Dans son silence

L'ouvrage:
Voilà six ans qu'Alicia Berenson a été arrêtée pour le meurtre de son mari. Depuis ce soir-là, elle ne parle pas. Comme beaucoup de monde, Théo, psychiatre, est très intrigué par cette histoire. Il veut percer le mystère d'Alicia, mais également l'aider. Il postule donc dans l'hôpital psychiatrique où elle est enfermée. Ayant obtenu le poste, il va tenter une thérapie avec elle.

Critique:
Ce roman m'a plu. L'auteur a fait un pari difficile. La solution de son énigme devait être à la hauteur des questions que suscite le comportement d'Alicia. Est-elle réellement coupable? Qu'elle le soit ou pas, pourquoi ne s'explique-t-elle pas? Pourquoi s'enferme-t-elle dans un silence à toute épreuve? Concernant ces questions, les explications ne m'ont pas absolument satisfaite. On peut comprendre l'état d'esprit d'Alicia, mais pour moi, certaines choses restent un peu bancales. En fait, pour avoir une opinion tranchée, il faudrait être Alicia.

L'auteur fait une seule chose qui m'a déplu. Afin de créer un rebondissement, tout en évitant de donner un indice important, il n'est pas honnête avec le lecteur, de la même manière que Michel Bussi ne l'a pas été dans «Nymphéas noirs». (Oui, j'ai la rancune tenace, car je reproche cela à Bussi dans différentes chroniques.) Je n'en tiens pas autant rigueur à Alex Michaelides qu'à Michel Bussi, parce que dans «Dans son silence», c'est mieux fait. Il est davantage possible de l'expliquer et de le justifier.

D'autre part, l'auteur a réussi à me surprendre avec des éléments auxquels j'aurais dû m'attendre. Par exemple, une chose est dite par un personnage, puis les faits viennent contredire cette chose. Dans n'importe quelle situation, on ne croirait pas forcément le personnage. Moi, je l'ai cru, car dès le départ, j'avais décidé que ce personnage ne mentirait jamais. J'avais d'ailleurs raison, ce personnage n'a pas menti, même si l'affirmation dont je parle s'avère fausse... Tout cela pour dire que l'auteur a bien amené les choses.
Quant à l'intrigue, elle est bien menée, et ne souffre pas de temps morts. Je n'ai trouvé aucune lenteur, et j'ai quand même eu le temps, à mesure que les choses avançaient, de me poser des questions sur tel ou tel aspect du récit.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Benjamin Jungers (qui narre les chapitres écrits du point de vue de Théo) et Audrey Sourdive (qui lit le journal d'Alicia).

J'avais un avis tiède concernant le jeu de Benjamin Jungers, après des expériences qui m'ont déplu. Et puis, j'ai lu «Mon amie Adèle» (ma critique paraîtra en mai), et j'ai trouvé qu'il jouait bien mieux. J'ai donc décidé de lire «Dans son silence» sans a priori négatif. J'ai eu raison, car là encore, son jeu m'a plu. Il a joué sans faire d'effets de voix ou d'intonation inappropriés.

Quant à Audrey Sourdive, son jeu est naturel. Elle est parvenue à faire passer les émotions d'Alicia sans exagérations, tout en nuances. Elle n'a pas fait d'effets de voix inappropriés pour les personnages masculins. À mon avis, cette comédienne est une excellente recrue. J'espère qu'elle enregistrera encore beaucoup de livres qui me tenteront.

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