Ensemble à minuit

Note: Ce roman sort en français mercredi.

L'ouvrage:
Kendall vient de passer un semestre à l'étranger. Elle est de retour chez elle, près de New York, pour les vacances de Noël. Elle décide d'aller passer la deuxième semaine à New York même chez son frère, Emerson.
Max habite quelques jours chez son grand-père pour s'en occuper, le temps qu'une nouvelle aide soit engagée. Max et Kendall se connaissent depuis l'été, mais ils ne gardent pas forcément un bon souvenir de la rencontre.
À un arrêt de bus, les deux adolescents sont témoins d'une dispute, puis d'un accident. Avec le recul, ils pensent qu'en intervenant lors de la querelle, ils auraient pu éviter l'accident. C'est alors qu'ils en discutent autour d'un café qu'une serveuse leur lance un défi: ils doivent faire sept bonnes actions envers des inconnus. Kendall ajoute que l'argent ne doit pas entrer en compte.

Critique:
Ce livre m'a plu. Je l'ai lu tout de suite après «Nous rêvions juste de liberté», et c'était exactement ce qu'il me fallait pour sortir de quelque chose de si éprouvant. (Pour ceux qui se demanderaient pourquoi les deux chroniques sont si éloignées dans le temps, le livre d'Henri Loevenbruck était un service presse, et je publie les chroniques des services presse très vite après les avoir écrites.) Max et Kendall sont gentils et un peu perdus concernant certains aspects de leur vie. C'est dans ce contexte qu'ils voient cette dispute qui entraîne un terrible événement. Par la suite, Max explique que ce qu'ils ont fait (ne pas intervenir dans la dispute) est apparemment une façon commune de réagir. Personne ne veut intervenir lorsque des inconnus sont impliqués, pensant que d'autres vont le faire. C'est exactement ce que nos deux héros pensaient. Je ne savais pas qu'une théorie existait, et que cette façon d'agir (ou de ne pas agir) était devenue commune. C'est dommage, mais franchement, je me vois mal me mêler d'un conflit entre deux inconnus. Surtout que, comme c'est souligné et même montré dans le roman, certains peuvent rejeter assez rudement l'aide offerte.

J'ai apprécié la décision que prennent Max et Kendall après l'accident: aider des inconnus. Le livre alterne les chapitres où Kendall raconte et ceux où Max le fait. Une fois qu'ils ont eu affaire à quelqu'un, il y a un passage où la personne s'exprime. Certains personnages m'ont un peu serré le coeur, comme Bryan, le père de l'enfant que Kendall distrait.
À un moment, Max se demande s'ils ont vraiment aidé quelqu'un, et s'ils ne l'ont pas plutôt enfoncé. (Je parle de Winston.) J'ai compris son questionnement, et j'ai trouvé bien que Kendall et lui y réfléchissent.
J'ai apprécié que Cora refuse leur aide, surtout après avoir lu le passage où elle s'exprime.
Il y a aussi la fois où l'aide que Kendall apporte finit par lui déplaire. Il m'a plu que Jennifer Castle montre plusieurs exemples, et que tout ne soit pas toujours bien perçu par tous.
Après ce roman, je me demande si, lorsque je serai confrontée à ce genre de situations, j'oserai proposer mon aide. Je ne peux pas répondre...
En tout cas, je trouve sympathique un roman où deux adolescents décident d'être gentils, et d'aider des gens qui semblent en avoir besoin.

Certains trouveront peut-être les chassés-croisés amoureux un peu pénibles. Ils ne m'ont pas trop ennuyée, principalement parce que tout finit comme je le souhaitais.

Un joli roman qui soulève certaines questions sur la nature humaine.

Éditeur français: Casterman.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle et James Fouhey pour les éditions Harper Audio.

Je connais très peu James Fouhey. Le bon souvenir que j'ai de lui dans «Don't try to find me» n'a pas été contrarié. J'ai apprécié son interprétation, et l'entendrai à nouveau avec plaisir. Il a dû moduler un peu sa voix pour les passages narrés par des hommes autres que Max, et s'en est bien sorti.

Comme je l'ai dit dans une chronique récente, j'aime beaucoup Arielle Delisle. Ici, j'ai été un peu déçue qu'elle change à ce point sa voix pour certains passages narrés par des femmes autres que Kendall, mais elle y était obligée pour montrer un vrai contraste. Elle s'en tire assez bien.

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