Tu ne te souviendras pas

L'ouvrage:
Robert Stern est avocat. Ce jour-là, une ancienne petite amie, Karina, lui a arrangé un rendez-vous avec Simon, dix ans. Le garçonnet dit avoir tué un homme, il y a quinze ans. Il a d'autres crimes à avouer, et il ne veut le faire qu'en présence de son avocat.

Critique:
Comme dans «Thérapie», l'auteur prenait un pari risqué. Il va assez loin dans certaines théories, et on se dit qu'il va fatalement se couper. Mais non. Le mystère qu'il fait planer dès le départ suit son chemin, et au final, tout est cohérent. Certains douteront de la solution de l'énigme. Je ne sais pas si l'auteur s'est documenté ou a tout inventé, mais je serais encline à penser que c'est possible, même si cela ne l'est pas de manière aussi poussée que dans le roman.
Je ne sais pas non plus si le détecteur de mensonges perfectionné introduit dans le roman existe vraiment, mais cela semble réaliste.

Afin de faire durer le roman sans que le lecteur s'ennuie, l'auteur introduit une intrigue secondaire qui a deux avantages. D'abord, on en apprend sur l'avocat, son passé, sa psychologie, celle de son ex-femme. Ensuite, l'auteur s'arrange pour présenter les choses en provoquant un autre mystère qui semblera (tout au moins au début) inextricable au lecteur. La encore, la résolution de l'énigme paraîtra grosse à certains... J'ai trouvé que le tout se tenait.

En outre, Sebastian Fitzek s'y prend très bien pour faire monter la tension, faire durer le suspense. Bien sûr, il utilise certaines ficelles connues, mais je les lui pardonne, car son roman est palpitant. Par exemple, il laisse des personnages en mauvaise posture pour nous en montrer d'autre tout aussi mal en point. Il utilise d'autres ficelles de ce type.
Quant au «vrai méchant» de l'histoire, je n'avais pas découvert son identité.

Les personnages principaux (Robert et Karina) sont attachants, même s'ils m'ont souvent agacée. Je pense qu'on n'a pas vraiment le temps de les connaître. Robert est creusé, donc on s'attache à lui au fil du roman, mais Karina m'a semblé un peu plate.

Dans l'ensemble, le roman est réussi, l'auteur crée des problèmes qu'il résout bien... et l'épilogue arrive. J'ai compris ce que l'auteur avait souhaité faire, mais je n'y ai pas adhéré, principalement parce qu'on n'a pas d'explications. Bien sûr, c'est le but: l'auteur souhaite que le lecteur en trouve une seul. Celle que j'ai trouvée implique des choses qui, à mon avis, sont trop grosses. D'autre part, la fin est trop brutale. Elle donne envie de connaître la suite. Pour moi, cette fin gâche quelque peu l'ensemble.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lysiane Ledent pour la Ligue Braille.
Comme d'habitude, j'ai été ravie de retrouver cette lectrice dont j'apprécie toujours le dynamisme et le jeu qui n'est jamais monotone ou exagéré.

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