Dans la ville en feu

L'ouvrage:
2012.
Bosch veut élucider une affaire qui le tracasse depuis vingt ans. Lors des émeutes de 1992, à Los Angeles, il a retrouvé le cadavre d'une jeune femme qui a été surnommée Blanche-Neige. C'est cette affaire qu'il va tenter d'élucider, car un nouvel élément fait qu'elle peut être rouverte.

Critique:
Si j'ai retrouvé certaines façons de faire de Connelly avec plaisir, j'ai l'impression que ses enquêtes s'essoufflent. C'est peut-être moi qui suis trop sévère. Il faut dire que j'ai lu tous ses romans.

Ici, l'enquête est ce qui m'a le moins passionnée. Elle m'a semblé sans réelles surprises. On y retrouve la pugnacité de Harry et on partage son désir de justice vis-r-vis de «Blanche-Neige», mais j'ai trouvé que rien ne démarquait vraiment cette enquête.
Bien sûr, comme Harry fait des vagues, et qu'il y a certains enjeux, on essaie de lui mettre des bâtons dans les roues. Cette ficelle a déjà été utilisée par Connelly, mais je l'ai trouvée pertinente ici. D'autant qu'il la renouvelle en lui apportant deux éléments auxquels je ne m'attendais pas du tout.

J'ai beaucoup aimé les passages où on voit la vie privée de Bosch. Ils sont plus riches que dans certains autres romans car depuis «Les neuf dragons», Maddie entre en ligne de compte. J'aime beaucoup ce personnage ainsi que les relations entre elle et Harry. J'ai particulièrement apprécié le moment où ils vont «entraîner» la jeune fille à son futur métier.

Quant à l'histoire d'amour de Harry, elle me semble plus fade que certaines autres. Il faut dire que je n'aime pas qu'il change si souvent de partenaire. À force de lire qu'il a aimé Eleanor comme un fou (pas ici mais dans d'autres romans), et qu'il ne parvient pas vraiment à tourner la page avec Rachel (il le dit encore dans ce roman), j'ai l'impression qu'il ne peut plus vivre de vraies histoires, qu'elles auront toutes l'air fades. En outre, il me semble qu'il a également beaucoup aimé Sylvia... J'aurais d'ailleurs compris que l'auteur la fasse revenir dans sa vie plutôt que de lui trouver une énième petite amie avec qui les relations semblent fades.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Jacques Chaussepied a une voix et une lecture agréables. Heureusement, il ne modifie pas top sa voix pour les différents personnages. Comme je pinaille, je regrette qu'il prenne un accent anglophone pour certains noms propres, mais je pense que cela doit plaire à certains, puisque c'est ce qu'on lui demande de faire.

Je pense qu'outre le fait que j'ai l'impression que les enquêtes de Connelly sont un peu moins palpitantes, ma déception tient à ce que les éditions Audiolib n'ont pas confié la lecture des romans mettant Bosch en scène à Éric Herson-Macarel, qui a enregistré tous les Bosch (à quelques exceptions près) lorsque les romans étaient édités par les éditions Livraphone. D'abord, il n'est pas simple de prendre la suite d'un comédien comme Éric Herson-Macarel. Pour moi, sa lecture est toujours parfaite, car il allie à merveille sobriété, absence de monotonie, et absence d'affectation dans la prononciation des noms propres (même quand il y met un soupçon d'accent). De plus, les éditeurs étant précautionneux, ils font lire les romans d'une série par le même comédien. Il aurait donc été logique qu'Éric Herson-Macarel continue la série. Les éditions Audiolib ont choisi un comédien dont le timbre de voix se rapproche de celui d'Éric Herson-Macarel. Est-ce voulu afin de conserver un semblant de continuité?
Je serais curieuse de savoir ce que pensent les auditeurs à ce sujet.

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