Haven Point

L'ouvrage:
Octobre 1944. Maren Larsen est infirmière au centre médical Walter Reed, à Washington DC. Un jour, son amie, Dorothy, infirmière également, lui présente le docteur Oliver Demarest. Oliver et Maren sont rapidement attirés l'un par l'autre.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Virginia Hume aborde certains thèmes de manière fine et juste: l'alcoolisme, l'adultère, le poids des rumeurs, l'amitié, le deuil, la manière dont on peut s'embourber dans de fausses croyances... Elle nous montre comme il est difficile de se forger son opinion quand on me parvient à percevoir que la surface des choses. Maren doit passer par des déconvenues avant d'accepter de montrer à son mari qu'elle a besoin de lui. Plus tard, c'est un terrible événement qui la forcera à voir au-delà des apparences que montrent les habitants de Haven Point. Certes, ils sont une communauté qui n'hésite pas à piétiner à coups de ragots, mais ils ne sont pas débordants de méchanceté et de sectarisme. La manière dont Maren évolue, puis celle dont Annie, skye, et Ben perçoivent Haven Point fait que le lecteur se demandera forcément s'il parvient toujours à être le plus objectif possible au vu d'une situation ou de personnes.

Annie n'a pas absolument tort quant à son ressenti concernant Haven Point, mais à l'inverse de Maren, elle n'a voulu voir qu'un côté des choses, et elle l'a amplifié. À travers Annie, Virginia Hume explore une autre facette de la culpabilité. Je ne sais d'ailleurs pas trop quoi penser d'Annie. Elle donne à la fois envie de la secouer et de la réconforter.

J'apprécie la façon dont la romancière aborde l'amitié. Maren a deux vraies amies, et celles-ci sont toujours là (Georgie davantage que Dorothy, mais uniquement à cause de la distance) lorsqu'elle a besoin d'elles. Le moment où Skye comprend la réelle raison de la visite de Georgie, alors que Maren est en train de raconter ce qui est arrivé en 1970, est très émouvant. Le récit de Maren l'est déjà beaucoup... Skye a également une amie sur laquelle elle peut compter, et qui, en plus, est très drôle: Adriane. Dès sa première rencontre avec Skye, elle m'a bien fait rire en expliquant à sa nouvelle amie que sa petite soeur avait une ennemie imaginaire.

La construction m'a dérangée, car elle n'est pas linéaire. Je reconnais que les événements de 1970 ne pouvaient pas être contés trop tôt, mais l'autrice aurait pu mettre davantage de chronologie dans son récit.

J'aimerais dire d'autres choses, donner des exemples plus concrets. Cependant, j'en dévoilerais trop. De ce fait, je me contente de recommander chaleureusement de lire «Haven Point».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Macmillan.

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