Ceux de Ker-Askol

L'ouvrage:
Le destin de Maï-Yann semble tout tracé: elle sera religieuse. Elle vit au couvent depuis son enfance. Pourtant, alors qu'elle est adolescente, elle se laisse séduire par le jardinier, Benito. Lorsque les religieuses se rendent compte qu'elle est enceinte, on décide de la marier.

Critique:
Ayant beaucoup aimé «Les ciels de la baie d'Audierne», j'avoue avoir été déçue par ce roman. Pourtant, je pense que l'auteur n'a pas démérité. Il nous dépeint une certaine société connaissant des conditions de vie données à une époque donnée. C'est pour cela qu'on côtoie des gens pleins d'une tendresse maladroite, ne pouvant l'exprimer, parfois, qu'avec fureur ou acrimonie. C'est le cas de Téménan, et parfois, de Martial. Mais cette espèce de façon de faire la girouette m'a agacée, m'empêchant de réellement apprécier les personnages. De plus, je n'ai pas aimé la fin. À la base, Martial et Léontine ont raison d'agir comme ils le font, mais leur attitude envers Téménan est assez désagréable... C'est ce qui m'a le plus agacée au long du livre, et qui a atteint son paroxysme à la fin: les personnages, ne parvenant pas à montrer ce qu'ils ressentent, le cachent sous des actes et des propos blessants. À la fin, je ne suis même pas sûre que Martial ait du mal à s'exprimer: il est plutôt égoïste.

Maï-Yann aussi m'a exaspérée. Au début, on s'attache à elle, et tout s'effondre quand elle apprend «avec qui» on l'a mariée parce qu'elle se transforme. Outre qu'elle commet des actes impardonnables, cette façon d'être ne va pas vraiment avec la Maï-Yann qu'on connaît depuis le début du roman.
Je sais bien que tout a été engendré par le non-dit, le sentiment d'avoir été dupée, de n'avoir été qu'un jouet entre les mains des religieuses. Mais je n'imaginais pas Maï-Yann si fragile de caractère! Je ne la pensais pas non plus à ce point guidée par ses bas instincts. ;-) Je n'étais donc pas préparée à sa métamorphose.
Si au moins l'un des personnages ne me plaît pas, il m'est difficile d'apprécier un roman. Ici, le pire est qu'on commence à s'attacher aux protagonistes, et qu'ensuite, on n'a qu'une envie: les frapper!

D'autre part, je n'aime pas les récits trop morcelés. C'est-à-dire quand le livre passe d'un moment à un autre avec des ellipses de plusieurs années. Ici, c'est le cas. Il y a beaucoup d'ellipses, et, comme à chaque fois que je tombe sur un livre construit ainsi, ça m'a donné une impression de bâclé. Ce n'est donc pas un défaut de ce livre, c'est une façon de faire que je n'apprécie pas. Malheureusement pour moi, dans ce roman, Hervé Jaouen a accumulé les procédés qui me déplaisent. D'où mon absence d'enthousiasme.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Josselyne Daul pour l'association Valentin Haüy.
Là encore, Josselyne Daul a su interpréter ce texte de manière vivante, en prenant part à ce qu'elle lisait.

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