Conviction

L'ouvrage:
2014.
Dépitée qu'un journaliste moins ancien qu'elle ait été promu, alors qu'elle pensait pouvoir l'être, Rebekah cherche une histoire qui lui permettrait d'écrire un bon article. C'est alors qu'elle a l'idée de s'intéresser aux prisonniers qui clament leur innocence depuis des années. En examinant certaines affaires, elle en trouve une datant de juillet 1992, dont s'est chargé Saul Katz, ancien policier qu'elle connaît depuis peu.

Critique:
Encore une fois, j'ai aimé me plonger dans l'histoire imaginée par Julia Dahl. J'ai pris plaisir à retrouver Rebekah qui, au fil des tomes, me devient de plus en plus sympathique. Elle reste tourmentée, mais va de l'avant, et est lucide quant à elle-même. Au départ, elle enquête sur cette affaire afin de faire parler d'elle. Ce n'est pas très honorable, mais cela ne l'empêche pas de souhaiter sincèrement parvenir à savoir si l'accusé est coupable ou non. Elle ne perd pas de vue qu'un innocent croupit peut-être en prison depuis vingt-deux ans, et en est profondément touchée. Elle fait son métier avec passion et conviction, ce qui fait qu'elle le fait bien.
Quant à la vie privée de notre héroïne, j'ai compris sa politique d'évitement d'Aviva. Je pense que j'aurais agi comme elle. Je ne parviens pas à apprécier Aviva. Je ne comprends pas son point de vue, son refus de voir celui de Rebekah... Aviva m'agace depuis le début de la série.

L'auteur alterne les chapitres contant l'enquête de la journaliste et ceux narrant les événements de 1992. Au départ, j'ai pensé que cela serait poussif, car dès que la narratrice s'intéresse à l'affaire, on sait ce qui est arrivé. Cependant, j'ai compris pourquoi Julia Dahl avait procédé ainsi: il est plus marquant de lire la manière dont se sont passées les choses à l'époque, plutôt que d'en avoir un récit en quelques lignes. On comprend comment et pourquoi tout s'est enchaîné. La moindre circonstance entre en ligne de compte. Par exemple, à cette époque, la vie privée de Saul était un désastre, et il avait été choqué par une récente affaire. Cela l'a influencé. D'autres paramètres entrent en jeu, et il est intéressant de les découvrir. Il est également perturbant de voir que des personnes qui n'étaient pas forcément convaincues ont préféré arrêter quelqu'un pour avoir un coupable plutôt que d'investiguer davantage. Bien sûr, la romancière n'exagère pas, mais le fait que cela arrive plus souvent qu'on ne le voudrait ne rend pas la chose moins méprisable.
D'un autre côté, on rencontre ceux qui étaient en contact direct avec les victimes, et lorsque Rebekah leur parle, ils avouent avoir cru les preuves apportées par la police, et ne pas s'être posé de questions, mais sont effarés à l'idée d'avoir peut-être méjugé celui qui a été arrêté pour le crime. J'ai apprécié ces gens qui n'hésitent pas à reconnaître qu'ils peuvent avoir eu tort de se précipiter sur les conclusions qu'on leur proposait.

Un livre qui, comme les tomes précédents, est une réussite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt pour les éditions McMillan.

J'aime beaucoup la voix claire et dynamique de cette comédienne. Ici, elle n'a pas démérité. Son jeu est naturel, vivant, sensible, sans être affecté.

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