Des chevaux sauvages, ou presque

L'ouvrage:
Lily Casey naît en 1901. Nous suivons une grande partie de la vie de cette femme hors du commun.

Critique:
Force est de constater que Lily sortait du lot. Elle comprend très vite qu'il ne sert à rien de se lamenter sur son sort, et qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Après quelques sévères déconvenues, elle se relève, plus combattive que jamais, et n'hésite pas à affronter les obstacles qui la séparent de ses objectifs. Par exemple, Jeannette Walls rappelle au lecteur qu'au début du vingtième siècle, on ne pouvait pas se rendre à 800 kilomètres d'un coup d'avion. Lily fait le trajet à dos de cheval. Cela force l'admiration, car à son époque et là où elle vivait, la seule ambition d'une femme était de trouver un bon mari. Audacieuse, ambitieuse, mais aussi humble, inventive et sachant utiliser sa cervelle, Lily est rapidement multicarte: entre le dressage des chevaux (inculqué par son père), l'enseignement (sa passion), son rêve (piloter un avion), elle est pleine de ressources et les utilise au mieux. Par exemple, elle se rend vite compte que la réalisation de son rêve pourra lui être utile, etc. Elle comprend également très vite que pour être respectée, il faut être ferme et juste. Sur ce point, elle reste intègre, et ne comprend pas qu'on lui reproche sa dureté envers des élèves qui l'ont méritée.

Bien sûr, Lily reste une femme de son temps, et si certaines de ses idées sont modernes, d'autres sont tranchées et surannées: celles sur le lavage (des gens et des vêtements), par exemple, ne manqueront pas de faire frémir. Cependant, on peut comprendre la position de la jeune femme qui doit veiller à ne pas gaspiller eau et argent. Même lorsqu'on désapprouvera ses idées, on devra reconnaître que ses raisonnements sont toujours pleins de bon sens. En outre, elle n'hésitera pas à prendre des risques afin de contribuer à la subsistance de sa famille.

Lily a très vite appris à l'école de la vie. Son père ne laissera pas le lecteur indifférent. Il a du mal à comprendre le besoin de sa fille de se forger une autre vie, mais il l'accepte. Son excentricité fera de lui un personnage, à l'instar de sa fille. Ces deux personnages hauts en couleur semblent mythique, lorsqu'on lit leurs «aventures».

Cette histoire est celle de la grand-mère maternelle de l'auteur. De ce fait, le lecteur rencontre Rosemary, la fille de Lily. Sachant ce que devient Rosemary par la suite (voir «Le château de verre»), je n'ai pu m'empêcher de guetter la future femme dans la petite fille, et d'avoir un a priori négatif sur elle, même quand elle était enfant.

En fin d'ouvrage, Jeannette Walls précise qu'elle a peu connu sa grand-mère, celle-ci étant morte lorsqu'elle avait huit ans. Étant donné qu'elle a dû, parfois, imaginer les réactions de Lily, elle ne peut attester de la véracité de tout ce qu'elle écrit.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Céline Mollaert pour la Ligue Braille.
Encore une fois, j'ai été ravie de retrouver la voix douce et la lecture fluide et agréable de cette lectrice. Il m'a semblé qu'au tout début, elle avait eu du mal à entrer dans la peau du personnage principal, mais cela ne dure pas.

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