Chère Laurette, tome 3: Le retour

L'ouvrage:
Printemps 1956. Laurette travaille depuis trois ans. Ses enfants l'aident: certains ont de petits boulots. Ceux qui continuent leurs études font quelques tâches ménagères.

Critique:
À l'instar du tome 2 de la saga, ce roman se déroule sur un an. Au rythme des saisons on retrouve le quotidien de la famille Morin avec plaisir: leurs joies, leurs peines, le tout saupoudré d'une bonne dose d'humour. Les enfants sont égaux à eux-mêmes. Je n'ai pas été surprise du comportement de Jean-Louis. Richard et Gilles restent mes personnages favoris. Richard se démarque. Outre son fort caractère, il a le don de se mettre dans des situations délicates: voir sa mésaventure avec la crèche, lors de la fête de Noël...
Denise est toujours aussi godiche.
Ce tome permet de découvrir Carole qui a grandi. Elle commence à s'affirmer. Je ne l'ai pas trouvée aussi gourde que sa grande soeur.

Quant à Laurette, si elle reste impétueuse, râleuse, et de mauvaise foi quand Jean-Louis est impliqué, elle semble moins bornée, comme si elle s'améliorait avec l'âge. D'ailleurs, les relations ne sont plus aussi houleuses entre elle et sa belle-famille. À ce sujet, dans les deux premiers tomes, la mère de Gérard s'appelle Lucie, et dans ce tome, c'est Lucille...

Il est intéressant de voir le contexte historique: certaines choses (la télévision, le supermarché) commencent à apparaître, ot on découvre les avis, parfois tranchés, des premiers à connaître ces nouveautés.

Les dialogues sont toujours aussi vivants. L'auteur a d'ailleurs pris soin de faire s'exprimer ses personnages selon leur «milieu» ou leur évolution. Par exemple, Carole, qui poursuit ses études, utilisera un peu moins la langue populaire que ses parents.

Au long du livre (tout comme dans les tomes précédents), j'ai trouvé des erreurs de syntaxe. C'est souvent des maladresses, comme s'il n'y avait pas eu relecture. Exemple: «Après le départ de sa fille, Laurette alluma une cigarette, après avoir déplacé légèrement sa chaise berçante pour ne pas bloquer le passage aux rares passants qui auraient eu besoin d'emprunter le trottoir sur lequel elle était installée.»

Éditeur: Hurtubise.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Nicollerat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'ai été déstabilisée par le changement de lectrice. En général, Jacqueline Duperret (qui semble adepte des romans québécois, et à qui les séries contenant plusieurs gros tomes ne font pas peur) lit tous les tomes d'une série. Je n'ai pas compris pourquoi elle n'avait pas enregistré «Le retour», d'autant qu'elle a lu le dernier tome de la saga.
Par ailleurs, Martine Nicollerat s'est attachée à préciser «italique» et «fin de l'italique» pour les mots en italique dans le roman. Idem pour les mots ou expressions entre guillemets. J'ai déjà remarqué que certains lecteurs bénévoles faisaient cela. Je ne sais pas si cette directive leur a été donnée ou s'ils ont pris l'initiative eux-mêmes pensant bien faire, et je ne sais pas ce qu'en pensent les autres auditeurs, mais pour ma part, je trouve cela extrêmement désagréable pour plusieurs raisons. Cela alourdit le texte et de ce fait, le rend moins «naturel». Imaginez un dialogue durant lequel la lectrice s'interrompt pour donner ces indications. D'autre part, j'ai eu l'impression d'être prise pour une andouille qui n'était pas capable de deviner qu'ici, il y avait un titre, que là, il y avait un mot anglais, là une citation... Normalement, le ton du lecteur laisse deviner ce qui pourrait être sujet à confusion. Par exemple, ici, Gérard lit «la Presse». D'après la manière dont le disait Jacqueline Duperret, j'avais bien compris que c'était le nom d'un journal et non la presse en général. D'ailleurs, si le lecteur veut lever la confusion, il peut faire une «note du lecteur» en début d'enregistrement, mais uniquement pour les rares cas où il peut y avoir confusion. Idem pour les cas où des personnes sont citées... par exemple, lorsque Laurette cite Colombe en la singeant et en minaudant, il sera beaucoup plus intéressant que le lecteur prenne une intonation appropriée plutôt que de préciser «guillemets ouverts» et «guillemets fermés». Enfin, en tant qu'auditrice, savoir que les mots ou expressions anglophones sont en italique ou entre guillemets ne m'apporte absolument rien.
Si cette lecture m'a été pénible à cause de ces indications superflues, j'imagine que cela a dû être extrêmement laborieux pour la pauvre Martine Nicollerat...
Malheureusement pour moi, elle prononce les mots anglophones en y mettant l'accent. Jacqueline Duperret le faisait un peu, pour «running shoes», par exemple, mais cela restait discret. Ici, j'ai trouvé que c'était exagéré.

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