Fin d'été

L'ouvrage:
C'est l'été. Gerlof Davidsson quitte la maison de retraite pour retrouver sa maison de l'île d'Öland. D'autre part, cette saison touristique est, comme tous les ans, profitable à la famille Klaus, qui possède un terrain de camping. Gerloc n'a aucune raison de frayer avec les Klaus. Pourtant, cet été, les événements vont le mêler à leur vie.

Critique:
Les habitués de Johan Theorin seront peut-être un peu déroutés par le début du livre (après le prologue), car il est très lent. Cet auteur avance assez lentement, d'habitude, mais là, il prend encore plus le temps de planter le décor, d'installer les personnages. À un moment, j'ai pensé que rien n'était lié, et qu'il ajoutait certains détails qui, en fait, étaient inutiles. Or, ce n'est pas le cas. Tout a son importance. Pour ma part, si j'ai été un peu surprise, il ne m'a pas déplu que l'auteur prenne tout ce temps. J'aime beaucoup l'ambiance des romans de Johan Theorin. J'ai apprécié de retrouver Gerlof, l'île d'Öland, et de rencontrer d'autres personnages.

Là encore, l'auteur teinte son roman de fantastique qu'on peut pourtant expliquer de manière rationnelle. Jonas (enfant de douze ans), croit voir un fantôme. L'île est habitée par tout un tas de légendes. Si Gerlof et le lecteur savent à quoi s'en tenir, la peur de Jonas donne l'occasion à l'auteur d'écrire une scène où l'angoisse est présente. Je parle de celle où l'enfant se retrouve sur le cargo après que son matelas pneumatique a été coulé par ledit cargo. Si le garçonnet a peur d'un fantôme, le lecteur qui commence à savoir certaines choses, a peur pour la vie de Jonas.
La scène racontée dans le prologue est plus difficilement explicable. En y réfléchissant, Gerlof tente de la rationaliser, mais on ne saura jamais vraiment ce qu'il en est, comme dans d'autres romans de Theorin. Cela n'est pas gênant.
Enfin, un personnage se fait appeler le Revenant, parce qu'il revient dans son pays après une longue absence, mais il y a un clin d'oeil au fantôme.

L'écrivain a inséré des retours en arrière. Moi qui n'aime pas trop cela, d'habitude, j'ai trouvé qu'ici, c'était judicieux. On découvre un personnage petit à petit, tout en le voyant agir dans le présent. On se fait des idées sur lui, puis de nouveaux paramètres s'ajoutent... Ce personnage m'a mise mal à l'aise. Il m'a inspiré de la compassion et du dégoût. J'ai compris sa détresse, mais certains de ses actes sont inexcusables. Bien sûr, il était guidé par la nécessité de survivre, et nul ne peut prévoir comment il agirait dans son cas... C'est donc un personnage très intéressant.

On se rendra vite compte que le prologue n'est pas de ceux que je n'aime pas. En effet, il se passe en 1930, il ne peut donc pas être un moment crucial de l'intrigue qu'on retrouvera dans le dernier quart du livre. Il est donc utile, même très utile...

Comme dans d'autres romans, Johan Theorin nous donne certaines clés alors qu'on ne savait pas qu'il y avait quelque chose à découvrir. J'aime beaucoup cette manière de faire, car il y a toujours des surprises.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Edgard Raeber pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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