quatrième de couverture laisse entrevoir qu'il y a une histoire d'amour qui pourrait me sembler trop soudaine et mal amenée. Cependant, j'ai écouté mon instinct, car depuis des années, il ne me trompe pas. Encore une fois, j'ai eu raison car le livre m'a plu. L'histoire d'amour n'est pas trop mal amenée. Elle est préparée par les circonstances, et ne jaillit pas comme un cheveu sur la soupe. Et puis, les deux personnages ne sont pas toujours à se faire les yeux doux...

Louisa semble un peu trop parfaite. Cela ne m'a pas ennuyée, alors que cela aussi est le genre de choses qui m'agacent. Sa «perfection» est ternie (c'est peut-être ce qui a fait que ça ne m'a pas ennuyée) par son aveuglement concernant Elliot. De plus, pour moi, lorsqu'un personnage désire un ou des enfants plus que tout, c'est d'emblée un mauvais point dans ma tête. Donc, indépendamment de sa volonté, Dinah Jefferies m'a donné une raison de ne pas trouver Louisa parfaite. ;-) En outre, j'espère qu'à sa place, j'aurais toujours agi comme elle. Au long du roman, une question se pose, concernant les possibilités d'agir des «méchants». J'ai eu peur que l'autrice la résolve d'une manière qui m'aurait semblé un peu grosse. Heureusement, elle a trouvé quelque chose de plus crédible, et n'a pas fait ce dont j'avais peur.

Certains diront que le revirement final d'un personnage n'est pas crédible. Là encore, l'autrice a su l'amener. Le personnage précise bien qu'il a changé d'avis après avoir discuté avec deux autres, surtout l'un d'eux. De ce fait, elle sauve son revirement en le rendant crédible, car tout au long du roman, le personnage qui a réussi à faire en sorte que le revirement ait lieu analyse la situation de manière objective et posée.

Dinah Jefferies effleure le thème du colonialisme, du racisme. Elle se concentre davantage sur la propension qu'ont certains à colporter des ragots, et à frapper des personnes à terre. Où qu'on soit, cela se retrouvera, malheureusement, toujours...

Je ne sais pas trop quoi penser du titre... Certes, le père de Louisa est négociant en pierres précieuses, mais il n'est pas marchand de saphirs. Je me demande pourquoi le «veuve» du titre original n'a pas été utilisé, car le fameux marchand de saphirs pourrait être Elliot, qui souhaitait ouvrir une bijouterie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver Manon Jomain. Son jeu ne m'a pas déçue, elle n'a pas démérité.

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62 lectures

lundi, 4 octobre 2021

Un papillon, un scarabée, une rose, d'Aimee Bender.

Un papillon, un scarabée, une rose

L'ouvrage:
Elaine n'est pas stable mentalement. Alors que sa fille, Francie, a huit ans, Elaine est victime d'une crise plus violente que les autres, et fracasse sa main à coups de marteau. Alors qu'elle est emmenée en hôpital psychiatrique, des dispositions sont prises pour que Francie quitte Portland, et aille vivre à Los Angeles, chez sa tante (Minnie, la soeur de sa mère) et son oncle (Stan).

Critique:
J'avais un peu peur que ce roman m'ennuie parce que la quatrième de couverture précise que Francie vit une jeunesse habitée par la peur de la folie. J'avais donc peur que l'héroïne passe son temps à se perdre en conjectures. Certes, elle réfléchit beaucoup sur elle-même en rapport avec l'état de sa mère, mais elle ne fait pas que tourner en rond dans sa tête. D'ailleurs, elle ne fait pas tant cela. Elle cherche des solutions à ce qu'elle pense être des problèmes. Par exemple, la solution du verrou. Lorsqu'elle confie au lecteur pourquoi elle agit ainsi, il est évident que celui-ci se pose des questions. Cependant, il arrive à tout le monde d'avoir d'étranges pensées. On me dira que ce qui a poussé Francie à adopter la solution du verrou est davantage qu'une étrange pensée. Certes, mais si cette idée l'avait réellement obsédée, si elle avait été une espèce de psychopathe, elle aurait trouvé le moyen de la mettre en pratique, car elle l'aurait souhaité. Ce qui montre que Francie n'est pas folle, c'est qu'elle a eu peur de faire cela, mais ne l'a jamais voulu. De toute façon, au bout de très peu de temps, la mise en pratique de cette idée n'était plus possible. Je ne sais pas ce que souhaitait vraiment dire Aimee Bender, mais j'imagine que Francie, avec ce verrou, voulait surtout se protéger d'elle-même, comme lorsqu'elle mettait les objets tranchants hors de portée de sa mère. Elle voulait se protéger de ce qu'elle pensait que sa mère lui avait légué.

Francie entrelace le récit de ses derniers jours à Portland, de ses premiers jours chez sa tante et son oncle, et de son présent. Elle revient sur certains faits qui, semble-t-il, ont conditionné sa perception d'elle-même et du monde alentour. Cela peut faire penser qu'elle est étrangement obsessionnelle. Cela ne m'a pas vraiment dérangée, car on peut interpréter certaines choses d'une manière déterminante, surtout si elles sont arrivées alors qu'on vivait un grand bouleversement.

La tente aux souvenirs est un autre symbole auquel se raccroche Francie. Pour moi, c'est surtout sa complicité avec Vicky qui l'aide à mettre de l'ordre dans sa tête, à faire la part des choses.

Je n'ai pas toujours approuvé ce que fait la narratrice. Par exemple, qu'elle se mette en colère après sa tante pour l'histoire du verre d'eau n'est pas légitime. En effet, peu de monde boirait dans le même verre qu'une autre personne, et ce ne serait pas par peur «d'attraper sa folie», mais plutôt une question d'hygiène. Certes, Francie est jeune à l'époque de cette histoire, ce qui pourrait expliquer qu'elle croie vraiment à sa théorie, mais ce n'est pas crédible.
Je n'ai pas non plus approuvé ce que Francie finit par faire concernant la lampe. Certes, c'est peut-être un moyen de se débarrasser de l'espèce de mythe qu'elle a créé autour du papillon (je n'ai vu le jeu de mots qu'à la relecture, et comme il n'était pas intentionnel, je le laisse...;-) ), mais dans ce cas, autant laisser l'objet à sa propriétaire.
Malgré cela, j'ai apprécié que Francie semble s'être trouvée, et paraisse en paix à la fin. Elle garde, cependant, une minuscule part d'ombre et de mystère...

Remarque annexe:
J'ai trouvé le récit du voyage en train murakamien. Ce qu'il s'y passe (surtout l'intervention de la femme et celle du «faux» contrôleur) pourrait arriver dans un roman d'Haruki Murakami.

Éditeur: éditions de l'Olivier.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Comme souvent, j'ai tenté ce roman, même si j'avais peur de m'ennuyer, parce qu'il était enregistré par Martine Moinat dont la lecture me plaît. Elle n'a pas démérité. De plus, moi qui râle après les lecteurs (professionnels ou non) qui prononcent mal certains mots, ici, je tiens à souligner que la lectrice a correctement prononcé «klaxon», mot que certains ont tendance, depuis très peu de temps, à dénaturer en Le prononçant «klaxone».

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jeudi, 30 septembre 2021

Regarde, d'Hervé Commère.

Regarde

L'ouvrage:
Ce week-end-là, Mylène, soixante-deux ans, loue une caravane pour passer deux jours de détente dans la nature. Elle y trouve des objets ne pouvant qu'appartenir à son amour défunt, Pascal. Cela signifierait que, contrairement à ce qu'on lui a dit seize ans plus tôt, celui-ci ne serait pas mort...

Critique:
Après avoir aimé «Sauf», d'Hervé Commère, et le résumé de «Regarde» me tentant, j'avais un a priori positif. Le roman m'a plu. J'ai d'abord apprécié de retrouver les personnage de «Sauf». En effet, Mylène travaille dans le dépôt-ventes de Matt. Je me souviens très vaguement d'elle dans «Sauf».
Matt et Anna sont aussi sympathiques que dans mon souvenir. Quant à Gary et ses cousins, ils restent une source d'éléments cocasses. En dehors de ses cousins, Gary est un personnage attachant. Sa loyauté envers ceux qu'il aime m'a plu. Son opiniâtreté m'a rappelé la mienne.

Comme dans le roman sus-cité, l'auteur pose rapidement l'énigme, puis épaissit le mystère. Le roman ne souffre d'aucun temps mort, Hervé Commère s'arrange pour tenir le lecteur en haleine tout le temps. Il ne s'amuse pas à donner de faux indices ou de fausses pistes, il préfère faire en sorte que chaque découverte soit un rebondissement qui mène à une autre trouvaille. À un moment, j'ai pensé avoir trouvé quelque chose, et j'ai été ravie de découvrir que je m'étais trompée.
Il y a quand même, à mon sens, une petite incohérence.

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Il n'est pas très logique que Mylène, qui ne se confiait pas lors de ses années de prison, ait, dès le début, eu à ce point confiance en Martine pour lui donner tous les détails de son histoire avec Pascal.

Il y a aussi une chose qu'habituellement, je n'aime pas: le coup de foudre. Hervé Commère l'a amené le mieux possible, mais il n'a pu lui ôter son invraisemblance.

À la fin, on sait ce que va faire Mylène, mais j'aurais aimé en avoir les détails. J'aurais aimé lire la déconfiture d'un personnage. J'aurais adoré entendre Mylène dire au personnage certaines choses.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Bouvier pour les éditions Lizzie.

Je connais peu Marie Bouvier. Tout comme pour Ludmila Ruoso, j'avais promis à une éditrice (la même) de livres audio que je donnerais sa chance à Marie Bouvier. En effet, l'éditrice et moi avions eu le même désaccord concernant les deux comédiennes: un ou deux extraits de la lecture de Marie Bouvier m'avait d'abord dissuadée de lui donner sa chance, car je trouvais son jeu affecté. Comme j'avais promis de lire un livre entier enregistré par elle, lorsque j'ai été tentée par «Regarde», j'y ai vu une raison d'honorer ma promesse. J'ai apprécié son jeu. Elle modifie un peu sa voix pour certains personnages, comme Gary, mais heureusement, cela n'est pas affecté. Étant une horrible pinailleuse, j'ai râlé parce qu'elle prononce «klaxone» et «réfrégirateur», mais je reconnais que son jeu est bon. Je ne la fuirai plus. ;-) :-)

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lundi, 27 septembre 2021

Ridley Kayne chronicles, de Rachel Morgan.

Ridley Kayne chronicles

Note: «The Ridley Kayne chronicles» est une série en trois tomes. Ici, je chronique la série en un seul billet, je ne le fais pas tome par tome.

L'ouvrage:
Futur.
Depuis le grand cataclysme qui a eu lieu dix ans plus tôt, il est interdit de se servir de la magie. Il y en a dans l'air, mais on ne peut pas l'utiliser, car elle est dangereuse.

Ce soir-là, Ridley Kayne, dix-sept ans, vole un objet de valeur dans la maison des Davenport, une riche et influente famille de Lumina City. Ridley est connue par certains comme une sorte de Robin des bois, car elle vole les riches pour donner aux pauvres. Ce soir-là ne fait pas exception. Cependant, pour entrer dans les habitations, elle utilise la magie... De plus, peu après ce vol, Archer Davenport, qui a quelques années de plus que la jeune fille, vient lui apprendre qu'il sait qu'elle est la voleuse, et l'exhorte à rendre immédiatement la figurine,car sinon, des gens mourront.

Critique:
Cette série m'a beaucoup plu. J'ai eu la chance de l'acheter avec un seul crédit sur Audible, car les trois tomes ont été réunis en un pack. Il vaut d'ailleurs mieux enchaîner les trois tomes comme si ce n'en était qu'un seul, ce que j'ai fait.

Comme dans les autres ouvrages de Rachel Morgan, on retrouve les personnages ayant affaire à la magie et vivant de périlleuses aventures. La romancière n'oublie pas le suspense. Par exemple, lorsque les héros tombent dans un premier traquenard, le nom de leur délateur n'est pas évident, ce qui permet au lecteur d'imaginer tel ou tel coupable. Heureusement, cela ne dure pas,ce qui fait que cela n'a pas le temps de casser les pieds. ;)

Les héros sont attachants. Il ne sont, heureusement, pas parfaits, ce qui fait qu'on s'identifie facilement à eux. Certes, Ridley joue parfois les parfaites, mais certaines réactions inappropriées la rattrapent. Réactions qui déplaisent, mais dont on ne peut pas vraiment lui tenir rigueur, étant donné qu'elles interviennent après des révélations qui brisent ses repères, et sur lesquelles elle revient après réflexion.

J'ai apprécié Maverick, le père de Ridley, tout au long de la série. J'ai toujours compris ses actes. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place, mais j'ai ressenti de la compassion pour lui.

Il est un personnage que je n'ai pas aimé dès qu'il est apparu. Malgré son apparente gentillesse, de petites choses ne me plaisaient pas. Ce n'était pas une répulsion instinctive, certains faits me montraient plutôt ce personnage comme borné, égoïste, et imbu de lui-même. J'ai pensé que c'était moi qui voyais le mal où il n'y en avait pas. J'ai donc été surprise d'avoir raison quant à sa vilenie. Je suis donc fière de ne l'avoir pas senti dès le départ, et contente d'avoir été surprise d'avoir raison. ;-)

Les membres de Shadow Society (surtout les trois que nous rencontrons) sont effrayants, car ils représentent l'avidité du pouvoir, la xénophobie, l'intolérance, la méchanceté... Certains trouveront peut-être qu'ils sont trop horribles pour être vrais; je pense que malheureusement, ils sont très crédibles.

L'autrice met d'autres protagonistes devant des cas de conscience. Il en est un que le lecteur, à l'instar des héros,, déteste rapidement. Cependant, celui-ci explique qu'il était entre le marteau et l'enclume, et c'est la vérité.

Au long de la série, je ne savais pas trop quoi penser de Delila. Elle me paraissait superficielle et coincée dans un raisonnement. Cependant, lorsqu'on comprend ses motivations, le dégoût qu'elle inspire se teinte de compassion. Puis la jeune fille montre d'autres aspects d'elle-même, mûrit, et le lecteur est moins sévère.

L'histoire d'amour est correctement amenée. Ayant déjà lu des romans de Rachel Morgan, j'ai très rapidement senti venir cet élément, et cela ne m'a pas gênée, car j'ai trouvé que l'écrivain ne précipitait pas trop les choses. De plus, cela lui permet de créer une turbulence qui éprouve les amoureux, mais les force à se remettre en question. De plus, j'aime bien que, comme dans les autres ouvrages de cette autrice, le lecteur voie lesdits amoureux ensemble avant que leurs sentiments se déclarent, puis pendant qu'ils se développent.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne dont j'apprécie le jeu, même si j'en ai un peu assez de la voix qu'elle prend pour les rôles masculins. Je remarquais moins cela avant.

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