I am still alive

L'ouvrage:
Jess Cooper a seize ans. À présent, elle est dans les bois, au large du Canada. Sa seule compagnie est Beau, le chien de son père. La jeune fille n'est là que depuis quelques mois, et maintenant que son père est mort, elle doit apprendre à survivre.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je l'ai trouvé assez dur psychologiquement, mais tout ce qui y est raconté est réaliste.

J'ai compris chaque choix de l'héroïne, chacune de ses révoltes, de ses batailles. J'ai compris le désespoir qui s'empare d'elle lorsqu'elle pense (au long du roman) aux pertes qu'elle a subies, mais aussi quand elle a l'impression qu'elle ne peut pas continuer de se battre pour survivre. J'ai compris cette jeune fille très réaliste. Elle supporte vaillamment les coups durs qui s'abattent sur elle. La vie et les circonstances l'ont poussée à avancer, mais il m'aurait semblé normal (même si cela m'aurait déçue) qu'elle finisse par jeter l'éponge.

Ayant bénéficié de quelques leçons de son père, Jess nous en fait profiter. D'abord, elle énonce calmement ce dont nous nous doutons tous plus ou moins: «C'est le froid qui te tuera en premier.» Ensuite, entre l'enseignement de son père, sa jugeote, et les leçons qu'elle tire de ses expériences, elle évolue, apprend, mûrit... Elle arrive avec certaines idées: elle est végétarienne, a besoin de kiné pour sa mauvaise jambe (résultat d'un accident de voiture), cette vie dans les bois n'est pas pour elle. Elle se rend vite compte qu'être végétarienne est un luxe qu'elle ne peut pas se payer, et que ses efforts pour survivre (pêcher, chasser, se construire un abri...) lui font les muscles. Kate Alice Marshall fait passer son héroïne par de très rudes moments, d'autant que sa survie n'est pas la seule chose que l'adolescente devra prendre en compte.

À un moment, la jeune fille tenait sa vengeance à portée de main, et n'a pu se résoudre à faire ce qu'il fallait. Cela s'est très vite retourné contre elle. J'ai pensé (comme elle) qu'elle aurait dû agir quand elle en avait eu l'opportunité, mais je ne l'ai pas blâmée de ne l'avoir pas fait, parce que c'était une étape assez importante à franchir. C'est pour cela que je dis que même lorsqu'elle fait des choses qui finissent par aller contre ses intérêts, ou qu'elle est injuste envers son père (elle le montre dans les retours en arrière), elle n'est pas forcément à blâmer. Brutalement arrachée à une vie qu'elle aimait, elle se retrouve forcée d'en accepter une totalement différente, à laquelle elle n'est pas préparée... Il y aurait de quoi devenir fou...

Je ne sais pas trop quoi penser de Carl, le père de Jess. À mon avis, il voulait vraiment bien faire lorsqu'il s'est vu confier la garde de sa fille. Il y en a une preuve tangible dans le roman. Quant au reste, disons qu'il s'est laissé rattraper par les circonstances présentes et passées...

Tout comme l'héroïne, j'aime beaucoup Beau. Je ne peux pas dire grand-chose sur lui, pour ne pas trop en dévoiler, mais pour moi, c'est un élément important du roman.

Pendant une partie du livre, la narratrice alterne le récit de son présent et celui de son passé proche. En général, je n'aime pas trop cela. Ici, c'était approprié, et fait avec bon sens. Je n'ai trouvé aucun temps mort, ne m'étant pas ennuyée une seule seconde.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Tantor Media.

Je pense que ce roman n'a pas été facile à enregistrer: il fallait rendre les émotions de la narratrice sans trop en faire. Amy McFadden y a très bien réussi. Lorsque Jess pleure, la comédienne mime à merveille son désarroi. Il n'est pas rare que les comédiens qui enregistrent des livres cabotinent lorsqu'il s'agit de pleurer. Amy McFadden n'en fait jamais trop, et l'expression de la détresse de l'héroïne de ce livre n'a fait que démontrer (une fois de plus) son grand talent. Quant aux autres aspects de son interprétation, ils restent aussi bons que d'habitude.

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