L'ouvrage:
Ce vendredi soir, Jeff Manning a une tâche déplaisante à accomplir. Il doit annoncer à l'un de ses subalternes que l'entreprise le licencie. Il déteste devoir faire cela. Dans la soirée, sa collègue, Tish, à qui il en avait parlé, lui envoie un texto demandant si cela s'est bien passé. Jeff ne répond pas...

Critique:
C'est le troisième livre de Catherine McKenzie que je lis. Je l'ai aimé, même si certaines choses m'ont un peu gênée. L'auteur aborde un thème qui ne me plaît pas, en général, parce que je l'ai vu traité de manière trop peu crédible. Ici, Catherine McKenzie prend le temps, le donne à ses personnages, et ce qu'elle raconte est vraisemblable. Cela me gêne toujours un peu, mais je comprends que les protagonistes soient «tombés» (si on peut dire) là-dedans.

Je n'ai pas toujours apprécié Claire, mais je pense que cela vient beaucoup de l'interprétation d'Angela Dawe. Elle nous fait une Claire qui narre trop fort, sur un ton très peu naturel... Elle est si loin de celle qui a brillamment enregistré «Still missing» («Séquestrée») de Chevy Stevens. Son travail peu sérieux a fait que j'ai eu du mal à me faire à Claire. Bien sûr, je lui ai reproché des choses concrètes, notamment ce qui est arrivé avec Tim dans le passé, mais je pense qu'elle ne m'aurait pas autant déplu si la lectrice n'avait pas pris un ton de sorcière pour la jouer. En parvenant à faire abstraction de cette horrible interprétation, je peux dire que Claire est sympathique, qu'elle n'a jamais agi avec de mauvaises intentions, qu'elle est même plus aimable que sa soeur, Beth, qui a brisé le coeur de leur père, sans scrupules.
À travers ce qui arrive à Claire et ce qui est arrivé à Beth, la romancière pose une question dérangeante. Beth explique que si elle avait ignoré l'infidélité de son époux, sa vie de femme mariée aurait pu suivre normalement son cours. Après cette mauvaise expérience, elle pense que si quelqu'un se rend coupable d'infidélité une seule fois, il n'a qu'à l'oublier, et n'en rien dire à son conjoint. Je comprends cette façon de penser, même si je me dis qu'il vaut mieux savoir...

J'ai apprécié Tish, ainsi que sa fille, Zoé. Ce qui arrive à la fillette force Tish à sortir du marasme dans lequel elle est plongée, et qu'elle ne peut pas vraiment expliquer à son entourage. J'ai bien aimé la petite conversation mère/fille qu'elles finissent par avoir. Je ne pensais pas que la forme de stress que connaît Zoé (qui semble être une variante de ce qu'a expérimenté Tish) existait, mais finalement, je trouve cela logique.

Après avoir fini ce livre, je ne peux pas dire si j'aurais voulu que certains personnages agissent autrement. Bien sûr, si deux d'entre eux avaient fait une chose donnée, cela ajouté à l'événement du vendredi soir dont il est question dans mon résumé aurait absolument tout détruit. Cette chose n'ayant pas été faite, la destruction est plus restreinte. Je reste allergique au thème majeur abordé, et il m'a déplu de le retrouver chez une autrice que j'aime bien, mais Catherine McKenzie a su le rendre presque acceptable, surtout parce qu'elle n'a pas fait comme certains autres qui ont bâclé le chemin qui mène audit thème.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Brilliance audio.
Jeff Cummings a lu les chapitres narrés par Jeff, Angela Dawe a interprété ceux vus par Claire, et Amy McFadden a enregistré ceux racontés par Tish.

J'ai déjà entendu Jeff Cummings sur d'autres romans. Étrangement, lorsque je commence un livre qu'il a enregistré, j'ai peur qu'il prenne un ton mièvre, et puis il se lance, et mes craintes sont balayées. Je ne sais pas pourquoi j'ai toujours un peu peur de sa lecture, mais au final, elle est adéquate. Son intonation est toujours appropriée aux sentiments des personnages.

J'ai déjà parlé de ma déception concernant Angela Dawe. Je ne m'explique pas ce ton criard, acariâtre, et donc totalement inadéquat qu'elle adopte dans ce roman, car «Still missing» n'est pas le seul livre qu'elle a, à mes yeux (à mes oreilles, devrais-je dire) bien interprété. Dans «Hidden», elle n'est pas égale à elle-même. J'espère que c'est un accident de parcours.

Amy McFadden fait partie des comédiens dont j'adore le jeu. Elle ne m'a absolument pas déçue. Comme d'habitude, elle a su rendre les émotions des personnages, et a modifié sa voix pour les rôles masculins sans exagération.