Comment se dire adieu

L'ouvrage:
Géraldine est thésarde. Cependant, elle ne veut pas achever sa thèse. Elle est engagée comme choriste d'une chanteuse, au grand dam de ses parents. Géraldine aime cette vie. Ce que d'autres font en attendant mieux, elle le fait par passion. Mais les circonstances vont la forcer à changer de voie.

Critique:
Le résumé n'est pas franchement attrayant, mais ayant aimé un autre livre de cette romancière, j'ai voulu lire celui-là. Je l'ai beaucoup aimé. Avec finesse et subtilité, Laurie Colwin dénonce certains travers de la société. D'abord, certains désapprouvent Géraldine parce qu'elle n'entre pas dans un moule, et chérit une vie sans avenir. Ensuite, certains désapprouvent sa façon d'élever son enfant... C'est souvent sa mère qui s'oppose à ses choix. C'est une double-critique. D'abord, la fonction première d'une mère est d'aimer et de comprendre son enfant. Ensuite, j'ai souvent eu envie de m'insurger en demandant à cette femme (et aux autres personnages qui jugent ainsi la conduite de l'héroïne) en demandant quel était exactement le problème, puisque la jeune femme ne nuisait à personne. Ce qui devrait d'abord compter, c'est son bonheur et celui de son enfant. Visiblement, ce n'était pas primordial pour sa mère et les personnes bien pensantes, qui en plus, croient tout savoir sur tout, auxquelles elle se confronte. Dans le même ordre d'idées, j'ai été exaspérée par la réaction de certains quant au mariage de l'héroïne. Là encore, cela n'a été qu'égoïsme et absence de remise en question. Si une personne n'a plus le droit de se marier de la manière dont elle l'entend, c'est le monde à l'envers! Pourquoi devrait-elle agir comme le gros de la société?

Si je n'aurais pas toujours agi comme l'héroïne, je l'ai comprise. En outre, j'ai aimé le regard acéré et très réaliste qu'elle pose sur la société dans laquelle elle évolue. Outre des répliques cinglantes qu'elle adresse à ceux qui vont trop loin, sa narration est parcourue de petites phrases et de situations justes, voire sages. Bien sûr, elle n'est pas parfaite. Elle pourrait exaspérer certains lecteurs qui la trouveraient infantile et capricieuse. Cependant, ce n'est pas une tare, et encore une fois, ça ne dérange personne.
À l'inverse de sa mère et d'autres, elle fait preuve d'ouverture d'esprit. Elle ne remet jamais en cause les choix de son amie, Mary. Ce qui la rend triste concernant la grande décision de cette dernière, c'est qu'elles ne se verront plus, mais elle ne lui reproche jamais de suivre son coeur.
Mary agit de la même manière. Elle écoute, comprend, conseille sans mettre de pression, ne cherche jamais à faire de Géraldine quelqu'un d'autre. J'ai été reconnaissante à l'auteur d'avoir créé une personne à la fois croyante et tolérante.

L'histoire m'a plu, d'abord parce que je n'ai pas pu prévoir où m'emmènerait Laurie Colwin. Ensuite, j'ai aimé qu'elle nous raconte l'existence banale d'une héroïne sympathique à laquelle on s'identifiera facilement. Il n'est pas besoin de créer du compliqué pour intéresser: il suffit de bien raconter, de décrire des situations justes, des personnages attachants.
J'aime la fin, car une fois de plus, Géraldine se remet en question, même si certaines choses l'effraient.

Éditeur: Autrement.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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