jeudi, 29 septembre 2022

Pense à ceux que tu aimes, d'Heather Chavez.

L'ouvrage:
Ce soir-là, en rentrant chez elle, Cassie surprend une tentative de meurtre. Elle parvient à empêcher un homme de tuer une femme. Cependant, celui-ci vole le véhicule de Cassie, non sans avoir proféré ce qui semblait être des menaces à son égard. La jeune femme sait qu'elle doit maintenant changer ses serrures, car les clés de chez elle étaient dans son mini-van. C'est le lendemain que sa vie bascule...

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Blood will tell» (qui, à ma connaissance, n'est pas traduit) j'ai souhaité lire «Pense à ceux que tu aimes». Ce roman m'a plu. L'autrice use de certaines ficelles dont, après coup, les solutions m'ont paru évidentes. Cela veut donc dire que sur moi, elle a réussi son pari. Lorsqu'un retournement de situation arrivait, je pensais que j'aurais dû le deviner avant, mais je me suis, à chaque fois, fait berner. Certains éléments m'ont quand même semblé gros. Par exemple, pourquoi Nathalie n'a-t-elle rien fait pour échapper à ses malheurs avant? Soit, cela n'était pas facile... Pourquoi un autre personnage (pas Red) n'a-t-il pas signalé ces maltraitances à la police?...

Heather Chavez plonge son lecteur dans l'horreur en étalant tout le mal que peut accomplir un cerveau malade appartenant à une personne avide de vengeance, et qui, en plus, se déchaîne sur des innocents. On peut comprendre qu'elle en veuille à l'un des personnages, mais même cela ne justifie pas sa cruauté, et le plaisir pervers qu'elle a pris à la mettre en pratique. Ensuite, quelqu'un de sensé ne comprendra pas pourquoi le protagoniste malade en veut à d'autres, mais justement, ce personnage ne tourne pas rond. De plus, il a besoin d'accuser les autres, afin d'avoir un but. Je n'arrive pas à éprouver de la compassion pour ce personnage, alors qu'objectivement, il est évident qu'il faudrait, tout au moins pour ce qui lui arriva dans son enfance...

J'ai trouvé regrettable qu'après les atrocités vécues, Cassie ait encore des réserves vis-à-vis d'un personnage. Cela se comprend, mais je pensai qu'elle se dirait plutôt qu'il fallait préserver tout ce qui pouvait l'être.

J'ai peut-être manqué quelque chose, mais il me semble qu'on ne sait pas exactement ce qui arrive à Darryl...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Megan Tusing pour les éditions Harper Audio.

Je connais très peu cette comédienne. J'avais un bon a priori quant à son jeu, et cette lecture l'a confirmé. Elle joue sans excès, que ce soit dans son intonation ou dans son changement de voix pour les rôles masculins. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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26 lectures

lundi, 26 septembre 2022

Absolution, d'Anaïs Guiraud.

L'ouvrage:
France, 1269. L'inquisition est chargée de débusquer ceux qui se disent «bons hommes», et que la religion appelle les hérétiques. Amaury de Villiers fait partie de ces gens. Le Voilà mandaté dans le village de Coulhens.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il m'a d'abord rappelé que ce genre de choses avait existé. La plupart du temps, quand on parle d'une foi différente de la catholique, on parle des protestants et des guerres de religions, mais presque jamais ne sont évoqués les «bons hommes», les «parfaits», et leur foi. Je ne me souviens que d'un roman traitant de ce sujet: «Le dernier bûcher», de Colette Laussac. Ayant ppresque totalement oublié ce livre, j'en ai appris beaucoup en lisant «Absolution». Concernant les «bons hommes», je leur ai trouvé un défaut: ils se targuaient de pratiquer la vraie foi, d'être humbles, d'être ceux qui respectaient Dieu, etc. Pourtant, rien que le fait de dire que leur foi est la vraie est une déclaration de supériorité, tout le contraire de l'humilité. Cela me pousse à penser que si leur foi avait été la religion dominante, ils se seraient comportés, envers les catholiques, de manière aussi horrible que ceux-ci ont agi envers eux. Cette constatation m'a laissé un goût amer.

Les personnages sont, pour la plupart, attachants. On se doute rapidement qu'Amaury va réfléchir quant à sa tâche, et en remettre la légitimité en question. Cela n'arrive pas de manière incongrue. En effet, Amaury est loin d'être cruel. Dès le départ, on sait qu'il s'en veut d'être celui qui met des gens à mort. Ensuite, il est ouvert d'esprit, car il cherche réellement à comprendre. Je n'en dirai pas trop sur les autres personnages pour ne pas trop en dévoiler.

Je ne suis pas une experte, mais pour moi, Anaïs Guiraud a bien rendu le contexte historique, l'ambiance de l'époque, etc.

Le tome 2 des aventures d'Amaury de Villies s'intitule «Le temps des assassins». J'espère qu'Audible Studios le sortira très bientôt.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent de Boüard pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Vincent de Boüard fait partie des comédiens qu'il me plaît de retrouver. Ici, comme d'habitude, son jeu m'a plu. Il interprète les émotions des personnages sans cabotinage ni excès de sobriété. Il modifie sa voix pour certains, mais ce n'est pas à outrance.

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41 lectures

jeudi, 22 septembre 2022

Une patiente, de Graham McCrae Burnett.

L'ouvrage:
Londres, années 60.
En lisant «Antithérapie», un livre regroupant des études de cas, d'Arthur-Collins Braithwaite, une jeune fille (dont le lecteur ignorera l'identité du début à la fin) est sûre que l'un des cas évoqués est celui de sa soeur, Véronica. Or, celle-ci s'est suicidée. La jeune fille décide donc de devenir la patiente de Braithwaite, afin de tenter de découvrir si ce ne serait pas lui qui aurait poussé Véronica au suicide.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé les deux romans mettant en scène Georges Gorski, et le résumé d'«Une patiente» me tentant, je me suis empressée de le lire. Je dois dire que j'ai été très déçue. J'ai commencé par déprécier la narratrice des cahiers (la soeur de Véronica). Elle ne semble pas très futée... Elle pense que pour aller consulter un psychiatre, il faut être fou, donc elle tente de se donner l'air négligé... Nous ne connaissons que sa fausse identité, celle qu'elle donne à Braithwaite: Rebecca Smyth. Si elle tente de ne pas se dévoiler auprès du psychiatre, elle parle d'elle au lecteur. Au départ, je me suis demandé si elle était psychopathe, puis j'ai envisagé qu'elle ne parvienne pas à se construire à cause de manquements dans sa famille... Je me demandais d'ailleurs pourquoi elle souhaitait tant savoir si Braithwaite avait un rapport avec la mort de sa soeur, puisque les deux jeunes filles ne s'entendaient pas. Bref, je ne parvenais pas à comprendre ses motivations d'une manière générale. Sans doute se cherche-t-elle, et est-ce difficile entre la période, la société, et sa famille amputée. Je l'ai mieux comprise vers la fin. Je n'étais pas ravie de son évolution, mais je comprenais pourquoi elle advenait ainsi.

La narratrice a rédigé cinq cahiers. Après chacun, se trouve une partie de la vie de Braithwaite, racontée comme une biographie. Lui non plus n'est pas très aimable. Ses idées sont intéressantes, mais le personnage est plutôt rustre. C'est étrange, car cela ne concorde pas avec ce que la narratrice des cahiers en dit. On ne peut dire qu'elle ment, et le rend sympathique alors qu'il ne l'est pas, car elle ne l'apprécie pas.

Enfin, le tout est assez frustrant. Le dernier cahier de la narratrice s'arrête sur une évolution, mais on aimerait savoir comment cela se poursuit. Il n'y a qu'une chose qu'on sait grâce à la fin de la postface, mais cette chose soulève d'autres questions...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ana Piévic (lisant les passages du point de vue de l'héroïne) et François Delaive (lisant les éléments biographiques de Braithwaite et l'extrait d'«Antithérapie») pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Je connais peu ces deux comédiens. Je me souviens avoir apprécié le jeu d'Ana Pévic dans «Le mystère Sammy Went». Ici, son ton était toujours adéquat, et elle n'a pas modifié sa voix à outrance pour les rôles masculins. Je regrette qu'elle ait fait un accent pour les noms propres étrangers, car dans un texte en français, je trouve cela affreux, notamment le «r» anglophone.
Quant à François Delaive, je ne le connaissais pas du tout, pourtant, je sais que ce roman est loin d'être le premier qu'il enregistre. Il n'a pas dû enregistrer des livres qui m'ont tentée. J'ai beaucoup apprécié son jeu. Je vais me pencher plus attentivement sur ses lectures.

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42 lectures

lundi, 19 septembre 2022

L'épouse et la veuve, de Christian White.

L'épouse et la veuve

L'ouvrage:
Melbourne.
Ce jour-là, Kate s'inquiète: son mari devait revenir d'un séminaire à Londres, et si l'avion qu'il devait prendre est bien là, John ne se trouve pas à bord. Il ne donne aucune nouvelle. Peu de temps après, la police contacte Kate: l'alarme de la maison de vacances que le couple possède à Belport s'est déclenchée. La jeune femme décide de s'y rendre. John y est peut-être.

Critique:
Je n'ai pas aimé «Le mystère Sammy Went», mais le résumé de «L'épouse et la veuve» m'a beaucoup tentée. Alors, je me suis dit que je devais redonner une chance à Christian White. J'ai eu raison, car j'ai préféré ce roman au premier. Il y a quand même une ficelle qui m'a déplu, car où que je la rencontre, je la trouve déloyale. D'autres ficelles sont faites e telle manière que l'auteur «joue» avec son lecteur, mais elles ne sont pas, à mon avis, aussi déloyales que celle-là. Certes, elle a rempli son office, mais je la trouve malhonnête. Et c'est là que ma voix intérieure me dit: «Pourquoi ne l'as-tu pas trouvée déloyale dans "une femme entre nous"?» Ma voix intérieure en profite pour me dire que je suis tout simplement injuste envers Christian White sous prétexte que je n'ai pas aimé son premier roman. En fait, pour moi, la ficelle n'est pas tout à fait la même dans les deux romans. Dans «Une femme entre nous», une partie de cette ficelle m'a tellement étonnée qu'elle a annulé l'autre partie pour moi, car la partie qui m'époustouflait ne pouvait aller sans l'autre. Chez Christian White, il n'y a, à mon avis, que le côté déloyal de la ficelle. Dans sa note finale, il explique qu'ayant été berné (et heureux de l'avoir été) par une ficelle de ce genre dans l'épisode d'une série, il avait voulu faire pareil pour son roman. Je le comprends, et je concède que ses indices (je ne me suis pas amusée à tous les reprendre, mais ceux dont je me souviens) sont bien employés.

Pour moi, il n'y a pas de temps morts. On devine (ou on envisage) un élément important, mais cela ne gâche pas la lecture.

Dans le paragraphe suivant, j'appellerai des personnages X, Y, et Z, pour ne pas dévoiler un élément important.
À travers son intrigue, Christian White aborde des questions dont certaines réponses peuvent être dérangeantes. Jusqu'où irait-on pour protéger son enfant? Je ne peux m'empêcher de penser: et pour le protéger de quoi? En effet, je pense que X a raison lorsqu'il dit à Y qu'en tant qu'adulte, Y a mal agi, alors que X et Z étaient complètement perdus. J'approuve X: Y aurait dû faire autrement, car il n'est pas sûr qu'on puisse être heureux avec un poids tel que celui que des adultes, sûrs que leur solution est la meilleure, ont fait endosser à X et Z. De plus, j'ai l'impression qu'Y a surtout oeuvré pour sa petite personne. Il n'y a qu'à voir la suite des événements... Bien sûr, je suis incapable de dire ce que j'aurais fait à la place d'Y. Je désapprouve ses actes, mais serais-je parvenue à me comporter en adulte à sa place?

J'ai apprécié que, comme dans son premier roman, l'auteur écrive une note racontant son cheminement pour l'écriture de ce livre-ci, et il m'a plu qu'il se tourne lui-même en dérision.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Odile Cohen pour les éditions Audiolib.

Comme d'habitude, le jeu d'Odile Cohen est sans failles. Elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et joue sans excès les sentiments et les émotions des personnages.

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63 lectures

jeudi, 15 septembre 2022

La fille du quai, d'Alafair Burke.

La fille du quai

L'ouvrage:
Olivia Randall est avocate. Ce jour-là, Buckley, seize ans, fille de Jack Harris, la contacte pour qu'elle s'occupe de la défense de son père. Celui-ci est accusé de meurtres. Or, Olivia connaît Jack avec qui elle a été fiancée vingt ans plus tôt. Sûre de son innocence, elle accepte de le défendre. Jack lui raconte alors qu'il se trouvait non loin de l'endroit où les meurtres ont été commis peu avant qu'ils le soient parce qu'il avait un rendez-vous galant. Il y a des traces de la prise de rendez-vous dans les courriers électroniques de Jack. La femme qu'il devait retrouver ne s'étant pas présentée, Jack est sûr qu'il est victime d'un coup monté.

Critique:
Lorsque je tombe sur un roman avec un début de ce style, j'ai toujours tendance à penser que l'accusé est innocent. À vous de voir si vous pensez comme moi.

L'autrice s'arrange pour que le lecteur ne sache la vérité que vers la fin tout en n'étant jamais ennuyeuse. Pas de temps morts, pas de remplissage, pas d'incohérences, pas de rebondissements peu crédibles.

J'ai apprécié les joutes oratoires des avocats, ainsi que les coups bas que chacun se fait... En lisant ces passages, je m'attendais à rencontrer Mickey Haller au détour d'un couloir de tribunal. ;-)

Peu à peu, Alafair Burke révèle le passé d'Olivia et Jack, et le présent de ces derniers. Le passé explique certaines réactions de chacun dans le présent, surtout celles d'Olivia. La psychologie des personnages est intéressante et vraisemblable. Les événements réservent quelques surprises concernant les uns et les autres. Cela montre surtout que même si nous pensons connaître quelqu'un, on peut être déboussolé par certains de ses actes. Cela montre également des personnages plus complexes que ce dont Olivia tente de donner l'impression au début. C'est une bonne chose. Comme d'habitude, je me suis mise à la place de chacun, et me suis demandé ce que j'aurais fait. Certaines réponses sont très difficiles à donner...

Quant à savoir qui a commis les meurtres, c'est plus complexe que la situation posée au départ. À un moment, je me suis approchée de la réponse, mais j'y ai pensé sous forme de boutade, car rien n'étayait cette hypothèse...

J'ai bien aimé ce que la fin nous apprend concernant Olivia, tant au niveau de ses amours qu'au niveau de ce qu'elle tente d'obtenir tous les ans... Il y a un personnage que je désapprouve, mais je ne peux pas dire lequel, j'en dévoilerais trop.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sabrina Marchese pour les éditions Lizzie.

Je connais peu cette comédienne. Ici, elle a joué les sentiments des personnages sans cabotinage ni excès de sobriété. Elle a modifié quelque peu sa voix, ce qui est une bonne chose, car elle ne l'a pas fait à outrance. J'espère qu'elle enregistrera davantage de livres qui me tenteront. Comme je pinaille, je note que j'ai été déçue qu'elle prononce Grace avec un accent anglophone. Heureusement pour moi, ladite Grace est très peu évoquée.

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66 lectures

lundi, 12 septembre 2022

Le dernier vol, de Julie Clark.

Le dernier vol

L'ouvrage:
Claire Cook doit fuir son mari violent. Grâce à une amie, elle est parvenue à mettre un plan au point. Cependant, les choses ne se passent pas comme prévu. Son projet s'évanouissant en fumée, Claire, en plein désarroi, a très peu de temps pour agir. C'est alors qu'une inconnue, Eva, lui fait une curieuse proposition.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Avec le personnage de Claire, Julie Clark montre une femme qui parvient à trouver le courage de fuir la violence conjugale. Ce faisant, elle met en avant un aspect de cette situation, aspect dont il est très important de tenir compte: l'une des raisons qui empêchent certaines victimes de maltraitance conjugale (souvent des femmes) de s'enfuir, c'est la peur qu'on ne les croie pas. Bien sûr, le fait que le conjoint violent sape la confiance en soi de sa victime est la raison la plus difficile à surmonter, mais il y a aussi, pour la personne maltraitée, la peur de ne pas être prise au sérieux. Julie Clark ne nie pas l'émiettement de la confiance en soi, mais elle parvient à faire en sorte que Clair puisse garder la sienne. Pour cela, la romancière ne dit pas «c'est comme ça parce que je l'ai décidé», mais explique comment la jeune femme s'est construite, et fait en sorte qu'elle soit soutenue par une personne qui compte beaucoup pour elle.

Une fois les bases posées, l'autrice fait de la fuite de Claire une énigme, et elle la double d'une autre concernant Eva. Pour ce faire, elle nous raconte, en alternance avec le présent de Claire, les six mois de la vie d'Eva avant le jour où les deux jeunes femmes se rencontrent. Je ne suis pas amatrice des retours en arrière, mais je reconnais qu'il n'aurait pas été facile à l'écrivain de faire autrement. À l'instar de Claire, Eva éveillera la compassion du lecteur. La jeune femme sait qu'elle a fais de mauvais choix, et n'hésite pas à se remettre en question. Julie Clark fait un parallèle intéressant, car juste, entre les situations des deux héroïnes. Tout comme Claire, Eva craint qu'on ne la croie pas ou qu'on la rejette si elle se dévoile. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle ne veut pas se confier à Lise. Celle-ci a beau être son amie, il est logique qu'Eva craigne sa réaction.

Le livre ne souffre d'aucun temps mort, et les rebondissements arrivent à point nommé. Il en est un que je n'avais absolument pas vu venir. J'aurais pourtant dû réfléchir au lieu de vilipender le personnage... Il y en a un autre pour lequel j'ai pensé: «Mais ce n'est pas du tout crédible!», parce que j'avais pris la chose à l'envers. La romancière, elle, l'a prise à l'endroit. ;-) À un moment, j'ai cru déceler une incohérence, mais l'autrice l'explique.

Je n'ai qu'un reproche à adresser à ce roman: ce que nous apprend l'épilogue. J'aurais préféré qu'il nous apprenne l'inverse. Bien sûr, on me dira que pour que ça ne fasse pas fin trop heureuse, il faut bien un point noir. Et je rétorquerai que même dans la vie, tout ne se termine pas forcément comme chez Karine Giébel. ;-) Donc ici, je n'aurais pas crié à l'invraisemblance si l'épilogue nous avait révélé l'inverse de ce qu'il nous dit.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Comme d'habitude, le jeu de la comédienne est sans failles. Sans difficultés apparentes, elle joue le désarroi (Claire, Eva), la colère (Rory), et ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins.

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66 lectures

lundi, 5 septembre 2022

Une épouse presque parfaite, de Laurie Colwin.

Une épouse presque parfaite

L'ouvrage:
Voici la famille Solo-Miller. Henry et Wendy ont trois enfants: Paul, le plus brillant des trois... excepté qu'il n'a jamais montré qu'il était brillant; Dora, que tous appellent Polly; et Henry. Polly est mariée avec Henry (!!!) Demarest, et a deux enfants. Tous les dimanches, presque tous les Solo-Miller se retrouvent pour un déjeuner / brunch / petit-déjeuner (selon le membre de la famille qui qualifie ce repas) chez Henry Senior et Wendy. Les Solo-Miller s'entendent bien, et sont ravis de se retrouver...

Critique:
Étant amatrice des livres de Laurie Colwin et du jeu de Cassandra Campbell, imaginez ma joie quand j'ai vu paraître un roman de Laurie Colwin que je n'avais pas lu enregistré par Cassandra Campbell!!! Tout comme les autres que j'ai lus, ce roman m'a beaucoup plu! Laurie Colwin s'attache à montrer une famille d'apparence parfaite, puis, avec humour et finesse, à insinuer que cette bonne entente s'effrite. C'est certainement Polly la plus lucide quant à l'érosion de ces rapports. D'abord, elle ne voit que l'inexplicable éloignement de son mari, mais ensuite, elle comprend que sa mère contribue à son mal être. En effet, les choses sont complexes. Henry Demarest semble aimer sa femme, mais il s'en éloigne. Polly aime son mari, mais se sentir délaissée l'a poussée à prendre un amant... qu'elle aime également. La jeune femme se débat avec les sentiments contradictoires qui l'agitent, et à force de tout examiner, finit par admettre que les avis tranchés de sa mère et le manque de tact et de tolérance de cette dernière ne sont pas pour l'aider à être bien dans sa peau. Au début, Wendy m'a fait rire, puis son côté malsain m'est apparu. Lorsqu'elle dit que son mari n'aime pas le chien d'Henry Junior, alors que Polly sait que c'est faux, le lecteur sourit tout en se disant qu'il serait plus judicieux que Wendy admette qu'elle parle pour elle. Mais à mesure du roman, elle se révèle un concentré d'idées reçues et d'intolérance.

Moi qui peste lorsqu'une personne trompe son conjoint, j'ai compris le désarroi de Polly. Je pense que sa manière de faire n'est pas la bonne, mais c'est peut-être ce qui la pousse à se confier à Martha, à recontacter Mary, à tenir tête à sa mère... En effet, son amant (Lincoln) n'a jamais rencontré les Solo-Miller, mais il est le premier à lui dire que sa famille ne semble pas l'aimer pour ce qu'elle est. D'autre part, la jeune femme est persuadée que Lincoln ne pourrait pas vivre avec elle, qu'il chérit trop sa solitude. Pour moi, ce roman est comme le parcours initiatique de Polly: elle apprend à s'écouter, à se faire des amis, à se défendre, mais aussi, elle trouve le courage de parler avec son mari...

J'ai apprécié Martha. Elle se fait des noeuds au cerveau, et semble ne pas parvenir à prendre sa vie en main, mais en fait, c'est plus complexe...
Paul et Beate sont très agaçants... À l'instar de Wendy, ils ont certains préjugés, et refusent qu'on puisse envisager de penser autrement qu'eux.
Henry Junior et Andrea agaceront peut-être des lecteurs, mais pas moi. Leurs étrangetés m'ont fait rire. Ils ne forcent personne à leur ressembler, et ont des remarques à la fois amusantes et lucides.

Quelle que soit notre vie de famille, j'imagine que beaucoup d'entre nous trouveront ne serait-ce qu'un petit grain de similitude entre nous et les Solo-Miller. C'est pour cela que, tout en désapprouvant certains de leurs actes, on ne pourra s'empêcher de s'attacher à eux.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.

Cassandra Campbell ne m'a pas déçue. Son jeu est toujours adéquat et naturel.

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80 lectures

lundi, 29 août 2022

Une fille parfaite, de Mary Kubica.

Une fille parfaite

L'ouvrage:
Mia Dennett, vingt-six ans, a disparu. Sa mère s'inquiète. Son père, le juge James Dennett, semble penser qu'elle a seulement fugué. L'inspecteur Gabe Hoffmann fait son possible pour la retrouver.

Critique:
Ce roman m'a plu, même si je trouve dommage que sur tous les résumés des autres romans de Mary Kubica, il soit précisé: «Par l'auteur d'"Une fille parfaite"!» Cela aurait plutôt tendance à me faire reculer. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai lu ce livre après avoir lu les quatre autres de cette autrice qui existent en audio français.

Comme souvent, la romancière alterne le passé et le présent. Non seulement, je n'apprécie pas cette structure, mais ici, elle n'était pas indispensable. Certes, elle était préférable concernant un élément, mais comme il arrive à la fin de l'une des deux périodes, l'autrice aurait pu faire en sorte de n'en parler qu'à la fin du roman. D'ailleurs, quand elle raconte le présent (les chapitres sous-titrés «après») on est étonné que rien ne soit dit sur cet élément. De ce fait, la structure aurait pu être linéaire, et les détails du «sauvetage» de Mia auraient pu être racontés à la fin.

Pour moi, il n'y a ni temps morts ni incohérences. Il y a bien une chose qui m'a semblé totalement inappropriée... jusqu'à ce qu'elle soit expliquée. ;-) Quant à ce que nous apprend l'épilogue, c'est logique. J'y avais d'ailleurs pensé comme à une possibilité intéressante...

Comme souvent chez Mary Kubica, la psychologie des personnages est travaillée. Au début, Colin fait certains raccourcis, et ce faisant, c'est lui qui tombe dans le cliché, alors qu'il se veut réaliste. Justement, cela n'est pas une maladresse de la part de l'écrivain, c'est plutôt assez bien vu. Malheureusement, beaucoup de gens voient les choses sans nuances.
James et Grace sont peut-être un peu caricaturaux. En tout cas, je ne suis pas parvenue à les apprécier. Je ne parle pas du reste pour ne pas trop en dire, mais d'une manière générale, j'ai trouvé que chacun était crédible, même si certaines situations sont un peu convenues.

Je dois dire que je suis déçue qu'il ne reste plus de romans de Mary Kubica. Il y en a un autre, mais il n'a pas été enregistré. Il y en a d'autres en audio anglais...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Harper Collins.

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