Des poignards dans les sourires

L'ouvrage:
Virginie Sevran, capitaine de police du 36 Quai des Orfêvres, vient d'obtenir sa mutation. Elle fait maintenant partie du SRPJ de Clermont-Ferrand. Sa première affaire ne sera pas aussi tranquille que ce à quoi elle pourrait s'attendre. Son collègue, Pierre Biolet, et elle enquêtent après la découverte d'un corps démembré et partiellement brûlé.

Critique:
Ce roman m'a plu. Dès le départ, j'avais décidé de ne pas soupçonner un personnage. J'ai été contente de ne pas me tromper. Il en est un autre dont j'aurais bien voulu qu'il soit coupable, mais cela n'aurait pas été crédible. L'autrice a bien joué, car au moment où le lecteur obtient le nom du cerveau de l'affaire (si j'ose le tourner ainsi) j'ai pensé qu'il y avait une très grosse incohérence. Incohérence que la romancière a parfaitement expliquée. Certes, j'ai été déçue que les choses se terminent ainsi pour l'un des personnages, mais en tout cas, il n'y a pas d'incohérences.

J'ai apprécié les deux policiers principaux. Ils ne sont pas trop durs, font leur travail de leur mieux, ne tentent pas d'être des héros, font leur possible pour concilier métier et vie privée... S'il y avait une suite, je serais contente de les retrouver, ainsi que Sophie Brun, la légiste. Celle-ci paraît un peu dure au début, mais elle est sympathique.

Cécile Cabanac maîtrise son intrigue et ses personnages. Lorsqu'elle raconte les déboires et les questionnements de Maxime, j'ai trouvé que c'était très crédible. Le jeune garçon n'a jamais vraiment voulu voir que son père n'était pas celui qu'il pensait, et lorsqu'il le découvre, c'est très rude pour lui. Toutes ses réactions sont vraisemblables.

Catherine peut paraître un peu stupide. Le lecteur, à l'instar d'autres personnages, se demandera pourquoi elle n'est pas partie, pourquoi elle s'est raccrochée à ce mariage voué à l'échec depuis le début. Tout en soupirant d'exaspération, j'ai compris Catherine. Parfois, il n'est pas facile de partir.

On pourrait aussi se demander pourquoi François n'a pas mis un terme au mariage. Ainsi, il aurait pu assouvir tous ses bas instincts sans faire de mal à personne. Là, je n'ai pas de réponse. On me dira que je ne lui trouve aucune excuse parce que je ne l'aime pas. Certes, mais aussi parce qu'il n'en a pas.
Quant à sa mère et à ses soeurs... Marie trouve quelque peu grâce à mes yeux... Ces personnages désagréables ne signifient en aucun cas que l'autrice a bâclé son roman. Au contraire, elle a parfaitement dépeint leur psychologie, et le lecteur n'est pas étonné de ce qui arrive aux uns et aux autres. J'aurais même voulu que Michelle souffrît bien davantage.
En outre, il y a plus de personnages sympathiques que d'antipathiques.

Un roman où le suspense et la tension sont toujours présents sans besoin de rebondissements à toutes les pages. Des personnages travaillés dont certains sont attachants et d'autres détestables.

Éditeur: Fleuve.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Karine Gremaud Mettraux pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Karine Gremaud Mettraux lit de manière fluide et agréable. Elle n'est pas trop sobre, ne surjoue pas.

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