En vrille

L'ouvrage:
La police du Cap enquête sur le meurtre d'Ernst Richter dont le cadavre vient d'être découvert.

Critique:
Ce roman m'a autant plu que les précédents. L'auteur a fait une chose que j'aime moins, mais je comprends pourquoi il l'a faite. Cela tient à la structure. Le récit de l'enquête alterne avec des chapitres où un certain François Dutoit raconte sa vie (il y a un but à ce récit) à une avocate. J'aurais préféré quelqe chose de linéaire, mais je sais que là, cela n'aurait fonctionné qu'avec moi. Pour 99,9% des lecteurs, il vaut mieux que Deon Meyer ait agencé son récit de cette manière. Je pense même que ce que j'aurais préféré aurait ennuyé certains lecteurs. En fait, je devrais plutôt dire que ce choix est très judicieux, alors que dans d'autres romans, il est désastreux.

Concernant Richter, dès le départ, je ne l'ai pas trop apprécié parce qu'il avait créé une entreprise qui, pour moi, encourage les mauvaises actions. À mesure que le récit avance, je n'ai rien trouvé de positif le concernant. Quant à François, je suis à peu près passée par les mêmes phases que l'avocate à qui il se confie. D'ailleurs, à ce sujet, le romancier dose très bien ses révélations. Il tient le lecteur en haleine sans faire traîner le récit. J'ai beaucoup apprécié Elena et Guillaume. J'aurais souhaité que certaines choses soient mieux pour eux. Je les ai aussi admirés face à la «maladie» de leur fils. Ils ont toujours pris le problème à bras-le-corps, n'ont jamais tenté de faire les autruches... Moi qui me demande toujours comment je réagirais à la place de tel personnage de roman, j'ai la certitude que je n'aurais pas eu le courage de ces parents. Et bien sûr, lorsque Guillaume joue son va-tout, j'aurais préféré qu'une chose soit différente, et j'imagine que les autres lecteurs de ce roman penseront comme moi.

J'ai aimé retrouver certains policiers. Jimmy et Arnold m'ont fait rire, même s'ils taquinent Vusi que j'aime bien. Vaughn Cupido m'a épatée parce qu'il se retrouve confronté à une situation très délicate, et qu'il met de côté son attitude inconséquente pour tout gérer du mieux qu'il peut. Comme le remarque Benny, Cupido change en une journée: il mûrit parce qu'en plus de l'enquête, il prend une grosse responsabilité.

Quant à Benny... Je dois dire que j'ai été moins accommodante que Cupido le concernant. Dans ce volume, Benny ma beaucoup exaspérée. Pourtant, je savais que cela n'était pas de sa faute. Je l'ai reconnu quand je me suis posé la fameuse question: comment réagirais-je à sa place? J'ai trouvé qu'Alexa aussi savait gérer la situation. À l'instar de Barkhuizen, je ne l'en aurais pas crue capable.

Le récit est exempt de temps morts et de remplissage. Tout est cohérent, rien n'est bâclé.

Dans une interview qu'il a accordée à Audible au moment où «L'année du lion» est sorti, Deon Meyer explique qu'il est en train d'écrire un roman où on retrouve Benny et les autres policiers. J'ai l'impression que ce roman n'et même pas encore sorti en afrikaans... Moi qui avais peur de me lancer dans les Deon Meyer, voilà que je pleure parce que le pochain livre mettant en scène la police du Cap risque de se faire attendre...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

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