Fangirl

L'ouvrage:
Cather (dite Cath) et Wren sont jumelles. Il est temps pour elles d'aller à l'université. Wren y voit une occasion d'être plus indépendante. Par exemple, elle ne veut pas partager une chambre avec sa soeur. Cath est un peu déboussolée. Timide et gauche, elle trouve un peu de réconfort en faisant ce pour quoi elle sait avoir un certain talent: écrire des fanfictions sur la série de livres mettant en scène Simon Snow.

Critique:
Je suis tout de suite entrée dans la vie de ces personnages attachants. Je comprenais très bien Cath qui, au départ, perd ses repères, et a beaucoup de mal à être sociable. Cette année universitaire la forcera à combattre ses faiblesses, et à admettre qu'il n'y a pas que les fanfictions concernant Simon Snow dans la vie. J'ai éprouvé de la compassion pour cette adolescente qui peinait à concilier son besoin de repères, ses certitudes, ses remises en question... J'ai aimé que certains (comme Reagan, sa compagne de chambre ou le professeur Piper), la secouent un peu, et l'obligent à se prouver qu'elle est capable de certaines choses.
Tout cela n'est pas dénué d'humour. Par exemple, Cath a fait une provision de barres protéinées pour ne pas avoir à aller à la cafétéria de l'université. C'était sans compter que quelqu'un pillerait ses réserves, tant par goût que pour la faire sortir de son antre.

Dans les livres de ce genre, beaucoup d'histoires d'amour me déplaisent parce que je les trouve mal amenées, peu crédibles... Ici, je me doutais qu'il y en aurait une, car nous sommes chez Rainbow Rowell, et son héroïne a l'âge des premiers sérieux émois. Pour moi, cela a été bien amené. L'auteur ne brusque pas son lecteur, ses personnages sont creusés, sympathiques... Je me suis même surprise à souhaiter que les amoureux soient ensemble avant qu'ils commencent à faire un pas l'un vers l'autre.

Au long du roman, Cath et Wren ne sont pas d'accord entre autres concernant leur mère. Dès le départ, je comprenais davantage le raisonnement de Cath, et je craignais que l'auteur crée des événements peu crédibles qui montreraient que notre héroïne a tort. À vous de voir ce qui se passe... Tout ce que je peux dire, c'est que l'auteur n'a rien fait d'invraisemblable.
D'autre part, j'aurais voulu que les sentiments de Wren à ce sujet soient davantage développés.

J'ai aimé la manière dont la romancière aborde la lecture et l'écriture. Par exemple, Levi ne parvient pas à lire un livre avec ses yeux, et se concentre bien mieux lorsqu'il l'entend. Aux États-Unis, je sais que le livre audio est bien plus implanté qu'en France, et il m'a plu qu'un livre traduit en français évoque une personne dont la mémoire auditive est meilleure que la mémoire visuelle. Malheureusement, beaucoup de français sont bornés et convaincus que lire en audio, ce n'est pas lire. Peut-être que certains d'entre eux se plongeront dans «Fangirl», et réfléchiront un peu en voyant comment lit Levi...

Quant à l'écriture, c'est à travers Cath qu'elle est abordée. La jeune fille ne parvient pas à sortir de ce qu'elle sait faire pour tenter autre chose. L'espèce de défi que lui lance son enseignante l'angoisse. J'ai compris son point de vue, mais aussi celui de ceux qui la poussent à tenter de sortir de sa routine, à faire en écriture comme elle a fait (non sans mal) dans la vie.

Si beaucoup de personnages m'ont plu, je n'ai pas vraiment apprécié Wren. J'ai compris son besoin de s'éloigner, de vivre des expériences... mais elle m'a agacée, sauf lorsqu'elle exhorte sa soeur à changer d'avis concernant un événement de la fanfiction. Wren m'a paru peu consistante, peut-être parce qu'elle a suivi une route qui ne m'a jamais intéressée, route par laquelle beaucoup d'adolescents passent, pas toujours avec les mêmes conséquences. De ce fait, ce qui concernait ce personnage m'a semblé trop convenu. De plus, je n'ai pas été convaincue par ses arguments à propos de Laura. J'aurais préféré être tiraillée entre son point de vue et celui de Cath, cela aurait rendu Wren plus intéressante.

J'ai beaucoup aimé ce roman, mais je me suis ennuyée lors des passages sur Simon Snow. Par conséquent, je ne lirai pas «Carry on» qui est l'histoire de Simon qu'écrit Cath pendant le roman, et que Rainbow Rowell a éditée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Lowman et Maxwell Caulfield pour les éditions Listenning Library.

J'apprécie toujours autant Rebecca Lowman qui lit avec beaucoup de naturel, et sait modifier sa voix de manière convaincante pour les rôles masculins.
Je pense que Maxwell Caulfield est un bon comédien, mais il lisait la plupart des passages concernant Simon, et en plus, il a un accent anglais (accent que je n'aime pas du tout). Donc son jeu n'a pas vraiment attiré mon attention.