Ils n'étaient pas frères et pourtant... Aujourd'hui, la critique n'est pas de moi, mais de Claire.
J'ai tenu à publier sa critique, car elle fait surgir un pan de l'histoire trop facilement oublié.

Claire tient à disposition de ceux qui seraient intéressés un grand nombre de documents et de témoignages inhérents à ce sujet.
Voici son adresse e-mail (écrite de manière à éviter le spam):
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HISTOIRE DE LA COMMUNAUTE JUIVE PROTEGEE EN ALBANIE SOUS L'OCCUPATION NAZIE.

Ils n'étaient pas frères et pourtant... Albanie 1943-1944, de Neshat TOZAJ.
Editions: La Société des Ecrivains. (S.d.E)
ISBN: 2748016998
2004
238 pages

PRESENTATION DE L'OUVRAGE:

UNE HISTOIRE MECONNUE

Dans son ouvrage « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » Albanie 1943-1944 Neshat Tozaj décrit la communauté juive présente en Albanie depuis plusieurs siècles ainsi que les juifs d’autres pays accueillis au temps de la seconde guerre mondiale et qui furent épargnés car cachés et protégés. « Shalom » le titre original de l’ouvrage paru en Albanie a été modifié à l’usage des lecteurs français car l'auteur souhaitait toucher ces derniers dans leur diversité. C’est avec une approche différente de ce qu’on a l’habitude de lire, d’entendre ou de voir dans la plupart des documentaires que l’auteur aborde cette période. La communauté juive n’y est pas seulement dépeinte en tant que communauté persécutée mais aussi en tant que communauté albanaise vivant parmi d’autres Albanais, unis dans le même combat mené contre le nazisme et le fascisme. Combat livré pour protéger la vie, la dignité humaine, les biens de chacun et la richesse culturelle.

L’engagement commun dans cette lutte et l’amitié poussée jusqu’au sacrifice ultime de la part d’Albanais non juifs afin d’épargner leurs frères ou leurs hôtes constituent sans doute dans l’histoire un exemple quasi unique et particulièrement original. Ce roman très largement inspiré de faits authentiques est l’occasion de rendre hommage à un petit peuple oublié de tous qui ne fit qu’accomplir son devoir en des temps de barbarie. La publication de ce livre, outre le point d’histoire qu’il révèle, me semble essentielle et salutaire à bon nombre de français, à commencer par les plus jeunes, de toute origine, confession, ou autre appartenance philosophique. En effet, à notre époque où les problèmes de racisme, d’anti-sémitisme ou de communautarisme exacerbé sont à l’ordre du jour, cet ouvrage apporte un éclairage fort réconfortant. « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » est aussi un message d’espoir et d’encouragement. Le livre de Neshat Tozaj volontairement rédigé sous forme de roman, l’homme est en effet avant tout écrivain et journaliste, est donc l’occasion d’approcher la résistance albanaise et de prendre connaissance de l’accueil particulièrement bienveillant réservé par le peuple albanais à la communauté juive en cette période dramatique.

J’ajoute que pour approfondir l’approche de la période décrite dans le roman de N. Tozaj, j’ai eu accès au remarquable ouvrage du Professeur Apostol Kotani, historien et très jeune résistant à l’époque : « The Hebrews in Albania during the centuries ». Cet ouvrage retrace l’histoire des Albanais juifs implantés dans le pays depuis l’antiquité et surtout nous permet de découvrir qu’en Albanie la communauté juive fut épargnée pendant la seconde guerre mondiale. M. Kotani a rassemblé au cours de longues années de recherche de nombreux témoignages poignants de survivants albanais juifs de souche ou réfugiés qui tous expriment leur reconnaissance éternelle envers ce « petit » pays qui sut honorer sa tradition du « Besa » : le partage du pain, du sel et du cœur avec quiconque se trouve dans la détresse, étranger, hôte ou semblable en terre albanaise. C’est spontanément que des survivants (qui pour beaucoup ont émigré après guerre en Israël ou aux Etats Unis) collaborèrent à l’ouvrage et tous y attestent qu’aucun juif n’a été déporté en Albanie sous occupation nazie et fasciste. Le discours de Monsieur l’Ambassadeur d’Albanie en France, Monsieur Ferit Hoxha, lors de la cérémonie organisée à l’occasion de la parution du livre en France « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » Albanie 1943-1944, n’a du reste pas manqué de souligner que son pays était le seul Etat d’Europe où la population juive avait augmenté à la fin de la deuxième guerre mondiale. Messieurs Avner Shalev et Ismaïl Kadaré, entre autres personnalités, ont d'ailleurs déclaré en maintes occasions que le chiffre des personnes ayant trouvé refuge en Albanie par rapport à la population juive initiale du pays devait sans aucun doute être multiplié par dix. A souligner, toujours selon les déclarations de M. Avner Shalev, quau moins 2000 Yougoslaves juifs furent accueillis et cachés en Albanie sans parler de la communauté grecque et autrichienne... Tel fut le cas par exemple du Professeur Albert Einstein dont la première épouse était yougoslave.

Je précise que ces informations concernent l’Albanie définie dans ses frontières. Précisions dimportance car les rafles opérées à Pristina, Kosovo, malgré lattitude exemplaire de sa population et des autorités locales, ont parfois été imputées à l'Albanie en raison de l'annexion très éphémère effectuée par Mussolini et les nazis du Kosovo à l'Albanie.

"Ils n'étaient pas frères et pourtant...Albanie 1943-1944" se réfère directement à plusieurs événements authentiques que l'auteur a préféré nous présenter sous forme de roman avec bien entendu une part de fiction afin de s'adresser à un public qui ne soit pas uniquement composé d'historiens, d'universitaires ou de spécialistes des Balkans. L'homme en effet, avant tout écrivain, a toujours choisi ce mode d'écriture pour nous initier à l'histoire de son pays et en révéler des facettes inexplorées ou méconnues. Tel fut le cas du roman intitulé "Les couteaux" (préface de M. Ismaïl Kadaré) qui lors de sa publication fit l'effet d'une bombe et nous en apprit bien davantage sur les exactions commises par le Sigurimi que bien d'autres modes d'expression. "Les couteaux" paru chez Denoël en 1991 fut en son temps salué par l'ensemble de la communauté internationale et Neshat Tozaj est considéré par bon nombre d'observateurs, y compris par La Maison Blanche, comme l'un des principaux acteurs à l'origine de l'amorce de démocratie en Albanie.

Le sujet évoqué par Neshat Tozaj fit l'objet de plusieurs études en Italie, aux États Unis et outre-Manche notamment de la part des Professeurs Michele Sarfatti, Giovanni Armillotta, Lino Sciarra, Bernd Fisher et de Messieurs Stephen Schwartz, Jack Goldfarb et Harvey Sarner sans parler de Madame Antonia Young en Grande Bretagne. Cette page d'histoire fut également abordée en France par Messieurs Claude Wainstain et Meïr Waintrater mais à ce jour aucune étude approfondie n'y fut réellement consacrée.

Un dossier dédié au sujet mériterait d'ailleurs d'être publié en France à l'initiative d'historiens, de spécialistes du sauvetage des juifs en Europe occupée sous les nazis, d'associations d'anciens Résistants, de journalistes spécialistes de la Seconde Guerre Mondiale… Dossier auquel collaboreraient sans doute volontiers, à condition naturellement d'y être invités, l'écrivain M. Ismaïl Kadaré, Monsieur Alfred Moisiu, Président de la République d'Albanie très au fait du sujet dont les grands parents, ai-je lu à plusieurs reprises, information à vérifier, étaient albanais juifs, Monsieur Ferit Hoxha, Ambassadeur d'Albanie en France, M. Shaban Sinani, Directeur des Archives Nationales, M. Refif Veseli, Président de l'Albanian-IsraeI Friendship Society, le Professeur Artan Fuga, Son Excellence M. Mark Sofer, le Dr. Mordecai Paldiel, M. le Président Avner Shalev, le Dr. Anna Kohen, autres historiens, universitaires et théologiens sans oublier le remarquable Professeur Kotani. Professeur aujourd'hui très âgé qui essaie avec moult difficultés financières de faire paraître une deuxième édition de son ouvrage "The Hebrews in Albania during the centuries".

C’est naturellement à titre bénévole et amical que j’entreprends cette «campagne d’information». Si le sujet de cet ouvrage me tient tant à cœur c’est que je suis issue d’une famille d’enseignants composée de catholiques, de protestants, de juifs ou "d’athées totaux " aux nationalités également fort variées qui tous s’attachent depuis toujours à respecter les différences et à rassembler. L’ouvrage nous apprend et nous démontre en effet que cela fut possible en terre isolée, multiculturelle et multiconfessionnelle.

A noter par ailleurs la dernière oeuvre photographique et documentaire de Monsieur Norman Gershman consacrée aux nombreux Albanais du Kosovo, de Macédoine et du Monténégro qui aidèrent des juifs à franchir les frontières de l'Albanie. M. Gershman ayant travaillé avec l'Association The Albanian American Civic League et sa Fondation, tout juste de retour d'un voyage au Kosovo et au Monténégro, a photographié tous les Albanais ou leurs descendants qui ont sauvé des juifs pendant l'Holocauste et recueilli leurs témoignages. L'intégralité de son œuvre, dédiée à ce sujet, sera présentée à l'Institut Yad Vashem en 2007.

Sont accessibles sur Internet parmi D'autres ressources à disposition:

-Le discours de Monsieur Alfred Moisiu, Président de la République d'Albanie, prononcé à Oxford le 9/11/2005:
The Lecture of President Moisiu at the Oxford Forum

-Un article écrit par Madame Cloyes-DioGuardi, politologue et Executive Director de l'American Albanian Foundation:
"JEWISH SURVIVAL IN ALBANIA AND THE ETHICS OF BESA" Congress Monthly publication. January/february 2006.

Article disponible sur le site: www.Simbadi.com
Rubrique: Liens Préférés: " Jewish in Albania"

-La vidéo et l'enregistrement (extraits) d'un discours prononcé par le Sénateur Charles Schumer à l'occasion d'une soirée organisée par l'Albanian American Civic League le 10 mars 2006:
Senator Charles Schumer's address at the ALBANIAN AMERICAN Civic Leagues historic dinner.

-La résolution présentée au sénat des Etats-Unis par Messieurs les Sénateurs Charles Schumer et John McCain le 27 juin 2006.