L'ouvrage:
Le monde est gouverné par le peuple des fées, car il possède la magie que les autres peuples (les humains, les vampires, et les métamorphes) n'ont pas.
Estelle (dite Elle) Winter, dix-neuf ans, est humaine. Après la mort de son père, sa belle-mère l'a esclavagisée grâce à un sort qui marque sa cheville. La jeune fille ambitionne donc d'acheter un voeu qui la libérerait. Pour cela, il lui faut de l'essence (le sang des fées). Voilà pourquoi elle accepte de rendre certains services...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai hésité avant de l'acheter, parce que j'avais peur que ce soit niais. Je ne connaissais pas du tout Rachel Morgan, je ne savais donc pas quoi penser. Et puis je me suis dit que j'avais bien donné une chance à Marissa Meyer, qui, elle aussi, a écrit un roman à partir de l'histoire de Cendrillon. D'ailleurs, je ne sais pas si c'est moi qui ai trop d'imagination, mais j'ai vu des clins d'oeil à la série de Marissa Meyer dans «City of wishes»: le nom de famille d'Elle est Winter, l'apothicaire s'appelle Cress... De plus, dans «Les chroniques lunaires», Cinder est appréciée par l'une des filles de sa belle-mère, tout comme dans «Citty of wishes».

L'intrigue est bien menée. J'ai apprécié que Rachel Morgan ne sépare pas Elle et son bien-aimé pendant les trois quarts du roman. Après le bal, je me demandais comment elle allait relancer l'action, tout en imaginant que les deux personnages ne se reverraient qu'à la fin du livre, qui était encore loin. Heureusement, il n'en est rien. En outre, même s'ils parlent de leurs sentiments grandissants l'un pour l'autre, ils ne font pas uniquement cela. C'est, à mon avis, en cela que l'autrice évite la mièvrerie.

Outre les deux personnages principaux, j'ai apprécié ceux que Rachel Morgan a souhaités appréciables. Je me suis un peu méfiée de l'un d'eux, j'étais sûre qu'il allait se révéler un horrible traître, et j'avais tort. Cela m'a fait rire. Ce personnage n'est pas totalement appréciable, mais pas aussi détestable que ce dont j'avais peur.
Un autre personnage m'a plongée dans un abîme de perplexité: je ne comprenais pas ce que la romancière faisait de ce protagoniste qui, normalement, ne devait pas être comme elle le dépeignait. J'aurais crié à l'incohérence, mais l'autrice a su la gommer de manière assez habile.

Rachel Morgan s'est amusée à détourner certains éléments du conte. Par exemple, il y a bien une histoire de chaussures, mais elle ne ressemble pas du tout à celle du conte. Elle m'a d'ailleurs bien plu.

J'ai aimé que l'autrice fasse passer ses héros par toutes sortes d'aventures, mes favorites étant celles qui arrivent lors de la quête de la lumière des étoiles. C'est surtout cette partie qui m'a fait penser à un conte, car on en retrouve plusieurs composantes: la quête, les adjuvants et les opposants, les éléments merveilleux... Bien sûr, parmi les épreuves que connaissent nos héros pendant cette aventure, l'une est un peu convenue, mais justement, il était impossible à l'autrice de ne pas la mettre, car on s'attend forcément à la trouver.

L'un des aspects du roman n'est pas assez creusé, mais je ne sais pas trop comment cela aurait pu être possible tout en restant dans l'idée d'une fin idyllique, comme on le souhaite quand on lit un roman qui reprend un conte. Le peuple des fées (surtout le roi de la ville où se déroule l'histoire) craint que les humains, s'ils avaient des pouvoirs magiques, tentent de gouverner le monde. Elle et le prince, eux, pensent que tout le monde peut cohabiter sans problèmes. Mon côté fleur bleue les approuve totalement, mais ce que je sais fait que je pense que ce qu'ils croient est absolument impossible. Je me dis que l'autrice aurait dû, dans l'épilogue, expliquer que tous les peuples avaient signé une sorte de contrat assurant la paix. En effet, compter sur la bonne volonté des gens n'est pas prudent... Ce côté trop «bisounours» n'a pas gâché ma lecture, car j'aimerais y croire.

Ce livre est d'abord sorti en six épisodes. Heureusement pour moi que j'ai longtemps hésité: cela m'a permis de ne dépenser qu'un seul crédit (sur Audible) en achetant ces six parties réunies en un seul livre, et ainsi, de pouvoir les enchaîner d'une traite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle.

Cette comédienne fait partie de ceux que je retrouve avec plaisir. Comme d'habitude, son interprétation m'a plu.