Fleur de cadavre

L'ouvrage:
Copenhague.
Héloïse Kaldan est journaliste. Un jour, elle trouve une étrange lettre dans son casier. Puis elle en reçoit d'autres... Elles viennent d'Anna Kiel. Il y a trois ans, celle-ci a assassiné un riche avocat, puis s'est enfuie, non sans se montrer à la caméra de surveillance près de chez sa victime. Avec la réception de ces missives, Héloïse espère que si elle peut rencontrer Anna, elle pourra peut-être écrire un article sur l'affaire...

Critique:
Ce roman m'a plu. On trouve un thème qui me semble galvaudé par certains auteurs qui le mettent à toutes les sauces, et que justement, Anne Mette Hancock parvient à aborder de manière juste. En tout cas, cela ne m'a pas agacée de le retrouver ici. Non seulement l'auteur fait s'exprimer une victime, mais en plus, elle montre le point de vue d'une victime collatérale. Celle-ci n'a rien subi, mais souffre de ce qui a été infligé à d'autres. De toute façon, l'auteur n'en fait pas trop, rien n'est ni cliché ni grandiloquent.

Le roman ne traîne pas. Le lecteur assiste aux péripéties des policiers qui rouvrent l'enquête, et à celles d'Héloïse qui s'en mêle forcément et dont on découvre également la vie privée. À la fin, le lecteur a toutes les réponses, rien n'est bâclé. Il reste une chose qu'on se demande, mais il n'est pas grave qu'on l'ignore.

J'ai aimé qu'au début, on ne sache pas trop quoi penser d'Anna. On sait qu'elle a commis un meurtre, et est en fuite. Ensuite, Héloïse recueille des informations de diverses sources concernant la jeune femme, on s'en fait une idée, mais ces sources semblent se contredire. On ne saisit vraiment Anna (si j'ose dire) que lorsqu'elle se livre. (On me dira peut-être que c'est une lapalissade...)

Comme dans tout roman, il y a des personnages que j'ai appréciés, d'autres que j'ai détestés... Il y en a surtout un que j'aurais aimé faire énormément souffrir. J'ai imaginé différents supplices à lui infliger. Bon, disons qu'il y en a deux. Le deuxième aurait d'abord regardé les horreurs que j'aurais faites au premier, puis il les aurait également subies. ;-)

Je n'ai pas aimé que la meilleure amie d'Héloïse prône le pardon dans le sens où il aiderait la journaliste à aller mieux. Comme je l'ai déjà dit dans d'autres chroniques, on peut ne pas pardonner, et finir par être indifférent. Ne pas pardonner ne veut pas forcément dire qu'on ressasse une rancoeur. Cela peut vouloir dire que la personne qui ne mérite pas le pardon hérite de l'indifférence de celui à qui elle le demande. Je dis encore cela (alors que je l'ai dit dans d'autres chroniques) parce que je déteste ceux qui, la bouche dégoulinante de bons sentiments (qui, pour moi, sont faux), disent que si on pardonne, c'est d'abord pour se faire du bien à soi-même. Certains peuvent trouver du soulagement à pardonner. C'est très bien pour eux. Mais tout le monde n'est pas ainsi. J'ai donc apprécié l'amie d'Héloïse jusqu'à ce qu'elle dise cela... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gaëlle Billaut-Danno.

La comédienne a été victime (de ma part) de la même chose que Sandra Parra. En écoutant l'extrait proposé sur Audible, j'ai pensé que ça pouvait aller, mais que ce serait moyen. Puis en lisant le roman, j'ai trouvé que j'avais été injuste à première écoute. Gaëlle Billaut-Danno a toujours le ton qui convient. Quelque chose m'a quand même interpelée: elle modifie un peu (mais elle ne le fait pas mal) sa voix pour les rôles masculins, et parfois, elle prend une voix plus grave pour Lisa et Connie, comme si c'étaient des hommes.
Sinon, il me semble qu'elle fait partie des très rares personnes qui prononcent correctement le mot «moeurs». Je n'ai jamais lu qu'il y avait une règle de prononciation particulière pour ce mot, et je ne comprends pas pourquoi 99,9% des gens le prononcent «moeurse». On ne dit pas «coeurse» pour «coeurs» ni «soeurse» pour «soeurs», donc pourquoi dire «moeurse» pour «moeurs»? C'est peut-être une exception, mais étant donné que je n'ai jamais lu de règle de prononciation concernant ce mot, je me demande d'où vient cette façon de dire, et je la suppose erronée.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

Acheter « Fleur de cadavre » sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)