Chère Laurette, tome 1: Des rêves plein la tête

L'ouvrage:
Montréal, 1930.
Laurette Brûlé a dix-sept ans. Sa famille doit faire face à la crise qui sévit à cause du crac boursier de 1929 aux États-Unis. La jeune fille au caractère très affirmé aide ses parents du mieux qu'elle peut. C'est alors qu'elle rencontre Gérard Morin, magasinier.

Critique:
J'ai découvert la littérature québécoise à la faculté. Je l'ai très vite beaucoup appréciée. En lisant ce tome 1, j'ai été plongée dans une ambiance qui m'a un peu rappelé celle de «Les chroniques du plateau Mont Royal» de Michel Tremblay. Mêlant l'histoire de ses personnages à l'Histoire du Canada, Michel David évoque paysages, coutumes, événements importants... Outre la crise, les personnages seront confrontés à la seconde guerre mondiale. Elle aura d'ailleurs un effet revigorant sur l'emploi.

L'ambiance ne serait pas ce qu'elle est si les dialogues ne regorgeaient pas d'expressions québécoises, assortis à une syntaxe populaire. Ce n'est quand même pas du joual, mais cela s'en rapproche. Je trouve que cela contribue beaucoup au fait que le livre est vivant. D'ailleurs, l'auteur se contente de faire parler ses personnages normalement. J'aurais trouvé étrange que la langue parlée soit du «français standard».

Il m'a plu de suivre les péripéties de ces personnages. Laurette ressemble aux héroïnes des sagas. Elle n'hésite pas à faire valoir son opinion, même si elle doit aller contre l'avis de son mari. À l'époque, les femmes n'avaient pas autant de liberté que maintenant. Elle a bien sûr des côtés agaçants qui la rendent plus humaine. Par exemple, si on comprend ses emportements, ils font qu'elle n'est pas toujours diplomate. Elle peut aussi également être très entêtée. Sa préférence marquée pour l'un de ses enfants est sûrement ce qui m'a le plus agacée chez elle. J'ai apprécié la manière dont elle mène la petite guerre qui a cours entre sa belle-mère (Lucie) et elle. Il est vrai que Lucie est son opposée, et qu'en plus, elle non plus ne sait pas dire les choses avec diplomatie. Cela engendre de savoureuses joutes.

Les parents de Laurette sont des personnages très sympathiques, ainsi que ses frères. Annette, sa mère, entre douceur, fermeté, et sagesse, mène son petit monde comme il faut. Honoré (le père de Laurette), calme, avisé, généreux, est apprécié de tous. Puis viennent les enfants de Laurette. Chacun a ses particularités, surtout les garçons. En effet, pour l'instant, Denise ne s'affirme pas trop.

L'auteur raconte la vie de gens simples, qui connaissent la valeur de l'argent, et ne supportent pas le gaspillage. Laurette, obligée de faire vivre sa famille avec peu, se révèle une redoutable femme d'affaires. (Voir comment elle a eu un prix sur des vêtements neufs, puis plus tard, sur les lunettes destinées à Gérard.) Il ne faut pas oublier les scènes humoristiques dont l'auteur parsème son roman. Entre dialogues savoureux (très vivants) où les personnages n'hésitent pas à se taquiner, et situations cocasses (S'il ne fallait prendre qu'un exemple, je parlerais de l'anecdote du frère de Conrad lors du mariage de Laurette.), on sourira souvent.

J'ai trouvé que le tome 1 de cette saga s'étalait peut-être un peu trop dans le temps, mais ce n'est pas si gênant.

Éditeur: Hurtubise.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Chère Laurette, tome 1: Des rêves plein la tête » sur Amazon