Gwendolen L'ouvrage:
Gwendolen habite en Jamaïque avec ses parents, Winston et Sonia, sa grand-mère, Naomi, et oncle Johnny.
Un jour, son père s'en va en Angleterre où il trouvera du travail.
Plus tard, sa mère part le rejoindre.
Gwendolen reste avec sa grand-mère qu'elle aide de son mieux, malgré son jeune âge, et avec oncle Johnny. Ce dernier est très apprécié de Naomi, et des voisins... Gwendolen le sait, et elle est persuadée que personne ne la croirait si elle disait qu'il vient la voir, dans sa chambre, presque toutes les nuits... Le mieux, pense-t-elle, c'est de partir. Mais elle est jeune, et au bout d'une journée, elle a envie de rentrer chez elle. Elle finit par tout dire à sa grand-mère.

Critique:
Gwendolen est élevée par des gens qui ne savent pas communiquer, qui sont un peu rustres... D'abord, sa grand-mère, puis ses parents. En effet, elle finit par se rendre en Angleterre, chez ses parents.
C'est une très gentille petite fille qui ne rêve que de l'amour de ses parents. Elle est prête à donner sa confiance à qui se montre chaleureux avec elle. Malheureusement, elle évolue au milieu de personnages trop simples.
Sa grand-mère la comprend, mais la pauvreté la rend aigre.
Sa mère ne voit en elle qu'une boniche. Plus tard, on pense qu'elle saura la comprendre, mais non. La superstition reprend le dessus, et elle ne veut pas voir la détresse de sa fille. La souffrance et la colère l'aveuglent. Elle finira quand même par comprendre ce qui se passe.
Lorsque Gwendolen arrive en Angleterre, il y a une scène qui m'a beaucoup émue, la scène où elle retrouve son père, et où elle lui sourit, l'appelle papa sans mal, (malgré le temps écoulé depuis qu'ils se sont vus), où elle lui donne son coeur. On est content, on se dit que Gwendolen va repartir sur de nouvelles bases, et va peut-être réussir à oublier les viols répétés qu'elle a subis. Malheureusement, le sort s'acharne sur elle...

Le livre nous montre une famille simple, dont les membres ne veulent pas ou ne peuvent pas comprendre certaines choses, car ils sont englués dans les traditions, dans le "ça devrait se passer comme ça". Par exemple, sans vouloir faire de sa fille une domestique, Sonia la fait surtout venir en Angleterre pour qu'elle l'aide dans son travail quotidien.
Plus tard, lorsque l'un des personnages abuse de Gwendolen, il se dit que de toute façon, c'est à elle de le repousser, ça a toujours été aux femmes de repousser les hommes quand elles ne veulent pas.
Ce sont des considérations assez primitives...

On y voit aussi différentes cultures qui ne se comprennent pas. Lorsque Naomi meurt, le propriétaire de l'appartement que louent les parents de Gwendolen leur annonce qu'elle est malade. Il est nigérian, et dans son pays, on annonce que la personne est malade par délicatesse. L'interlocuteur doit comprendre que la personne est morte. Seulement, Sonia et Winston ne connaissent pas cette culture, et font de folles dépenses pour acheter des médicaments pour Naomi...

Gwendolen est étouffée par son secret que personne ne veut comprendre, et que ceux qui l'ont compris ne veulent pas matérialiser en le disant. Le poids de l'incompréhension qui l'entoure la pousse à piquer des crises de nerfs.

Si le roman dépeint une certaine misère, la fin est un espoir.
Gwendolen transforme le résultat de l'abjection qu'elle a subie en amour.
Sonia ouvre les yeux. Un peu difficilement, il est vrai. On espère qu'elle apprendra à communiquer avec sa fille.

C'est un livre qui mélange subtilement les moments d'émotion dus à la joie, et les moment d'abattement dus à l'incompréhension. Je le conseille.

Éditeur: Gaïa,.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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