Délivrance

L'ouvrage:
Lorsque les deux enfants jettent une bouteille à la mer, ils ignorent que le département V enquêtera sur l'affaire.

Critique:
J'ai préféré «Délivrance» à «Profanation». Cependant, l'enquête ne m'a pas vraiment passionnée. C'est surtout la vie du département V qui m'a plu. J'ai aimé retrouver l'improbable duo formé par Carl et Assad. Ils sont égaux à eux-mêmes. L'auteur a pris le temps, comme dans le tome 1, de les évoquer dans plusieurs situations afin que le lecteur les voie agir et évoluer. On retrouve les petites étrangetés d'Assad, comme sa manie de dire souvent «alors», ainsi que sa déconcertante capacité à se sortir de situations périlleuses (voir le combat avec un colosse armé d'une barre de fer). Elles sont agrémentées d'autres comme son idée (intéressante, d'ailleurs) quant à la nouvelle manière de classer les dossiers. De plus, un mystère entoure toujours ce personnage.

Quant à Carl, il fait souvent sourire: l'auteur montre à nouveau sa fainéantise totalement assumée. En outre, il crée des situations où carl s'illustre: voir son obstination capricieuse quant au local du département V, puis le pacte fou qu'il conclut avec Jesper lorsque son ex-femme menace sa tranquillité.

Concernant Rose, je ne sais pas trop quoi penser. Parfois, j'ai compris ses actes, et surtout, sa grande sensibilité. Mais elle aussi agit de manière... originale, dirons-nous, et ce n'est pas aussi innocent qu'Assad.

L'auteur a donc créé des situations intéressantes entourant ses trois personnages originaux. C'est, à mon avis, le point fort du livre.
Pour l'enquête, il a pris le parti de dévoiler beaucoup de choses au lecteur. Celui-ci sait très vite qui fait quoi et pourquoi. Il se concentre donc sur la traque du bourreau. Au début, cela m'a plu, mais ensuite, j'ai trouvé tout cela un peu long. Bien sûr, Jussi Adler-Olsen crée, là encore, une situation originale. Le bourreau s'attaque à un pan de la société que l'on voit rarement mis en scène dans ce type de romans. Ensuite, si sa psychologie est creusée, on y retrouve des choses qui sont en train de devenir des topoi du genre, notamment le traumatisme dans l'enfance.

Afin de maintenir le suspense, le romancier a imaginé une traque échevelée, pleine de rebondissements et de moments de tension extrême pour les personnages. Avec moi, ça n'a pas vraiment pris. En outre, il y a une chose que je n'ai pas comprise. À un moment, un personnage aurait la possibilité de suivre le bourreau, et donc de retrouver ses enfants. Au lieu de cela, cette femme fait n'importe quoi (je ne vous dévoile pas quoi). Certains me diront qu'elle est bouleversée, folle de douleur, ce qui explique son attitude. Pourtant, il me semble que si elle pensait réellement à ses enfants, elle n'aurait pas agi comme elle l'a fait.

J'ai été désagréablement surprise qu'un auteur comme Jussi AdlerOlssen utilise le coup de foudre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'aime beaucoup Julien Chatelet qui ne cabotine pas, et qui n'exagère pas sa voix pour faire différents personnages. Dans ce roman, l'auteur alterne les passages loufoques et les scènes graves. Le comédien sait jouer sur les deux registres. Je le souligne, car malheureusement, tous les comédiens ne sont pas capables de cela. Du coup, maintenant, j'imagine Julien Chatelet enregistrant un livre humoristique. Je suis sûre qu'il l'interpréterait excellemment.

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