Garde rapprochée

L'ouvrage:
Ned Kelly vient de rencontrer Tess avec qui il file le parfait amour. Son bonheur sera bientôt complet: son cousin, ses amis et lui vont cambrioler une riche villa: ils vont y voler des tableaux valant plusieurs millions. Cette opération a été commanditée à la petite bande par un certain Gachet.
Mais le cambriolage tourne mal: les tableaux ont déjà disparu. Les cadavres s'accumulent autour de Ned qui devient le suspect numéro 1.

Critique:
Le livre avance à un rythme effréné. Cela aide à faire passer des ficelles pas toujours subtiles.
D'abord, à partir du moment où le lecteur sait qui est le «vrai méchant» de l'histoire, il y a quelques lenteurs. Les actions s'enchaînent, ce qui gomme un peu ces lenteurs, mais on n'a plus vraiment de révélations. Tout est concentré sur l'action. C'est d'ailleurs, je pense, ce qu'a voulu l'auteur. Il fallait bien qu'il détourne l'attention du lecteur, puisqu'il lui avait révélé le nom du «méchant».

Parmi les péripéties de ce roman qui se déroule à 100 à l'heure, je retiendrai la course-poursuite: moto essayant de distancer quatre quatre. C'est épique, loufoque, mais également inquiétant. Cette scène est très bonne, car l'auteur y dose tous ces ingrédients de manière habile.
Cette rapidité d'action est renforcée par les courts chapitres qui donnent l'impression d'aller vite. Cependant, ce n'est pas le premier roman de cet auteurs où les chapitres sont courts: ils ne servent donc pas forcément une action rapide.

À part cela, l'histoire est assez légère. Les personnages ne sont pas vraiment épais. La sympathie du lecteur ira naturellement vers Ned qui a l'air un peu naïf, et à qui on a envie de donner sa chance. On appréciera également ceux qui l'aident parce qu'ils l'aident, mais ils ne se démarquent pas vraiment. Elie réfléchit davantage que certains autres, donc elle paraît plus creusée, mais il fallait ce genre de personnage à l'auteur pour bâtir son intrigue.
Joff fait rire le lecteur, mais seul ce trait le caractérise.
Quant au «méchant», il est manichéen.
Les rebondissements sont assez prévisibles, ou du moins, n'engendrent pas une véritable surprise.
Pour une fois, je ne me plaindrai pas de l'histoire d'amour. Elle arrive vite, mais elle est à l'image du roman. Et puis, dans ce contexte d'extrême tension, elle peut s'expliquer.

Il faut lire ce roman avec l'idée qu'on va se détendre, qu'on n'a pas besoin de réfléchir, et en gardant à l'esprit qu'il ne faudra pas trop en exiger.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nicole Olivet pour l'association Valentin Haüy.
La lectrice a une voix sympathique et un ton dynamique.

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