How will I know you?

L'ouvrage:
Une adolescente, Joy Enright, disparue le 13 novembre 2009, est retrouvée début décembre. Elle a été étranglée. Après deux témoignages et une perquisition, la police arrête un suspect, Martin. Celui-ci jure qu'il est innocent. Il est persuadé que la pièce à conviction retrouvée chez lui y a été introduite par le chef de la police, Douglas Armstrong, alors que ses hommes et lui fouillaient la maison.

Critique:
Ayant aimé «D'un mauvais oeil», j'ai saisi l'occasion de lire un autre roman de Jessica Treadway. Je n'ai pas été déçue, il m'a beaucoup plu. Il est raconté de plusieurs points de vue: ceux de Suzanne (la mère de Joy), Martin (le suspect), Harper (une amie de Joy), et Tom (le gendre du chef de la police). Vers la fin, un passage raconté par Joy explique ce qui s'est passé le soir du 13 novembre. Le récit de chacun alterne le passé et le présent. Cela ne m'a pas du tout dérangée, alors qu'habituellement, je n'aime pas trop cette structure.

À travers tous ces points de vue, on découvre qui était Joy: son caractère, ses ennuis, ses motifs d'agir, ses failles. Bien sûr, on découvre également ces aspects chez tous les personnages qui prennent la parole.

Il n'y a que les scènes narrées par Tom qui évoquent moins Joy. En effet, il la connaissait peu. Il parle surtout de son mariage, de ses soucis avec son beau-père (ils ont un rapport avec sa manière d'agir ensuite concernant l'affaire Joy), de sa détresse due au fait qu'il sait bien que sa femme (Allison) ne voudra jamais reconnaître que Douglas le déteste... Tom a beaucoup de choses à gérer tant au niveau de son travail qu'émotionnellement. Ce personnage m'a émue, et dès le début, j'ai été de son côté. Au long du roman, j'ai apprécié ses réflexions, sa façon de voir les choses, et j'ai eu de la peine pour lui.

J'ai apprécié Harper. Lorsqu'elle a fait de mauvais choix, je l'ai comprise, même si je ne l'approuvais pas. Elle est déboussolée quant à son amitié avec Joy, désoeuvrée quant au comportement de sa mère... C'est une gentille fille un peu perdue. J'imagine que nous aurions été beaucoup à agir comme elle, à sa place.

Je n'ai pas vraiment apprécié ce que Joy était. J'ai compris pourquoi elle faisait ceci ou cela, mais je l'ai moins excusée qu'Harper. Pourquoi n'a-t-elle pas tout de suite parlé à ses parents quant à ce qui la peinait? Il est vrai que souvent, quand des choses ne vont pas dans la famille, on n'en parle pas, on ne met rien à plat, on se tait, et l'amertume augmente avec le temps. Ce comportement s'est ajouté à la façon dont Joy s'est mise à traiter Harper, et aux mauvaises choses qu'elle faisait par ailleurs. Bien sûr, elle avait des raisons défendables de faire cela, mais elle s'est enferrée dans le non-dit. Il est à la fois réconfortant et triste que le soir de sa mort, elle ait souhaité tout avouer à ses parents. Je ne l'ai pas trop appréciée, mais je savais qu'au fond, elle ne voulait pas mal faire.

Dès le départ, j'ai décidé de ne pas croire que Martin étais coupable. J'ai très vite accusé quelqu'un d'autre... Et vous, qu'en penserez-vous? En tout cas, l'auteur a joué finement. Les choses sont très bien amenées. Un regret reste, mais je ne sais pas comment Jessica Treadway aurait pu faire pour que cela soit différent. Ayant décidé de ne pas soupçonner Martin, je l'ai rapidement apprécié. Il décrit très bien son attachement pour son père et sa grand-mère, ainsi que sa passion pour son travail. Ensuite, j'ai compris ce par quoi il passe...

Les personnages et les situations qu'ils vivent sont très réalistes. Je tais certaines choses que j'aimerais dire (concernant les parents de Joy, la mère d'Harper, et la famille Armstrong), mais c'est parce que je ne veux pas trop en dévoiler. En tout cas, ce roman sonne juste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Hachette Audio. La distribution est la suivante: Lauren Fortgang a lu les passages du point de vue d'Harper, Ryan Vincent Anderson a lu ceux narrés par Martin, Christopher Ryan Grant a interprété ceux du point de vue de Tom, Cynthia Farrell a lu ceux du point de vue de Suzanne, et Caitlin Kelly a enregistré celui du point de vue de Joy.

Je ne connaissais bien que Lauren Fortgang, que j'aime bien, mais dont je me méfie parfois, car je suis tombée sur un livre (pas chroniqué car pas terminé) où elle prenait un accent et une voix horribles, et surjouait. Ici, j'ai aimé son interprétation. Elle ne surjoue pas, et lit de manière naturelle.

J'ai beaucoup aimé l'interprétation de Ryan Vincent Anderson ainsi que celle de Christopher Ryan Grant. Elles sont vivantes, les comédiens n'exagèrent jamais, ils jouent les émotions de manière appropriée.

Cynthia Farrell m'a également convaincue, mais j'ai une petite réserve. Cela ne m'empêchera pas de lire d'autres romans enregistrés par elle.

Après cette lecture, je ne peux pas me faire une opinion sur le jeu de Caitlin Kelly, qui lisait bien moins que les quatre autres. Cependant, à première écoute, je peux dire que je l'ai apprécié. J'irai donc vers des romans qu'elle a enregistrés en entier.

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