I'm fine and neither are you

L'ouvrage:
Pénélope (la narratrice) et Sanjay se connaissent depuis seize ans, sont mariés depuis onze ans, et ont deux enfants: Stevie (sept ans), et Miles (six ans). Un jour, un événement secoue la famille, surtout Pénélope. Cela l'amène à penser qu'il lui faut voir la vérité en face: cela fait environ trois ans que son mariage n'est plus du tout idyllique. Souhaitant sauver son couple, elle en parle à son mari, et propose que dorénavant, Sanjay et elle soient francs l'un envers l'autre.

Critique:
J'avais bien aimé «Woman last seen in her thirties», mais j'avais trouvé certains aspects de ce livre un peu mièvres. Lorsque j'ai lu le résumé de «I'm fine and neither are you», j'ai tout de suite pensé qu'il me plairait davantage. Je ne me suis pas trompée. Avec finesse, Camille Pagán soulève des questions importantes. Comment faire en sorte que les obligations du quotidien ne fassent pas s'enliser un couple? Comment trouver le juste milieu entre ce qui a besoin d'être dit et ce qui peut être tu? Sanjay a un peu peur que l'honnêteté absolue ne soit pas toujours bonne. Je n'aurais pas aimé que la romancière finisse par montrer qu'effectivement, il faut se mentir un peu. C'est ce que pensent certains dont je ne fais pas partie. Bien sûr, l'autrice montre une situation dans laquelle l'héroïne se demande s'il n'aurait pas mieux valu qu'elle ignore ce que lui a dit son mari, mais elle ne finit pas par regretter la totale franchise qu'elle a elle-même demandée. Il n'est pas toujours facile (surtout avec la personne dont on partage la vie) de dire ce qui ne va pas. Par exemple, Pénélope aimerait que son salaire ne soit pas le seul de la maisonnée, mais elle ne veut pas que Sanjay abandonne son rêve.

La communication n'est pas toujours aisée entre nos deux héros, mais j'ai apprécié que chacun écoute l'autre, et tienne sérieusement compte de ses requêtes. Sanjay dit même qu'il n'est pas vraiment surpris de ce que lui reproche sa femme, qu'il avait perçu son mal-être, et aurait dû s'en préoccuper avant qu'elle ne lance le sujet sur le tapis. Quant à la narratrice, elle aussi se rend compte de certains de ses torts, et des raisons pour lesquelles elle s'est fourvoyée. J'ai apprécié de voir ce couple qui s'aime sincèrement, et qui tient vraiment à se reconstruire.

Il est également question de la perte d'un être cher. Là encore, j'ai trouvé que Camille Pagán décrivait bien ce qu'on éprouve dans ce cas, surtout à travers Pénélope.

Il existe un autre roman de Camille Pagán, «Life and other near-Death experiences», également lu par Amy McFadden. J'hésite à l'acheter, car une chose ne me plaît pas dans le résumé. Après avoir fini «I'm fine (...)», j'ai lu des chroniques à propos de «Life (...)». Certains l'ont adoré, et d'autres disent qu'il se termine un peu trop bien. Je pense qu'on pourrait dire cela de «I'm fine (...)». Je dois dire que je préfère cette fin. Elle est vraisemblable. Effectivement, dans la vie, tout n'est pas obligé de se dérouler comme dans les romans de Karine Giébel. Il peu y avoir des événements heureux, des choses qui se passent bien, des éléments qui, après une bonne explication, se concluent de manière heureuse. À partir du moment où ce n'est pas tiré par les cheveux, je préfère les fins heureuses.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Comme d'habitude, la comédienne joue très bien les sentiments et les émotions des personnages, et module sa voix (ici pour les hommes et les enfants) sans que cela ne soit du cabotinage.

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