L'ouvrage:
L'un des mentors de Bosch vient de mourir. Sa veuve transmet à Bosch un gros classeur: le livre d'un meurtre datant de 1990, un meurtre non résolu. Harry décide de demander l'aide de Renée Ballard.

Critique:
Dans ce roman, Micael Connelly a usé d'une astuce (ou ficelle) qui m'a plu dans ses romans précédents, et ici également. Il a donné d'autres affaires à résoudre à Ballard et à Bosch. Comme je l'ai déjà dit, cela donne du rythme, pose plusieurs énigmes, et accroît la vraisemblance. En effet, il ne serait pas crédible que Ballard ne s'occupe que de l'affaire non résolue confiée par Bosch, d'autant qu'elle le fait officieusement. Quant à Bosch, c'est un peu par hasard qu'il se retrouve à enquêter sur autre chose, et là encore, c'est officieux. De plus, il s'attire l'inimitié de certains de ses pairs. Même à la retraite, il parvient à se faire des ennemis dans la police. ;-)

Les circonstances font que le lecteur assiste à une partie d'un procès où Mickey (le demi-frère d'Harry) officie. Comme d'habitude, j'ai apprécié sa repartie. J'ai été un peu étonnée qu'il ne soit pas aussi intéressé qu'Harry par la découverte du coupable... J'espère que ce n'est qu'un incident de parcours de sa part.

Quelles que soient les affaires traitées, l'intrigue avance sans traîner. De plus, j'ai apprécié de voir Bosch et Ballard croiser leurs informations. Leur bonne entente accrue m'a plu.
Au détour d'un chapitre, on rencontre Maddie, ce qui est également plaisant.
Il n'y a qu'une affaire qui ne trouve pas vraiment de résolution, mais il est assez facile d'en deviner les causes.

Rien n'est incohérent, rien n'est bâclé. L'auteur laisse même entrevoir la possibilité que Ballard et Bosch n'en aient pas fini avec une certaine personne... Il nous donne aussi un morceau de la trame du prochain roman: Bosch a une affaire en tête, Ballard a promis de l'aider...

Au long du roman, l'écrivain ne perd pas une occasion de montrer l'opiniâtreté et l'intégrité de Bosch et de Ballard. Bien sûr, par «intégrité», je veux dire qu'ils font leur possible pour que la justice soit bien rendue. Cela fait qu'ils ne sont pas forcément absolument respectueux des règles. Cela peut être agaçant, mais ils ne franchissent pas certaines limites, ce qui me les rendrait désagréables.

Une chose m'a déplu: Ballard n'est pas très contente qu'Harry aide Mickey, car elle a ce raisonnement primaire: la police arrête des criminels, comment se fait-il qu'un ancien policier tente d'en innocenter un? C'est un peu la même chose que dans «Jusqu'à l'impensable». Cette réaction clichée et sans nuances m'a déçue de la part de Ballard. Même si, par la suite, elle s'attache à oeuvrer pour la vérité, je trouve dommage qu'elle n'ait pas du tout pensé que dans ce cas-là, la police avait pu se tromper. Cela arrive, donc pourquoi n'aurait-ce pas pu être le cas ici? Bosch, lui, veut découvrir le vrai coupable. Dès le départ, c'est ce qui compte pour lui. Certes, il n'est pas ravi d'aider un avocat de la défense, mais ses motifs sont bons.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.

Le comédien fait toujours du bon travail. Il met le ton approprié, et ne fait pas d'horribles voix à certains personnages.