Equation à deux inconnues

L'ouvrage:
X doit agir. Catherine Delerme a découvert son secret. Il avait pourtant cru que personne ne trouverait cette pellicule, ne l'ayant pas trouvé lui-même. Il a pourtant bien cherché. Il a fallu qu'elle la découvre par hasard. Il ne peut pas la laisser vivre.

Fabienne est désespérée. Sa soeur, Catherine, a été assassinée. Elle tient à ce que le coupable soit démasqué le plus vite possible. Nicolas Perez, son petit ami, étant policier, elle lui demande d'infiltrer le lycée où travaillait Catherine. Celui-ci accepte. Il n'a pas le CAPES, mais il réussit à intégrer le lycée en tant que maître auxiliaire de mathématiques.

Mary Scott est professeur d'anglais dans le susdit lycée. Elle a vingt-cinq ans. C'est une très belle femme. L'éducation stricte d'un père pour qui Dieu comptait plus que tout a fait de Mary un être complexe. Elle est tiraillée entre les principes inculqués par son père, et ses désirs. Elle s'est bien aperçue que son père était trop sévère, et elle s'est détachée de certains préceptes paternels. Elle s'habille de manière assez provocante, et met sa beauté en valeur. Elle attend le grand amour.

Critique:
Le personnage de Mary est attachant. Elle se débat avec ses désirs, ses envies, sa pureté (dans tous les sens du mot). Elle semble à la fois naïve et avertie quant aux choses de l'amour physique. Elle s'y entend pour éveiller la convoitise des hommes. Mais est-elle vraiment consciente de tout ce que cela implique? Le lecteur prend fait et cause pour elle, d'autant qu'il la sent incomprise des autres. Les autres croient, comme Nicolas, que Mary est une espèce de femme fatale, qu'elle collectionne les amants, et allume ses collègues.

Le personnage de Nicolas est assez décevant. Bien sûr, un personnage de livre est plus crédible s'il a des défauts, mais là, Nicolas les collectionne.
Il découvre bien le fin mot de l'histoire, mais comme il le dit lui-même, il ne l'a pas trouvé grâce à sa force de déduction. Il a été grandement aidé par les révélations de certaines personnes.
Il est faux. Il infiltre le lycée. Soit. Mais il compte tromper Fabienne avec Mary, et n'hésite pas à envisager de faire croire à cette dernière qu'il l'aime. Il finit d'ailleurs par le faire.
Il se sert de Patricia Barlatier, l'élève amoureuse de lui pour avoir des renseignements ayant trait à l'enquête.
Sa prise de conscience vis-à-vis de Mary, à la fin, n'est pas très crédible. Il a passé tout le livre à employer tous les moyens pour coucher avec elle, et soudain, il se rend compte qu'il a pu la blesser.

L'enquête est un peu perdue de vue au profit d'une espèce de jeu de la séduction entre Mary et Nicolas. Nicolas. Cette attirance sexuelle pour l'un et cet amour pour l'autre devient un élément central du roman.

Les événements sont racontés tour à tour du point de vue de Mary et de Nicolas. Ce genre de procédés est très intéressant, et enrichissant, car le lecteur voit plusieurs raisonnements. Mais ici, il y a quelques redondances, car lorsque Mary et Nicolas nous raconte le même événement, tous les dialogues sont repris. Cela m'a ennuyée. Vous me direz que les dialogues ne pouvaient pas changer, puisque c'était le même événement. Soit. Mais peut-être l'auteur aurait-il dû trouver un moyen de résumer quelque peu l'événement lors de son deuxième récit. Ou alors, il y aurait dû avoir de grandes différences entre les pensées des personnages et ce que nous en avions décelé... Ici, il me semble que cela fait doublon, car nous devinons les pensées de l'autre, lorsque l'un raconte. Donc, quand l'autre raconte la même chose, c'est un peu attendu, on n'est pas très surpris. C'est sûrement pour ça que ça passe moins bien.

Les enseignants sont caricaturés. Ils sont incompréhensifs vis-à-vis des élèves. Seule, Mary se démarque, ainsi que Nicolas, qui n'est pas un véritable enseignant.
En outre, le clivage entre professeurs agrégés et professeurs certifiés est bien marqué. Les agrégés sont méprisants envers les autres.
Cette caricature est regrettable. L'opinion publique a déjà pas mal d'idées reçues quant aux enseignants, ce n'est pas ce livre qui va arranger les choses.

L'énigme policière est banale. Heureusement, elle ne traîne pas trop. Le lecteur devine assez vite qui a tué, qui est impliqué, ou du moins, se rapproche vite de la vérité.

La fin est ouverte. Dans les polars, je n'aime pas ce genre de fins. J'aurais voulu savoir ce qui allait arriver au personnage en danger.

Ce livre permet de se reposer la tête. On n'a pas trop à réfléchir, on se laisse porter par l'histoire. Ce n'est pas le polar du siècle, mais il est agréable pour se détendre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.

Ce roman m'a été offert par les éditions Quorfing.

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