lundi, 17 janvier 2022

The perfect family, de Robyn Harding.

L'ouvrage:
En apparence, la famille Adler a tout pour être heureuse. Seulement, chacun cache d'importantes choses aux autres. Par exemple, Eli, le fils, refuse de dire à ses parents pourquoi il ne retournera pas à l'université... De plus, un matin, en sortant de la maison, Thomas (le père de famille) découvre qu'on a lancé des oeus sur la façade...

Critique:
Après avoir aimé deux romans de Robyn Harding, et étant tentée par le résumé de «The perfect family», je devais le lire. Il m'a plu, malgré de petits bémols que je mettrai au long de ma chronique.

J'ai d'abord apprécié les personnages. Ils sont loin d'être parfaits, font des erreurs, apprécient mal certaines situations, tirent des conclusions hâtives. Tout cela les rend crédibles et sympathiques. Bien sûr, je râlais lorsque Tarryn (la fille cadette) était persuadée que telle personne lui écrivait ces étranges messages, alors qu'elle n'avait aucune preuve, mais je pensais qu'il m'était facile de réagir ainsi, n'étant pas à sa place. Je pestais après Viv (la mère) qui ne pouvait s'empêcher de faire quelque chose dont je ne dirai pas ce que c'est, mais je me disais ce qui lui est dit à la fin à propos de cette chose. D'une manière générale, je grognais après eux, car chacun voulait gérer ses problèmes seul, et chacun (surtout les enfants) rejetait les autres. Mais tout en désapprouvant cela, je comprenais leur détresse (surtout celle d'Eli).

Ensuite, il m'a plu que l'autrice ait créé plusieurs «secrets» (si j'ose le tourner ainsi), car elle est obligée d'apporter des réponses au long du roman, et pas seulement à la fin. Par exemple, lorsque Viv découvre que ce qu'elle a fait pourrait être la cause de tout, elle en parle à Thomas. À ce moment-là, le roman n'est pas fini, on est loin d'avoir toutes les réponses, mais on en a quand même.

J'ai apprécié qu'au terme de ces épreuves, chaque membre de la famille se soit remis en question, et accepte de voir certaines choses autrement, accepte d'être plus souple.

Je n'ai pas aimé la toute fin. Certes, elle est préparée, je ne peux pas dire par quoi, mais elle l'est. Je pourrais la trouver acceptable si Robyn Harding écrivait une suite. Mais pour qu'elle fasse cela, il faut qu'elle ait de la matière, et là, il n'y en aurait pas assez...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Simon and Schuster Audio
Cassandra Campbell lit les chapitres narrés par Viv, Pete Simonelli interprète ceux contés par Thomas, Ali Andre Ali lit ceux du point de vue d'Eli, Amanda Dolan interprète ceux racontés par Tarryn, et Michael Crouch lit le prologue.

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28 lectures

jeudi, 13 janvier 2022

Les mains d'Orlac, de Maurice Renard.

Les mains d'Orlac

L'ouvrage:
Ce soir-là, Stephen Orlac, pianiste virtuose, est victime d'un accident de chemin de fer. Son épouse, Rosine, n'hésite pas longtemps avant de s'en remettre au docteur Cerral pour l'opérer, un chirurgien désapprouvé par certains, car il est en avance sur son temps. Stephen est sauvé, mais ses mains ne retrouvent pas leur dextérité, ce qui l'anéantit. De plus, il fait des cauchemars qui semblent beaucoup le perturber. Quant à Rosine, elle commence à prendre peur lorsqu'elle voit d'étranges choses, et qu'elle s'aperçoit que les bijoux du couple, rangés dans un coffre fermé, ont disparu. Ne pouvant laisser les choses se déliter, la jeune femme décide d'agir.

Critique:
Je ne connaissais pas du tout ce roman, et n'avais jamais entendu parler de son auteur. Je suis contente d'avoir comblé cette lacune, car le livre m'a beaucoup plu. Mêlant savamment le suspense et la science-fiction (à l'époque, l'un des éléments du roman était impossible alors qu'il l'est aujourd'hui), nimbant le tout d'un parfum de fantastique, Maurice Renard mène le lecteur (moi, en tout cas) où il le souhaite. L'énigme s'installe peu à peu, puis des complications épaississent le mystère. Les rebondissements arrivent à point nommé, et la supposée incohérence est très bien expliquée. L'auteur l'a habilement placée, car le lecteur a seulement le temps de la digérer. Au moment où l'idée que c'est une incohérence prend le dessus, Maurice Renard l'explique. Comme je pinaille, j'ai quand même trouvé une autre incohérence (minuscule, mais présente) que l'auteur aurait pu gommer en donnant une raison davantage valable pour que les Orlac fassent une certaine chose.
L'auteur soulève d'intéressantes questions, notamment quant au pouvoir de l'autosuggestion.
Dans les romans policiers, on retrouve souvent la ficelle selon laquelle l'auteur jette de faux indices en pâture au lecteur, afin que celui-ci se fourvoie. Maurice Renard a procédé bien plus adroitement que certains. Bien sûr, cherchant des coupables partout, j'ai soupçonné un protagoniste, à un moment, puis comme je l'aimais beaucoup, j'ai décidé de lui accorder toute ma confiance. En plus, je me disais que si l'auteur l'avait choisi comme coupable, il serait tombé dans un cliché.

Les personnages principaux sont attachants, surtout Rosine, car c'est son point de vue que livre l'auteur pendant une grande partie de l'histoire. Je ne regrette qu'une chose concernant l'un d'eux, mais outre que cela concourt à la vraisemblance du tout, l'auteur aurait difficilement pu s'en passer.

Un roman intemporel, une intrigue sans longueurs, des personnages principaux sympathiques.

Service presse des éditions Voolume par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Loïc Richard.

C'est le premier livre enregistré par ce comédien que je lis. Sa prestation m'a plu. Il ne prend pas d'affreuses voix aiguës pour les rôles féminins, et réussit à ne pas cabotiner tout en cabotinant. ;-) En effet, il lui a fallu jouer les effets de style de Crochans, qui, lui, cabotine. Le comédien rend très bien cela sans en faire davantage que nécessaire, ce qui, à mon avis, n'est pas aisé. Je l'entendrai sur d'autres livres avec plaisir.

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lundi, 10 janvier 2022

Dans la tête des complotistes, de William Audureau.

Dans la tête des complotistes

L'ouvrage:
William Audureau nous explique, comme l'indique le titre de son livre, comment on peut en arriver à devenir complotiste, et ce qu'il se passe dans la tête de ces derniers.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. J'ai d'abord apprécié que l'auteur s'attache à exposer, point par point, le mécanisme de pensée et les terrains propices à ce qu'une personne devienne complotiste. J'ai ensuite beaucoup apprécié qu'il expose comment pensent les complotistes, et pourquoi ils pensent ainsi. Je dois dire que je connais des complotistes, et qu'en lisant les descriptions faites par William Audureau, j'ai cru que le journaliste avait effectué un petit stage auprès de ceux-ci. J'ai également aimé que l'auteur prône, lors de discussions avec des complotistes, le respect dans tous les cas, et qu'il propose quelque chose que j'ai déjà utilisé: au lieu de se disputer, on change de sujet, et on va sur un terrain apaisant.

L'auteur explique aussi que n'importe qui, à un moment de sa vie, peut avoir un terrain propice à la tombée dans le complotisme. C'est un peu ce que je pensais concernant les sectes. D'ailleurs, les deux idées se rejoignent.

D'autre part, le journaliste évoque plusieurs théories du complot. Ce sont, si j'ai bien compris, les plus répandues. Je me suis aperçue qu'il y en a une ou deux que j'ignorais totalement. Je dois avouer que celle sur la Finlande m'a beaucoup fait rire.

William Audureau raconte également des conversations qu'il a eues avec certains complotistes. C'est toujours très intéressant, et on retrouve le respect dont le journaliste souhaite qu'il perdure. Bien sûr, il est humain, comme nous tous, donc il raconte qu'il lui est arrivé de perdre patience face à une complotiste, la situation étant d'autant plus délicate que celle-ci est son amie.

Je tiens à remercier William Audureau d'avoir écrit ce livre, et d'avoir sérieusement et posément expliqué les choses. Il m'a montré que je n'étais pas la seule à connaître des personnes avec qui certains sujets étaient délicats, il m'a appris que certains en sortaient, et a enrichi ma culture générale.

Éditeur: Allary.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par André Cortessis pour la Bibliothèque Sonore Romande.

André Cortessis fait partie des lecteurs qu'il me plaît de retrouver, car son ton est toujours approprié. C'est encore le cas ici. Je regrette qu'il ait fait précéder chaque citation du mot «citation» et ait fini par «fin de citation». C'est la même chose pour les notes. Cependant, il n'est pas à blâmer, ceci doit être une indication donnée par la BSR. Cela m'énerve prodigieusement, car cela rend la lecture bien moins fluide, et parce que j'ai l'impression qu'on me prend pour une abrutie qui ne saurait pas repérer une citation ou une note, mais j'imagine que certains auditeurs en ont besoin pour se repérer.

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59 lectures

jeudi, 6 janvier 2022

Une voisine encombrante, de Shari Lapena.

Une voisine encombrante

L'ouvrage:
Aylesford, banlieue new-yorkaise. Olivia Sharp découvre, par hasard, que Raleigh, son fils de seize ans, s'est introduit dans des maisons du voisinage, afin de s'essayer au piratage informatique. Peu après, une voiture est trouvée dans un lac, avec, dans son coffre, le cadavre de sa propriétaire, Amanda Pierce. La jeune femme faisait partie du voisinage des Sharp.

Critique:
Comme dans «Un assassin parmi nous» (que je regrette de n'avoir pas pris le temps de chroniquer) Shari Lapena propose plusieurs coupables du meurtre, en l'occurrence, d'Amanda. Je ne suis pas férue de cette ficelle, mais l'autrice sait l'utiliser. D'abord, le lecteur n'a pas que cela à se mettre sous la dent. En effet, les expéditions de Raleigh ont des répercussions dès le début, puisque les Sharp doivent affronter cette réalité. De plus, les différents meurtriers plausibles sont très intéressants. À mesure que l'histoire avançait, je prenais parti pour l'un, en fustigeais un autre... Et puis, à cause d'une ficelle trop utilisée par différents auteurs, j'ai cru savoir qui était le véritable assassin. Heureusement, Shari Lapena a été un peu plus subtile que cela. J'ai quand même deviné avant que le coupable avoue, mais la stratégie de l'autrice était meilleure que celle que j'ai trop souvent rencontrée.

Malheureusement, il y a un infime indice quant au meurtrier dans la version française, et à mon avis, il n'y est pas dans la version originale. Cependant, la traductrice n'est pas à blâmer. Je pense qu'il lui aurait été impossible de traduire autrement. En tout cas, je ne trouve aucune autre solution. À la limite, elle aurait pu ne pas traduire un mot et la phrase aurait été juste sans, mais alors, elle aurait trahi la version originale. Je me demande si elle s'est posé la question... Le lecteur qui a pris cet indice en compte (après tout, il est possible de le manquer) sait tout de suite que l'un des personnages soupçonnés vers la fin ne peut être le meurtrier.

Comme le font certains auteurs, la romancière s'attache à gratter le vernis des apparences. Certains habitants d'Aylesford semblent sans histoires, mais ils cachent des secrets, sont peu charitables voire critiques envers leurs voisins... À chaque fois, je me mettais à leur place, et malgré mon agacement, je comprenais leurs motifs.

Shari Lapena termine souvent par un retournement de situation. N'ayant pas apprécié celui de «L'étranger dans la maison», je craignais un peu celui d'«Une voisine encombrante». Heureusement, il ne m'a pas déplu. Cependant, il appelle un genre de mini suite, comme celui de «Le couple d'à côté».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Cadol pour les éditions Lizzie.

Cette comédienne fait partie de ceux que je retrouve avec plaisir. Sa diction soignée et son jeu naturel étaient au rendez-vous. Comme d'habitude, elle a su rendre les sentiments et émotions des personnages sans jamais tomber dans le surjeu.

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100 lectures

lundi, 3 janvier 2022

The last thing he told me, de Laura Dave.

The last thing he told me

L'ouvrage:
2020.
Ce jour-là, une enfant sonne chez Hannah Hall, et lui donne un petit mot de la part de son mari, Owen Michaels. Il est écrit: «Protège-la.» Ce soir-là, l'homme ne rentre pas chez lui. Sa fille de seize ans, Bailey, revient du lycée avec un monceau d'argent qu'Owen a déposé dans son casier. Le patron d'Owen est arrêté, le FBI enquête. Hannah sait que c'est Bailey qu'elle doit protéger, mais elle ignore de quoi, sûre que son mari n'a pas trempé dans les combines de son patron... C'est alors que l'avocat qu'elle a contacté lui apprend qu'Owen Michaels n'existe pas avant 2009.

Critique:
Quand j'ai lu le résumé de ce roman, j'ai tout de suite eu envie de le découvrir. Puis j'ai lu des chroniques sur le site d'Audible. Certaines étaient extrêmement négatives. Après avoir été un peu refroidie, je me suis avisée que ces chroniques négatives étaient surtout là pour répandre du venin. En les lisant, on ne peut même pas être sûr que ceux qui les ont écrites ont lu le livre. Il y en a qui disent qu'il n'y a pas d'intrigue, ou qu'elle est incompréhensible. Le pompon revient sûrement à la personne qui engueule Oprah Winfrey parce qu'elle a recommandé ce livre. La personne dit qu'avant de faire cela, Oprah aurait dû lire le livre: elle aurait vu qu'il était inepte. Tout cela me paraissant, finalement, exagéré, j'ai tenté le roman. Je suis contente d'avoir fait confiance à mon instinct, car cela m'a plu. Certes, j'ai un reproche à adresser, mais cela ne veut pas dire que je ne recommande pas le livre.

L'autrice soulève, entre autres, une intéressante question. Lorsqu'on cache quelque chose, si on a vraiment confiance en une personne, ne vaut-il mieux pas le lui dire? En effet, si Owen avait tout raconté à Hannah, les épreuves les plus difficiles auraient été évitées. Certes, il n'y aurait pas eu d'intrigue, mais Laura Dave aurait peut-être pu faire quelque chose pour que ces fameuses épreuves soient évitées tout en prenant l'intrigue par un autre morceau.

J'ai apprécié qu'Hannah (même avant les épreuves difficiles) considère Bailey comme une vraie personne, qu'elle s'attache à elle, non par devoir, mais parce qu'elle apprécie ce qu'est l'adolescente. Il m'a plu qu'Hannah prenne le rejet de la jeune fille le moins mal possible.

Le roman n'est pas trop lent. Lorsque nos héroïnes sont dans une impasse, elles n'y restent pas longtemps, et cela donne un peu de temps au lecteur pour assimiler ce qu'elles sont en train de découvrir. Il y a même des moments plus détendus, par exemple, celui où elles parlent au professeur Cookman.
De plus, Hannah et Bailey finissent par développer une certaine complicité, étant toutes les deux à la recherche de la même chose, et s'entraidant.

Pendant que les choses se dévoilaient, j'ai envisagé une solution qui ne me plaisait pas, mais j'étais sûre qu'elle était la bonne. Heureusement, je me suis trompée. En creusant bien, il aurait d'ailleurs pu y avoir des incohérences dans ma solution.

Voici mon reproche: j'aurais aimé qu'Hannah et Bailey envisagent ensemble la solution proposée par Brady. Certes, cela aurait déboussolé Bailey, mais il est étrange que l'adolescente n'ait pas dit qu'elle préférait cela plutôt que le très mauvais côté de ce qu'Hannah a préféré faire. Elles et Brady auraient pu discuter de la possibilité qu'il leur offrait, tout décortiquer, demander des garanties... Hannah a seulement pris en compte le fait que cette solution perturberait la jeune fille. Comme si l'autre n'était pas encore plus perturbatrice. Pour moi, c'est une faiblesse du roman, d'autant qu'on n'est pas sûr que cela se serait si mal passé.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman pour les éditions Simon and Schuster Audio.

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69 lectures

jeudi, 30 décembre 2021

C'est pour ton bien, de Patrick Delperdange.

C'est pour ton bien

L'ouvrage:
La première fois, c'était un coup de poing dans la figure. Camille s'est persuadée que c'était un moment d'égarement. Après tout, cela faisait trois ans qu'elle connaissait Pierre. Peu après, il a recommencé. Camille a décidé de fuir.

Critique:
J'ai aimé lire ce roman, et spontanément, je dirais qu'il m'a plu. Pourtant, il me semble que les petits reproches s'accumulent. Donc mon sentiment est plutôt mitigé.

J'ai d'abord beaucoup apprécié Camille. Je sais que beaucoup de femmes ne parviennent pas à partir lorsqu'elles sont maltraitées physiquement et psychologiquement. Au départ, Camille réagit ainsi, mais ensuite, elle trouve le courage de se battre, et ne faiblit pas. Elle remet parfois sa décision en question, mais elle le fait en évaluant réellement la situation, elle ne cherche pas à se convaincre que ce qui n'est pas possible l'est.
J'ai apprécié sa rencontre avec Charlotte McKenzie. La vieille femme fait figure de sage, et la bonne humeur dont elle fait preuve est roborative.

J'ai trouvé quelques incohérences. D'abord, je pense qu'il est étrange qu'en trois ans, Pierre n'ait jamais donné aucun signe de violence. Ensuite, lors de sa première escapade, Camille aurait dû prévoir ce qu'elle découvre au moment de payer sa chambre d'hôtel. On me dira que je suis un peu sévère, qu'il était logique que Camille ne vît pas le mal... Si elle le voyait assez pour s'enfuir, elle devait penser que Pierre ferait ce qu'il a fait.

Il est un peu gros que Maëlle n'ait rien fait après avoir vu son amie emmenée contre son gré. L'auteur lui trouve des excuses expliquant qu'elle avait du travail par-dessus la tête. Certes, mais Maëlle était chez elle, et non à son bureau, lorsque cela est arrivé: elle pouvait faire quelque chose tout de suite.

Quant à ce qui arrive par la suite, je n'ai pas apprécié que Patrick Delperdange donne trois pistes, puis fasse mariner le lecteur. Certes, les pistes sont intéressantes, et ne sont pas données de la même manière, mais je trouve qu'ici, le romancier a trop tiré sur la corde. En plus, j'ai rapidement pensé que l'auteur avait sûrement choisi de prendre celle qu'il nous pointait le moins du doigt, car j'ai trop trouvé cela dans les romans policiers...

La fin ne donne pas assez de renseignements. J'aurais voulu savoir ce que devient l'un des personnages, comment a réagi un autre...

Un livre intéressant, mais qui, pour moi, ne tient pas toutes ses promesses.

Éditeur: les Arènes.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bérénice Castiau pour la Ligue Braille.

Encore une fois, j'ai apprécié la lecture, ni trop sobre ni affectée, de Bérénice Castiau. J'ai hâte qu'elle enregistre d'autres livres qui me tenteront.

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100 lectures

lundi, 27 décembre 2021

Les imbattables, de Sarah Maeght.

Les imbattables

L'ouvrage:
Victoire a vingt-deux ans, et est étudiante en lettres. N'ayant pas beaucoup d'argent, elle fait du baby-sitting. L'enfant dont elle s'occupe, Basile (neuf ans) est très intelligent et vif. Cette semaine-là, la mère du garçonnet sera en déplacement pour son travail, et celui-ci partira en voyage scolaire. Victoire compte bien en profiter pour travailler ses cours. Cependant, les choses vont tourner différemment...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Au départ, je me suis retrouvée dans une étrange position, car quelque chose m'agaçait, mais la faute n'en revenait pas à l'autrice. Elle ne faisait que pointer du doigt des choses qui m'énervent de plus en plus, justement parce qu'elles sont vraies, et que je n'ai pas l'impression qu'elles changeront un jour. Par exemple, je ne sais pas trop où situer Basile: je me demande si, à un moindre degré, il ne serait pas autiste. De toute façon, son comportement agace ses camarades de classe. Certes, ceux-ci sont jeunes, ils ne prennent pas la mesure de tout. Cependant, il est affreux que les adultes laissent faire. L'institutrice de l'enfant, semble-t-il, ne le supporte plus, et ne tente pas de faire en sorte que chacun (Basile compris) mette de l'eau dans son vin. Je sais bien que, mise en face d'une telle situation, je réagirais pas comme cette personne, mais je sais, malheureusement, que Sarah Maeght n'exagère pas, qu'il existe des gens comme ça...

J'ai également été agacée des casseroles traînées par Victoire, mais là encore, c'est parce que c'est un problème qu'on trouve de plus en plus. Outre les TCA, Victoire a une propension au vol, et pas seulement parce qu'elle manque d'argent, puisqu'elle dérobe aussi des choses dont elle ne veut pas.

Sarah Maeght embarque nos deux héros dans une série de péripéties qui leur seront profitables. Ils seront secondés par Adam et Alison, qui m'ont été sympathiques. J'ai apprécié qu'Alison, par la force des choses, finisse par avoir une bonne opinion de Basile. Elle le prouve en parlant (sans violence) à Oscar... ;-) J'ai également apprécié qu'elle mette les pieds dans le plat, et dise à Victoire qu'elle exagère concernant certaines choses, notamment concernant l'espèce de transfert que la jeune fille fait de sa situation sur celle de Basile. Ici, je n'ai pas vraiment pu trancher. Victoire voyait les manquements de Léonore, Alison voyait que Léonore était débordée, ce qui ne voulait pas forcément dire qu'elle n'avait cure de son fils. J'avais tendance à penser comme Victoire, mais...

Ce ne serait pas forcément évident, mais j'aimerais que ce livre ait une suite qui se passerait après le retour de Victoire...

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ellen Demeester pour la Bibliothèque Sonore Romande.

J'ai beaucoup apprécié la lecture d'Ellen Demeester. Elle a toujours l'intonation adéquate. Lorsqu'il y a certains noms anglophones, elle les prononce avec un accent. Je n'aime toujours pas cela, mais cette lectrice l'a bien fait. Lorsqu'un personnage parle avec un accent américain (cela arrive une fois) j'aurais fait moins caricatural, mais peut-être ne pouvait-elle faire autrement. J'avoue être pointilleuse parce que je parle anglais avec un accent américain.

Dans le roman, il y a des échanges de mails et de SMS. Je ne sais pas si la lectrice a pris l'initiative ou si la BSR lui a demandé de faire cela, mais à chaque fois, elle dit «Début de la conversation SMS» et «Fin de la conversation SMS», ou «Début du mail» et «Fin du mail». Non seulement, c'est inutile, parce que l'auditeur se rend compte seul du fait qu'il lit un échange de mails ou de SMS, mais aussi parce que c'est extrêmement agaçant! Pour moi, c'est exactement comme lorsque les lecteurs signalent des guillemets ou des parenthèses. De plus, à chaque fois qu'il y a mails ou SMS, la lectrice a isolé ces conversations, leur attribuant un fichier. Cela fait que certains chapitres sont coupés en plusieurs fichiers. Cela aussi m'agace beaucoup, en plus de me paraître inutile.

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jeudi, 23 décembre 2021

Le parfum des cendres, de Marie Mangez.

Le parfum des cendres

L'ouvrage:
Alice fait une thèse sur les thanatopracteurs. C'est ainsi qu'elle en suit certains pendant des durées indéterminées. À présent, c'est Sylvain Bragonard qu'elle accompagne, et regarde oeuvrer. Elle se rend rapidement compte qu'il fait du bon travail, qu'il y met tout son coeur. Cependant, elle est également très vite perturbée par le fait qu'il est très réservé: parler semble même l'exaspérer. Déboussolée, Alice va tenter de le dérider, d'apprendre les raisons de son attitude.

Critique:
Ce roman m'a plu. Au départ, certains éléments m'ont rappelé «Le reste de leur vie», de Jean-Paul Didierlaurent: le métier de Sylvain et le fait qu'il cache quelque chose qui le mine.
Après que la situation a été posée, et après que de petites phrases ont révélé une partie du traumatisme de Sylvain, j'ai eu peur que Marie Mangez tombe dans un écueil qui en est devenu un parce que trop d'auteurs l'ont utilisé en le brandissant. Je ne peux pas dire ce que c'est pour ne pas trop en dévoiler sur le roman. Heureusement, l'autrice l'a évité. Bien sûr, cet élément fait partie de ce qui ronge notre héros, mais il est très loin d'être l'essentielle cause de son tourment. Lorsque je l'ai découvert, j'imaginais la romancière, à côté de moi, me disant triomphalement: «Non, mais qu'est-ce que tu croyais? Que j'allais tomber dans ce travers! J'ai fait mieux que ça, allons!!!» ;-)

J'ai également craint que Marie Mangez tombe dans la mièvrerie. Là encore, elle m'a fait mentir. Et là encore, je l'imaginais se frottant les mains au moment où je découvrais qu'elle s'était également tirée de cela. ;-) Bien sûr, elle fait un peu de guimauve, mais c'est le genre de choses qui arriverait dans la vie. Son histoire est crédible. C'est pour cela qu'il est possible de s'attarder dessus, et de disséquer les motivations des personnages. Certes, je me suis demandé pourquoi Aude n'avait pas tenté de créer un déblocage, mais en y réfléchissant, j'ai compris qu'elle avait essayé. Elle n'y est peut-être pas allée franchement, mais elle a essayé. Je me suis également demandé pourquoi Nicolas était aussi stupide et fermé. Réponse: parce que les gens comme ça existent. Des gens qui ne veulent pas tenter de comprendre, qui sont persuadés que tout est aisé et possible si on le veut vraiment, qui refusent ce qui est différent, qui refusent de se mettre à la place de celui qui souffre, il y en a... Ici, Marie Mangez fait ressortir la bêtise de cette masse d'individus représentée par Nicolas, en lui donnant plusieurs fois l'occasion de s'exprimer.

L'auteur nous invite aussi à réfléchir sur l'importance d'être reconnaissant pour ce qu'on a. Par exemple, Alice évoque sa mère qui est sourde. Cela fait qu'Alice a découvert la musique tard. Dans le roman, elle comprend l'importance de profiter au maximum du bonheur de pouvoir écouter de la musique.

Ce livre est surtout une ode à l'odorat, et aux trésors qu'il permet de découvrir. Sans être aussi sensible que ce que décrit l'écrivain, je fais partie de ceux qui sont incommodés par l'odeur du parfum (dont beaucoup trop de gens abusent), celle du déodorant, et même celle des journaux. De ce fait, lorsqu'une odeur est bonne selon mon odorat, je m'en délecte, je la respire le plus méticuleusement possible. Je ne suis pas allée aussi loin que Marie Mangez en imaginant ce que pourraient raconter les odeurs naturelles de chaque être vivant, mais je trouve cela très intéressant.

J'ai apprécié la fin. L'autrice est parvenue à rester crédible en évitant le «tout rose» qui aurait été un peu mièvre. Bien sûr, à ce stade, je n'aurais pas refusé le «tout rose», mais je lui aurais trouvé un parfum (si j'ose dire) d'incohérence, à cause de ce qu'Alice dit d'elle-même.

Des pincées d'humour pour adoucir les côtés sombres, des brins de fantaisie pour tiédir la brûlure du chagrin, un livre dont la principale qualité est la non exagération.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison.
J'apprécie le jeu de cette comédienne. Ici, elle n'a pas démérité. La fantaisie et la gravité, elle les a très bien rendues. Comme elle enregistrait une ode aux odeurs, je me suis posé une question que je me posais il y a longtemps pour chaque voix que je connaissais, et que j'ai un peu abandonnée depuis plusieurs années. Pour moi, cette voix serait-elle plutôt sucrée ou salée? Pour répondre, il faut s'imaginer la personne parlant en mangeant quelque chose, ou s'imaginer ce qu'on aurait envie de manger en entendant cette voix. Je me suis tout de suite imaginée mangeant du chocolat avec la voix de Sophie Frison dans les oreilles. ;-) :-)

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