Du train où va la vie

L'ouvrage:
C'est la guerre. Un train roule vers une ville moins touchée. Dans ce train, se trouvent Blaise et Adeline. Ils ne se connaissent pas, mais vont se rencontrer... à cause des nausées d'Adeline.

Critique:
L'auteur décrit très bien une certaine ambiance, à la fois pesante et feutrée. Elle décrit également très bien la psychologie de ses deux personnages. On ressent leurs craintes, leurs espérances... On comprend leurs désillusions quant à la vie qui les a lentement éconduits.
Elle a rendu Adeline extrêmement timide, voire craintive comme une petite souris. Le lecteur ressent de la compassion pour elle, mais aussi de l'admiration, car elle ne s'apitoie pas sur son sort: elle constate.
Quant à Blaise, il n'est pas aigri, il est plutôt solaire, bien que taciturne. C'est un homme bon qui attire, lui aussi, la sympathie du lecteur.

L'avancée de l'intrigue est intéressante. Les personnages se rencontrent, et la sympathie naturelle qu'ils éprouvent tout de suite l'un pour l'autre ne m'a pas paru clichée. Cela est renforcé par le fait qu'Adeline se souvient d'avoir déjà croisé Blaise.

J'ai trouvé la suite moins réussie parce que trop précipitée. On me dira que c'est ce qui se passe lors d'un coup de foudre. Soit, mais justement, je ne crois pas aux coups de foudre.
On me dira aussi que les deux personnages sont poussés par la peur, l'envie de vivre quelque chose de bien, la découverte soudaine de tout ce qu'ils ont manqué. Soit. Dans ce cas, j'accepterais même l'idée du coup de foudre. Mais je trouve la façon d'agir des personnages un peu surréaliste. Ça ne sonne pas vrai. Ça ne va pas avec ce que l'auteur a décrit d'eux. C'est dommage, parce que ça a gâché ma lecture.
Pour moi, le livre est inégal.

Éditeur: éditions de l'Hèbe.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Tiacoh pour la Bibliothèque Braille Romande.