Il était une fois dans le métro

L'ouvrage:
Maya Mimouni (vingt-huit ans) est chef de produits chez Beauty Corporation. Elle trouve des idées de nouveaux produits pour les cheveux à mettre sur le marché. Pour aller au bureau, elle prend le métro. Un jour, on lui vole son portable alors qu'elle est à la station Saint-Lazare. C'est ainsi qu'elle rencontre Roger (qui tente de rattraper son voleur). Roger est SDF. Il vend le guide des resto pas chers pour gagner quelque argent. Maya se met en tête de trouver l'idée qui fera qu'il vendra davantage de guides.

Critique:
Voilà un petit livre sympathique, dont beaucoup d'aspects m'ont plu, et dont d'autres m'ont agacée.

Karen Merran met deux situations en regard. Elle a choisi à dessein de montrer deux vies totalement opposées. Maya se fait d'ailleurs la réflexion que son travail semble bien superficiel comparé à la vie de Roger. La romancière pose des questions délicates. Maya veut aider Roger, et prend conscience d'une réalité à côté de laquelle elle passait sans la remarquer, mais pourquoi l'aider lui, et pas d'autres? Elle ne peut pas sauver tout le monde. À celui qui lui dit cela, elle rétorque que s'il y avait plus de gens comme elle, plus de SDF seraient aidés. Elle n'a pas tort, mais son point de vue serait à nuancer. Comme le dit Roger, chacun a une histoire différente, certains n'ont pas toujours la force et la volonté de s'en sortir, étant déjà trop bas... Maya aurait-elle tenté d'aider quelqu'un qui lui aurait semblé moins fort moralement que Roger?

Même si Maya est généreuse, ses premières idées sont vraiment ridicules. Ici, Karen Merran a peut-être un peu forcé le trait. En effet, même moi qui ignore tout de la rue (comme Maya), je n'aurais pas proposé ce genre d'idées à Roger. Cela décrédibilise un peu la jeune femme, car à ce stade, ce n'est plus de la candeur ou de l'ignorance, c'est presque de la stupidité.
Finalement, j'aime beaucoup l'idée retenue. Elle met en avant une philosophie de vie, et un peu d'espoir.

La famille de Maya est sympathique. Ses membres sont unis, complices, plaisantent souvent les uns des autres... Comme toute famille, celle-ci s'accroche parfois, à cause de limites que certains ne savent pas respecter. Mais ils ont toujours de bonnes intentions. Leurs repas de famille sont très animés, pour le plus grand plaisir du lecteur. Certaines particularités de chacun (l'obsession de Lauren pour la santé, l'amour inconditionnel de mamie pour Patrick Bruel) donnent lieu à des répliques cocasses.

Ce que vit Maya au travail est assez réaliste. Confrontée à Sabrina, une supérieure carriériste et incompétente, elle doit souvent ravaler sa frustration, sa colère, etc. Si c'est pénible pour elle, c'est assez amusant pour le lecteur, car Karen Merran met Sabrina en scène. On l'imagine très bien, confite dans sa suffisance et son assurance, ayant toujours un ton docte (ce que la lectrice a très bien rendu).

La romancière a eu de bonnes idées, et a su leur donner corps. On s'attache aux personnages, à leur histoire, ils sont crédibles. Voilà pourquoi j'ai été très déçue qu'elle semble avoir bâclé certaines choses. On finit par découvrir le secret de Roger. Ses sentiments à ce sujet sont compréhensibles, mais ce qui est arrivé ce jour-là, et la discussion qui suit le récit de Roger font trop mélodramatiques. C'est dommage parce que si l'auteur avait pris le temps de creuser cela, elle aurait pu faire quelque chose d'aussi crédible que le reste.

J'ai également trouvé dommage que le fait que Maya soit célibataire soit un si gros problème. Elle a raison d'être exaspérée que tout le monde le lui rappelle sur tous les tons, mais finalement, elle aussi en fait une infirmité. Je pense qu'il est normal de souhaiter connaître l'amour, mais je trouve dommage qu'on en soit obsédé...

Remarques annexes:
Le portable de Maya étant dérobé au début du roman, on ne peut la joindre qu'au bureau. Je sais que certaines personnes n'ont pas de ligne fixe, mais cela me surprend toujours...
Je trouve dommage que l'entreprise où travaille Maya ainsi que la marque des produits qu'elle fabrique aient des noms anglais.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Laure Dougnac.

Marie-Laure Dougnac est une voix de mon enfance. Pour les nostalgiques des animes des années 80-90, c'est Tam dans «Signé Cat's Eyes». Depuis cet anime, j'ai toujours entendu sa voix fraîche avec plaisir. J'ai donc été ravie qu'elle enregistre un livre. Comme je m'y attendais, sa lecture est vivante. Elle modifie sa voix pour certains rôles, et c'est très bien. Son interprétation de Sabrina (par exemple) m'a aidée à imaginer le personnage. C'est la même chose concernant Paolo. La comédienne a su trouver la dose nécessaire de jeu pour que cela soit drôle sans être affecté.
Marie-Laure Dougnac fait également des voix d'enfants de manière très naturelle (ici, les neveux de Maya). J'ai l'impression que sa voix n'a pas changé depuis «Signé Cat's Eyes».

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée: il y a deux ou trois chapitres par piste.

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