Havres de grâce

L'ouvrage:
1865, Bath. Jane travaille avec son père, William, qui est médecin. Elle officie en tant qu'infirmière, et les patients l'adorent. On la surnomme l'ange des thermes, lui prêtant des vertus aussi curatrices que les eaux de Bath. Valentin Ross, médecin assistant de William, est amoureux de la jeune fille. Voilà pourquoi il l'invite dans le salon de thé de Clorinda Moricey où les pâtisseries sont délicieuses) et lui demande sa main. La jeune fille, ne souhaitant que l'amitié (et encore...) de Valentin, refuse, et court se réfugier à Londres, chez sa tante Emeline. Elle ne sait pas encore que ce séjour est un tournant de sa vie.

En parallèle, nous suivons Edmund, le frère de Valentin, qui s'est rendu à Bornéo afin d'étudier les oiseaux. Atteint de malaria, il rencontre sir Ralph, un radjah, qui le soigne.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié que Rose Tremain montre une jeune fille pas très au fait des choses du monde, mais qui sait ce qu'elle veut (et surtout, ce qu'elle ne veut pas), qui ne fait pas de manières, qui ne fuit pas devant la difficulté... Jane est parachutée dans un chemin difficile, car ce à quoi elle aspire n'est pas simple à obtenir dans la société de l'époque. Certes, mais elle est face à des personnes qui veulent d'abord le bonheur de ceux qu'ils aiment. Voilà pour quoi elle pourra, elle aussi, s'épanouir.

Au départ, je n'aimais pas trop Giulietta, car j'avais l'impression que la seule chose qui l'intéressait, c'était son propre plaisir. C'est d'ailleurs dans ce sens qu'elle agit. Plus tard, les événements la responsabilisent, et elle devient plus aimable.

Pendant un moment, je n'ai pas trop su quoi penser de Valentin. Il avait d'abord l'air d'un benêt pas trop méchant, et il a quelque peu éveillé ma compassion. Ensuite, quand il s'est mis à déployer des trésors de violence (tant en pensées qu'en actes) ma compassion s'est envolée. Bien sûr, Edmund réagissait comme il était logique qu'on réagisse à cette époque. Et même si certains (Clorinda, Ashton, Emeline, etc) se montraient ouverts, cela ne voulait pas dire qu'Edmund pourrait y arriver. Malgré cela, je ne lui ai pas accordé les circonstances atténuantes.

J'ai apprécié que, par petites touches, Rose Tremain conduise ses personnages vers la route qui leur convient. Par exemple, William et Clorinda font plus ample connaissance parce qu'il a besoin d'elle, puis un imprévu tombe sur Clorinda, et c'est elle qui a besoin de William...

J'ai été très agacée par Ralph, et surtout Léon. Ralph est un gentil bougre, mais il a beau comprendre que Léon ne fait qu'exprimer des caprices, et ne cherche qu'à profiter de tout ce qu'il peut, il fait ses quatre volontés. Certes, l'autrice exploite très bien la ficelle, et elle expose très bien ce qui découle de la présence de Ralph, du caractère de chacun, etc.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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