Demain, j'arrête!

L'ouvrage:
Un soir, en rentrant chez elle, Julie Tournel remarque, en regardant les boîtes aux lettres, le nom de son nouveau voisin: Ricardo patatras. Ce nom l'intrigue, et elle décide d'en savoir plus sur lui. Leur première rencontre a lieu lorsque Julie coince sa main dans la boîte aux lettres de Ricardo, dit Ric.

Critique:
Avant de lire ce roman, videz votre tête de tout ce que vous avez pu entendre à son sujet. En effet, j'ai entendu trop de personnes l'encenser, et je m'attendais à rire comme s'il s'était agi d'un roman de J. M. Erre. Ce roman étant sympathique et amusant, il serait dommage de le desservir en en attendant trop, comme ce fut mon cas.

Au long du roman, certaines choses sont un peu lourdes. On sait tout de suite, par exemple, que Julie ne fait jamais de sport, et proposera à Rick de l'accompagner lors d'une de ses courses matinales. Ce qui se passe alors est assez prévisible. L'auteur trouve quand même le moyen d'apporter un peu de renouveau en émaillant l'événement de pensées amusantes de l'héroïne.
D'autres choses de cet acabit ont lieu, et leur lourdeur est plus ou moins compensée par la fraîcheur de Julie.

Autre chose m'a un peu agacée: Julie change un peu trop facilement de travail. Je comprends tout à fait qu'elle trouve plus enrichissant humainement de travailler à la boulangerie qu'à la banque, mais elle ne parle pas (par exemple) du salaire qui fait qu'elle devra changer son train de vie. D'autres personnages effleurent la question, mais l'auteur ne l'approfondit pas. Vous me direz qu'on lit ce roman pour se divertir. Certes. Je suis peut-être trop chatouilleuse sur ce point. ;-)

Outre tout cela, certaines scènes m'ont franchement fait rire. Par exemple, tout ce qui arrive au mariage de Sarah. Certains événements sont peut-être un peu attendus (comme le discours «truqué» de Steve), mais ils s'insèrent bien dans l'ambiance du roman, et leur enchaînement fait rire.
Quant à la destinée de Xav 1, le projet est tellement fou que ça passe bien. Et puis, ça montre que Julie, pour ses amis, est capable d'extrêmes. Pas seulement pour ses amis, d'ailleurs.
J'ai aussi ri de lire comment tourne le premier dîner entre Julie et Rick. Ce genre de choses m'a rappelé Bridget Jones, notamment la scène où Bridget attend... que la poubelle sonne. ;-)

L'auteur n'oublie pas des moments plus graves, comme ce qui arrive à la voisine de Julie, mais aussi le bonheur que la jeune femme trouve en travaillant à la boulangerie.

Ce qui fait que j'ai pardonné les lourdeurs, outre l'héroïne pétillante, c'est que contrairement aux romans du genre, celui-là ne fait pas artificiel. D'autre part, on imagine très bien toutes ces scènes. Je pense qu'un film tiré de ce roman serait très amusant. Il faudrait, bien sûr, garder la plupart des pensées de Julie en voix off. En effet, le style vivant, les pensées amusantes de l'héroïne sont ce qui porte vraiment le roman, et l'empêche d'être niais.

L'intrigue est bien menée. Tout n'est pas prévisible. Et puis, ce livre étant une comédie, on attend qu'il se conforme à certains codes, ce qu'il fait.

Remarque annexe:
Je trouve dommage que Julie fasse ces remarques lourdes sur les chats qui voudraient repeupler le monde et faire disparaître l'homme, même si certaines sont exprimées de manière amusante.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ingrid Donnadieu. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
À l'instar de certains romans de Sophie Kinsella, ce livre doit être enregistré de manière vivante, mais sans surjeu. Ingrid Donnadieu excelle en la matière. Elle a pourtant eu la partie difficile: entre les pensées rocambolesques de Julie et certains passages comme la fois où Sophie évoque les fausses tentatives de suicide de Jade en retenant son fou rire, il aurait été très facile d'en faire trop.
À un moment, Julie se voit en agent secret et se baptise JT. Heureusement, Ingrid Donnadieu l'a prononcé à la française: «Jité». Le roman étant français, je pense qu'il aurait été malvenu de le prononcer à l'anglophone, même si on imagine toujours les agents secrets faisant partie de services américains.
D'autre part, je connaissais Ingrid Donnadieu en tant que comédienne de doublage (notamment dans la série «Parenthood». L'entendre interpréter ce roman a renforcé l'opinion positive que j'avais de son jeu et de sa voix claire, douce, agréable... J'espère qu'elle enregistrera d'autres livres!

À la fin de l'ouvrage, il y a un entretien avec Gilles Legardinier. Je suis friande de ces entretiens. Ici, j'ai apprécié d'entendre l'auteur parler de l'écriture de ses livres. J'ai également apprécié ce qu'il a dit quant à la version audio de son roman et quant aux versions audio en général. Je n'avais jamais envisagé cela sous cet angle, et cela me plaît bien.

Acheter « Demain, j'arrête! » en audio sur Amazon
Acheter « Demain, j'arrête! » sur Amazon