Chien-Loup

L'ouvrage:
2017. Lise est un peu lasse de certaines choses très présentes dans la société actuelle. Elle propose donc à Franck (son compagnon) de louer une maison dans un petit village où les nouvelles technologies sont inaccessibles. Franck n'est pas très enthousiaste, mais il accepte.

Critique:
Après avoir adoré «Repose-toi sur moi», j'attendais peut-être trop de «Chien-Loup». Il ne m'a pas autant plu. Lise et Franck ont commencé par m'agacer, chacun pour des raisons différentes, voire opposées. Lise me paraissait trop empressée à faire corps avec la nature et à rejeter tout ce qui était nouvelles technologies, et Franck me faisait soupirer parce qu'il ne pouvait pas vivre sans son smartphone. Vous allez me trouver très tordue, mais j'aurais apprécié de la mesure. Chacun était trop dans les extrêmes, me semblait-il. Ensuite, Franck m'a paru moins pénible. Il évoluait, réfléchissait, et sa curieuse relation avec cet étrange chien qui s'est mis à le suivre m'interpellait. Au long du livre, je l'ai parfois encore trouvé agaçant pour diverses raisons, mais j'ai aimé qu'il se remette en question et qu'il s'attache au chien. À propos de ce dernier, il est un peu étrange que personne ne le connaisse, le village étant petit...

Quant à Lise, je crois ne l'avoir pas trouvée assez consistante. Elle avait un peu l'air d'une caricature de personne appréciant la nature et ses bienfaits. Par exemple, le fait qu'elle cueille des herbes dont elle ignore le nom (elle ne dit pas le savoir) pour les faire infuser, c'est (comme le souligne Franck) un peu dangereux.

L'auteur alterne le chapitres racontant le présent de Franck et Lise avec d'autres se passant dans le même village en 1914-1915. En général, je n'aime pas cette structure. Ici, cela ne m'a pas trop gênée, mais ce qui arrive en 1914-1915 ne m'a pas vraiment intéressée. J'ai tout de suite su ce qui arriverait. Parfois, cela ne me dérange pas de deviner des événements de romans, mais ici, cela ne m'a pas plu parce que ce n'était pas une énigme où il s'agissait de mettre au jour les ficelles de l'auteur. Non, ici, c'était un récit cliché, auquel le romancier a ajouté des fauves censés apporter de l'originalité. J'ai quand même été contente de savoir (grâce à un habitant du village en 2017) comment ce qui a débuté fin 1914 a évolué.

À travers ses deux trames, Serge Joncour a retranscrit une certaine ambiance: un village au mileu de nulle part; d'un côté, des fauves et des villageois cancaniers redoutant les étrangers, et de l'autre, un curieux chien à la fois attachant et effrayant. L'auteur n'a pas oublié de rappeler que pendant la première guerre, les femmes avaient remplacé les hommes aux champs. Cette atmosphère est très bien rendue.

Service presse des éditions Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Dominique Pinon.
Je sais que ce comédien enregistre des livres depuis quelques années, mais je ne l'avais jamais entendu sur un livre entier, parce que rien de ce qu'il a enregistré avant «Chien-Loup» ne m'a tentée. J'ai apprécié son jeu. Par exemple, il rend bien le ton des détracteurs de l'Allemand, il n'exagère jamais lorsqu'il s'agit de jouer les personnages féminins. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

Acheter « Chien-Loup » sur Amazon
Acheter « Chien-Loup » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)