Fractures

L'ouvrage:
2007. Alice Dehaene a vingt-cinq ans. Voilà un an qu'elle suit une thérapie avec le docteur Luc Graham. Ce matin-là, il veut la soumettre à un test, qui, pense-t-il, pourra l'aider à faire ressortir des éléments nécessaires à sa guérison. Seulement, les choses ne se passent pas comme prévu. Au beau milieu de l'expérience, Alice prend peur, et s'enfuit.

Critique:
Si j'ai été déçue par les derniers romans de Franck Thilliez que j'ai lus (c'étaient également les derniers édités, à ce moment-là), si les suivants ne m'ont pas du tout tentée, il y a un moment que je veux lire «Fractures», qu'il a publié bien avant de se mettre à faire du trop spectaculaire, selon moi. Comme je m'y attendais, ce roman m'a beaucoup plu. D'abord, je ne me suis pas ennuyée, donc aucun remplissage, aucun temps mort. Bien sûr, l'auteur retarde certaines découvertes, mais ce n'est pas grave parce que le récit est toujours captivant. J'avais deviné quelque chose, puis j'ai pensé que je m'étais complètement trompée, puis j'ai compris que j'avais raison. Cela ne m'a pas du tout gênée. Au contraire, cela veut dire que l'auteur a réussi à me berner, ce qui est très bien. Certains éléments peuvent être devinés assez rapidement (comme l'identité du catatonique), mais cela non plus n'est pas dérangeant, parce que c'est voulu. Il y a un élément que j'aurais dû trouver... et dont je n'ai pas su recoller les morceaux. Pourtant, l'auteur ne fait rien pour embrouiller les choses, il ne donne pas de faux renseignements... Je me suis dit que j'étais bébête de ne pas avoir compris cette solution, mais en même temps, j'ai été très contente qu'en restant simple et sans user d'artifices déloyaux, l'auteur parvienne à me damer le pion.

Malgré tous ces points positifs, il me semble avoir trouvé une incohérence. Dans le prologue, l'auteur dit quelque chose. Le lecteur se base sur cela pour le reste du roman. Cependant, il n'est plus question de cet élément par la suite, du moins plus comme on s'y attendrait. Il aurait pourtant été facile à Franck Thilliez d'expliquer la disparition de ce paramètre, après nous avoir fait croire, au long du roman, qu'il était toujours là...

À travers certains personnages, le romancier aborde un thème qui fascine et effraie à la fois. Je n'en donnerai pas la nature exacte pour ne pas gâcher les découvertes, mais il s'agit de plonger au coeur du cerveau, et de découvrir comment certains «s'arrangent» lorsqu'ils sont confrontés à des situations traumatisantes. Je suis tombée sur le même cas de figure (moins exploré cependant) dans «The niht child», d'Anna Quinn.] J'imagine que les auteurs se sont documentés, et j'aimerais savoir jusqu'où ils ont raison. J'ai également vu ces théories exposées dans d'autres livres et films, donc je me doute qu'elles n'ont pas été inventées. C'est sûrement ce qui m'effraie le plus... Pour en savoir davantage, il faudrait sûrement que je lise des ouvrages théoriques sur le sujet...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maia Baran.
Je connais peu cette comédienne qui enregistre assez régulièrement, mais qui (malheureusement pour moi) n'a pas lu beaucoup de livres qui m'ont tentée. J'avais apprécié son jeu dans «1Q84», tout en trouvant qu'elle en faisait un peu trop pour la vieille femme. Ici, je l'ai trouvée parfaite. Quels que soient les personnages et quelles que soient les émotions qu'ils expriment, elle joue sans prendre une voix affectée, sans en faire trop. C'est un tour de force, car il est assez difficile pour une femme d'apporter la dose de jeu adéquate lorsqu'elle fait parler des hommes, et que ceux-ci sont en proie à de forts sentiments.

Petite digression qui, je l'espère, ne vous cassera pas trop les pieds. Quand j'ai regardé les sorties Audiolib de février, j'ai pesté parce qu'Adeline Chetail a enregistré le Mary Higgins Clark: en effet, je n'aime pas du tout cette romancière, mais rêve de lire des romans lus par Adeline Chetail. Donc, en pestant et ressassant l'injustice qui me frappait (Mouarf mouarf mouarf! ;-) ), j'ai pensé: «Mais pourquoi ils n'ont pas fait lire «Fractures» à Adeline Chetail! Maia Baran aurait pu enregistrer «Dernière danse»! Ils n'avaient qu'à les interchanger!» Je sais que les choses sont bien plus complexes que cela. Il est évident qu'on ne choisit pas un comédien pour un livre en pensant qu'il pourrait aussi en lire un autre, et qu'on pourrait échanger ce comédien avec celui qui lit l'autre livre. J'imagine qu'Adeline Chetail a été choisie pour «Dernière danse» parce que l'héroïne est une adolescente, et que cette comédienne se glisse facilement dans la voix d'adolescentes. De ce fait, elle n'aurait pas eu la voix (le registre vocal) pour enregistrer «Fractures». Je n'ai qu'à lire l'autre roman qu'a interprété Adeline Chetail («L'empire de sable»), (Ici, imaginez une longue digression que je vais vous épargner à propos du fait qu'en anglais, ce roman a été enregistré par... Andi Arndt.), et espérer qu'elle en enregistrera d'autres.

Je continue en ajoutant une autre digression, tant que j'y suis: j'ai un peu le même souci avec Florine et Noémie Orphelin. J'aimerais qu'elles lisent davantage, et que leurs lectures me tentent. J'aimerais même (si possible) qu'elles lisent un livre à deux, et qu'en début de ce livre, soit précisé laquelle fait quel rôle. Cela me guérirait peut-être de ma confusion. En effet, je ne parviens pas à dire qui est Florine et qui est Noémie...

Pour en revenir à «Fractures», maintenant que je l'ai entendu brillamment interprété par Maia Baran, je ne l'imagine enregistré par personne d'autre! J'espère aussi que Maia Baran enregistrera d'autres romans qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre a été respectée à 99%: le chapitre 57 est sur deux pistes.

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