Ceux qui tombent

L'ouvrage:
Harry Bosch et Chu (son équipieà) travaillent aux affaires non-résolues. On leur confie une affaire de viol et de meurtre ayant eu lieu en 1989. On a identifié le sang retrouvé sur la victime. C'est celui de Clayton Pell, un délinquant sexuel. Tout serait simple si, à l'époque des faits, Pell n'avait pas eu huit ans.
Les deux policiers ont à peine le temps de se pencher sur cette affaire qu'on leur en donne une autre qui doit passer en priorité: le fils du conseiller Irvin Irving (ennemi de Harry depuis plus de vingt ans), se serait suicidé. Irving souhaite que Bosch, policier intègre, se charge de découvrir ce qui s'est réellement passé.

Critique:
Ce roman est ce que j'appelle un thriller classique. Il a une trame très vite prédéfinie, et les rebondissements ne sont pas si surprenants. Cependant, il m'a plu pour plusieurs raisons. D'abord, j'ai aimé retrouver Bosch. D'autant que depuis quelques livres, il s'est assoupli. On retrouve son caractère entier, son intégrité, mais il est peut-être moins impulsif. De plus, j'ai apprécié les scènes de sa vie quotidienne.
Dans ce roman, Michael Connelly développe le personnage de Maddy. Cela m'a plu. Elle est sympathique et attachante. En outre, on voit qu'elle a évolué et mûri depuis «Les neuf dragons».

Ensuite, j'ai aimé voir Harry travailler sur deux affaires en même temps, surtout qu'elles sont radicalement opposées. J'ai aimé louvoyer entre deux registres différents.
L'affaire Clayton Pell force Harry à voir que tout n'est pas toujours simple. L'homme a fait énormément de mal, mais il fut victime, auparavant. De ce fait, certains (comme le docteur Stone) disent qu'il est moins à blâmer que celui qui n'a jamais souffert avant de devenir un prédateur. Ce à quoi Harry rétorque qu'il y a aussi ceux qui ont souffert, et ne deviennent pas des prédateurs. Je serais tentée d'être d'accord avec Harry, mais personne ne sait comment il réagirait à la place de quelqu'un qui fut victime.

C'est un policier classique, mais la conclusion des deux affaires ne manquera pas d'interpeller le lecteur.

D'autre part, il est toujours sympathique de lire les joutes entre policiers et journalistes. Michael Connelly montre souvent comment cela se passe entre les deux professions, et on ne s'en lasse jamais. Là encore, c'est savoureux.

Remarque annexe:
Je trouve lassant que Bosch sorte avec quelqu'un de différent presque à chaque livre, depuis quelques temps. En plus, dans ce cas précis, je trouve que les choses sont allées un peu vite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.

Ce livre étant entièrement consacré à Bosch, je pensais que les éditions Audiolib ferait appel au comédien qui a enregistré presque tous les Bosch: Éric Herson-Macarel. C'était d'autant plus plausible que ce comédien a déjà travaillé pour Audiolib. J'avoue être déçue qu'un autre ait repris le flambeau. Jacques Chaussepied est un très bon comédien, mais pour moi (et je pense, pour d'autres), Bosch, c'est Eric Herson-Macarel. Audiolib a tout de même choisi un comédien dont le timbre se rapproche de celui de la principale voix de Bosch.

Jacques Chaussepied a une lecture fluide, un jeu naturel. Sa voix est agréable. Il a pris le parti de la modifier quelque peu pour Maddy, Chu, Irving... Il n'en fait pas trop, mais parfois, ce changement de voix m'a gênée. Surtout lorsqu'il s'agissait de Chu, car selon moi, ce n'est pas parce qu'il est chinois qu'il a nécessairement une voix plus fluette.
Je regrette (une fois de plus) que l'éditeur ait demandé au comédien de faire un accent pour les mots anglophones. Ici, cependant, il parvient à le faire passer de manière presque naturelle. D'autre part, à un moment, il prend un accent espagnol pour le médecin légiste (qui a un accent, bien sûr). Habituellement, ce genre de choses m'agace. Le comédien l'a fait avec beaucoup de naturel, ce qui fait que je n'ai pas été trop gênée.

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