Docteur Sleep

L'ouvrage:
Danny Torrance (Dan, maintenant qu'il est adulte), travaille dans un hospice pour personne âgées. Son don lui permet d'apaiser et d'accompagner les personnes qui vont mourir. Il souffre du même mal que son père (l'alcoolisme), mais le combat.
C'est alors qu'une enfant le contacte télépathiquement.

À l'ancien emplacement de l'Overlook, vit une communauté, le Noeud Vrai. Elle se nourrit de la va peur que dégagent les humains. Certains en dégagent davantage que d'autres...

Critique:
Il n'est pas nécessaire d'avoir lu «Shining» pour comprendre «Docteur Sleep», mais cela vaut bien mieux, car il en est la continuité directe. C'est normal, puisque nous en retrouvons le héros. En outre, après avoir lu «Docteur Sleep», on connaît les grandes lignes de «Shining». Il est, je pense, préférable de découvrir «Shining» en le lisant plutôt qu'au travers de sa suite.

Stephen King met un peu de temps à planter le décor, à présenter ses personnages. Habituellement, cela ne me gêne pas trop. Ici, cela m'a un peu agacée. D'abord, au début, comme on retrouve beaucoup d'éléments de «Shining», j'ai eu peur que cela en soit une sorte de rediffusion. Il est vrai qu'il est logique de retrouver, en même temps que Danny, ses rêves, ses hantises de corps dans une baignoire, etc.
Ensuite, certaines choses semblaient évidentes. Bien sûr, elles ne l'étaient que pour le lecteur (notamment tout ce qui entoure le don d'Abra), et il aurait été impossible que les personnages s'y fassent rapidement, mais cela aurait peut-être pu être résumé.
Si les errances de Dan avant qu'il trouve un travail stable et des amis sont nécessaires à la compréhension du personnage, je les ai trouvées un peu trop présentes. Idem pour tout ce qui est dit concernant ce qui arrive dans «Shining»: c'est logique que cela soit récapitulé, mais c'est peut-être un peu trop.
D'autre part, on se doute très vite que le Noeud Vrai aura quelque chose à voir avec Dan et Abra. La présentation de la communauté m'a semblé longue.

Une fois les choses lancées, j'ai aimé l'idée développée par l'auteur. D'abord, cette manière d'exploiter le fantastique m'a toujours fascinée. En effet, ici, l'auteur ne met pas trop de scènes macabres, il s'intéresse plutôt à ce qui peut arriver dans la tête. Bien sûr, certains mécanismes sont un peu gros, par exemple, on a les gentils d'un côté et les méchants de l'autre. Cependant, les méchants ont une psychologie assez intéressante. L'auteur développe surtout celle de Rose, la chef. Outre sa fâcheuse propension à détruire des êtres humains, la chère Rose ne semble pas vraiment évoluée. En effet, il lui suffit de tomber sur un peu de résistance pour commettre bourde sur bourde. Cela fait qu'elle est assez facile à mépriser. À noter que je n'avais pas imaginer comment chaque camp piégerait le camp adverse. J'ai aimé ne pas pouvoir prévoir cela et être surprise par les trouvailles de l'auteur.
J'ai apprécié de retrouver quelque chose déjà exploité (mais différemment) dans «La ligne verte». Je n'y avais même pas pensé, alors que c'est logique.

Les «gentils» ne sont pas parfaits. Par exemple, Abra manque parfois d'humilité. Ce n'est pas la seule chose qui la rend humaine, mais je préfère ne pas donner trop d'exemples. Cela fait qu'ils sont davantage appréciables que s'ils étaient des caricatures de «gentils».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
J'ai été ravie de retrouver Julien Chatelet qui, en plus d'interpréter les livres avec talent, est quelqu'un de très sympathique. Il n'a pas démérité, jouant avec naturel, ne modifiant pas trop sa voix, et le faisant toujours à bon escient. Je regrette seulement qu'il ait prononcé les noms propres contenant des «r» en faisant le «r» anglophone, car pour moi, cela n'est pas naturel.

Acheter « Docteur Sleep » en audio sur Amazon
Acheter « Docteur Sleep » sur Amazon