lundi, 20 mai 2019

Where there's smoke and Larger than life, de Jodi Picoult.

L'ouvrage:
Ce livre se compose de deux nouvelles où on retrouve deux héroïnes de «La tristesse des éléphants». Elles se déroulent toutes les deux avant les événements contés dans le roman.
La première («Where there's smoke») raconte la chute de Serenity (elle évoque cela de manière bien plus brève dans le roman).
La seconde («Larger than life») est un moment de la vie d'Alice, alors qu'elle travaillait au Botswana.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ces deux nouvelles. Serenity et Alice sont des personnages très sympathiques, et il m'a plu de les retrouver un peu, et de les côtoyer avant ce qui arrive dans «La tristesse des éléphants».

Si Serenity dit de petites choses qu'elle évoque aussi dans le roman (comme certaines manières de procéder pour que le client lui donne des indices sur ce qu'elle doit dire), elle raconte aussi des choses qui ne sont pas dans le roman. Elle commence par l'histoire du petit garçon qui volait ses affaires. Cette anecdote, me semble-t-il, n'est pas reprise par la suite. De plus, dans la nouvelle, elle raconte l'histoire qui lui a fait perdre son émission télévisée, mais elle parle aussi d'autres événements qui se passent en parallèle.

Quant à Alice, elle nous narre sa rencontre avec un éléphanteau. C'est très intéressant parce qu'elle glisse certains détails concernant le comportement des éléphants (pas autant que dans le roman, bien sûr), et aussi parce que ce genre de récits est toujours très émouvant. C'est à la fin de cet épisode de sa vie qu'Alice découvre quelque chose qu'elle dit dans «La tristesse des éléphants». Je ne dirai pas quoi, mais cette chose m'avait beaucoup marquée, et je n'ai pas eu besoin d'aller la rechercher dans le roman, lorsque je l'ai entendue dans la nouvelle, pour me souvenir qu'Alice l'avait déjà dite. C'est quelque chose qu'il faut absolument savoir si on veut s'occuper d'éléphants. Dans cette nouvelle, j'ai retrouvé tout ce qui m'avait plu en Alice dans le roman, notamment son amour des éléphants. J'aurais quand même préféré que Jodi Picoult ne lui fasse pas vivre une aventure sentimentale. Entre ça et ce qui arrive par la suite, on dirait que cette pauvre Alice est destinée à être toujours déçue sur ce plan-là.
Je ne me souviens plus si, dans le roman, la jeune femme parle beaucoup de ses relations avec sa mère. Dans la nouvelle, il en est beaucoup question.
Il m'a semblé qu'il y avait une incohérence. L'épisode évoqué dans «Larger than life» se passe en 1999. Or, dans «La tristesse des éléphants», Jenna commence à rechercher sa mère en 2010. À ce moment, Alice a disparu depuis dix ans, et Jenna a treize ans. Elle serait donc née en 1997. Pourtant, dans la nouvelle, Alice n'a pas encore rencontré Thomas, et donc Jenna n'est pas encore née...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Penguin Random House Audio.
Kathe Mazur a enregistré «Where there's smoke», et Rebecca Lowman a enregistré «Larger than life».
J'aime beaucoup Kathe Mazur, mais parfois, elle m'agace parce que sa voix est trop murmurante. On dirait qu'elle se retient. Ici, tout comme dans «La tristesse des éléphants», cela n'a pas été le cas: elle lisait assez fort, tout en adoptant les intonations qui convenaient.
Rebecca Lowman fait partie de mes comédiens préférés. Ici, elle n'a pas démérité, à mon avis.

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jeudi, 16 mai 2019

Votre santé sans risques, de Frédéric Saldmann.

L'ouvrage:
Le docteur Frédéric Saldmann nous donne des conseils pour aller mieux.

Critique:
Cela fait un moment que je veux lire des ouvrages de ce médecin. Je n'ai pas été déçue. Avec ce genre, j'ai toujours peur de tomber sur des extrémistes qui énonceraient leurs avis de manière docte et péremptoire. Heureusement, ici, tout est dans la mesure. De plus, les choses sont expliquées. L'auteur dit à plusieurs reprises qu'il déteste culpabiliser les gens, et ne soulève pas de problèmes s'il ne peut y apporter une solution. Souvent, ses conseils sont faciles à appliquer. Il a répondu (entre autres) à ma question concernant le nettoyage du micro-omdes. Maintenant, il faut que j'essaie sa méthode.

L'auteur dit que s'il pouvait, il ouvrirait une école du bon sens. J'approuve ce souhait. Je me rends de plus en plus compte que ce qui nous manque, c'est le bon sens et l'information. J'ai été ravie d'apprendre des choses, mais aussi de voir que j'en appliquais déjà certaines. Je pense notamment au fait d'être soi-même, de ne pas se conformer à une mode ou à un engouement collectif. D'ailleurs, lorsque j'ai lu ces conseils, j'ai tiqué, pensant que c'était évident. Pourtant, s'il prend la peine de le dire, c'est qu'il existe des gens qui agissent sans penser à ce qui leur plaît vraiment. En effet, le médecin ne parle pas seulement d'alimentation, de sommeil, et d'hygiène, mais aussi d'une philosophie de vie. Il nous exhorte à ne pas nous entortiller dans des chaînes, mais à nous écouter.

Il va de soi que certaines idées peuvent être adaptées. Par exemple, il dit que pour se détendre, il faut penser à ce qui nous a plu pendant nos dernières vacances, et il évoque la plage, le soleil, les voyages, etc. Détestant les voyages, je vais plutôt penser à un livre qui m'a beaucoup plu, à des conversations amusantes avec des amis, etc. À chacun de trouver ses moments heureux.

Frédéric Saldmann prône le jeûne séquentiel. Il préconise un jeûne de seize heures une fois par semaine. D'autre part, Jean-Michel Cohen conseille douze heures. N'y connaissant rien, et n'étant pas fervente adepte du jeûne, je fais ce qui est également prôné par l'auteur de cet ouvrage: je m'écoute. Parfois, ayant déjeuné tard, je ne mange pas le soir (sauf si je cède à ma gourmandise). Cela fait que je me retrouve à jeûner douze heures, parfois un peu plus. Tant que je n'ai pas faim, cela me va.

Je n'ai qu'un petit reproche à adresser: certains conseils impliquent que tous les lecteurs sont en mesure de les appliquer. Or, je ne sais pas siffler, et je ne cois pas être la seule. Je suppose qu'on peut remplacer le sifflement par le chant, ce que je fais d'ailleurs. D'autre part, il paraîtrait qu'on s'endort mieux dans le noir complet. C'est peut-être vrai pour les personnes qui voient. Qu'en est-il de celles (comme moi) qui vivent dans le noir total? L'auteur donne d'autres méthodes pour vite s'endormir, donc je les essaierai, mais en ce qui concerne celle-là, elle ne sera pas probante sur moi. ;-)

Ayant aimé cet ouvrage, je lirai «Le meilleur médicament, c'est vous».

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour l'association Valentin Haüy.

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42 lectures

lundi, 13 mai 2019

Where we belong, de Catherine Ryan Hyde.

L'ouvrage:
Angie (la narratrice) a quatorze ans. Sa mère, sa soeur (Sophie, six ans) et elle viennent d'emménager chez sa tante Vi. Elles ne savent pas si elles pourront rester parce que Sophie casse les oreilles de tous en hurlant dès que quelque chose ne va pas comme elle veut. Elle n'est pas capricieuse, mais autiste. C'est ce que va découvrir Paul, soixante-cinq ans. Un soir que les cris de l'enfant l'exaspèrent, il apprend qu'elle hurle ainsi parce qu'elle s'est entichée de sa chienne (Rigby). Sophie la regarde par la barrière qui sépare les deux maisons, et ne supporte pas qu'elle soit hors de sa vue.

Critique:
C'est le troisième roman de Catherine Ryan Hyde que je lis. J'ai eu du mal à y entrer, principalement parce que Sophie m'énervait. Pourtant, je savais bien que rien n'était de sa faute... La mère des deux fillettes me fatiguait aussi. Si j'ai fini par faire avec Sophie, j'aurais bien (à plusieurs reprises) donné une bonne paire de gifles à la mère. Même quand elle veut faire plaisir à Sophie, elle fait n'importe quoi! Si les trois personnages se sortent de certaines situations, c'est grâce à Angie. L'adolescente est d'ailleurs mal à l'aise dans ce rôle, et exhorte plusieurs fois sa mère à être l'adulte de la famille. En outre, Angie découvre par hasard que sa mère lui a toujours menti sur quelque chose d'important.

J'ai préféré la narratrice. J'ai d'abord apprécié le fait qu'elle fasse toujours attention aux autres, notamment à ceux qui sont sans défense. Par exemple, elle se fait tout de suite la championne de Rigby, et n'admet pas qu'il puisse lui arriver malheur. Elle ose même (alors qu'elle le connaît peu) faire une critique à Paul concernant la chienne. J'ai un peu moins apprécié qu'elle souhaite coûte que coûte ne pas placer sa soeur. Ses arguments sont valables, mais peut-être aurait-elle pu essayer de voir comment les choses se seraient passées pour l'enfant dans un endroit spécialisé. Il est vrai que beaucoup d'endroits spécialisés de toutes sortes sont, en réalité, totalement horribles. Cependant, si on ne tente rien, et qu'on reste bloqué sur certains préjugés, on n'avance pas. De plus, cela aurait peut-être pu aider Sophie. Heureusement, au long du roman, Angie réfléchit, et finit par envisager certaines choses.
Angie est attachante, parce qu'en plus de penser aux autres, elle a de jolis rêves. De plus, elle n'a pas peur d'être elle-même, ne tente jamais de se mentir. C'est une grande preuve de courage. Enfin, elle risque son amitié avec Paul pour débloquer une situation. Là encore, on ne pourra qu'admirer son courage.

Je sais que certains de mes reproches ne devraient pas être. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi je n'ai ressenti aucune sympathie envers Sophie. De toute façon, le roman m'a globalement plu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vanessa Johansson pour les éditions Audible Inc.
C'est le premier livre que je lis enregistré par cette comédienne. J'ai beaucoup aimé son jeu, surtout le fait qu'elle ne prenne pas d'horribles voix pour les rôles masculins. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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48 lectures

samedi, 11 mai 2019

Vue pour la dernière fois, de Nina Laurin.

Vue pour la dernière fois

L'ouvrage:
À dix ans, Ella Santos est enlevée. Trois ans plus tard, son ravisseur la relâche.
Dix ans passent. Un jour, la jeune femme voit une affichette: une fillette, Olivia,a été enlevée. Elle ressemble trait pour trait à Ella lorsque celle-ci avait dix ans.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je me doutais qu'il serait difficile psychologiquement, et cela m'effrayait un peu, mais mon envie de le découvrir a été la plus forte. Ella est un personnage sympathique. Si sa propension à s'autodétruire est agaçante, elle est compréhensible. Sa situation est terrible. Comment s'en sortir après ce qu'elle a vécu? En tout cas, l'autrice montre une héroïne travaillée, creusée, crédible.

Le récit est sans temps morts. L'écrivain maîtrise la tension, le suspense... À mesure que la lecture avance, certaines choses se mettent lentement en place. Très vite, et ce pendant tout le roman, Nina Laurin éparpille de petits indices en rapport avec tel ou tel aspect de l'intrigue. Cela fait qu'un élément, tout en m'horrifiant, ne m'a malheureusement pas surprise. Il m'a d'ailleurs fait penser à un autre roman que je ne citerai pas pour ne pas donner une indication trop importante. Quant à l'autre révélation (qui est, elle aussi, très bien préparée), je l'ai devinée très peu de temps avant que la romancière ne la donne. Tout est cohérent, tout s'imbrique très bien.

Comme dans le roman auquel certains aspects de celui-ci m'ont fait penser, j'aurais voulu que deux personnages souffrent davantage. Pour moi, ils n'ont d'ailleurs même pas souffert. Mes raisons sont identiques à celles que j'avais en lisant l'autre roman. D'ailleurs, la seule chose pour laquelle j'en ai voulu à Sean, c'est parce qu'il n'a pas torturé l'un de ces personnages quand il le pouvait. Certes, ce n'était pas si simple...

Comme souvent, j'aurais souhaité une fin qui se prolonge. Je pense que l'autrice n'est absolument pas à remettre en cause: c'est moi qui voudrais pouvoir suivre les personnages qui m'intéressent, et qui ai du mal à les quitter. D'habitude, cela m'arrive avec des romans plus légers. Si cela commence à me faire la même chose concernant les thrillers, je ne suis pas sortie de l'auberge. ;-)

Je me rends compte que j'aimerais dire beaucoup d'autres choses, mais que je ne le peux pas sous peine de trop en dévoiler. Alors, je ne peux que vous conseiller ce roman bien pensé.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alexandra Mori.

La comédienne adopte toujours le ton adéquat. Son jeu m'a plu. Elle ne force pas sa voix pour les rôles masculins, et à part Lainey (qu'elle prononce Leïné», alors que cela se dit «Leïny»), elle n'a pas mal prononcé les noms propres anglophones. J'ai trouvé, par exemple, que sa prononciation de Sugar était bonne, alors qu'à mon avis, il est très facile d'exagérer en disant ce mot.
Quelque chose m'a dérangée. C'est en écoutant Alexandra Mori que je me suis pleinement rendue compte (je le savais déjà, mais là, il a fallu que je l'admette) que... j'étais une extrémiste du français standard! En effet, j'ai été très gênée que la comédienne prononce certains sons «é» fermés alors qu'ils doivent être ouverts. Par exemple, certaines formes verbales terminées par «ais» ou «ait» ou «aient», ainsi que certains mots terminés par «ès», etc. Elle fait aussi cela en prononçant certains «o», et des mots terminés par «euse» ouverts alors qu'ils devraient être fermés, mais elle ne le fait pas à chaque fois. En tant que puriste, voire extrémiste (snif snif), du français standard, j'ai déjà râlé après certains comédiens qui faisaient ce genre de fautes, mais je n'ai rien dit parce qu'elles n'étaient pas si fréquentes. J'ai l'impression qu'Alexandra Mori les a accumulées, voilà pourquoi je le souligne ici.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée: il y a plusieurs chapitres (de trois à cinq) sur une piste. Cela m'a étonnée, parce que cela fait un moment que les éditions Audible respectent la structure des livres.

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92 lectures

jeudi, 9 mai 2019

Des rêves infinis, de Karen Thompson Walker.

Des rêves infinis

L'ouvrage:
Cela a commencé dans une université de Santa Laura, petit village de Californie. Une étudiante, Cara, s'est allongée, s'est endormie, et on n'a pu la réveiller. D'autres étudiants, puis des habitants du village se sont endormis ainsi. On se demande si c'est un virus... Des personnes extérieures au village doutent de la véracité de cet étrange sommeil qui s'empare de n'importe qui.

Critique:
Sans vouloir comparer «Des rêves infinis» à «L'âge des miracles», je me suis quand même souvenue que j'étais tout de suite entrée dans le premier roman de Karen Thompson Walker, et l'avais apprécié de bout en bout. Ici, cela n'a pas été le cas. D'abord, j'ai trouvé qu'on voyait trop de personnages, et qu'à chaque fois, on les voyait trop peu pour s'y attacher réellement. Au bout d'un moment, on finit par tous les connaître à peu près, et par les suivre, mais pendant assez longtemps, j'ai eu du mal à passer des uns aux autres. J'ai aussi trouvé le tout très lent. Il y a des romans où cela me plaît, parce qu'on prend le temps de découvrir les choses. Ici, cela m'a plutôt ennuyée. J'imagine que l'autrice a souhaité utiliser un thème déjà abordé (un genre de virus dont les effets sont assez surprenants) sans que cela ne ressemble trop à certains aspects de son premier roman ni à ce qui a déjà été créé sur ce genre de sujets. Je la comprends, mais je suis assez déçue du résultat. En plus, certains personnages m'ont agacée, comme Annie.

J'ai quand même apprécié certains protagonistes: les deux soeurs (Sarah et Livie), Ben, et Mei (même si je l'ai préférée au début, et qu'ensuite, elle m'a agacée). J'ai trouvé intéressant que la romancière finisse par développer une théorie concernant tous ces gens qui dorment pendant tout ce temps. J'ai compris le désarroi de Rebecca, même si j'ai eu du mal à m'attacher à elle, parce qu'elle s'est mise à dormir très rapidement, et que, par conséquent, on connaît très peu sa personnalité. En plus, avant de s'endormir, elle fait quelque chose qui, au mieux, est stupide, et au pire, est très méchant.

Me trouvant un peu tiède concernant ce roman, je suis allée lire les commentaires recensés sur Audible.fr. Globalement, les gens pensent comme moi. Certains vont même plus loin, disant que l'histoire ne va nulle part, qu'à la fin, on en est au même point qu'au début. D'autres (comme moi) ont aimé la performance de la lectrice, mais se sont ennuyés à cause de l'intrigue et des personnages qu'ils ont jugés peu intéressants. Une personne a même dit que Cassandra Campbell avait l'air de se demander: «Pourquoi est-ce que j'ai accepté d'enregistrer ce roman!» Cela m'a fait rire, même si, pour moi, la comédienne ne semblait pas s'ennuyer.

Je souligne ici que je suis assez contente que certaines personnes n'aient pas aimé le livre pour les mêmes raisons que moi. Cela me fait penser à la fois où mon mari (qui ne lit jamais mes chroniques, sauf celle qu'il aurait pu laisser de côté), m'a demandé pourquoi mon avis sur «Appelle-moi», de Sophie McKenzie, était si négatif, alors que la plupart des commentaires encensaient le livre. Bah, chacun son opinion: ma chronique négative était argumentée, et je n'ai pas du tout aimé que mon mari (n'allez pas lire son blog, ça lui fera les pieds) remette mon avis en question (le faquin sous-entendait que je n'avais sûrement rien compris au roman) sous prétexte que beaucoup de lecteurs avaient aimé le livre.

Pour en revenir à «Des rêves infinis», je ne regrette quand même pas mon achat, parce que de toute façon, je voulais lire le deuxième roman de Karen Thompson Walker. J'ai tellement aimé «L'âge des miracles» que je pense que si j'avais lu les commentaires avant d'acheter «Des rêves infinis», je ne les aurais pas écoutés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Comme d'habitude, j'ai apprécié la prestation de la comédienne. Dans les commentaires, certains disent qu'elle n'est pas à remettre en cause, mais d'autres l'ont trouvée aussi lente et ennuyeuse que le roman.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée: beaucoup de chapitres sont coupés en plusieurs pistes. Cela m'a beaucoup étonnée, car 99,9% du temps, les éditeurs audio américains (et surtout Penguin Random House Audio) respectent la structure des livres. J'espère que le découpage de celui-là est une exception...

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73 lectures

mercredi, 8 mai 2019

La symphonie du hasard, livre 3, de Douglas Kennedy.

La symphonie du hasard, livre 3

L'ouvrage:
Alice est rentrée aux États-Unis. Elle oscille entre reconstruction et besoin d'en finir. Entre sa famille (toujours aussi bancale) et ses amis, elle parvient peu à peu à trouver une forme d'équilibre...

Critique:
J'ai préféré cette troisième partie à la précédente. Ici, la narratrice ne m'a pas cassé les pieds, j'ai compris ses choix, ses craintes, ses hésitations... Je l'ai trouvée plus nuancée, moins égoïste, moins prompte à juger tout en n'étant pas irréprochable. Par exemple, elle souffre de ce que lui fait sa mère, mais ne décide pas d'exclure cette dernière de sa vie. Tout au long de cette partie, Alice m'a semblé faire ce qu'elle pouvait avec les cartes qu'elle avait.

Encore une fois, j'ai été plus indulgente envers sa mère qu'envers son père. Sa mère reconnaît ses torts, finit par trouver le courage de faire quelque chose, est prudente lorsqu'il s'agit de prendre une certaine décision... Le père d'Alice ne cesse de dire et faire des choses répréhensibles, son repentir est toujours grandiloquent, et sonne faux. Il se fustige à grand renfort de mots très durs et de grosses larmes, ce qui ne l'empêche pas de recommencer à dire et faire d'autres choses répréhensibles, et à refuser vertement les conseils...

Malgré de graves éléments, l'auteur glisse souvent de l'humour dans cette partie. L'exemple le plus parlant est celui de la situation des parents de notre héroïne. Leur comportement l'un envers l'autre m'a beaucoup amusée, et quelque peu attendrie. Mon passage préféré concernant cela est le mariage d'Adam. Outre la drôlerie de certaines répliques et situations, à cette occasion, presque tous les Burns sont réunis et rient ensemble. Bien sûr, ils font cela lors d'un moment qu'ils savent dénué de bonheur, mais pour moi, ils font la seule chose qu'ils peuvent. En outre, cette complicité est assez rare pour être soulignée.

Comme dans d'autres romans, Douglas Kennedy n'oublie pas le contexte historique. Je ne m'y connais pas tant que ça en histoire des États-Unis des années 80, mais tout sonne vrai. Je ne savais pas que Ronald Reagan avait été élu avec autant de voix...

J'ai apprécié les différentes réflexions dont l'auteur parsème son ouvrage concernant la vie, la souffrance due au deuil, l'adaptabilité de l'être humain... Tout cela m'a paru très juste, cela a fait écho à certaines de mes pensées. Le seul élément avec lequel je ne suis pas d'accord, c'est le fait qu'on choisit de souffrir. Alice choisit certaines choses, soit, mais je n'aime pas que le romancier fasse de cela une généralité. Il y a une chose dans ma vie que je n'ai absolument pas choisie, et dont je me débarrasserais le plus rapidement possible, si je le pouvais.

Je ne l'ai pas dit dans ma chronique du tome 1, parce que je voulais voir à quel point ma supposition était exacte, mais Douglas Kennedy nous gratifie de ce que j'appelle un prologue qui ne sert à rien. Malheureusement, il répond à tous les critères des prologues que je qualifie ainsi: il donne des informations qu'il vaudrait mieux apprendre quand elles se produisent dans l'histoire. L'auteur se charge donc tout seul de gâcher certains moments de lecture. On retrouve une grande partie de ce prologue presque à la fin du dernier chapitre. Il aurait mieux valu qu'il n'existe pas, car à mon avis, à part donner certaines révélations trop tôt, il n'apporte rien. Je devrais rebaptiser ces prologues qui ne servent à rien en prologues qui gâchent la lecture. Une amie m'a dit que lorsqu'elle constate que le prologue d'un livre est de ce genre (par exemple parce qu'il ne se passe pas tant de temps avant le chapitre 1), elle ne le lit pas. J'envisage de faire comme elle. J'ai fait ainsi sans le vouloir concernant «La fille du train», et quand j'ai découvert le prologue, j'ai été ravie de ne l'avoir pas lu au début!

À la fin de cette troisième partie, on attend une suite. On peut prévoir certaines choses, mais j'ai quand même l'impression d'un récit inachevé. De plus, j'aurais aimé retrouver cette intrigue et ces personnages qui m'intéressent, même si la seconde partie du roman m'a moins plu.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu.

Il m'a plu de retrouver Ingrid Donnadieu. Elle n'a pas démérité: son jeu reste vivant sans affectation, tant concernant la prononciation des mots anglophones que la modulation de sa voix pour certains rôles et certaines émotions. Par exemple, à un moment, Alice pleure: la comédienne joue cela très bien. J'ai choisi de souligner cela parce que c'est quelque chose d'assez difficile à bien jouer, et que certains s'en tirent mal.

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41 lectures

lundi, 6 mai 2019

Find me gone, de Sarah Meuleman.

Find me gone

L'ouvrage:
1996, Bachte-Maria-Leerne, village belge. Sophie et Hannah, douze ans, sont très amies. Hannah est populaire, alors que personne ne recherche la compagnie de Sophie. Petit à petit, Hannah se fait d'autres amis, et s'éloigne de Sophie...

2014, New York. Hannah est journaliste. Elle s'est lancée dans l'écriture de la biographie de trois romancières du vingtième siècle. À mesure qu'elle se documente quant à leur passé, elle se replonge dans le sien, et repense à ces années de son enfance.

Critique:
Ce livre m'a plu, même si certains passages m'ont semblé un peu longs. N'étant pas férue d'Agatha Christie ni de Virginia Woolf, les chapitres concernant leur vie m'ont moins intéressée. Quant à Barbara Follett, je ne la connaissais pas du tout, donc il m'a plu de la découvrir un peu à travers les recherches de l'héroïne.

L'intrigue est bien menée. Après avoir lu le dernier chapitre, je me suis souvenue de passages qui pouvaient être interprétés de deux façons différentes selon les informations données au lecteur. J'en ai réécouté quelques-uns pour voir si je pouvais prendre Sarah Meuleman en défaut, et j'ai constaté, avec plaisir, qu'elle avait finement joué. Bien sûr, je n'ai pas tout réécouté, et je pense qu'il serait intéressant de relire le roman après avoir eu un paramètre, et de voir si l'autrice peut être prise en défaut. Il n'y a qu'un petit passage (quelques phrases) qui m'a paru discutable, mais ce n'est pas dû à Sarah Meuleman, c'est le ton de Cassandra Campbell (la lectrice) qui, pour moi, n'est pas assez ambigu. Il l'est un peu, mais je pense qu'elle aurait pu le rendre un peu plus équivoque sans que cela ne dévie le lecteur de ce qu'il croit au départ, et sans que la deuxième lecture ne donne à penser qu'elle exagère. Pour moi, elle aurait pu, sans problèmes, adopter ce ton qui n'aurait paru ambigu qu'à la deuxième écoute, ce qui est justement le but.
Quant au paramètre qu'on découvre à la fin de l'avant-dernier chapitre, je l'avais envisagé, mais ne m'y étais pas vraiment arrêtée, pensant que tel caractère ou tel événement ne collait pas. Et pourtant, après lecture, je me rends compte que si, tout colle, et surtout le caractère d'un personnage.

Comme souvent, la quatrième de couverture (en tout cas, celle en anglais) en dit trop. Elle fait qu'on connaît un événement bien avant qu'il arrive. Cela ne gâche pas vraiment la lecture, mais j'aurais préféré découvrir ce fait à mesure de mon avancée dans le roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Harper Audio.

Cassandra Campbell fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, mis à part le petit reproche que je lui ai adressé quant aux phrases qu'elle aurait pu prononcer sur un ton un peu plus ambigu, je n'ai rien à redire à son interprétation.
Lorsqu'elle enregistre les chapitres concernant Agatha Christie et Virginia Woolf, Cassandra Campbell prend un accent anglais pour les répliques des personnages. Je n'aime pas l'accent anglais, mais joué par cette comédienne, je l'ai trouvé supportable. Heureusement pour moi, elle prend très peu cet accent au long du roman.

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52 lectures

jeudi, 2 mai 2019

La bibliothèque des citrons, de Jo Cotterill.

La bibliothèque des citrons

L'ouvrage:
Calypso a dix ans. Voilà cinq ans que sa mère est morte d'un cancer. Son père lui répète souvent que le plus important, c'est la force intérieure. La fillette a appris à ne compter sur personne. Ses amis, ce sont les livres. Alors, lorsque Mae (une nouvelle élève)souhaite se rapprocher d'elle, Calypso commence par refuser. Mae adorant les mots et les livres, elle parvient tout de même à venir à bout des résistances de la jeune narratrice.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Avec sensibilité, Jo Cotterill montre des personnages qui, ne sachant faire avec les coups durs de la vie, blessent leur entourage, tout en accentuant leur propre mal-être. On pense surtout au père de l'héroïne, mais elle fait aussi cela, dans une moindre mesure. Dès le départ, on voit que quelque chose cloche. Ce n'est pas tellement parce que Calypso doit penser aux courses, doit souvent faire ses repas... C'est plutôt parce que son père lui dit qu'elle doit se suffire à elle-même, et pouvoir se débrouiller seule moralement si elle se retrouvait sans personne. C'est aussi parce qu'elle est frustrée de ne pas pouvoir lui dire lorsque quelque chose lui déplaît. La fillette est d'autant plus déstabilisée que Mae et sa famille offrent un contraste saisissant avec cette façon d'être.

J'ai compris les maladresses du père de Calypso, son besoin de fermer certaines portes afin de tenter de souffrir le moins possible, tout en n'arrivant pas à se débarrasser de sa plus grande douleur. À travers ce personnage et d'autres, Jo Cotterill montre la complexité de certaines situations, les dommages causés par le manque de communication... J'ai apprécié le père de la narratrice, même s'il est à blâmer. On comprend très bien pourquoi il a agi ainsi. De plus, lui-même ne se cherche pas d'excuses, il explique pourquoi il a fait ceci ou cela, mais ne demande jamais qu'on le plaigne ou qu'on l'absolve.

Je suis contente qu'il existe encore des enfants comme Mae et Calypso: passionnées de lecture, d'écriture, de mots, voulant apprendre, curieuses du monde qui les entoure... Ces fillettes ont été une bouffée salutaire d'oxygène pour moi qui ne vois presque que des enfants dont les passe-temps ressemblent davantage à ceux des jeunes que rencontre Calypso lorsqu'elle commence à faire partie du groupe des veilleurs. J'étais une enfant comme Mae et Calypso, et je trouve tellement désolant que beaucoup d'enfants et d'adolescents ne s'intéressent qu'aux réseaux sociaux ou aux jeux vidéo, et ne veuillent même pas essayer de découvrir la lecture... J'aime beaucoup la description que l'héroïne fait de son état d'esprit quant aux livres, aux merveilles que chacun étale devant elle, à la joie qu'elle a à découvrir une histoire, à se poser des questions dessus, etc.

L'écriture est d'ailleurs un thème important du roman. Outre ce que j'en ai dit ci-dessus, elle est ce qui permettra finalement à Calypso et à son père de se dire certaines choses d'une importance capitale. La fillette parvient à faire passer, par l'écriture, des situations et des sentiments que son père reconnaît, ce qui aide ensuite ce dernier à exprimer ce qu'il a tu pendant toutes ces années.

Remarque: Une chose très étrange m'est arrivée concernant ce roman. Cela ne s'est jamais produit auparavant. Je tiens absolument à ce que l'héroïne s'appelle Zoé. Je n'ai absolument jamais ressenti le besoin de changer les prénoms des personnages des livres que je lis. Je ne comprends pas pourquoi ce prénom s'est imposé à moi à la place de celui choisi par l'auteur. Cela a été au point que j'ai tapé ma chronique en appelant la narratrice Zoé, et qu'à la fin, j'ai remplacé en masse tous les zoé par des Calypso. Je ne sais pas du tout pourquoi elle s'appelle ainsi pour moi... Peut-être que je l'ai associée à la dernière Zoé que j'ai découverte et appréciée dans un roman, la fille de Tish dans «Hidden», de Catherine McKenzie, lu il y a quinze jours...

À lire!

Éditeur: Fleurus.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Leonardi pour la Bibliothèque Sonore Romande.
C'est toujours un plaisir pour moi de retrouver Christine Leonardi. Son intonation est adéquate, elle n'exagère jamais... Cela a encore été le cas ici.

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