Féroces

L'ouvrage:
Robert Goolrick évoque sa famille dans ce «roman».

Critique:
Pour moi, ce livre est du style de «Le chagrin», ou «Le château de verre». L'auteur raconte sa famille, ses souvenirs, les souffrances qu'il connut dans son enfance. Mais Robert Goolrick a un autre but, un but qu'il ne révèle qu'à la fin. Il ne veut pas seulement tenter de se libérer (il sait qu'il ne le pourra pas), mais il espère toucher certaines personnes...

Ce livre est désespéré. Son auteur est dépressif et tourmenté. Il raconte certaines choses de manière crue, sans complaisance, mais sans mièvrerie non plus. Il ne se plaint pas, il ne geint pas. Il se contente de raconter certaines scènes assez violentes, qui partirent, souvent, de petits riens, et qui prirent des proportions démesurées. (Voir l'histoire du sandwich, celle de la robe...) Outre cela, on ne peut pas dire que cette famille ait su communiquer.

Le livre est structuré d'une manière qui, habituellement, me déplaît. Le récit est décousu, presque antéchronologique. Ici, cette structure a une raison d'être. D'abord, je pense que par cette structure, l'auteur veut montrer le chaos qu'est sa vie. Ensuite, à deux chapitres de la fin, le lecteur comprend pourquoi le livre est structuré ainsi. Au début, j'étais perdue, j'étais sûre d'avoir manqué quelque chose qu'il aurait fallu que je comprenne. Je voyais bien que quelque chose n'allait pas, mais je ne comprenais pas pourquoi. Il me suffisait de poursuivre ma lecture... L'auteur a d'abord voulu montrer les conséquences de quelque chose. Il l'a fait de plusieurs manières, exposant son mal être, sa douleur, sa détresse. Et puis, il raconte cette chose et la manière dont ceux qui l'ont sue l'ont gérée: très mal. C'est sûrement plus fort que s'il avait raconté les choses chronologiquement.

Étant extérieure, je ne peux m'empêcher de juger très sévèrement les parents de l'auteur. Pour moi, quand on est parent, on n'agit pas ainsi. Je ne parle pas seulement d'une chose en particulier (bien sûr, cette chose entre en ligne de compte): d'une manière générale, les parents décrits ici étaient irresponsables et capricieux. Je pense que Robert Goolrick n'a montré qu'une parcelle de ce qu'était sa vie avec eux, un concentré de scènes qui les rendent peu reluisants, mais de toute façon, des scènes de ce genre n'auraient pas dû se produire.

Éditeur: Anne Carrière.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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