Douleur

L'ouvrage:
Iris est mariée, et a deux enfants. Un jour, elle sent une douleur refaire surface: celle qui résulte du fait qu'elle a été blessée au cours d'un attentat, dix ans auparavant. Au bout de plusieurs jours à la voir prendre des anti-douleurs, son mari la convainc de se faire examiner. À l'hôpital, elle tombe sur Ethan, son amour de jeunesse qui l'a quittée trente ans plus tôt.

Critique:
Ainsi que cela m'est déjà arrivé, j'ai commencé par rejeter l'idée de lire ce roman, parce que je n'avais pas envie de lire le récit d'un adultère. Ensuite, je me suis dit qu'appréciant la lectrice, je pouvais tenter le livre. De plus, certains livres enregistrés par cette lectrice ont commencé par ne pas me tenter, et se sont révélés très plaisants. Quant à «Douleur», mon sentiment est mitigé. Certes, la rencontre d'Iris et d'Ethan aura des conséquences; certes, l'auteur prend soin de montrer que les choses ne sont pas toutes roses entre Iris et son mari afin de mieux faire accepter certains événements... (je trouve d'ailleurs cela très cliché). Cependant, cette rencontre et d'autres éléments du roman font qu'Iris et son mari se remettront en question. Le lecteur voit davantage l'examen de conscience d'Iris, car c'est elle que suit le narrateur omniscient, mais la remise en question de son mari est visible.

Au bout d'un moment, le sujet principal n'est plus Iris et son amour de jeunesse. L'auteur opère progressivement un glissement vers autre chose qui préoccupera forcément l'héroïne et son mari. Iris n'en oublie pas Ethan pour autant, mais ce second bouleversement l'oblige à réellement réfléchir. En outre, une scène assez choquante a lieu entre Iris et Ethan dans un restaurant. Je ne dirai pas de quoi il s'agit, je peux seulement dire que je n'ai pas compris pourquoi Ethan se montre si obtus, si fermé d'esprit. Tout de suite après, il ajoute autre chose de peu aimable à cela...

J'ai donc préféré la seconde moitié du roman, parce que c'est là que l'héroïne affronte ce qui arrive à bras-le-corps, et se penche sur ses fautes passées. Elle teinte tout cela de superstition, ce que j'ai compris, parce qu'à sa place, j'aurais fait exactement la même chose.

La fin m'a en partie satisfaite, mais c'est là qu'il aurait fallu que le livre continuât. Il manque plusieurs chapitres dans lesquels l'auteur aurait raconté comment la famille affronte le cyclone. En effet, à la fin du livre, nous n'en sommes qu'au début, et Iris et son mari ne savent pas comment agir.

Ce qui arrive à Alma m'a rappelé, avec force, par subtiles petites touches, que personne n'est jamais à l'abri de ce genre de choses. Cela m'a aussi rappelé un personnage du roman «Toute la beauté du monde n'a pas disparu» qui, au moment où se déroule le roman, est guérie de cela, et qui en parle avec une très grande lucidité.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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